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Orange :
LA NOUVELLE FRANCE Je maintiendrai. Les qualités qui distinguaient Foumiral sur des chiunps de bataille et fuisatent ses défaites aussi dangereuses à ses adversures que des victoires, ue Fabandonnaent jamais dans le conseil el, qu'il s'agit de paix où de guerre, d'une délibération dans un Sunode où dune entreprise de colonisation, toujours cette fermelé calme se retrouvait au service dun robuste bon sens pour préparer le suceës des justes cite ses qu'ilservail, où pour en réparer les revers L L'auniral Unt donc ferme dans ses résolutions. Par ses soins, une nouvelle expédition partit en 1564, sous les ordres du capitaine de Laudonnièôre, gentilhomme protestant du Poitou ; celui-ci débarqui avee ses gens el ses provisions près de la rivière de Mai, à quelque distance de Pendioit où S'éluit fixée la colonie précédente. donna au pays où il S'établissuit el fort qu'il éleva dans lPintérieur des terres Le nom de Caroline, nom que portent encore aujourd'hui deux Etats de li grande Républiqie Américaine. Cette colonie € qui serait devenue tn empire Morissant st elle aval été suffisament protégée 25», fut malheureusement, comme crvut été le cas pour Pexpédifion précédente, Kkussée Hop longtemps à ses seules el trop précaires ressources. Les privations et ht sascre
surexeilérent quelques mulins, qui allérent jusqieà
Ua France de notre génération ne fit que Shonorer el réparer une longue injustice envers cette grade mémoire on élevant ù Paris, au chevet du temple de lOratoire, tout près de cette place de Saint-Germain lAuxerrois, où Sont de toc néfiste de fa Saint-Barthélemy, une statue à Coligny, à cel qu'on apppelé cle plus grand des Huguenots ».
? Garneau, Hist. du Cunada, p. 1.
menacer Laudonnière de mort: celui-ci dut déplover une rare autorité pour avoir raison des sédilieux, dont il Hit pendre quatre. Cependant, Kumisère continuant elles provisions manquant toujours, — ut point que les colons he se soutenaient que par la générosité des SULVages, qui leur procurérent du blé d'Inde, — Laudonnière aviul pris le parti de retourner en France, quand les Francais aperçurent plusieurs voiles qui se dirigeaient vers leur port. Cébut le capiluine Fübaut, evo par Colighv, qui sunenait de nouvelles farsilles de colons, des animaux, des outils d'agriculture et des vivres.
Touteûl été pour le mieux, grace à ce ravilaillement inespéré, si les Espagnols, qui avaient pris ombrage de lPélablissement des Francais dans le voisinage de Ki Floride, n'éluent venus fondre à Phnproviste sur fa colonie naissante. Le combat S'engagea sur terre el sur mer à fa lois; mais les Français, surpris de cette brusque agression — d'autant plus inattendue que li lrance et l'Espagne étaient à ce moment en paix, —furent écrasés avant d'avoir eu le temps de se mettre sur la défensive. Laudonnière put s'échapper, mais Jean Ribaut fut pris, avec plusieurs de ses compagnons, etles Espagnols, qui leur avaient d'abord promis Li vie sauve, les firent ensuite lraitreusement massacrer ou pendre. Pour se mettre en règle avec li Madone et peut-être aussi avec le roi € Urès-chrétien l », on épargna, dans celte boucherie, quelques eatholiques qui se trouvaient, en petit nombre, méèlés aux
{La reime-mére, Catherine de Médicis, fut suspectée de conni- 7 + * ‘4 2, vence dans ce massacre. Voir Garneau, p. 093 et 34.
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catholi- Lelés aux
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huguenots et on mit cette inscription sur larbre qui servit de gibet : « Pendus non comme Français, mais comme Luthériens et ennemis de la foi. » N'était-ce pas une œuvre pie d’exterminer les hérétiques partout où ils se rencontraient 7... (1565)
Une éclatante vengeance fut lirée de cette félonie, hou pau le gouvernement du roi de France, trop occupé lui-même, à ce moment, de sa lutte contre « l'hérésie », mais par un simple chevalier, Dominique de Gourgues. Gourgues était catholique, mais bon Francais, el le premier article de sa foi était la haine des Espagnols, contre lesquels ilavait longtemps ferraillé sur les champs de bataille d'Italie. Ressentant vivement l’outrage fut à la France par ces Espagnols détestés, il vendit tout son bien pour acheter et armer trois navires, ÿ embarqua 80 matelots et 150 soldats, la plunäri gentilshommes, quitta le port de Bordeaux Sdiis avoir avisé personne de son dessein, traversa PAtlotique, surprit les Espagnols dans le fort Cacoltse el, payant de sa personne à li tête de ses compagnons d'armes, leur fivra un assaut furieux, qui uit ses ennemis à sa discrétion. Les Espagnols furent pendus à leur tour avec cette inscription : « Pendus non comme Espagnols, mais comme pirates, bandoliers el écumeurs de mer » (1568). Après cette exécution et le fort démoli, de Gourgues se rembarqua avec ses hommes, « laissant, dit le narrateur (Champlain), laissant au cœur des sauvages un regret immortel de se voir privés d’un si mmagnanime capilaine. »
Du fait de ces incidents, l'œuvre de Ja colonisation
n'avançail pas, où même elle semblait élouffée dans son germe. Pendant un intervalle de trente années, aucune entreprise sérieuse ne fut faile pour reprendre cette œuvre et, sauf les barques des pêcheurs normands, bretons où basques qui centinuaient de visiler, pour la pêche de li morue, les parages de Terre- ‘uve, où pénéträent mème, pour le Uaic des po uies, dans le bassin du Saint-Laurent, le pavillon françuis uvail cessé de se montrer dans les eaux de l'Amérique.
Qu'il nous soit permis de combler cet intervalle el de préparer la transilion aux tentatives que nous allons maintenant raconter par une cilation de Garneau, l'historien national du Canada. Celle page vient si bien à l’appui de nos propres observations que nous aurions regret de la passer sous silence :
En formant, écrit cet auteur, des établissements protestants français dans le Nouveau-Monde, Colignv exécutait un projet patriotique dont l'Angleterre, en limitant, sut ensuite profiter, et dont nous voyons aut- Jourd’hui les immenses résultats. IE voulait ouvrir, en Amérique, à tous ceux qui s'étaient séparés de La religion dominante, un asile où, tout en formant partie du même empire el en augmentant son élendue et sa puissance, ils pourraient jouir des avantages que possédaient les fidèles de Pancienne religion dans lu mère-patrie. Célait une des plus belles et des plus nobles conceptions des temps modernes. Si elle n'a pus réussi, c'est que, par malheur, le parti catholique qui conservait toujours la principale influence sur le trône s'y opposa sans cesse, tantôt sourdement, tantôt ouvertement, — excité par la cour de Rome étrangère à
fée dus années, prendre US NOIde visie Terreic des pavillon euux de
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SSeINenEs Colignv erre, el VONS autivrir, en : [a reliartie du ie el sa [ue posdans la plus non'a pus que qui le trône htot ou-
ingére à
É ET Se IE RURS
x nation et par conséquent fort peu touchée de ses intérèts où de sa grandeur.
«en fut ainsi, surtout vers le temps où nous sommes arrivés. La longue période qui s’écoula entre l'expédition de Roberval et celle du marquis de la Roche en Acadie, en 1598, est entièrement remplie pur la grande lutte avec l'Espagne et l'Empire et par les longues et sanglantes guerres de religion rendues si tristement fameuses par le massacre de la Saint- Barthélemy. L'attention des chefs de l'Etat, absorbée pur ces évènements mémorables qui ébranlèrent la France jusqu'en ses fondements, ne put se porter vers le Nouveau-Monde qui fut à peu près oublié.
« Ce n’est qu'après que le calme fut un peu rétabli et que Henri IV fut solidement établi sur le trône, que l'on revint aux desseins qu’on avait formés sur le Canada et sur les parages voisins, mais avec des motifs de moins pour la colonisation depuis la pacification des Huguenots ! »
Henri IV était, en etlet, un assez grand roi et avait esprit assez haut placé pour comprendre de quel in- Lérèt était poui la France une expansion coloniale et pour favoriser, de son mieux, cette expansion. C'était, d'ailleurs, le temps où toutes les nations maritimes de PEurope se hätaient de prendre un pied solide sur le continent américain. L'Espagne et le Portugal se purtascuient l'Amérique centrale et PAmérique du sud. L'Angleterre avait jeté son dévolu sur la Floride et persistait à s'y établir en dépit des attaques des Espagnols. C’est en l'an 1607 que John Smith fonde en
1 Garneau, Hist. du Canada. 1e Edition, t. Ier, p. 84 et 35.
Virginie, à Jamestown, le premier établissement anglais durable. Le grand exode des Puritains anglais sur les cotes du Massachussets commencera en 1620. La Hollande allait bientôt après (1625) établir la colonie rapidement florissante de Manhattan, aujourd'hui New-York. I n’y avait pas de temps à perdre pour la France si elle voulait se ménager une part des « Lerresneuves » et s'assurer les titres et les droits du premier ‘ceupant.
Un seigneur breton, Troïlus du Mesgouez, marquis de la Roche, s'était fait accorder, sous le règne de lenri DE, une commission de «gouverneur, lieutenant-général et vice-roi des Terres-Neuves el pays occupés par gens barbares qu'il prendra et conquestera ». Henri IV contfirma cette commission, en 1598. Mais l'entreprise du marquis ne fut pas heureuse. N’avant aucune connaissance des lieux et forcé de s’en rapporter à son pilote, un normand nommé Chédhotel, il déposa ses colons dans l’île de Sable, près du cap Breton, et les laissa là, dans un lieu impropre à toute culture, Suns bois ni pierre pour bâtir. Ces pauvres gens de meurèérent sept années sur cette plage inhospitalière, obligés de se creuser des retraites dans la terre et de se vètir de peaux de loups marins, n'ayant d’autres ressources, pour vivre, que celles de la pêche et de quelques bœufs qui, par fortune, avaient été jetés là à la suite d’un naufrage. Au bout de ces sept ans, le pilote qui ies avait mis dans cette fâcheuse position fut condamné par la cour de Rouen à les aller rechercher. Revenus en France, on les présenta, dans leur accoutrement sauvage, au roi Henri IV, qui commanda à Sully de leur donner « quelques commodités, comme
ent ananglais 1 1620.
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DS. Mais N'ayant l'Aapporel, il dé- Breton, culture, uens de italière, re et de d'autres he et de jetés là t ans, le sition ful hercher.
ir accounanda à | comme
il fit jusques à la somme de cinquante écus, pour les encourager de s’en retourner ! »,
Une expédition plus sérieuse s’organisa, en 1599, sous les ordres d’un capitaine de navire, le sieur Chauvin où de Chauvin. Ce Chauvin était huguenot et se recommandait au roi par les services qu'il lui avait rendus pendant Îles dernières guerres. Il obtint les pouvoirs qui avaient élé confiés précédemment au marquis de la Roche; mais, avant de partir, il se fit commanditer, comme on dirait aujourd'hui, par un riche négociant de Saint-Malo, nommé Du Pont- Gravé, qui avait conçu le vaste projet de monopoliser entre ses mains la traite des fourrures dans l'Amérique du Nord. Les deux associés frêtérent quelques vaisseaux et se rendirent jusqu'à Tadoussac, au confluent du Saint-Laurent et du Saguenay, où s’opéra le débiurquement. Ce lieu, excellent pour le trafic des pelleleries, était d'ailleurs assez mal choisi à cause de l’aridité du sol et de la froidure excessive du climat, «tel, dit Champlain, que S'il ÿ a une once de froid à 40 lieues à mont la rivière, il y en a là une livre ». Chauvin repartit avant l'hiver de 4599-1600, hiver qui fut extrêmement dur et fit bien connaître à ceux qui restérent «le changement qu'il v avait entre la France et Tadoussac ».
Chauvin retourna, dès que la mer le lui permit,
! Voyages de Champlain. L'époque du départ et du retour de cette expédition du marquis de la Roche n’est pas bien fixée, et quoique la plupart des historiens la placent en 1598, il y a de solides raisons de penser qu’elle eut lieu sous Henri HT; seul, le rapatriement des colons, laissés dans l’île de Sable, eut lieu sûrement sous Henri IV,
visiter les colons ou plutôt les trafiquants de Tadoussac et leur apporter du renfort. L'affaire marchait bien au point de vue commercial, sinon au point de vue agricole, etle brave capitaine venait de faice un troisième voyage quand il mourut en 1607.
Cest maintenant que nous allons voir Champlain entrer en scène, non plus seulement comme narrateur, mais comme acteur.
Le commandeur de Chaste, gouverneur de Dieppe, avait reçu du roi la commission devenue caduque par la mort de Chauvin. <Et d'autant que la despense esloit fort grande, il fil une société avec plusieurs gentilshommes et principaux marchands de Roüen et d'autres lieux — entre lesquels Pontgravé tenait encore un des premiers rangs. — Ce qu’estant fait ils font équiper aisseaux tant pour l'exécution de ceste entreprise que pour descouvrir et peupler le pays !». Champlain, qui s'était déjà fait connaître comme un marin distingué el comme un vaillant soldat dans la dernière campagne contre les Espagnols (1595), fat prié par M. de Chaste de prendre le commandement de l'expédition, Henri IV donna son autorisation à l'officier de sa marine el le chargea de lui rendre directement un compte fidèle du voyage.
Champlain, résolu d'examiner les lieux par lui-même avant de commencer un établissement définitif, partit pour un voyage de reconnaissance en compagnie de Pontgravé, avec qui il se lia, nous apprend-il lui-
4 Champlain.
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Dieppe, que par espense 1rs genet d'aucore un équiper se que in, qui noué el npagne Chaste enrt IV ie el le lèle du
-même , partit mie de il lui-
mème, d'étroile amitié. Les deux explorateurs, laissant leurs vaisseaux à Tadoussac, remontèrent le fleuve sur une chaloupe jusqu'au saut Saint-Louis où Jacques Cartier s'était arrêté en 1535. TS reconnurent les alentours du saut, notérentau passage la position de Québec ; après quoi, et ayant dressé une carie exacte de ses reconnaissances, Champlain revint en France et présenta au roi le récit de son voyage !.
Sur ces entrefaites, le commandeur de Chaste étant mort, son privilège fut transféré par Henri IV à lun de ses anciens compagnons d'armes : Pierre de Mons, sieur du Gua, gouverneur de Pons en Saintonge. Ce sentilhomme « éloit, dit Champlain, de la religion prétendue réformée, mais il avoit rendu de bons services à Sa Majesté pendant toutes les guerres passées et elle avoit en lui une grande confiance pour sa fidélité, comme il a fait paroistre tousjours jusqu'à sa mort ». De Mons n'était, d’ailleurs, pas étranger au pays dont il venait d'être fait gouverneur. Il avait déjà accompagné Chauvin, lors de sa première expédition, et Champlain nous le moutre «porté d'un zèle et affeclion d'aller peupler et habiter le pays de la Nouvelle- France el y exposer sa vie el son bien ». Un des articles de sa commission stipulait que les sauvages seraient imstruils dans la foi catholique; mais en même temps les huguenots obtenaient la liberté de professer leur religion dans les colonies qu'on établirait comme ils l'avaient en France. Ce n’est que plus tard, sous Louis XIE, qu'on revint sur ces dispositions tolérantes.
! Gette narration a été publiée, en 1603, sous ce titre: Des Sauvages ou voyage de Samuel Champlain. É
M. de Mons conserva la compagnie formée par son prédécesseur, mais en Faugmentant par ladjonction de marchands de La Rochelle et d'autres villes. Quatre vaisseaux furent équipés au Havre, dont un se dirigea vers Tadoussac et un autre vers le détroit de Canceau ! en vue de la traite des fourrures et de la pêche de Ti morue.
Les deux autres, sur lesquels M. de Mons et Champlain avaient pris place, firent voile plus au sud, M. de Mons estimait, en effet, que les établissements du Saint-Laurent étaient situés trop au nord et qu'il serait avantageux de se fixer dans un climat moins risgoureux. [Il avait donc porté ses vues sur les côtes de l’Acadie (aujourd'hui Nouvelle-Ecosse) et c’est pour cette contrée, encore inexplorée, qu'il partit, en imars 160%, emmenant avec lui «nombre de gentilshommes -— parmi lesquels M. de Poutrincourt, baron
de Saint-Just, en Champagne, — et toutes sortes d'ar- BUe lisans, soldats et autres, tint d’une que d'autre ré- Lot eion, prestres et ministres ? ». HU Après avoir atteint la côte de Acadie el contourné ob la vaste presqu'ile dans tous ses sens, on prit terre sur ie la côte orientale dans une île de la baie de Passama- Ge cady qu'on nomma Sainte-Croix et où on résolut de pi s'établir, On v construisit, en eflet, quelques magasins; . mais on s'aperçeut bientôt que Peau manquait et que le LL climat était à la fois rigoureux et peu salubre. Notre FR colonie se transporti en conséquence sur la côte ocei- FA t Canceau où Chanseau, avait, au XVie siècle le sens de bor- ct nes, limites. (Voir Littré au mot Cancel), Cest le détroit qui limite au nord-est, le continent américain.
2 Relation de Uhamplain.
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Canceau | che de fi
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[TRS de bo détroit qui
LA NOUVELLE FRANCE dentale de la presqu'ile, dans une belle rade de huit lieues de cireuit qui donnait sur la baie Francaise el qu'on appela Port-Royal (aujourd'hui Anmapolis). Ce déplacement n'allait pas, comme on pense, sans bien des difficultés et des fatigues ; mais tous les hommes SV mirent avee courage et bonne humeur, deux qualités que nous constaterons loujours au début de lous les établissements fondés par les Français en lointains Puivs.
« Le sieur de Poutrincourt ayant trouvé le lieu à son «gré, il le demanda, avec les terres y continentes, au « sieur de Mons; ce qui lui fut octrové el depuis en «a pris lettres de confirmation, de Sa Majesté, en in- « tention de SV retirer avec st famille € blir le nom chrétien et francois tant que son pouvoir
pour v éla- « S'étendra l».
Après avoir jeté les premières assises de son nouvel établissement, M. de Mons €s'embarqua pour le reour et avec lui ceux qui voulurent le suivre. Néanmoins plusieurs de bon courage demeurèrent sans appréhender le mal passé », Pontgravé resta à la tête de ces derniers, comme le lieutenant de M. de Mons. Ces premiers « Acadiens » passèrent l'hiver comme ils purent, achevant leurs logements, trafiquant avec les sauvages, faisant, sur les côtes voisines, des excursions que Champlain raconte tout au long dans son livre et ne lussant pas de courir de grands dangers dans ces expéditions sur des terres inconnues.
Cependant, Mons, de retour en France, trouvait son crédit ébranté & la cour et les esprits prévenus contre
1 Marc Lescarbot, Hist. de La Nouvelle France.
son entreprise, par suile des plaintes que faisaient entendre les marchands de pelleteries, frustrés de leurs bénéfices par son privilège, Iput eraindre un n nl de perdre, avee son monopole, tous ses associés: el
quand, dans ces conjonctures, M. de Poutrincourt, son
ancien compagnon d'armes, lui proposa de se charger
du gouvernement et du soin de la colonie naissante, M. de Mons souserivit volontiers à cet arrangement qui réservait, d'ailleurs, à son profit certains privilèges Commerciaux.
La convention faite, M. de Poutrincourt s'oceupa de trouver des colons et de rassembler tout ce qui élail nécessaire : bestiaux, provisions, outils, pour une
colonisation à laquelle il voulait donner un car re essentiellement agricole. Le rendez-vous générs, il
été donné à La Rochelle et le jour du départ fixé an commencement de mai (1606), Mare Lescarbol, « avocul en Parlement », le premier des historiens de fa «Nouvelle France », s'était joint à cette expédition, el c'est une page qui mérite d'être conservée que celle où il raconte ses impressions de départ :
« Arrivez que nous fümes à La Rochelle, nous \ « trouvimes les sieurs de Monts et de Poutrincourt, « qui yétoient venus en poste, el notre navire, appelé « le Jonas, du port de cent cinquante tonneaux, prêt «à sortir hors les chaines de la ville pour attendre le € vent... Mais les ouvriers, parmi la bonne chère (car € ilsavoient ehaeunvingt sols par jour), faisoientde mer- € veilleux lintamarres au quartier de Saint-Nicolas, « OÙ ils éloient logez. Ce qu'on trouvait fort étrange en «une ville si réformée que La Rochelle, en laquelle ne
se fait aucune dissolution apparente : il faut que
ient ende leurs fi hi ciési el art, son charger issante, ent qui
ivilèges
OCEU pa
ce qui our Une W re
fixé au , (CAVOs de fa lion, el ‘elle où
nous Y neourt, appelé IX, pré ndre le bre (car le mericolas, inge en elle ne ut que
chacun marche FϾil droit, Sil ne veut encourir fa censure soit du maire, soit des ministres de la ville...
« Et puis que j'entreprends une histoire narrative des choses en la façon qu'elles se sont passées, je dirai que ce nous est chose honteuse que les minisres de La Rochelle priassent Dieu chaque jour en leurs assemblées pour Lx conversion des pauvres peuples sauvages et mème pour notre conduite, el que nos ecclésiastiques ne fissent pas le semblable, De vérité nous n'avions prié niles uns ni les autres de ce faire, mais en cela se reconnoit le zèle d'un chacun, Enfin, peu auparavant notre départ il me souvint de demander au sieur euré ou vicaire de l'Eglise de La Rochelle, Silne pourroit point trouver quelque sien confrère qui voulût venir avec nous : ce que j'esperoy se pouvoir aisément faire, pourece qu'ils éloient 1 en assez bon nombre, el joint qu'étant en une ville maritime, je euidoy qu'ils prinssent plaisir de voguer sur les flots mais je ne peu rien obtenir, Et me fut dit pour excuse qu'il faudroit des gens qui fussent poussez de grand zèle de piété pour aller en tels voyages el seroit bon de s'adresser aux Pères Jésuites. Ce que nous ne pouvions faire alors, notre vaisseau ayant presque sa charge. A propos de quoy il me souvient avoir plusieurs fois ouv dire au sieur de Poutrincourt qu'après son premier voyage élant en court, un Jésuite de Court lui demanda ce qui se pourroit espérer de la conversion des peuples de la Nouvelle- France et s'ils étoient en grand nombre. A quo il répondit qu'il y avoit moyen d'acquérir cent mille
FT
ze + PRE AT ETC Ve
«unes à Jésus-Christ, mettant un nombre certain pour
un incertain. Ce bon Père faisant peu de cas de ce nombre, dit là-dessus par admiration : N’v a-til que « cela? comme si ce n'éloit pas un sujet assez grand
« pour emplover un homme! »
En suivant celte histoire, nous retrouverons bientôt ces mêmes Pères Jésuites fort occupés de la Nourvelle- France, mais beaucoup moins, semble-t-il, pour convert à la foi chrétienne les ‘nes des sauvages, que pour frustrer Mons et Poutrincourt des concessions de terres qui leur avaient été accordées et se les faire adjuger à eux-mêmes sous le couvert d’une dame de qualité, 1 marquise de Guercheville, fort dévote el très accrédilée à la cour de Marie de Médicis. C’est là un chapitre curieux des gestes de la trop célèbre Compagnie, qu’on peut trouver tout au long dans Phisloire de Lescarhot.
Le Jonas arriva à Port-Royal le 28 juillet, v ramenant, avec l'abondance, Pentrain et le courage qui avaient un moment tout à fait abandonné la petite colonie, Dès le lendemain, on commenca à ouvrir la terre pour la préparer aux semailles d'automne. En homme le sens, Poutrincourt avait compris dès Pabord la vanité des calculs que tant d'autres fondaisnt sur les mines et sur les trésors métalliques du Nouveau- Monde ; les pêcheries et les fourrures ne lui parurent mème qu'une ressource incidente ; il visa tout de suite à fonder un établissement agricole, appuyé sur une population laborieuse et sédentaire. Ce pays, presque inhabité — car les tribus indiennes étaient fort disséminées et peu nombreuses, — ces rivages fertiles, ces lais de mer, ces polders d’une exploitation facile et ces
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«randes forêts vierges aux essences variées, offraient un horizon sans limites aux pacifiques ambitions du baron champenois. Du manoir principal qu'il voulut établir à Port-Roval, il pensait diriger un jour, comme autant d'essaims, chacun de ses cadets sur quelque lief nouveau Hüllé dans le plein drap de cette vaste solitude ! Lesearbot, Pavocat at Parlement qui avait quitté Paris « pour fuir un monde corrompu », révait, lui, d'être le burde ou le trouvère de ce haut baron. Il rimait des épilres dans le goût de son temps et composait des pièces de théâtre qu'on jouait ensuite pour le plus grand ébaudisserment des sauvages. Champlain et les autres avaient institué un ordre du Bon Temps, sorte d'académie culinaire où chacun, étant à tour de role maitre d'hôtel et chargé de l'approvisionnement de la table, avait à faire la preuve de ses connaissances sastronomiques. Nos gens mariaient ainsi lPagréable a Putile; tour-à-lour agriculteurs, marins, charpen- Uers, chasseurs où cuisiniers: Lescarbol ne rénssis- Sul pas moins dans le jurdinage et dans Lx mécanique que dans les travaux du bel esprit. € Tous les jours, cuit de lui Charlevoix, il inventait quelque chose de nouveau pour Putilité publique... eût été aussi capable d'établir une colonie que d'en écrire Fhisloire, »
Cette aclivité porta bientôt fruit. Les semences conliées au sol levèrent, l'été suivant, dans d'excellentes conditions; les arbres abattus et équarris s'élevérent en constructions peu élégantes, mais solides ; on eut un four pour faire les briques, un moulin pour moudre
1 'lameau, Une colonie féodale en Amérique.
De is
mines
Rec
le blé, un alambic pour clarifier la gomme de sapin el la transformer en goudron. Tout marchait donc à souhait dans la nouvelle colonie, où lhiver ne s'était d'ailleurs pas fait sentir avec trop de rigueur. Le Jonas avait été renvoyé en France sous les ardres de Ponteravé, et lon attendait son retour ave ne impatience bien naturelle à des émigrés, qui se sentuient isolés du reste du monde. Le Jonas revint, en effet, et entra dans la rade de Port-Royal en juin 1607; mais, hélas ! quelles nouvelles décevantes et décourageantes il apportait ! M. de Mons mandait à son ami Poutrincourt les graves déconvenues qui avaient fondu sur lui. Toutes les pelleteries de la Compagnie, acquises dans une année de trafic, avaient été enlevées par les Hollandais. Mécompte plus grave pour Mons, les marchands de Saint-Malo avaient obtenu la révocation de son monopole, et on ne lui avait accordé en retour qu’une indemnité imaginaire, M. de Mons faisait done savoi qu'il ne pouvait plus désormais soutenir la colonie el ilse prononçail mème pour un abandon de la contrée, tout en laissant les colons libres de prendre le parti qu'ils jugeraient préférable.
La douleur fut vive à ces nouvelles et Lesearbol l'exprime naivement dans son livre: « Ce nous étoil grand deuil dabandorner ainsi une terre qui nous avoit produit de si beau blé, et tant de beaux ornements de jardins... » M. de Poutrincourt, en purticulier, étuil navré ; il ne put se résoudre à partir qu'avec le ferme propos de revenir, car, ajoute le chroniqueur, « après qu'il eut longtemps songé sur ceci, il dit que, quand il devroit venir tout seul avec sa famille, il ne quitteroit point la partie. » Les sauvages, de leur côté,
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