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jusque-là laissée en France. Le nouveau gouverneur, en débarquant à Québec, prit possession de son gouvernement avec quelque solennité : « On tira le canon, en signe d’allégresse, et chacun cr'ia : Vive le Roi! » Peu de temps après, commençaient les travaux de construction « du fort et chäteau de Saint-Louis. » Toutefois, le gouvernement de Champlain ressemblait un peu à celui de Sancho Pança, dans son île de Barataria. Encore cette fameuse île comprenait-elle mille maisons, tandis qu'après quatre ans de son gouvernement, la capitale de Champlain ne comptait encore que cinquante habitants, Y compris les femmes et les enfants !. C'élait peu pour remplir le redondant programme des lettres patentes que nous venons de citer plus haut. Aussi Champlain ne se lassait-il pas de réclaner des renforts. Mais quand il demandait des colons, on lui envoyait des moines. Les Pères Récollets, nous l'avons vu, s'étaient établis, dès 1615, au nombre de quatre, à Québec, où on leur’ avait bâti une chapelle et un couvent; d’autres religieux, du même ordre, vinrent, les années suivantes, se joindre à ceuxlà, et l’un de leurs premiers soins fut de crier haro sur les huguenots, prétendant que ceux-ci « obligeoient les catholiques à assister à leurs chants de Marot?», et Parmi ces premiers colons du Canada, il convient de citer Hébert, ancien apothicaire de Paris, qui avait suivi de Mons et Poutrincourt en Acadie (Lescarbot parle de lui assez longuement dans son ouvrage) et qui, revenu en France, s'était décidé (en 4617) à suivre Champlain au Canada. De la postérité de ce Louis Hébert, ainsi que d'un certain Guillaume Couillard, établi à la même époque
à Québec et qui épousa, en 1621, une fille de Hébert, sont sorties un grand nombre de familles du Canada.
? Histoire du Ganadu, par le F, Gabriel Sagurd Théodat, récullet, 1636.
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demandant leur exclusion de la colonie. En 1629, les Jésuites vinrent à leur tour. Le duc de Montmorency avait vendu sa charge de vice-roi au duc de Ventadour!. Ge dernier, fort bigot et qui même était entré dans les ordres, n'avait acheté cette charge qu'en vue de favoriser l'œuvre des missions catholiques. Il décida donc d'envoyer «les jésuites pour aider les Récollets : « Il en parla au roi dont il obtint le consentement, et il fit entendre à Messieurs de la Compagnie qu’ils seraient obligés d’y concourir, de gré ou de force !. »
Il n’est pas étonnant si la Compagnie, qui comptait encore dans son sein un grand nombre de protestants, se rebiffa contre ces exigences. Elle avait déjà consenti à salarier les Récollets; qu'avait-on besoin d’autres moines, et surtout de ces jésuites qui avaient déjà porté la division et le trouble dans la colonie de lAcadie? Un pamphlet, intitulé : lAnti-Colton? et qu'on se passa de main en main à Québec se fit, vers ce tempslà, l'écho de ces plaintes. Le duc de Ventadour n’en persisla pas moins dans ses vues. Il fit passer, à ses frais, cinq jésuites à Québec; ceux-ci trouvèrent, à leur arrivée, les esprits échauflés et toutes les portes fermées devant eux. Guillaume De Caën, l’un des associés huguenots, qui les avait amenés sur ses vaisseaux, les engageait à s’en retourner en France, lorsque les Récollets vinrent et leur offrirent l'hospitalité dans leur couvent de Saint-Charies*. L'année suivante (1626), De Caën était obligé, de par le roi, de prendre un com-
1 Ferland. Tome ler, p. 215.
2 On sait que le P. Gotton était le jésuite confesseur du roi, uelques années après (1633), les Récollets disparaissaient du
à évincés par leurs bons amis les jésuites.
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