‹ Histoire du Canada et des Canadiens français de la découverte jusqu'à nos jours [microforme]Chapitre 22 sur 54 · SUCCÉS · texte numérisé non relu

SUCCÉS

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En 1694, M. de Villieu, neveu du seigneur de Beaubassin, tenta une expédition contre Pemaquid, fort anglais situé, dans le Maine, au sud de Pentagoët. Les colons anglais perdirent, dans cette affaire, 10% morts, 97 prisonniers et 60 fermes qui furent brûlées. Villieu retourna à Montréal avec son butin, ayant parcouru en moins de deux mois 250 lieues à travers les forêts sauvages et montagneuses qui séparaient le Canada de la Nouvelle-Angleterre. L’annéesuivante (1695) il reparut encore sur ces côtes, de concert avec Lemoine d'Iber:ville, et captura les milices anglaises qu’on avait envoyées, sous les ordres de Chubb, pour protéger la contrée !,

Tels étaient les dommages causés par les expéditions et par les entreprises des corsaires au commerce de Boston et des colonies voisines que les « Yankees », ainsi qu'on commençait à appeler les colons de la Nouvelle-Angleterre, organisèrent, en 1696, une expédition maritime, dans le but d'enlever aux corsaires leur port de refuge, en détruisant le fort de Villebon. Le commandement fut donné au colonel Church, le plus habile officier des colonies anglaises, le seul même, à dire vrai, qui entendit réellement cette guerre spéciale de

artisans que les Français pratiquaient avec tant de succès ; avant d'attaquer Villebon, il se porta dans le

ni de Ja baie Française (actuellement baie de Fundy) et opéra une descente subite dans l'habitation récente de Beaubassin. La population, en voyant arriver les navires, $° ait enfuie dans les bois et dans les fermes éloignées de la mer; Church resta en ce quartier neuf

{ Williamson, Hist. du Maine. — Bcamish. — Rameau,

jours, pillant tout ce qu'il put atteindre, luant les bes. tiaux, brülant les églises et les maisons, mais il ne put saisir qu'un très petit nombre de prisonniers. Il remil alors à la voileet arriva le 18 octobre 1696, devant Jemsek ott il débarqua avec 600 hommes. Mais Villebon élait sur ses gardes. I reçut Urès chaudement l'attaque des Anglais, et ceux-ci furent obligés de serembarquer le 20 octobre, après avoir eu huit hommes tués et dix sept blessés, dont cinq officiers. Cette défense avait été utilement secondée par le corsaire Baptiste embost sous le eanon de Jemsek. Aussitôt après le départ de l'ennemi, ce dernier se rendit à Port-Roval afin d’v renouveler les approvisionements du fort, Quant à Ville. bon, ilrépara les dommages qu'avaient causés dans son fort lartillerie anglaise, el resta désormais sans être inquiété jusqu’à la paix de Rvswiek 1

Mais les conflits de la France etde l'Angleterre avaient encore deux autres théâtres en Amérique. L'ile de Terre-Neuve, le territoire de la baie d'Hudson étaient également revendiqués par les deux pays qui v imvoquaient concurremment les droits du premier occupant.

A Terre-Neuve, le principal siège des pêcheries francaises était à Plaisance, où les Francais avaient fondé un poste, au fond d'une baie de plus de dix-huit Hieues de profondeur, défendue par un lort placé sur un rocher de plus de cent pieds de haut. Les Anglais de leur côté occupaient tout le nord-ouest de l’île avec Stean pour chef-lieu. Leur commerce dans ces parages s'éleait déjà, au temps où noussonmesarrivés, à 17 millions

de francs par année * et menacait de s'étendre en-

4 Rameau, Une colonie féodale, p. 206.

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