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LA NOUVELLE FRANCE x7
manifestèrent un véritable chagrin de ce départ: ils avaient pris les Français en vive affection et il leur fallut répéter, avant le départ, que cette séparation n'était que temporaire. Is promirent de garder, dans l'intervalle, les bâtiments etles magasins ‘le la colonie ; ce qu'ils firent, en ellet, el avec une fidélité telle que quand M. de Poutrincourt revint, deux ans auprès, il trouva toutes choses dans l’état où il les avait laissées.
Nous avons dit: «deux uns après »; lubsence fut, en réalité, de trente mois — du TE août 1607 au 25 février 1610. — M. de Poutrincourt, dès son retour en France, S'était mis en campagne pour trouver des bailleurs de fonds qui le soutinssent dans sa lointaine et coûteuse entreprise ; mais 1l avait reçu, surtout dans l'entourage de la cour, plus de belles paroles que de concours effectif; et ce n'est qu'à la fin que, s'étant adressé aux négociants de Dieppe, il put conclure avec deux d'entr’eux, les nommés Dujardin et Duquesne !, un arrangement qui combla ses vœux et lui permit de prendre enfin fa mer pour retourner dans sa chère Acadie.
IL 'emmenait avec lui, dans cette nouvelle expédition, deux de ses fils: Charles de Biencourt e! Jacques de Salazar; le fils du gouverneur de Dieppe, Robin de Coulogne, qui s'était fort intéressé à son entreprise, el enfin un certain nombre d'artisans ou de laiboureurs, pris la plupart dans sa seigneurie de Champagne el parmi lesquels figurait un nommé Claude Delu-
1 Cest le père du grand amiral, né à Dieppe en 1610.
tour ! dont le fils, Charles, alors âgé de quatorze ans,
les devait jouer un grand rôle dans la nouvelle colonie.
À cha Celle-ci reprenuit vie une fois de plus et rien n'em- S'él
péchait qu’elle ne s’accrüt et ne prospérât très rapide- rip ment, sous la direction paternelle de M. de Poutrincourt. tn. Malheureusement et dans l’année même de cette reprise de possession (1610), Henri IV mourait assassiné par le couteau d’un fanatique. « Cette calamité, remarque l'historien du Canada, n'eut pas de suites moins funestes pour la lointaine et faible colonie de la baie française que pour le reste du royaume. L’'intrigue et la violence qui remplacérent, sous Marie de Médicis et son ministre Concini, la politique conciliante du feu roi, vinrent troubler jusqu'aux humbles cabanes de Port-Royal et amenèrent pour la seconde fois leur ruine ?. »
HAUT vie, épi fut
aura subs la P prof ins volo part.
Le crime de Ravaillac avança singulièrement en cette € ju
occurrence les affaires de ses anciens maitres. € En Té: ellet, continue notre auteur, le ministre italien (qu était à peine au pouvoir que les Jésuites, par son Ec bli influence, forçcaient M. de Poutrincourt à les recevoir qu duns son établissement en qualité de missionnaires. » Les associés, qui étaient huguenols où qui avaient des préventions contre les Jésuites, les regardant comme les auteurs de la Ligue et de l'assassinat de Henri IV,
furer … de le préférèrent se retirer de la société que de consentir à "à P
et de
{ Ce nom de Delalour, ainsi orthographié, et non de La Tour, habit comme l’écrivent la plupart des historiens de la Nouvelle-France, provi, est encore aujourd'hui porté en Champagne par de nombreuses hiver familles, a ? Garneau, Tome Ier, p. 47, puille Jésuil
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les admettre parmi eux. Ils furent remplacés sur-lechamp par la vieille marquise de Guercheville qui s'était déclarée la protectrice des missions de l’Amérique : c'était tout ce que voulaient les révérends pères. La marquise achela les droits que M. de Poutrincourt avait sur l'Acadie et qu’elle se promettait de faire revivre, afin de mettre Poultrincourt lui-même dans sa dépendance. En ellet, le fils de ce dernier, Biencourt, fut obligé, peu de temps après, de conclure un arrangement avec elle. Aux termes de ce traité, lu subsistance des missionnaires devait être prélevée sur la pèche ec même sur la traite des pelleteries, aux profits de laquelle Ta vieille dame les associa, ôtant ainsi, selon Lescarbot, à ceux qui auraient eu la volonté d'aider à l'entreprise, le moyen d'y prendre part. @ S'il falloit donner quelque chose, ajoute ce € judicieux écrivain, c'éloit à Poutrincourt, et non au € Jésuite qui ne peut subsister sans lui. Je veux dire € qu'il falloit premiérement aider à établir la répu- € blique, saus laquelle PEglise ne peut être, d'autant « que, comme disoit un ancien evesque, l'Eglise est … « en la république, et non la république en l'Eglise. » …. « Les dissensions ne lardèrent pas à éclater. Elles
furent portées au point que les Jésuites, agissant au nom + de leur puissante protectrice, firent saisir les vaisseaux … de Poutrincourt, el causèrent des emprisonnements | el des procès qui le ruinèrent, et qui réduisirent les } habitants de Port-Royal, auxquels il ne put envoyer de provisions, à vivre de glands et de racines tout un hiver. Après l'avoir ainsi épuisé, Mme de Guercheville se retira de la Société et chercha à établir les Jésuiles ailleurs, laissant Port-Royai sortir de labime
comme il pourrait. Champlain fit tout ce qu'il put pour l’engager à s'associer avec M. de Mons — qui tournuit alors ses vues du côté du Saint-Laurent ; — mais elle ne voulait avoir rien à faire avec un calviniste. Au reste, les Jésuites espéraient former en Acadie un étublissement semblable à celui qu'ils avaient déjà dans le Paraguay, et qui fût entièrement dans leur dépendance; mais leur tentative, comme on va le voir, eut les suites les plus malheureuses!, »
Quoi qu'il soit, — comme cela ressort de tout son livre et du passage même que nous allons citer, — très favorable au catholicisme et aux missions catholiques, l'historien Garneau ne peut s'empêcher d’ajouter ici cette réflexion: « Les protestants, comme les catholiques partisans de Sully, composaient la classe la plus industrieuse de la France et par cela même la plus favorable au progrès du commerce et de la colonisation. Leurs adversaires, qui prétendaient dominer à toute force dans les affaires politiques comme dans les affaires religieuses, voulurent, du jour où ils furent les maitres en Amérique comme ailleurs, que le commerce supportât toutes les dépenses, ecclésiastiques aussi bieri que civiles, fardeau beaucoup trop lourd pour lui, et ils sacrifièrent, autant par faux zèle que par ignorance, les intérêts les plus chers du pays à la dévotion sublime mais outrée du XVII: siècle ?, »
Revenons à Mme de Guercheville et à ses protégés. Par les soins de la vieille marquise on arma, dans le port de Honfleur, un vaisseau qui devait conduire les
1 Garmeau, Hist, du Canada, pag, 47 et 48.
2 Garneau, p. 48. Cette dévotion € sublime » du XVII siècle nous paraît à nous fort sujette à caution.
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LA NOUVELLE FRANCE p1
Jésuites au nouvel établissement qu'ils avaient résolu de fonder de l’autre côté de la baie Françuise. La reinemère, qui protégeait aussi ces « bons pères » voulut contribuer à l'achat des armes et des munitions. Sur ce vaisseau, placé sous le commardement d’un sieur La Saussaye, partirent, le 12 mars 1613, les PP. Quenlin et Du Thet. Ils rallièrent, en passant à Port-Royal, les PP. Biard et Massé qui se trouvaient là, et tous ensemble, suivis de leurs gens, firent voile vers l'ile des Monts-Déserts, à l'embouchure de la rivière Pentagoët. Les Jésuites prirent possession de ce lieu, qu'ils nommérent Saint-Sauveur, en y dressant une grande croix, puis ils s'occupèrent d’y faire construire un retranchement et des logements pour les hommes qui devaient v passer l'hiver. Tout alla bien pour quelque temps, et l'on se flattait déjà d’un succès qui effacerait jusqu'au hom de la colonie rivale, quand survint un orage qui ubattit du même coup et la nouvelle colonie de Saint- Sauveur et les espérances des pères jésuites.
Les Anglais avaient, en 1606, fondé leur premiére colonie américaine sur les côtes de Virginie. En l’année 1613, où nous sommes parvenus, leur établissement ue complait encore que 400 âmes ; mais déjà le voisinage des Français, quoique ceux-ci fussent les premiers en date, irritait la jalousie britannique, et, tandis que la France revendiquait tout le territoire au nord du 40e degré (latitude de Philadelphie), les Anglais réclamaient, en vertu d'une prétendue charte de Jacques Ler, l'attribution de tout le pays situé au-dessous du 45e degré de latitude. L'ile des Monts-Déserts se trouvant dans la Zône contestée, un certain Argall, capitaine virsinien, se montra inopinément à la tête d’une petite
flottille moitié marchande, moitié flibustière, dans les eaux de Saint-Sauveur, Comme rien n'avait fait pré voir cette attaque, la France étant alors en paix avec l'Angleterre, il fut très facile à Argall de s'emparer du fort et de l'unique vaisseau français qui était amarré dans le voisinage. Argall, qui dans toute celte affaire se conduisit en véritable forban, feignit, au contraire, de considérer comme autant de pirates les colons de Saint-Sauveur et, après avoir détruit les papiers et les brevets de La Saussaye, il emmena les malheureux Français en Virginie où ils furent jetés en prison et traités comme des flibustiers. Avant de partir, il avait chargé sur ses bâtiments tout ce qui pouvait s'enlever, puis avait brülé le reste, en sorte qu'il ne resta absolument rien de cet établissement de Saint-Sauveur !, Mais Port-Royal se trouvait, aussi bien que Saintsauveur, au sud du 45° degré de latitude et les Anglais pensaient n'avoir rien fait tant que le drapeau français Hottait sur la péninsule d'Acadie. Le gouverneur de la Virginie, Thomas Dale, confia à Argall une nouvelle expédition qui, à la fin d'octobre 1613, atteignit la rade de Port-Royal. Les colons, confiants dans la paix qui continuait de régner entre les deux couronnes, étaient occupés à leurs récoltes et à leurs cultures dans la campagne environnante. Biencourt lui-même était chez les sauvages. Les Anglais occupèrent donc librement le fort et les habitations de Port-Roval. Ils les dévalisérent et brülèrent tout ce qu'ils ne purent emporter. Biencourt, averti, accourut pour se mettre à la tète de ses hommes; mais les Anglais venaient de lever
1 Kümeau. Une colonie févdule, p, 44
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l'ancre et de partir avec leur butin. Ge désastre, quelque grand qu'il fût pour la colonie, n’entraina pourtant N pas sa destruction. La plus grande partie des ustensiles, beaucoup d'armes et des bestiaux restaient entre les mains des colons ; quelques semailles étaient déjà fütes; le moulin avec tout ce qu'il contenait avait échappé aux recherches des Anglais ; par dessus tout, on pouvait se fier au courage, à l'énergie et à l'esprit de ressource d'hommes qui, depuis des années, étaient habitués à compter sur eux-mêmes plus que sur les » secours extérieurs Î.
: La colonie se releva donc et quand, au printemps de i l'année suivante (27 mars 1614), M. de Poutrincourt arriva, avec un navire que quelques marchands de La Rochelle Jui avaient permis «Ge fréter, tout le monde se reprit à espérer. De nouveaux logements et des magasins plus solides sortirent des ruines faites par les Anglais. Biencourt remit à son pére les fourrures qu'il avait su ramasser au plus fort même de ses embarras et qui devaient servir à couvrir les dépenses de Ja colonie. Poutrincourt, après avoir présidé au … rétablissement de toutes choses dans cette chère colo- » nie à laquelle il avait consacré onze années déjà de sa vie, repartit pour la France, en laissant de nouveau son fils à la tête du fief que son énergie avait créé et maintenu. flse promettait bien, après avoir vendu sa cargaison, de repartir l’année suivante (1615) pour Port-Royal; mais le ciel en avait décidé autrement et cette noble carrière devait se terminer glorieusement sur le champ d'honneur. De retour en France,
1 Rameau, Op. cit. p. 46.
il fut en effet requis pour le service du roi afin de soutenir en Champagne, de son influence et de son bras, l'autorité royale contre Ja levée de boucliers du prince de Conti. C’est dans cette campagne qu’il mourut (décembre 1615), à l'assaut de la petite ville de Mérysur-Seine. Il avait alors cinquante-huit ans.
Cette mort porta un coup sensible à la colonie acadienne. Biencourt, à qui revenait la conduite de l’entreprise, manquait non de courage mais de crédit et de relations. Cependant, il fit de son mieux pour continuer les traditions paternelles et, unissant son sort à celui de son fief acadien, il demeura à Port-Royal, comptant pour ses approvisionnements sur les ressources du sol et sur les échanges qu'il pourrait faire accidentellement avec les navires de pêche qui venaient de temps en temps sur ces côtes. Nous verrons ce qui advint, par la suite, de l'établissement ainsi conservé. Mais il'est temps de revenir au Canada proprement dit et à la colonie que Champlain assevait alors sur les bords du Saint-Laurent.
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CITAPITRE I
De la fondation de Québec au traité de Saint-Germain-en-Laye (1608-1632)
Malgré lesdéboires qu’ilavait éprouvés et qui l'avaient forcé d'abandonner l’Acadie à elle-même, M. de Mons, avec une ténacité toute huguenote, n'avait pas cessé de rêver d’un vaste établissement dans le Nouveau-Monde. Seulement, et sur les conseils de Champlain — qui, on s’en souvient, avait une première fois remonté le Saint- Laurent en 1603, — M. de Mons se décida, cette fois, pour les bords de ce grand fleuve. Ami personnel de Ifenri IV, il avait pu, ce prince vivant encore, lui faire agréer ses projets et il avait été rétabli par lui, à partir du mois de janvier 1608, dans le privilège exclusif de la traite des pelleteries, qu’une cabale jalouse lui avait une première fois fait retirer.
Peu de temps après (43 avril 1608), deux navires partis de Honfleur cinglaient vers le Canada; l’un, portant Pontgravé, devait s'arrêter à Tadoussac, pour le trafic des pelleteries ; l’autre, commandé par Champlain, — « qui s’'embarrassait peu du commerce et qui pensait en citoyen », écrit le P. Charlevoix, — devait
remonter plus haut dans le Saint-Laurent et y fixer l'emplacement des colons qu'il emmenait avee lui, «Je cherchai, dit Champlain, un lieu pour notre habitation ; mais je n’en pus trouver de plus commode, ni de mieux situé que la pointe de Québec, ainsi appelée des sauvages !, et qui était remplie de noyers. » L'emplacement était en effet admirable, sur un promontoire élevé, lormant une citadelle naturelle et abritant un port profond, au point le plus central de cette grande artère fluviale du Saint-Laurent, tel, en un mot, qu'on pouvait le souhaiter pour un village qui devait être l'embryon d’une capitale.
A peine débarqué, Champlain mit ses gens à l'ouvrage, fit abattredes arbres et construire des baraques pour lui et les siens, «et commença d'y faire défricher des terres, qui se trouvèrent bonnes. » — « Le pays est beauet plaisant, écrit Champlain, eltapporte toutes sortes de grains et de graines à maturité, y ayant de toutes les espèces d'arbres que nous avons en nos forêts par deça, et quantité de fruits, bien qu'ils soient sauvages, pour n'être cultivés, comme noyers, cerisiers, pruniers, vignes, framboises, fraises, groseilles vertes et rouges. La pêche du poisson y est en abondance dans les rivières, et il y a quantité de prairies et du gibor qu est en nombre infini .»
Les contrées au centre desquelles ixaivuit les Français étaient alors occupées par quatre principales tribus ou « nations » sauvages : les Algonquins et les
4 Le mot de Aébece, en langue algonquine, désigne un détroit ou le rétrécissement du courant d’une rivière, On sait que Québec est bâtie sur un promontoire en un endroit où le Saint-Laurent se resserre entre ses rives,
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Montagnais établis au nord du Saint-Laurent; les Wvandots où € Hurons » (ee sobriquet leur fat donné
par nos Français) occupant les terres au nord des lacs ; Te E * F F F * [orié et Ontario; enfin les Iroquois, qui se partageaient
eux-mêmes en cinq nations et qui tenaient tout l'espace au sud du Saint-Laurent et du lac Ontario.
Depuislongtemps ces tribusétaent en guerreles unes contreles autres, Au printemps de lan 1609, les Monlagnais, les Algonquins et les Turons, ayant constitué
" une sorte de ligue pour se venger des Iroquois qui leur
avaientinfligé des déprédations et des injures nom-
… hreuses, vinrent solliciter l'alliance des Français, nou-
vellement installés à Québec. Champlain accepta, — peut-être un peu hätivement el sans s'être renseigné suffisamment sur les forces des Froquois, — de prèter main-lorte à ces sauvages voisins, elilengagea du coup li colonie naissante dans une longue suite de guerres où il se trouva que les Jroquois, — soutenus plus ou moinsouvertement par les Hollandais, puis par les » Anglais, — avaient plus de vigueur, plus de férocité
Sndeess
Lo nos alliés, si bien qu'il fallut plus d’une fois com-
… poser avec eux, sans être jamais sûrs de leur parole, et - qu'ils constituérent un danger permanent pour la sécurilé et la paix de nos établissements.
Sans doute, la première expédition obtint le succès qu'avait espéré Champlain. Après avoir remonté la rivière des froquois (nommée depuis : rivière Richelieu), Champlain rencontra le principal parti de ses adversaire. sur les bords du lac qui porte maintenant le nom de lac Champlain (29 juillet 14609), De part et d'autre on se prépara au combat. Les sauvages, raconte un historien, passèrent la nuit à danser, à chanter, à se
58 JISTOIRE DU CANADA
provoquer d’un camp à l’autre, à la facon des Grecs et des Troyens d'Homère, et lorsque le jour fut arrivé, ils s’armérent et se rangèrent en bataille. Les Iroquois s’avancèrent au petit pas, sous la conduite de rois chefs que distinguaient de grands panaches, Comme ils se préparaient à faire une décharge de leurs flèches, les alliés ouvrent leurs rangs et font place à Champlain. Son habillement et ses armes étonnent d’abord les Troquois ; mais l’étonnementdevient terreur, quand deux chefs Iroquois tombent raides morts, frappés par une arme insolite qui semble avoir dérobé le feu duciel; le troisième chef tombe lui-même mortellement blessé. À ce spectacle, les alliés poussent de grands cris de joie, tandis que les froquois, épouvantés, prennent la fuite en désordre et se réfugient dans les bois.
Quoiqu'il eût presque à lui tout seul dispersé cette troupe de sauvages, ce n'était pas là une de ces victoires dont Champlain pût s’enorguerllir, car il la devait moins à son courage personnel, qui ne fut d’ailleurs jamais mis en doute, qu’à la supériorité de son armement. Plus tard, quand les Troquois auront appris des Hollandais lusage de la poudre et des armes à feu, ils seront moins aisés à vaincre: et plus excités par le souvenir de cette première et sanglante défaite.
À l'automne suivant (1609), Champlain retourna en France et vint rendre compte de ses découvertes au roi Henri IV, qui l’accueillit très favorablement et le confirma dans son commandement. Malgré le découragement qui commençait à prendre M. de Mons et ses associés, à qui des intrigues de cour avaient fait perdre une fois de plus le monopole de Ja traite, Champlain
sut encore obtenir quelques secours de la compagnie, oO
et re vau) Ne attet pose Cha et sa OU mièt et lu lave ces oran Qué fut € loi a eulic
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Pari r'emni qu'a SCO beau poin culie d'au rem] peu | défat inerc init
des Grecs jour fut taille. Les mduite de panaches, ve de leurs it place à étonnent nt terreur, orts, fraprobé le feu rtellement rands cris , prennent )ois.
ersé cette le ces vic- 1 la devait d'ailleurs SON arïmeippris des s à f'eu, ils ar le sou-
journa en tes au roi et le conlécourageons et ses ait perdre hamplain mpagnie,
et ramena avec lui des ouvriers qu'il destinait aux travaux de sa ville naissante.
Ses sauvages alliés, Hurons, Montagnais, Algonquins, attendaient son retour avec impatience pour lui proposer une nouvelle expédition contre les Troquois. Champlain accepta encore de les conduire au combat, et sa présence et ses armes assurérent le succès de cette nouvelle expédition comme elles avaient fait de la première. Cependant, la flèche d’un Iroquois qui l’atteignit et lui fit au cou et à l'oreille une légère blessure dut l'avertir de ce qu’il y avait pour lui de téméraire dans ces aventures où il w’avait d'ailleurs à recueillir ni orand profit, ni grand honneur.
C'est au retour de cette campagne qu'on apprit à Québec la mort tragique de Henri IV. La consternation fut extrême de cet évènement, et Champlain, que le roi avait honoré de sa bienveillance, sentit tout particulièrement l'étendue de cette perte. Pressentant quele sort et l'avenir de sa chère colonie ailaient se décider à Paris, il se hâta de repasser l'Océan. € Champlain,
remarque à ce propos le P. Charlevoix, ne faisoit
qu'aller et venir de Québec en France, pour en tirer des secours qu'on ne lui fournissoit presque jamais tels, à beaucoup près, qu’illes demandoit. La cour neseméêloit point de la Nouvelle-France et laissoit faire des particuliers dont les vues étoient bornées, qui n’avoient point d'autre objet que leur commerce et ne songeoient qu’à remplirleurs magasins de pell:teries, s’'embarrassant peu de tout le reste... Les troubles de la régence, le défaut de concert entre les associés, ia jalousie du commerce qui brouilla les négociants entre eux, tout cela init bien des fois la colonie naissante en danger d’être
60 iHSTOIRE NU CANADA
étouffée dans son berceau, et lon ne sauroit trop admirer le courage de M, de Champlain, qui ne pouvoit faire un pas sans rencontrer de nouveaux obs lacles, qui consumoit ses forces sans songer à se procurer un avantage réel, et qui ne renoncoil pa à une entreprise pour laquelle il avoit continuellement à essuyer Jes caprices des uns et la contradiction des autres. »
I faut, en effet, savoir d'autant plus de gré à Champlain de sa persévérance que les motifs de découragement étaient plus nombreux. M. de Mons avait perdu le peu de crédit qu'il avait gardé à Ja cour, en dépit du P. Cotlon, tant qu'avait vécu le « Béarnais ». Les jésuites intriguaient auprès de la reine-méêre, sous { couvert de Mine de Guercheville, (dont nous avons déjà vu le rôle en Acadie), pour se faire envoyer comme inissionnaires, c'est-à-dire comme maitres, dans colonie. Fatigué de lutter, M. de Mons conseilla à Champlain, dans une entrevue qu'ils eurent à Pons en Saintonge, de chercher un autre protecteur, et lui abandonna le soin de toute l’entreprise, Champlain, en effet, — el quoiqu'il vint d'épouser (au commencement de 1611) une jeune fille protestante, Hélène Boulay, fille d'un secrétaire de Ia chambre du roi, — devait à sa profession decatholicisme d’être mieux en cour, étant moins suspect aux jésuites. I parvint donc à décide quelques grands seigneurs à prendre le Canada sous leur patronage. Ce fut d'abord le comte de Soissons qui recul le titre de « lieutenant général au pays dela Nouvelle-France » ; puis, à la mort du comte, survenue peu de temps après, cefutle prince de Condé, nommé « viceroi » par la reine-régente et qui maintint Champlain
com Ja CO D SOS 1 Vers du c Je sti ou fl de to Y'a pp Mont posil des !
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comme son lieutenant, avec le gouvernement etlectif de
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De retour à Québec (mai 1645), Champlain reprit ses voyages de reconnaissance dans l'intérieur du pays. Vers ce temps, les découvertes de l'Anglais Hudson du côté de la baie qui a, depuis lors, porté son nom, Je stimulérent à rechercher cette grande routemaritime ou fluviale vers l'Inde et la Chine, objet des espérances de tous les navigateurs d'alors. Il franchit, sur la foi de
rapports imaginaires, le saut Saint-Louis, au-dessus du Mont-Royal (Montréal),
dont il remarque et décrit la position avantageuse, remonta l'Outaouais ou rivière des Algonquins jusqu'à l'ile des Allumettes, s'aboucha Ji avec les sauvages, et revint sur ses pas, renonçant, sur les nouveaux rapports qu'il avait reçus, à trouver celle route du nord où il tendait.
En 1615, nouveau voyage. Champlainrenionteenvore l'Outaouais et le Mataouan, l’un de ses affluents, Saventurant vers l'ouest, par le
puis lac Nipissingue et la «rivière des Français », il parvient jusqu'à la «mer Douce » ou lac Huron, en côtoie les bords dans la direction du sud-est, vient par terre Jusqu'au lac Onta- Po, hiverne avec les Hurons et, l'été suivant, retourne à Québec, où il trouve un accueil d'autant plus enthou- Siasle que le bruit de sa mort l'y avait précédé.
De retour de cette expédition où il avait fait de si notables découvertes et où il avait pu constater aussi ka difficulté d'atteindre le bout du Nouveau-Monde,
Champlain se préoccupe de consolider son établisse-
ment de Québec. Mais, comme nous l avons vu, en tra-
LA rs «le tous ses projets venaient toujours se mettre les
divalités de vues des personnages de la métropole, -—
courtisans, trailants où missionnaires, — qui considéraient la colonie comme leur chose propre et subordonnaient l'intérêt général à leurs visées particulières.
Durant un séjour de quelques mois en France, pendant l’année 161%, Champlain s'était employé, sous les auspices du prince de Condé, à constituer une nouvelle société pour l'exploitation du Canada; les marchands de Saint-Malo, de Dieppe et de La Rochelle devaient s’en partager les actions; mais ceux de Là Rochelle temporisèrent si longtemps pour s'engager, qu'on se passa d'eux. Cette société, constituée pour onze années, devait faire passer au Canada des artisans el des laboureurs, outre quelques récollets pour la « conversion des infidèles » et «lexaltation » de la foi catholique. À peine arrivés, ceux-ci s’immisçnrient déjà dans la conduite des affaires et y apportaient leur étroil esprit monacal. € Dans li vue d'obtenir que Ja mérepatrie apportät quelque remède aux maux qu'ils avaient constatés, ils engagèrent Champlain à tenir un conseil auquel ils assistèrent avec six des habitants les mieu. inlentionnés et les plus intelligents. Dans cette assemblée il fut conclu qu'on n’avancerait rien si lon ne forlifiait la colonie en augmentant le nombre des habitants, et si l'on n’obtenait que lä liberté de la traite fût indifféremment permise aux Français et qu'à l'avenir les huguenols en fussent seuls exclus. » C'était un essai de révocation de lédit de Nantes en Amérique. Ce conseil manifestait encore son esprit en demandant
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la fondation d'un séminaire et en insistant pour qu'on M4
L'abbé Ferland, Cours d'histoire du Canada, T. 1er, pe 179.
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