RODRIGUE MASSON
Rodrigue Masson ainsi que les Chapleau, les Desjardins et les Prévost, était de Terrebonne, une bonne terre qui a produit bon nombre d’homme :narquables.
II était fils de M. Joseph Masson qui de pauvre petit commis devint le marchand le plus riche, le plus actif et le plus entreprenant de Montréal et même de toute la province de Québec. II a le mérite et l'honneur d’avoir su faire un bon usage des avantages que sa naissance
et sa fortune lui donnaient. Sa vie a été plus utile que celle de la plupart de nos fils de famille ; il a étudié, il a travaillé, il a été député, ministre, lieutenant-gouverneur, sénateur, et il a rempli toutes ces charges avec honneur pour lui et ses compatriotes. II entra à la Chambre des Communes en 1867, comme député de Terrebonne, devint ministre de la milice en 1878, président du Conseil en 1880 et fut nommé lieutenant-gouverneur de la province de Québec en 1884. Profondément religieux et sincèrement canadien-français, il parlait avec une chaleur et un accent de sincérité qui produisaient une excellente impression dans le parlement ou les assemblées publiques. II jouissait de l’estime et de la confiance publiques. Mais on s’est souvent demandé si, dans certaines circonstances, où l’honneur national et les intérêts de la justice étaient en jeu, dans les troubles du Nord-Ouest, et lors de l'affaire Letellier par exemple, il s’est montré aussi indépendant que sa fortune le lui permettait. Ceux qui chercheront une réponse à cette question pourront consulter avec profit un de mes ouvrages antérieurs : “ Mes Contemporains. ”