SIR WILFRID LAURIER
tain nombre de nos hommes publics et de les Pousser à se permettre des accrocs répétés au manteau de l’autonomie provinciale, à réduire autant que possible la juridiction et le cercle des attributions des législatures locales.
La lutte entre les partisans de la centralisation et les champions de l'indépendance provinciale a été vive parfois, acharnée même.
C’est une question grosse de tempêtes et d’orages dont les hommes publics de la province de Québec ne semblent pas avoir toujours apprécié les dangers. Que deviendraient les 16. gislatures provinciales, le jour où, dépouillées de leurs principales attributions, elles ne seraient plus, suivant les prévisions de certains adversaires de la Confédération, que des machines à taxer, des rouages inutiles ?
Nous ne faisons, pour le moment, que poser la question.
Les froissements, les complications, les diffcultés les plus épineuses n’ont pas manqué à ceux qui ont entrepris de faire fonctionner la nouvelle constitution et dé’ maîtriser les élé ments dangereux qu’elle renferme. Ils sont heureux de proclamer que les résultats obtenus sont de nature à les satisfaire et justifient leur confiance et leurs espérances. Mais beaucoup prétendent que la minorité a payé trop cher parfois
les bienfaits de la paix et de la prospérité, et qu’elle a fait une trop large part des concessions nécessaires pour faire fonctionner le nouveau régime. Et puis, on pourrait dire de la Confédération canadienne ce que M. de Tocqueville disait des Etats-Unis : “ Laissons grandir l'enfant avant de le juger.”