‹ Histoire du Canada et des Canadiens français de la découverte jusqu'à nos jours [microforme]Chapitre 25 sur 54 · SOINS · texte numérisé non relu

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qu'on recherchait en eux, c'était avant tout les qualités solides et résistantes de leur caractère et de leur foi ; c'était aussi leur esprit d'initiative et d'industrie, leurs arts manuels, leurs méthodes d'agriculture, Guillaume III pensa notamment que ces agriculteurs intelligents pourraient acclimater en Amérique la vigne, le mürier el toutes les productions du sol de Ta France, ei, dans celle pensée, il expédia à ses frais, en Virginie, un grand nombre de uguenots qui se laissérent attirer pur la beauté d'un elimat qu'on leur vantait à l'excès. A ce premier noyau se réunirent, à l’époque où nous sonmes parvenus (1699) et dans les années suivantes, environ six cents familles du même pays etde la même to. Les protestants français, de laveu de l’auteur que nous citons et qui n'est pas suspect de partialité à leur égard, donnaient à toutes les provinces américaines où ls se fixaient une garantie de paix et d'ordre qu'on appréeiait, Leurs villages, presque sans contact avec le reste du monde, semblaient des oasis dans le désert. Gene fut pas, d'ailleurs. la faute de ces héroïques réfugiés, S'ils furent perdus pour leur patrie, Qui croirail, — si lon ne savait Ka force du lien qui rattachait, malgré tout, les Huguenots à leur inhospitalière patrie, — qu'ils firent tout ce qu'ils purent pour rentrer sous l'obéissance du roi qui les avait si cruellementtraités? Oui, tant leur désir était de vivre et de mourir, fût-ce

ECaïlier : Ibid, p. 288, Notons encore que des neufs présidents de l'ancien congrès qui dirigérent les Etats-Unis pendant la guerre de l'indépendance, trois descendaient de réfugiés huguenots, savoir Henri Laurens, de la Caroline du Sud, le célèbre Jean Jay, de New- York et Elie Boudinot, de New-Jersey. On sait aussi que le regretté président Garfield descendait par sa mére de réfagiés francais.

à des milliers de lieues de leur berceau, sous léoide et sous l? drapeau de Ja France! [Is firent prier encore Louis XIV de leur permettre de s'établir dans la Louisiane, demandant seulement qu'on leur aceordil la liberté de conscience el promettant de se montrer sujets lovaux el de rendre enpeu d'années le pays trés Morissant. Louis, que l'erreur d'une histoire complaisante à appelé @ le Grand » refus celle offre qui eût élé le salut de notre empire colonial, & Le rot, éerinil séchement Pontehartrain, n'a pas expulsé les proteslants de son royaume pour en faire une république en Amérique ». — Les Fuguenots, ne se ass point, renouvelèrent encore leur demande sous la ré sence du due d'Orléans; cette demande fat également repoussée, Ainsi, li monarchie francaise, on ne pou se lasser de le redire, qui n'avait point de colons à envover au Canada nien Louisiane, refusait encore une lois la seule chance de fonder un empire de ses enfants en Amérique, aimant mieux laisser ce continent à une nalionalité étrangère qu'à des fils qui n'entendaient pas le christianisme à lafacon du P. La Chaise ou du cardinal Dubois!

Abandonné à ses seules et faibles ressources, d'Iberville commenca, en 1701, Fétablissement de Mobile : il v bâtit un fort où son frère, Lemoine de Bienville, nommé commandant en chef de la colonie, transporta les habitants de Biloxi. L'année d'après, d'Iberville fi construire des magasins et des casernes dans Pile Dau-

phine ; mais cel établissement, trop rapproché de li

mer, fut ravagé en 1711, par des corsaires espagnols qui causérent au gouvernement et aux particuliers pour 80.000 francs de dommages. D'ailleurs, les habi-

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hnts, moins préoccupés de cultiver le sol que de rechercher des mines d’or imaginaires, secondaient fort peu leseflorts des gouvernements pour tirer parti des véritables ressources du pays.

«Une colonie fondée sur de si mauvaises bases, dit favnal, ne pouvait prospérer. La mort de d'Tberville survenue en 1706) acheva d'éteindre le peu d'espoir qui restait aux plus crédules. On vovait ke France trop occupée d'une guerre malheureuse pouren porvoiraltiendre des secours. Les habitants se erovaient à ta elle d'un abandon total, el ceux qui se Mattaient de rouver ailleurs un asile S'empressaient de Paller cherher ne restait que vingthuit funilles, plus misé-

bios es unes que les autres, lorsqu'on vit avec sur-

prise le financier Grozat demander, en 1712, eCobtenir.

| Lour seize ans, le commerce exelusifde Ja Louisiane»

La méme ineurie et la même stérilité colomisatrice se faistient sentir en Acadie, donnant trop à prévoir le sort qui allait fondre sur cette malheureuse colome, De 1686 à 1701, c'est à peine si elle reçut de France une trentaine d'immigrants de tout sexe et de tout âge. la garnison + dépassa rarement deux cents soldats, hais le plus souvent, elle ne s'élevait pas même à cent hommes, Le recensement de 1701 aceuse une populalon de 1,153 tines pour les trois établissements de Port-Royal, Les Mines et Beaubassin., En v ajoutant in certain nombre de familles réparties dans les étallissements suivants: Pentagoët, Chipody, Passamacade, La Hève, Pobomcoup, Miranichy, Chédabouclu, ete. on atteint un total d'environ 4,450 habitants!

lfumeun, Une colonie féodale.

Si la coionie progressait, c'était uniquement par elle. mème et sur son propre fond. [est vrai que les Avi diens s'y employaient bien, car leur population doublait, par son essor naturel, tous les vingt-cinq ans: li rapidité de cette progression s'acerut même notable. ment par la suite, « Les familles acadiennes , éeritun contemporain, sont en effet plantureuses en progéniture ; deux couples voisins ont fait à l'envi lun de l'autre chacun 18 enfants tous vivants; c’est être fort habile en ce mélier: cependant un autre couple à été jusqu’à 22 et en promet encore davantage, Mais c'es li richesse du pays; quandils sont en état de travailler, ils épargnent à leur père des journées d'hommes qui coûtent 25 et 30 sols, et cela va à une dépense qu'il ne sauroientfaire, ear ilen coûte beaucoup pour acconmoder les terres que lon veut cultiver! ».

Ces braves gens n'avaientnon plus à compter que si eux-mêmes pour les ressources de fa vie et du vète. ment. Les communications étaient rares et irrégulières avec la métropole et il arrivait que des années entitres se passaient sans que des navires venus de France se montrassent dans ces parages. *< Nous serions bien heureux, Monseigneur, écrivait en 1707 le commissaire de marine Desgoutlins, si dans le temps présent n0s ennemis (les Anglais) vouloient encore apporter les nécessités du pays et prendre le castor dont il regorge.

sans ce qu'ils avoient apporté l'autre lois, on ne mir

ceroit point de soupe; les terres auroient été inutiles on auroit arraché l'herbe pour faire du foin, etui auroit mordu son pain: iln'v avoit plus ni marmite

L'Dieréville, Voyage en Acadie. Amsterdam, 1708,

LUISOTVE, 0

Lui faulx, haches, ni L'habitant !

La néces gcrent de } Lalage, À pe Lirmes et le Leur ingénic Leste, 11 fau mêle ei Ta ] « Les ha

Bients, d'aut:

Ans IS so De Jour In Ne se disti IS po Et se font De Peaux d De leur fñ À voir Is trouven

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uw elle. Di faulx, ni faucilles, ni couteaux, nifer en ce pays, ni

Aie haches, ni chaudières pour les sauvages, ni sel pour L'habitant 1. »

La nécessité rend industrieux; les Acadiens se char- «rent de prouver une fois de plus la justesse de cet alage, À part les métaux en barre et confectionnés, les

Larmes et les munitions, le sel, le vin et l’eau-de-vie, leur ingénieuse activité suppléait à peu près à tout le Leste, I faut là-dessus entendre encore Diéreville qui môle ici la poésie à la prose: |

nn douans; la Lotable- CCI Un L'ODÉNIe lun de tre fort da: le a été ais c'es « Les habitants, écrit-il, ne laissent pas d’v être conavaler, tents, d'autant qu'on n’y parle ni d'impôts nide tailles: ss sans avoir appris de métier,

se Qu'ils se qu IS sont en tont bons ouvriers; Paccon- De leur laine ils se font habits, bonnets et bas,

Ne se distinguent point par de nouvelles modes ;

IS portent toujours des capots

es Et se font des souliers toujours plats et commodes lu vete- De peanx de loups marins et de peaux d'origmanx : De leur lin, ils se font encore de la toile:

À voir seulement un modèle, IS trouvent tout aisé pour l'exécution ;

© 10 DS eutié

enticres

r'ance sc Cest comme faire nn vers à moi quand j'ai la rime!

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nisantre « Sauf les asperges et les artichauts, ils ont toutes

sent nos oirtes de légumes, et tous excellents; ils ont des champs

ovter le ouverts de choux pommés et de navets, qu'ils con-

servent toute l’année... Les choux restent dans les

Y'eLOret, FALLE

ne an Béumps la tête renversée, et la neige les couvre qui les

inutiles, huserve. On fait de plantureuses soupes avec ces

lux légumes el de grosses pièces de lard; ils font sur-

aumites Aout beaucoup de choux, car les cochons en mangent

Archives de La marine. Lettre du 23 décembre 4707.

172 ITISTOTRE DU CANADA

les débris, el c'est leur unique nourriture pendu j'hiver... Les chênes et les hêtres y sont très communs et on y trouve des cours ou courtils, aussi bien plinés de pommiers qu'en Normandie. »

Pour compléter ce tableau qui ressuseite pour nous la vie de ces temps éloignés et qui s'applique d'ail. leurs aussi bien au Canada de ce temps qu'à Pc die, empruntons encore quelques traits à une deseriplion de La Mothe-Condillac :

« L'Acadie produit froment, seigle, bled d'hnid anais) et toutes sortes de légumes, herbes potagère principalement des choux eabus, qui Ÿ viennent d'une grosseur excessive sans V prendre que peu de soin: les plantes v réussissent aussi fort bien, entrautres is pommiers el les poiriers. On sème le froment depui le commencement d'avril jusqu'à la fin de mai, elon fait la récolte vers la fin d'août ; on v élève des bestian autant qu'on le veut; le bœuf + est d'un goût mervei leux, les moutons v sont aussi gros et grands que dans

les Prrénées et on Espagne, On les mène sur la mon:

tagne, c'est-à dire à une demi-lieue, où ils S'engraisson

extrêmement, à cause de la quantité de serpolet qu'elle

produit. Les chevaux y sont de belle taille, bien tri

versés, forts, la jambe bonne, l'ongle dur, la teste peu grosse, mais on ne prend point de soin pour 1 élever, à cause qu'on n’en trouve point le débit. IX aussi quantité de volailles, des oves, des coqs d'Inde

des pigeons francs...

«…, Lesrivicres fournissent aux habitants de grande

ressources pour la pêche et pour les communications

Les hommes y naviguent la plupart du temps en canot

de bois ou d'écorce: les femmes font Ilamême besoune

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MHÉDELOT

I uous HUPUTS € chcore GUIOns, | prétendu dire just d'histoire

AU io de Montr lui pr'ont noment Canadien clef des l du roi dl lants, etl juu, pelil cuerre dl VOA CO l'Empire, La Not lé contre.

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ne craignant point l'eau, et presque toutes bonnes ménagères, avant un grand naturel pour leurs enfants!»

nous faut midheureusement lisser ce tableau de meurs et doccupalions champètres pour retrouver eucore une fois le lracas des armes et le bruit des canons, Hélas Le'estde cel qu'est faite Phistoire de nos Lréteudues civilisations; el c'est pour cel qu'on à pu ire justement: Heureux les peuples qui mont pas Fhistoire !

Au moment où le Canada venait de conclure Et paix de Montréal avec les Indiens eL'oût cetle paix semblait lui promettre un avenir de calme et de sécurité; au moment où La Mothe-Condillac, avec cent Francuis- Canadiens, Jetait les fondements de la ville de Détroit, defdes pays d'en haut et de Ex région des lacs, lt mort du roi d'Espagne Charles IE, décédé en 1700, sans en lants, etlaflaire de su succession dévolue au duc d’Anjou, pelitfils puiné de Louis NIV, allait ralluiner la «uerre dans les deux mondes, el couliser de noueau contre fr France, FAngleterre, Lt Hollande et Empire.

La Nouvelle-France ne pouviut manquer de ressentir le contre-coup de cette reprise des hostilités. Le Cuda proprement ditétait, dans une certaine mesure, à l'abri des attaques des Anglais, au moins du côté de la lerre, protégé qu'ilétut miuintenant par la neutralité les Hroquois. Mais l'Acadie et Terre-Neuve étaient, au contraire, à la portée des agressions des marins de la

Nouvelle-Angleterre qui, dès 1702, firent une première

Mémoire de La Motte-Cadillae sur les côtes de FAmériqne du Non. on 46992, (Archives de Lu Martine).

174 HISTOIRE DU GANADA

tentalive, d'ailleurs infructueuse, contre Plaisance Une autre Lentative dirigée, en 1703, contre le mano de Saint-Castin fut vaillunment repoussée par ce der. nier, soutenu par ses Abénakis. Devenus agresseursi leur tour, ceux-ci s'emparèrent du fort de Casco, don la garnison anglaise fut obligée de capituler et de se ri cheter par une forte rançon!..

Cependant le gouverneur deQuébec, M. de Callicres prévoyant que les hostilités allaient prendre plus oravité, écrivait à la cour de Versailles qu'on achemi nat sans returd vers PAcadie une émigration ske hombreuse pour défendre cette colonie et en assurer hi possession à lt France, Lacour promit, mais, pour malheur de là France et de Acadie, ne Unt points promesse où fa nt mal; car c'est à peine si, de 1701: 1709, 80 colons nouveaux, venus pour a plupart

tochelort, allérents'élabliren Acadie.

M. de Callièéres mourut d'ailleurs sur ces entretaites avant d'avoir pu presser l'exécution de ses désirs (1 mai 1703). Ileut pour successeur le marquis de Var dreuil qui, comme lui, avait commencé par être gouverneur de Montréal et qui fut, comme lui aussi, nonrmé à la demande des colons, Un des premiers soins du nouveau gouverneur fut de consolider la paix de Mont réal et de prévenir les intrigues des Anglais, qui cher: chaient à détacher les Hroquois de notre alliance. Dans les pourparlers qui s'engagérent àcette occasion, le chel

de la tribu des Onontagués fit cette lovale et fière ré-

ponse : « Les Européens ont l'esprit mal fait; ils ont li paixentr'eux etunrien leur fait reprendreleur hache

! Beanisch, p.260. — Rameau.

Nous au ut de p ous VO le pense leur den Leur 1 velle-Kr de Hi gt times !

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Nous autres, nous n'en usons pas de mème : 11 nous hut de puissantes raisons pour rompre un traité que nous avons une fois signé, » M. de Vaudreuil, comme on le pense bien, félicita les Indiens de ces sentiments et leur demanda d’v persévérer,

Leur neutralité, nous Pavons dit, protéveuit la Nouvelle-France du côté du sud etde l’ouest; aussi le tort de x guerre se porta-t-il dans les provinces marilines !.

Les sens de Boston, eflravés et irrités des ravages des \bénakis de Saint-Castin, préparèrent, pendant tout liver de 1703 à 170%, une grande expédition contre Acadie, Leur Hotte se composut de 22 vaisseaux, et lestroupes de débarquement furent placées, itmois de mu 170%, sous le commandement du colonel Church, leplus habile partisan de x Nouvelle-Angleterre. Ge srandeflort n'aboutit qu'ifire quelques prisonniers el ibrtler quelques maisons durivage ; à Port-Roval mème M. de Brouillan, qui avait remplacé M. de Villebon comme gouverneur, fut assez heureux pour arrèter, — ivec le concours de deux corsaires embossés sous le “non de Port-Roval, — l'effort dex Anglais et Les obliser serembarquer. En somme la flotte anglaise retourna à Boston sans avoir pu occuper solidement aucun poste, Les prisonniers français faits dans cette expédition furent échangés, peu de temps après, contre un

y a lieu de signaler pourtant deux expéditions que les Franus du Canada dirigérent par terre contre ax Nouvelle-Augleterre eUqui causérent de grands dommages à ce dernier pays. En 1704, lertel de Rouville, après avoir pris et détruit le fort de Deertield, vagea tout le nord du Connectieut et, en 4705, une autre colonne Sempara du fort Haverbuit.

pareil nombre d'Anglais capturés par les bandes di Saint-Castin ou par les corsaires.

Trois ans plus tu'd, les habitants de Boston, jalou de venger leur échec, pr'éparérent une expédition plus redoutable encore que lt précédente, On levi à celellel deux régiments de milice qu'on mit sous les ordres du colonel March, et qui furent embarqués sur vingt-cini navires, L'entreprise fut conduite avec tant d'habiletc et de discrétion que la flotte entra, le 6 juin 1707, dans le bassin de Port-Roval, sans que les Français eussenl pu en être prévenus. Les hommes de garde postés à l'en. Wrée du bassin n'eurent que le temps de se sauver vers le fort, el le lendemain les Anglais débirquérent à tutois des deux côtés de la rade.

M. de Subercase, qui commandait la place depuis décès de M. de Brouillan, ne se troubla pourtant po et communiquant à chacun son sang-lroid et son cote rage, entreprit, avecunecentune de soldatseLunnombre double de miliciens du Canada et de F'Acadie, de résis ler aux Anglais. F tint les assaillants en haleine jus qu'au 19 juin, les inquiétant sur leurs côtés et sur leurs derricres el les hurcelant incessumment par des déti chements de volontaires choisis parmi les meilleurs lireurs de ces milices. Néanmoins, le 46 juin, le colon March, qui avait fait pratiquer des tranchées jusqu'a pied du fort, se décida à donner l'assaut. Mais il fut rect par un feu d'artillerie et de mousqueterie si vif ets nourri qu'il fallut abandonner l'attaque et rentrer dan: lestranchées. D'autre part, Saint-Castin arrivait à

rescousse desassiésés avec sesterribles Abénakis. Mar)

jugea qu'il était imutiie de S'opiniaätrer davantage con cctte résistiunce acharnée 1 rembarqua sa petite

mée el 4 avait per le blessé La not Américui lonel Wa etrecul | Roval. À précéden ju r'assel troupes, nouveller passer cit comptait ( ant d'ens les attaqu seule jot de Diére perdu le lécidèren les ancres velle de c pulire et lion qu'on L'anné.

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mée el quitta lurade de Port-Roval le 17 juin 1707. 1 avait perdu dans ces rencontres 80 morts et beaucoup de blessés !.

La nouvelle de cette retraite excita chez les Anglo- Américuins une émotion voisine de la fureur. Le colunel Wainwright remplaça March à la tête des lroupes etrecut Pordre de s'emparer, coûte que coûte, de Port- Roval, Mais cet effort ne fut pas plus heureux que le précédent, M. de Subercuse, prévenu à lemps, avait pu rassembler tous ses auxiliaires et quoique toutes ses l'oupes, en comptant l'équipage d’une frégate royale nouvellement entrée dans le port, ne dussent pas dépasser cinq cents hommes, en face d’un ennemi qui en complait deux mille, cette petite troupe manæuvra avec lant d'ensemble et de hidiesse qu'elle repoussa toutes les attaques des Anglais. Dans les divers combats d'une seule journée, les Anglais perdirent, au témoignage le Diéreville, « plus de six vingts hommes. » Avant perdu l'espoir de prendre T4 place de vive lorce, ils se décidèrent à se rembarquer el, le % septembre, levant les ancres, ils remirent Ja voile sur Boston où li nouvelle de ce Wroisième échec augmenta l’exaspération populuire et le ressentiment contre les chefs de l’expédilion qu'on parlait hautement de fusiller. (1707).

L'année d’après, les Français prirent à leur tour l'oflensive contreles établissements anglaisde Terre-Neuve. Le principal de ces établissements, Saint-Jean, retombé au pouvoir des Anglais depuis l'expédition d’Iberville, était protégé par trois forts munis de cinquante canons et défendu par 80 soldats et 800 miliciens. M. de Saint-

l'Garneau, — Haineuu,

Ovide, lieutenant du roi à Plaisance, n'avait sous là main que quarante-quatre soldats, auxquels s’adjoiynirent 125 hommes : habitants, matelots et sauvages. Avec cettepetite troupe déterminée, il vint, au cœur de l'hiver, assiéger Saint-Jean et, à force d’audare, réussit à s'emparer des forts et à faire la garnison prisonnière (ler janvier 1709). Mieux secondé, Saint-Ovide eût pu assujettir, dans cette campagne, l'ile toute entière ; mais on craignait de dégarnir Plaisance et il dut secontenter de démanteler les forts de Saint-Jean et de revenir à Plaisance, chargé d’un butin considérable.

Ces succès de nos troupes eussent assuré pour lonytemps la sécurité des colonies françaises dans lenord de l'Amérique si la métropole n'avait pas été, àce moment, sous le coup des défaites qui marquérent la fin du règne de Louis XIV et qui la mirent à deux pas de sa ruine.

Tandis que M. de Vaudreuil et M. de Subervase s'épuisaient à demander à la France de faibles secours qui neleurarrivaient jamais, les Anglo-Américains faisaient, de leur côté, entendre à l'Angleterre des doléances à qui les évènements assuraient plus de chances de succès. « Nous ne pouvons penser, -— disait une adresse de l'assemblée de New-York à la reine Anne, en 1709, — nousne pouvons penser sans les plus vivesappréhensions uu danger qui menacera, avec le temps, les sujets de Sa Majesté dans ces contrées ; car siles Français, après s'être attachégraduellementles nombreuses nations indigènes quileshabitent, tombaient sur les colonies de Votre Majesté, ilserait presque impossible à touteslesforces quela Grande-Bretagne pourrait y porter de les vaincre ou de les réduire, » Pour soutenir ces représentations, le co-

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lonel Vetch, l’un des principaux citoyens de Boston et Francis Nicholson, gouverneur de la Virginie, furent successivemerit députés à Londres'où ils pressèrent l'envoi de renforts considérables destinés à réduire l'Acadie et le Canada.

L’Angleterre se rendit aux désirs de ses colonies et envoya à Boston (juillet 1710) une escadre avec un régiment d'infanterie demarine, des officiers, des munilions de toute sorte, et les fonds nécessaires pour lever: et organiser dans la contrée même quatre régiments!. Les diverses colonies de la Nouvelle-Angleterre levèrent partout leurs milices pour prendre part à cette nouvelle campagne, dont l’Acadie fut encore le premier gbjectif.

Il se trouva précisément qu’à cet instant critique les corsaires français, si nombreux les années précédentes, avaient tous quitté l’Acadie, chassés par une épidémie ; non-seulement on perdait avec eux des auxiliaires elficaces, mais aussi les ravitaillements de toute nature que leurs croisières faisaient affluer à Port-Royal où les approvisionnements étaient si insuflisants. La garnison se composait de quatre compagnies de marine qui comptaient à peine 160 hommes. Subercase fit bien un appel à Saint-Castin, aux autres capilaines de sauvages et aux Indiens; mais ces derniers étaient dégoûtés par la parcimonie et la négligence du youvernement français. On ne leur faisait plus de présents, pas même les distributions normales de munilions de guerre ; ils se sentuient en outre découragés en comparant le petit nombre et le dénüment des

1 Beamish, — Rameau.

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