‹ Histoire du Canada et des Canadiens français de la découverte jusqu'à nos jours [microforme]Chapitre 31 sur 54 · PS · texte numérisé non relu

PS

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les qualités qui pouvaient attacher et charmer les sol.

dats qu'il avait amenés d'Europe, les colons canadiens

qu'il engageait à quitter leur charrue pour le suivre, el

les Indiens qui s’associaient à ses expéditions et qui,

marchant de nuit, inaperçus, à travers les bois, tom-

hbaent sur les habitations écarlées des Anglais et les

détruisaient avant qu'on soupeonnat leur approche. »

Le général-marquis débarqua à Québec en mai 1756;

lamenait, comme compagnons d'armes, le chevalier

de Lévis, qui fat plus tord due de Lévis el maréchal de

France; le colonel de PBourlunaque, dont les talents supérieurs allaient trouver un beau champ d'action dns cette guerre d'Amérique, enfin M. de Pougain-

ville, alors capitaine de dragons et qui se fera plus bd un nom célèbre dans nos annales maritimes.

M. de Montealm trouva l'administration de la colonie dans un fort déplorable état et s’en expliqua bienll dans ses lettres au gouvernement. Faiblesse du gouteneur; improbité de la plupart des fonctionnaires el prévarications de Pintendant Bigot et de ses complices; ivalités des officiers de l’armée de terre contre ceux de l'infanterie de marine et ceux dé la milices forma

! Biographie universelle, Art. Montcalm. Voir aussi dans le Mercure de France, de janvier 1760, une biographie de Montealin, \. Dussieux suggère l'idée que les renseignements en ont été fourüs par M, Doreil, alors commissaire des gnerres an Canada et qui ‘hittrès dévoué ati général.

et”

tion de deux partis dans la colonie; difficulté de fair la guerre dans un pays immense, sans routes et su autres moyens de communications que des rivière coupées de sauts (cataractes) et de rapides ou des las que la violence des vagues rend souvent impraticables aux bateaux ; tels sont les thèmes ordinaires et (ro justifiés des doléances de M. Montcalm et de ses aides de camp.

Malgré les tristesses de cette situation, malgré la fu. blesse etle dénuement de son armée, malgré la riguen du elimat à laquelle une partie de ses troupes n'étii pas habituée, Montcalm eut tout l'avantage des con: bats pendant la première année de la guerre (1756).

Son principal objectif dans cette campagne, fut le fort Chouegen ou Oswego, sur le lac Ontario, que les Anglais occupaient avec 1,800 hommes. (était la post Hion la plus avancée des Anglais au-delà de Ta chaine des Alléghanys, et celle qui portait le plus d’ombragei notre prétention de posséder tout ke terrain au-deli de cette chaine. M. de Montcalm, par une diversion habile, feignit de vouloir presser les Anglais sur le la Champlain, et il put amener 3,000 hommes conti Chouegen sans que l'ennemi eût eu vent de ses monvements. Les forts, brusquement et rudement assaillis, se rendirent après quelques heures seulement de résistance et lorsqu'ils n'avaient encore perdu que li hommes. Cette prompte capitulation étonna Montcalm: « Je ne reconnais plus les Anglais, dit-il; il faut croire qu’une fois transplantés, ils ne sont plus les mêmes qu'en Europe. » Plus de seize cents prisonniers, cin

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ere, outre une quantité de petites barques, d'immenses approvisionnements d'armes, de munitions el de vivres dont notre armée profita, tombèrent au pouwir des Français. On estime à 45 millions là perte matérielle de l'Angleterre en cette journée.

L'effet moral en fut très grand aussi, au moins en Amérique. Les Anglais renoncèrent aux attaques qu'ils avaient projetées sur nos propres forts et se contentérent de se protéger du mieux qu'ils purent contre les incursions des bandes canadiennes et les cruelles attaques de nos sauvages alliés. Sous la terreur de ces aressions, les colons de la Virginie et de la Pensvlvanie reculèrent les bornes de leurs habitations à plus de quarante lieues en deça des Alléghanys; encore ne frent-ils pas tout-à-fait à l'abri des attaques des nôtres, Le chevalier de Villiers, avec un détachement qui ne comptait que cinquante-cinq hommes, alla prendre le bort Grenville, à vingt lieues de Philadelphie; € tout \ ut brûlé, tué ou fait prisonnier. »

Ces succès que M. de Lévis attribuait à la chance auant qu'au «bien joué », ne faisaient que farder la triste situation où se débattait, au dedans, la colonie. La

lisette S'y faisait déjà sentir, la récolte avant presque lolalement manqué dans le gouvernement de Québec etles bras ne suffisant pas d'ailleurs à l’agriculture, depuis que la presque totalité des habitants était appelée à servir dans les rangs de la milice. Un certain “ombre de familles acadiennes ramenées cette année-

li de Miramichy à Québec, eurent à souffrir de grandes

privations, et beaucoup moururent de faim ou de déhuement.

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250 NISTOIRE DU CANADA

Les voleries de lintendant Bigotet de ses complices, les Péan, les Bréard, les Varin et les Cadet, — proti. uées par l'insigne faiblesse du gouverneur de Vaudreui — ajoutaient une particulière acuité à la détresse cénc. rale. M. Dussieux à reconstitué, d'après les pièces dn procès qu'on fit plus tard à ces gredins, la physiononi de leurs honteuses spéculations. Les affidéset les prète. noms de la société Bigot achetaient les marchandise de l'Etat à bon marché et les lui revendaient ensuite: des prix excessifs, fs enflaient les mémoires et faisaient de doubles emplois d'états de rations qui, bien que faux, étaient pavés comme fidèles. A Paide de leu gains prodigieux (12 millions sur une fourniture montant à TT millions seulement de prix d'achal), ik séduisaient les officiers commandant les forts pou caoner leurs suffrages et les commis et gardes-mase sins pour acheter leur silence, ete. On peut voir Ki dans tout ce qu'ils ont de plus détestable, les fruits d'un gouvernement absolu et ce que produit le manque de contrôle et de liberté, surtout quand les sphères sup rieures du pouvoir donnent l'exemple de la plus eonplète immoralité, comme c'était alors le ens de Louis XV et de sa cour!.

Sans connaître sans doute toute l'étendue du mil, Montcalm en soupçonnait la plus grande partie et confiait ses défiances et ses inquiétudes au ministre : «le n'ai aucune confiance, écrivait-il un peu plus til (1759), ni en M. de Vaudreuil, nien M. Bigot. M. de

4 Voir Dussienx : Le Ganada sous la domination francaiv, pp. 168 et suiv,

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