‹ Histoire du Canada et des canadiens, sous la domination anglaiseChapitre 5 sur 17 · LE DESTIN · texte numérisé non relu

LE DESTIN

EN LE PRIVANT DE LA VICTOIRE, l’a RÉCOMPENSÉ PAR UNE MORT GLORIEUSE.”

quement, par la force des voix contre la solidité des raisonnemens.*

Le 18, le gouverneur fit remettre à l’assemblée la copie d’une dépêche de lord Gioderich, datée du 7 juillet, en réponse à la requête de cette chambre, se plaignant de griefs, &c.

De cette longue et verbeuse dépêche nous ne pouvons donner que le sommaire suivant :

“ Le roi confie à la législature provinciale l’appropriation des fonds provenant des biens des Jésuites, pei’suadé que l’assemblée trouvera juste de continuer à maintenir les établissemens d’éducation auxquels

ils sont maintenant appliqués . Si l’assemblée était

disposée à pi’ocurer des casernes suffisantes, les bâtimens faisant partie des biens des Jésuites qui autrefois servaient de collège, seront affectés à la même destination à laquelle les fonds généraux des biens des Jésuites sont sur le point d’être rendus. Des sommes provenant de ces biens sont mises à la disposition de la légis-

* M. Bourdages fait motion, que les entrées des journaux .

relatives à l’expulsion de M. Christie soient lues.

M. Cuvillier demande au moins 24 heures d’avis.

M. Lee demande si les lois du pays ne sont pas au-dessus des privilèges de la chambre. Expulser M. Christie, ce serait enfreindre les droits du peuple. M. Bourdages a assumé une grande responsabilité, car sans lui cette question ne se serait pas élevée, &c.

M. ügden; “L’expulsion n’entraîne pas l’illégibilitê, c’est une nouvelle question entre la chambre d’assemblée et le comté de Gaspé.”

M. Laguedx : “ C’est une lutte, dit-on, entre la chambre et le comté de Gaspé ; si c’est le cas, qu’elle se décide immédiatement : ou nous menace de l’obstination du comté de Gaspé : pourquoi la craindrions nous? S'il souffre par le manque d’un représentant, c’est sa faute."

M. Bourdages veut bien se charger de la responsabilité dont on le menace : il s’oppose à un délai de 24 heures : “ Ces 24 heures ressembleraient à un sursis accordé à un criminel condamné à mort. Quand il songe à la trahison de M. Christie il regarde son expulsion comme juste, et Gaspé, insulte cette chambre, en l’élisant de nouveau. La chambre ne doit pas se laisser intimider par les menaces de ce comté.” Æ

lature. S’il a etc fait par le gouvernement des pro- • messes d’octroi de terre pour les écoles, il faut que cos j)romesses soient oflFectuéos.

‘ ' Le rejet (fait) par le conseil législatif de plusieurs projets de loi en faveur de l’éducation, est donné comme le dernier des obstacles au progrès de l’enseignement. Sur ce point, il est évident que le gouvernement de sa Majesté n’a le pouvoir d’exercer aucun contrôle, et qu’il ne pouvait intervenir dans le libre exercice de la volonté du conseil législatif, sans violer les maximes les mieux reconnues de la constitution

. Cependant, l’assemblée jieut être assurée que

toute l’influence légitime que peut exercer le gouvernement de sa Majesté sera toujours employée à favoriser, dans toute direction, toutes les mesures qui auront pour objet l’instruction religieuse, morale ou littéraire du peuple du Bas-Canada.

“ Les con.sidérations qui se rattachent à l’établissement des terres incultes sont trop nombreuses et trop étendues pour être encadrées dans cette dépêche.

“ C’est une conséquence inévitable de la connexion qui existe entre les deux pays, que le parlement exige quelquefois des corps mercantiles du Bas-Canada quelques sacrifices mutuels pour le bien général de tout l’empire .

“ Si la législature coloniale est d’avis qu’il faille prendre des mesures additionnelles pour mettre les autorités locales des comtés, villes et ixiroisscs en état de régler les affaires qui les concernent plus immédiament, le gouverneur est libre de sanctionner, au nom du roi, toutes les lois bien considérées qui jwurrontlui être présentées à cette fin.

“ Quand au mélange de différents codes de loi et j-ègles do procédure, sa Majesté est entièrement dis-

posée à concourir avec le conseil et l’assemblée, à toutes les mesures qu’ils jugeront les plus propres à assurer un examen calme et étendu de ces sujets, sous tous leurs rapports ; et il restera alors aux chambres à rédiger les lois qui peuvent être nécessaires pour rendre le code provincial mieux adopté à l’état actuel de la société dans le Bas-Canada.

“ L’administration de la justice est devenue, dit-on, inefficace et inutilement dispendieuse. Comme les tribunaux provinciaux tiennent leur constitution actuelle de statuts provinciaux, et nullement de l’exercice de la prérogative de sa Majesté, il n’est pas au pouvoir du roi d’améliorer le système de l’administration des lois, ni de diminuer les frais de justice. Cependant, le gouvernement pourra assurer la chambre d’assemblée que sa Majesté est disposée à coopérer avec elle à toutes les améliorations du système judiciaire que suggéreront la sagesse et l’expérience des deux chambres.

“ Le gouvernement du roi est, on ne peut plus, disposé à reconnaître la convenance de laisser exclusivement à la législature du Bas-Canada la passation de toute loi qui pourra être nécessaire pour régler la propriété dans cette province.

“ Tous les arrangemens qui pouvaient être suggérés et s’effectuer par l’autorité du roi ont été jiris pour retirer les juges de la province de toute connexion avec les affaires politiques, et pour les rendre indépendants de l’autorité de la couronne et du contrôle

des autres branches de la législature . Les juges

eux-mêmes ont, à ce qu’il paraît, concouru, avec une louable promptitude, à donner effet à ces recommandations, en s’abstenant d’assister au conseil législatif ,,,,,.Le ministre n’a pas connaissance qu’aucun juge^

du Bas-Canada tienne aucun office autre que celui de conseiller exécutif durant bon jjlaisir, ou qui soit incompatible avec la due exécution de ses fonctions officielles. Si tel était le cas, le gouverneur devi’a incessamment faire rapport de toutes les circonstances qui peuvent raccompagner ; car il ne 2:)eut être i^ermis à aucun juge de retenir un office de la nature de ceux dont parle l'assemblée.

“ A l’égard des offices accordés presque exclusivement à une classe de sujets qui se sont montrés les plus opposés aux droits, liberté et intérêts du peuple, etc., le ministre recommande au gouverneur de suggérer à la considération de la chambre d’assemblée, jusqu’à quel jîoint il est possible à sa Majesté d’entendre clairement et de redresser efficacement un grief qui lui est exposé en termes si indéfinis. Si l’on peut nommer un officier public qTii se soit rendu coiquible d’abus de ses pouvoirs et de négligence de ses devoirs, sa ]\[aje8té se hâtei-a de venger l’intérêt public, en le destituant du service. Si l'on peut démontrer que le patronage de la couronne a été exercé d’après des ju-incipes étroits et exclusifs, on ne peut trop les désavouer, ni trop tôt les abandonner. S’il est vrai que la population fixe du pays ne jouisse pas d’une pleine l)artici2)ation à tous les emplois publics, la chambre d’assemblée peut être assurée que sa Majesté ne j^eut désirer que des distinctions aussi odieuses soient systématiquement maintenues.” Le ministre ignoi’e entièrement les cas particuliers auxquels s’ajipliquent les expressions de l’assemblée, et dejmis qu’il est en charge, il ne s’est jîrésenté aucune occasion d’exercer le pati’onage de la couronne, à laquelle l’assemblée jmisse faire allusion.

(Quant au manque de resjionsabilité et de comj)ta-

HJSToraE

bilité suffisante, lord Goderich cite la dépêche de Sir George Murray à Sir James Kempt.)

“ Le pi’éambule de l’acte du Commerce du Canada donne pour motif de sa passation la nécessité d’obvier aux maux que souffrait la province supérieure, par suite du contrôle exercé exclusivement par la législature du Bas-Canada, sur l’importation et l’exportation du port de Québec. Cejiendant, les ministres de la couronne proposeraient au parlement de révoquer l’acte en question sur la simple preuve que la législature du Haut-Canada pense qu’une telle protection est superflue.

“ Le choix des conseillers législatifs, etc., seront l’objet d’une communication séparée. Lord Goderich croit que ce serait faire injure à la chambre d’assemblée que de lui supposer un esprit assez contentieux pour maintenir la contestation sur quelques détails mineurs et insignifiants, après l’exposé par lequel il vient de faire ressortir l’accord qui règne entre les vues du gouvernement du roi et les siennes propres sur un si grand nombre de questions de politique canadienne.”

Il fut voté “ une humble adresse pour remercier son Excellence do cotte communication.”

Le 25, le gouverneur communiqua à l’assemblée un extrait d’une dépêche au sujet des juges dans laquelle il était dit:

“ Il a gracieusement plu au roi d’ordonner que vous saisissiez la première occasion qui se présentera ytour proposer au conseil législatif et à rassemblée du Bas- Canada la passation d’un hill, déclarant que les commissions des juges de toutes les cours supérieures sont accordées pour et durant leur bonne conduite, et non durant le bon plaisir royal, et, au nom de sa Majesté vous sanctionnerez un hill pour effectuer cet objet,

i)tT CANADA. 'fY

" C'est, comme de raison, une condition essentielle de cet arrangement, qu'il soit fait pour les juges une appropriation suflSsante et permanente, et je suis flatté de voir que les assurances répétées de la chambre d’assemblée ôtent la po.ssibilité de toute objection, de la p.art de ce corps, à cette partie de la proposition.

“ Il me reste à signifier à votre Seigneurie les ordres de sa Majesté, qui sont que vous communiquiez au conseil législatif et à la chambre d’assemblée, sa ferme détermination de ne nommer, à l’avenir, aucun juge membre du conseil exécutif, ou du conseil législatif de la province. L’exception unique à cette règle générale est que le juge-en-chef de Québec sera membre du conseil législatif, afin que ce corps jjuis.se avoir son a.saistance dans la rédaction des lois d’une nature générale et permanente ; mais sa Majesté ne manquera pas de recommander, même à ce haut officier, de se garder avec soin de tous procédés qui pourraient l’engager dans des contestations qui sentiraient l’esprit de parti.”

Le 29, la chambre adopta les résolutions suivantes :

lo. Que la chambre reçoit avec reconnaissance la gracieuse expression des sentiments paternels de sa Majesté pour le bonheur de ses sujets, ainsi que la preuve de l’adoption d’une politique ju.ste et libérale à leur égard, qui résulte de la dépêche du secrétaire d’état pour les colonies, en date du 7 juillet, et surtout l’admission, qu’elle contient, que le réglement des affaires de la colonie doit être laissée exclusivement à la législature provinciale;

♦ MM. Stuart et ügden soutinrent que la dépêche ne contenait pas explicitement V admission en question, et votèrent, en conséquence, contre la résolution. En effet, lord Goderich n’avait fait allusion qu’aux lois nécessaires pour régler la propriété dans la province I

îiiâfotûË

2o. Que cette assemblée partage les sentimens d’atfection et de bienveillance manifestés par cette dépêche, et le désir sincère de resserrer les liens qui unissent cette colonie à la mère-patrie ;

3o. Que cette chambre s’efforcera avec toute la diligence possible, de porter remède, autant qu’il sera en son pouvoir, aux plaintes exprimées dans son humble pétition, au sujet de l’état de la province ;

4o. Que cette chambre croit devoir tériioigner sa reconnaissance de la promptitude avec laquelle sa requête à sa Majesté, a été prise en considération, et de la manière prompte et éclairée avec laquelle elle a été envisagée par le très honorable lord Goderich, &c.

Le lendemain, 30, lord Aylmer dit aux messagers qui lui avaient présenté ces résolutions, “ qu’il aimait àprévoir que sa Majesté les regarderait comme un heureux présage de l’arrangement définitif de tous les points sur lesquels le gouvernement et la chambre avaient jusqu’alors différé.”

Une question qui semblait n’être pas du ressort immédiat de l’assemblée, celle de changer les usages du pays, quant aux affaires ordinaires des fabriques de paroisses, ayant été agitée dans la session précédente, le clergé lui présenta, dans celle-ci, une requête, ou représentation, on ne peut mieux fondée en l'aison, accompagnée d’un mémoire irréfutable ; mais ni la requête, ni le mémoire n’empêchèrent cette chambre de revenir à la mesure, ni M. Papineau de la soutenir, en exagérant les abus dont quelques particuliers s’étaient plaints, ni M. Bourdages d’en vouloir brusquer l’adoption, sans s’occuper, ni faii*e cas quelconque, en apparence, des conséquences regrettables qui en pourraient résulter. Malgré ce que purent dire

î)tf CAÎÎAibA.

MM. Neilson, Cuvillier, Quesnel, Duval, Dumoulin,* et autres, le hill passa finalement dans l’assemblée ; mais heureusement il avait à monter à la chambre haute, où il fut mis au néant. f

Le 5 décembi-e, le gouverneur transmit à l’assemblée une copie d’un acte impérial, ayant pour objet de mettre sa Majesté en état de transmettre à la législature provinciale (non pas conditionnellement, comme tout le monde s’y était attendu, mais absolument), l’appropriation dos droits levés, en vertu de l’acte de la 14e Geo. III, chap. 88. “ Il sera et poura être loisible aux conseils législatifs des provinces du Haut-Canada et du Bas-Canada, respectivement, par aucuns actes qui seront, de temps à autre, par eux passés, et sanctionnés par sa Majesté, d’ajjpi'oprier, de telle manière et à telles fins qu’ils jugeront convenable, respectivement, tous les deniers qui proviendront ci-après des dits di-oits, excepté telles parties des dits deniei’s qui seront nécessaires pour payer les frais de perception, collection, recouvrement, responsabilité, &c., d’iceux.”

Le 10 janvier, 1832, M. L. Bourdages soumit une série dç douze propositions, dont les huit premières étaient une am2)liücation de celles qu’il avait soumises,

♦ “L’usage de 150 ans est une loi pour le pays. La voix des peuples sur cet objet est uniforme ; c’est donc la meilleure loi. La coutume suivie de temps immémorial est plus sage que toute loi qu’on voudrait mettre à sa place. Toute la province est soumise ù. la loi établie par la coutume, et il n’y a que quatre ou cinq paroisses qui se plaignent de cette loi. L’usage a été invariable et avantageux : pourquoi le ciianger? Il est singulier qu’on veuille proposer des remèdes pour un mal qui n’existe point.” Discours de M. Dumoulin.

t II est singulier et presque inconcevable, qu’au moment où une mesure d’une telle imnortance devait être discutée au conseil législatif, il ne s’y trouvât qu’un seul membre catholique, d’origine anglaise ou irlandaise, et qu'il fallût le jugement solide et le profond savoir du juge-en-chefpoiir expliquer et faire bien comprendre à ses collègues protestants l’état de la question, ou de la chose.

l’année précédente, et leur amendement, en ce qu’il n’y était plus question d'abolir entièrement le conseil législatif, mais d’en faire un corps électif. Les quatre dernières propositions exposaient, au sujet des terres réservées à la couronne et au clergé, des griefs qui avaient été oubliés dans la l’equête de l’année précédente, nonobstant la recommandation instante et répétée du gouverneur à la chambre d’assemblée, de s’efforcer de n’en pas oublier un seul, “quelque petit qu’il fût.”

Le lendemain, 11, le même M. Bourdages, contrevenant à la recommandation du Comité du Canada et à la teneur de la dépêche qui venait d’être communiquée à l’assemblée, ainsi qu’au rapport de son comité spécial le bill de l’indépendance des juges, proposa que par ce Mil le juge-en-chef (qui avait le plus contribué à faire rejeter son bill de fabriques, ou des notables) fût exclu des conseils. Cette proposition fut rejettée, ainsi que les douze sur la composition des conseils, &c. ; mais le bill de l’indépendance des juges i>’én devint guère plus acceptable, en conséquence des conditions qui y furent attachée, ou des matières étrangères qui y furent introduites.

En lisant les propositions “soumises” par M. Boui’dages, soit de son propre mouvement, soit à la suggestion d’autrui, à la suite de communications si satisfaisantes, de nouvelles si agréables, sous tous les rapports, on est porté à se demander s’il n’y avait pas alors dans l’assemblée un homme, ou plusieurs hommes, qui se croyaient personnellement intéressés û la perpétuation, à l’augmentation même des dissentions et des troubles, sinon à un bouleversement final, ou qui avaient naturellement en horreur la paix et la félicité publiques, en l’absence de tout prétexte de

btl CANADA. 81

crier et de faire du bruit, de vexer, de tourmenter les hommes, et de mettre les choses dans la confusion et le désordre.

Le 23, lord Aylmer fit tenir à l’assemblée un message, recommandant l’octroi d’une liste civile de £5,900, pour la vie du roi, savoir ; au gouverneur, £4,500 ; à son secrétaire, £500 ; au secrétaire de la province, £400 ; au procureur-général, £300 ; au solliciteur-général, £200,

Le 30, la chambre, en comité sur ce message, se leva sans foire rapport, sur la division de 42 contre 9.^

‘‘ La chambre,” dit la Gazette de Québec (de Neilson), paraît avoir cru nécessaire de se refuser à cette nouvelle demande, et de soutenir les résolutions de la chambre, basées sur le rapport du comité de la chambre des communes, par lesquelles elle s’était engagée à octroyer permanemment les appointemens du gouverneur, ceux des juges et ceux des conseillers exécutifs.”

Elle ne s’était pas engagée, suivant M. Neilson, à octroyei-, de la même manière, ceux du seci-étaire j^rovincial, du secrétaire civil, du procureur-général et du solliciteur-général, pourquoi ? Etait-ce parce que le comité des communes avait oublié de parler de ces

* A l’occasion de ce résultat inattendu, et bien capable de faire désespérer de voir jamais la paix et la sécurité régner dans le pays, la Minerve, tombée aux mains qui, pendant un temps, avaient conduit, ou plutôt fourvoyé le Spectateur Canadien, \ s’écrie : “ 11 faut qu'un ministre soit bien audacieux et effronté, pour venir encore une fois proposer à notre chambre d’assemblée d’accorder une liste civile pour la vie du roi. Le pays a réclamé sans cesse contre cette manière d’accorder les subsides. Les mini.stres ont reconnu la justice de nos réclamations; ils ont promis de se conformer à nos désirs, et ils revient à la charge, pour nous bâter d’une liste civile, sans égùxà h leurs promesses et à leurs engagemens.” Puis vient le signalement des membres qui avaient voté pour cette liste civile de £5,900, savoir MM. Archambault, Baker, Goodhue, Heriot, Languedoc, Méthot, Panet, Stuart, Taylor.

f (Léon Gosselin.)

â2 HISTOIRE

ofiSciers,* parcequ’il ne les croyait pas nécessaires ou parcequ’il voulait les tenir perpétuellement sous sa dépendance immédiate, exercer sur eux un contrôle direct, une espèce de coercition ou d’intimidation. La première raison aurait été frivole ; la seconde insensée, et la troisième odieuse. Mais, quelle que fût la raison de son refus, il n’en était pas moins vrai que la colonie était mise en collision avec la métropole, sa tranquilité future perdue de vue, et son avenir compromis, pour la manière de voter la modique somme de £1,300, et cela, après des concessions auxquelles nul homme raisonnable et éclairé ne se serait attendu. Le très grands effets sont quelquefois provenus de causes très petites, en apparence, mais nous ne croyons pas que, dans l’histoire, ancienne ou moderne, on puisse trouver l’exemple du salut, du bien-être politique et social de tout un peuple, sacrifié à une pareille vétille, à une aussi pitoyable pointillerie ; et pour n’attribuer la chose qu’à une erreur de jugement, à une déplorable infixtuation, la chambre faisait cet inconcevable faux-pas, dans le même temps qu’elle se votait à elle-même £3,600 annuellement, pour la durée du parteme/it, outre les £1,000 accoutumés, à son orateur. Ayant obtenu de la complaisance de lord Ajdmer la suspension du procureur-général, la chambre d’assemblée crut qu’elle obtiendrait aussi facilement la destitution du juge Kerr. Par suite de la pétition de M. Gugy, son comité des griefs, après avoir rxxpporté douze chefs d’accusation, conclut à l’effet qu’une hum. ble adresse soit présentée à son Excellence, legouvei-neur en chef le priant de faire usage des pouvoirs respectifs qu’il tenait de sa commission, pour destituer l’honorable James Kerr des situations de juge sub-

* Le Haut-Canada venait de suppléer à cet oubli.

bÜ CANADA.

délégué de la cour de vice-amirauté, ainsi que de toute place d'honneur et de. profit tenue en cette province sous le bon plaisir, et de ne lui accorder aucune telle place à l'avenir.'*-

Lord Aylmer répondit qu’il ne pouvait pas se rendre au désir de la chambre ; mais qu’à la prochaine session il serait prêt à suspendre le juge Kerr, sur une adresse des deux chambres.f

Le parlement fut clos le 25 février. Après avoir sanctionné soixante -trois hills, et en avoir réservé dix à la sanction royale, le gouverneur dit à la chambre d’assemblée, en particulier :

“ La session s’est ouverte sous des auspices si favorables, que j’avais conçu le ferme espoir que le résultat en serait dénaturé à justifier, dans toute leur étendue, les espérances du gouvernement de sa Majesté.

" La dépêche du vicomte Goderich, du 7 juillet dernier, avait été communiquée à la chambre d’assemblée, et non-seulement sa teneur se trouvait rencontrer, de la manièi-e la plus directe et la plus explicite, les divers griefs articulés dans la pétition de la chambre, mais les concessions faites par la couronne étaient de nature à surpasser les plus vives attentes des habitans du Bas-Canada.

“ Il était donc naturel de s’attendre que la liste civile, dont l’adoption était le seul avantage demandé en retour de ces concessions libérales, serait accueillie par la chambre d’assemblée, dans un esprit de libéralité réciproque. Les votes et les résolutions de la chambre, en des occasions précédentes, justifiaient

* Si c’avait été, par exemple, la place de traducteur français,

occupée peu auparavant, par un autre juge, quel mal en serait-il

t Lord Aylmer fut blâmé directement, plus tard, d’avoir fait une telle promesse, et indirectement d’avoir suspendu M. Stuart.

ItlSTOiÉÊ

encore davantage cette attente, de la part du goiivet^' nement; et quand même se serait élevé quelque doute à cet égard, il aurait dû disparaître devant certaines circonstances récentes, qui prouvent clairement que la chambre peut, dans certains cas, être induite à prêter une oreille favorable à la proposition de mettre des salaires hors de l’incertitude d’un vote annuel.

“ Ces espérances ont néanmoins été frustrées, et cela, dans des circonstances des plus décourageantes, car le gouvernement en se présentant à la chambre d’assemblée avec la proposition d’une liste civile sur une échelle si limitée, qu’elle a du exciter une surprise universelle, a été acceuilli sur le seuil même de la porte, par un refus formel et absolu. *

“En Angleten-e, au commencement de chaque règne, la législature vote invariablement une liste civile, qui assure, durant la vie du souverain, des salaires fixes et déterminés, qui se rattachent à la dignité ainsi qu’au service de l’état, et cependant, les partisans les plus jaloux des droits du peuple ne se sont jamais opposés, en principe, à une telle mesure, et on ne la regarde nullement comme indiquant, de la part de la couronne, un manque de confiance de la branche populaire de la législature.

“ Il était donc raisonnable et conséquent de supposer que le même principe pouvait être adopté et mis en pratique avec avantage dans cette colonie, dont la constitution a une analogie si frappante avec celle de la métropole.

“ Les avances faites par le gouvernement de sa Majesté ayant été accueillies de la manière que je viens de l’exposer, je me trouve maintenant dans la

* Elle venait de se voter, ou de voter ti ses membres une indem- 1 mte ‘‘ pour la duree du parlement/’ ^

i)TÎ CANÀDA.

hécessité (en obéissance aux instructions que j’ai reçues,) de réserver à la signification du plaisir de sa Majesté le hill des subsides votés pour le service de l’année courante.

“■ Les embarras résultant de ce procédé seront nécessairement considérables, mais je tâcherai de faire en sorte que la province les ressente aussi peu que les circonstances le permettent.”

Si l’année précédente. Lord Ayl mer avait pu annoncer au ministre des colonies qu’un “ changement favorable s’était opéré dans la dis])osition générale de la chambre d’assemblée, vers la tin de la session,” il eut, cette année, à lui annoncer tout le contraire. Api •ès avoir assez bien commencé, elle finit, on ne pouvait plus mal, en passant un hill inacceptable, ou insanctionnable, pour l’indépendance des juges, par elle demandée, précédemment, à cor et à cri, et surtout, en refusant brusquement une liste civile de £5,900. Cependant, quoique dans cette session, les membres de l’assemblée eussent été, suivant M. Stuart (répondant à M. Papineau,) “ condamnés à entendre des tirades injurieuses de mauvais goût^ et quelquefois exprimées 671 mauvais la7igage, les débats y furent moins acrimonieux et moins violents que dans la session ])récédente, probablement, parceque la chambre ne jugea pa,s à jn-opos, cette fois, de considérer l’état de la province. Ce fut la question de la “ composition des conseils ” qui donna lieu aux discussions les plus animées, et parfois les plus intéressantes. MM. Bourdages et Papineau, renonçant à leur panacée universelle, l'entière abolition du conseil législatif," s’étaient merveilleusement épias, on ne saurait dire par quel retour sur eux-mêmes, ou par quel nouveau choc électrique, d'un conseil législatif électif, dont ils avaient

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repoussé, ridiculisé même l’idée, dans la précédente session. Mais quoiqu’ils eussent trouvé un auxiliaire violent dans M. Lee, et un auxiliaire modéré dans M. Mondelet, ils furent combattus victorieusement par MM. Neilson, Quesnel, Gugy et Laterriere.*

Pendant que ces discussions bruyantes et ces altercations avaient lieu dans l’enceinte de la chambre d’assemblée, l’état de la société était troublé, hors de cette enceinte, par la licence effrénée de la presse périodique et par ses funestes conséquences. Mais il faut reprendre les choses d’un peu plus haut, on commençant par le Haut-Canada.

De nouvelles élections avaient donné à cette province une chambre d’assemblée différente de la dernière dans sa composition. Les niveleurs y étaient en moindre nombi'e ; le parti opposé à une réforme des abus réels, ou à une réforme trop prompte de ces abus, y étaient peut être trop nombreux, mais l’har-

* “ A-t-il demandé l’opinion du peuple, lorsqu'il a rédigé ses treize propositions de l’année dernière ? ” M. Bourdages, parlant de M. Neilson. Malencontreusement M. Neilson et M. Quesnel combattent la proposition de M. Bourdages, sur Je principe que le changement n’a pas été demandé par le peuple, sans réfléchir que si “ le peuple a été bien conseillé” une fois, il peutêtremal conseillé une autre fois, et qui jiis est, “ agité ” le premier avant, le dernier après que M. Gugy eût cité le passage suivant d'un discours de Fox en parlement :

“ Supposons que le peuple, au lieu de cette monarchie mixte, que nous célébrons comme étant également l’orgeuil et l’envie de l’univers, nous donne pour instructions, à nous, ses représentants, d’introduire une forme démocratique de gouvernement, nous comporterions-nous en bons sujets du roi, et en fidèles gardiens de notre jiays, si nous agissions conformément i\ des instructions aussi dangereuses? Nous avons juré de maintenir la constitution dans sa présente forme, de maintenir les privilèges du iiarlement dans une partie essentielle de la conslitutiouj et de n’empiéter ni sur la juridiction légitime des pairs, ni sur la juste prérogative du souverain. Ferons-nous donc ce qui est mal, parceqiie le peuple le désire^ et tandis que nous sommes constitués pour garder avec l’œil du dragon le fruit de la liberté du jardin des Hespérides, serons-nous les seuls esclaves dans la nation ? ”

“ Quand bien même ces résolutions seraient convenables, on choisit mal le temps pour les proposer. Ce n’est pas se conduire

Dit CANADA.

ôf

înonie régnait entre le lieutenant-gouverneur et les chambres ; le peuple ne s’apliquait pas autrement j la province entière jouissait de la tranquilitê. Cet état de choses n’était pas, en apparence, le fait de M. W. L. Mackenzie, soit que ses affaires pécuniaires en souffrissent.* Soit que l’esprit d’agitation et de discorde le maitrisât, il résolut de recourir à sa tactique accoutumée. Il publia consécutivement, dans les numéros du 24 novembre et du 1er décembre, (1831), deux articles particulièrement injurieux à la majorité de la chambre d’assemblée, dans le dernier desquels, intitulé : “ Bel exemple du Bas-Canada,” on lisait, entre autres choses; “ Notre corps représentatif a dégénéré en un bureau de syc'ophantes pour l’enrégistrement des décrets du jîouvoir exécutif, le plus vil, le plus mercenaire qui ait jamais existé," &c.

Le 7, il fut résolu, dans la chambre d’assemblée, à la majorité de 23 contre 17, “ que les deux articles sus-

avec franchise et sincérité envers le gouvernement. Que les membres jettent un coup-cl’œil sur la réponse du gouverneur à notre adresse de l’année dernière ; il nous supplie et conjure de lui

dire si elle contient tous nos griefs . Après que notre requête a

été reçue favorablement, ou revient encore avec une nouvelle édition (augmentée) des griefs, et l’on en aura probablement une tous les ans. Le public pourrait bien dire à bon droit, mais n’avezvous rien autre chose à traiter que des griefs, et parmi les nombreux objets qui méritent votre attention, toujours des griefs, rien autre chose que des griefs, il semble qu on en a assez parlé. On se plaint que le peuple n’a pas assez d’influence dans le gouvernement : mais dans le fait nous sommes presque gouverneurs ; nous avons l’argent et tout l’argent, le nerf des gouvernemens ; les moyens de faire ou de ne pas faire . Au sujet du conseil, nous avons dit au gouver¬

nement tout ce qu’il était nécessaire de dire, on nous a promis de travailler, et on travaille à son amélioration. Que ferions-nous sans la protection de la Grande-Bretagne? Si nous étions laissés à nous-mêmes, avec une population de 600,000 âmes, nous serions bientôt engloutis par ceux qui sont autour de nous. Il n’j a pas de pays dans le monde dont les habitans soient plus heureux que nous le sommes. — Discours de M. Laterrière.

* “ Les écrivains graves, qui ne parlent qu’à la raison, ne sont lus que par le petit nombre ; ceux qui s’adressent aux passions trouvent de bi^n nombreux lecteurs.” — De la licence de la presse.

mentionnés étaient des libelles contre la cliambre, propres à exciter des soupçons et de la méfiance dans l’esprit du peuple, contre les procédés et les motifs de ses représentans, et une violation des privilèges de la chambre, et que M. Mackenzie, qui s’était reconnu l’auteur de ces articles, (et qui était membre de la chambre), devait être requis de fournir sa défense.” Il la foxirnit, en effet, ce jour-là et le lendemain, mais en aggravant son offense par, ce qu’on qualifia d’effronterie et de cynisme.

11 fut résolv, d’abord, à la majorité de 27 contre 15, . que W. L. Mackenzie, écuyer, s’étant reconnu l’auteur de libelles faux, scandaleux et ditiamatoires, étayant aggravé son délit par la manière dont il avait soumis sa défense, était coupable d’avoir violé les privilèges de la chambre et ensuite, qu’il fut expulsé.

L’expulsion eût lieu le 12, et dès le lendemain, le sieur Mackenzie et ses amis avaient trouvé le mo^^en d’assembler quelques centaines d’habitans de la basse classe du comté d’York, à qui ils avaient fait signer une pétition au lieutenant-gouverneur, se plaignant de la chambre d’assemblée, et priant son Excellence de la dissoudre.

Sir John Colborne leui* répondit laconiquement;

“ Messieurs ; j’ai reçu la pétition des habitans.”

Les campagnards s’étant fait joindre par un nombre des habitans d’York, promenèrent M. IMackenzie comme en triomphe, par la ville, en signe de leur approbation. Le triomphateur fit une harangue à la foule, qui applaudit par trois acclamations, pour “ le roi matelot,” le comte Grey et les ministres “réformistes, et par trois autres pour le gouverneur, l’assemblée et le peuple pafnote du Bas-Canada. Le rassemblement s’organisa ensuite, et adopta des résolutions jt

btj CANADA. 89

par lesquelles il déclarait que la réponse que lui avait faite le lieutenant-gouverneur était nm insulte ; qu’il fallait répandre 1 adresse et la réponse par toute la province, et constater si le peuple ne serait pas d’avis de demander au roi le rappel de son Excellence ; que la conduite politique et éditoriale de M. IMackenzie était digne d’éloge, et qu’une médaille d’or devrait lui être présentée, &c.

Le 2 janvier, (1832), jour fixé pour l’élection, M. W. L. Mackenzie se présenta, et après avoir répandu parmi la foule un grand nombre d’exemj^laires d’un placard, contenant des accusations, ou des diatribes contre le lieutenant-gouverneur, les conseillers, la majorité des rejn’ésentans ; il enrichit le libelle écrit d’un long commentaire verbal, et fut élu presque unanimement. La médaille lui fut |)rései]tée; il y eût ensuite par la ville une longue et bruyante procession- Enfin, le sieur Mackenzie triompha, et son triomphe l’exhalta au point de lui faire croire qu’il pouvait impunément recommencer à injurier gouverneur, conseillers législatifs et représentons du peuple, et il le fit, 6 janvier, dans ses adresses “ aux électeurs d’York,” et “ aux Canadiens.”

Le lendemain, le conseil législatif résohif ;

“ lo. Que le journal The Colonial Advocate du 5, . contenait un libelle grossier et non justifiable contre le conseil législatif ;

“ 2o. Qu’il paraît que W. L. Mackenzie, écuyer, membre de la chambre d’assemblée, maintenant en session, est l’éditeur de ce journal, et l’auteur du libelle ;

“ 3o. Qu’avec quelque patience que le conseil législatif soit disposé à traiter les libelles moins otténsants, dans d’autres circonstances, .il ne lui convient 2)as de

HISTOIÈE

se soumettre à l’indignité d’être ainsi outragé, au lieu même et dans le temps où il est occupé à exercer les fonctions à lui confiées par la constitution, et par des libelles ouvertement sanctionnées du nom d’un membre d’une autre branche de la législature, avec laquelle le conseil législatif doit et désire concoiu’ir dans toute mesure propre à avancer le bien public.

“ 4o. Que le conseil législatif ne peut qu’espérer avec confiance que la chambre d’assemblée verra avec une juste indignation les eflorts ainsi faits par un de ses membres pour diminuer l’indépendance du conseil législatif, et le i-espect qui lui est dû, comme faisant partie de la constitution de cette province, et qu’elle éprouvera le désir de faire réparation au conseil législatif, pour une infraction aussi impardonnable de ses privilèges.”

Quand ces résolutions furent présentées à la chambre d’assemblée, elle avait déjà commencé à prendre en considération les nouveaux libelles du sieur Mackenzie, et le 7, il fut réexpulsé, et déclaré indique de siéger dans cette chambre, devant ce parlement, ce qui ne l’empêcha pas de se présenter encore comme candidat, d’adresser encore des diatribes inflammatoires au peuple, ou plutôt à la populace, pour l’intéresser en sa faveur, et se venger au moins par l’agitation populaire et la discorde civile.

En revenant au Bas-Canada, il faut commencer par dire que la révolution française de 1830 avait exalté un assez gx-and nombre de nos jeunes gens, et remai-quer que les propositions i-évolutionuaires de M.Bourdages, et les violentes et injurieuses diatribes de M. Papineau avaient changé, chez les plus enthousiastes, cette exaltation en frénésie. Il faut remarquer aussi que la population des villes devenant de plus en plus

bü CANAbA.

tnelangëe, par l’afluence toujours croissante d’cinigrés des Iles Britanniques, et particulièrement de l’Irlande, et que, parmi les émigrés irlandais, le plus grand nombre avait apporté avec eux, outre un caractère et un comportement social particuliers à leur pays, le ressentiment de l’oppression et de la misère, la haine du gouverueinent [et des autorités. Le Canadian Spec tator, avait été rétabli, sous le titre de Irish Vindicator, plutôt dans l’intérêt passé que présent de cette classe d’émigrés, ou dans la vue d’une alliance, d’une association d’idées et de sentimens entre eux et les Canadiens d’origine française, * et la rédaction en avait été confiée à M. Daniel Tracey, homme instruit, mais d’une violence de caractère qui pouvait passer pour peu commune, même parmi des gens à violentes passions, ou préventions politiques.

La rédaction de la Minerve avait pris, depuis quelque temps, un caractère de virulence mêlée d’absurdité, inconnu jusqu’alors dans les journaux français du Canada. La veille même de l’ouverture du parlement, il avait paru dans ce journal un article qu’il nous répugnerait de qualifier, et la rédaction, ou la correspondance continua sur la même ton et dans le même style, jusqu’au commencement de janvier. Alors, mis comme hors d’eux-mêmes, par ce qui se disait et se faisait, dans notre chambre d’assemblée et ailleurs, les rédacteurs du Vindicator et un correspondant de la Minerve crurent pouvoir impunémant, non pas seulement censurer un ou plusireurs actes, présents, ou

* Les Irlandais soulagent leur ressentiment envers la métropole, en sympatbi.sant avec les Canadiens. Ceux-ci par leur condition politique et par leur caractère affectueux, s’attachent et les peuplades indigènes et les troupes d’émigrans. En dehors de cette alliance, se tiennent les loyalistes américains. Que d’alimens pour les opinions politiques, que de préventions surgissent, funestes aux vrais intérêts du pays ! — M. Lebbün.

HISTOIÜË

passés du conseil législatif, mais attaquer le corps entier, le condamner généralement, le vouer, de tout leur cœur et de toute leur âme, à la haine et au mépi'is de toute la population, en se servant des termes les plus outrageants, et cela, “ dans le temps,” sinon, air “ lieu même où il était occupé à exercer les fonctions à lui confiés par la constitution.”

Le Vindicator le traitait de nw^ssmice, de caiiclmnar, d'incube oppressif, etc. Le correspondant de la -d//nen’e disait ; “Les nominations de conseillers, faites et annoncées, sont, à peu d’exceptions-près, si pitoyables, et le pays a si bien été joué et trompé par toutes les belles promesses d’outremer, que la chambre d’assemblée devrait l’ésoudre, qu’elle est d’avis, et le pays la soutiendra, que si la mère-patrie se refusait à accorder un conseil législatif électif, nous insistions et demandions avec fermeté l'abolition entière d’un corps aussi nuisible que l'a été, l'est et le sera le conseil législatif nommé par la couronne. Le conseil législatif étant peut-être la plus grande nuisance qiie nous ayons, nous devons prendre les moyens de nous en débarrasser, et en demander l'abolition de manière à l'obtenir."

Ces agressions, renouvellées avec un surcroit de virulence dans les exjDressions, ne piassèrent pas inapperçues et méprisées, comme leui’s devancières, et le 3 janvier, il fût, dans le conseil législatif, (eh substance ;)

“■ Résolu, (\vlq le Vindicator àa 3, et la d/merre du 9, contenaient, respectivement, un libelle ditfamatoire ' contre cette chambre, et une violation directe de ses privilèges, et

“ Ordonné ;

“ Que le sergont-d’armes prenne et amène, sous bonne garde, à la barre de cette chambre, Daniel Tracey, rédacteur du Vindicator, et Ludger Duver- ^

NAY, éditeur do la Minerve, afin de répondre pour cette offense.”

Ce procédé ne fut pas adopté, nemine contradicente ; MM. Coffin, Haie et Hait différèrent do la majorité sî<6 silencio; MM. Bell, Caldwell et Felton, “ parcequ’une mesure d’un caractère aussi décidé devait avoir l’effet de donner de l’éclat et de l’importance à des opinions et à des personnes insignifiantes et méprisables, et parcoque les écrits en question étant des libelles sont du ressort des tribunaux ordinaires pour les poui*suites.”

M. Eyland diffère de la majorité, ou pi’oteste contre son procédé, parceque, selon lui, il serait plus à propos que le conseil législatif présentât au gouvernement une adresse, exposant : “ qu’il circule maintenant dans la province des publications d’un caractère révolutionnaire, et signalant plus particulièrement celles qui ont été soumises à la considération delà chambre ; que les auteurs de ces écrits n’hésitent pas de faire, de la manière la plus audacieuse, un appel aux habitants en général, et à la chambre d’assemblée en particulier, de s’unir aux fins d’abolir la forme actuelle du gouvernement établi dans cette colonie ; que ces productions séditieuses et inflammatoires ont été répandues siibséquemnient aux conunimiccLtions faites par son Excellence à la chambre d'assemblée durant la présente session ; qu’a- ]n’ès les concessions libérales et importantes, annoncées à cette chambre, par le message de son Excellence, du 18 novembre dernier, les habitans du Canada sont invités par ces publications à s’unir pour renverser la constitution donnée à cette province, constitution pour laquelle le peuple Canadien a exprimé son attachement inaltérable, et sous laquelle, pendant quarante fins, il a joui d’un degré do prospérité, de bonheur et

de liberté raisonnable, qui n’est surpassé dans aucune partie du monde civilisé ; que le peuple loyal de cette province est exhorté par ces publications, à se joindre pour détruire toute influence juste et raisonnable de la jiart de la couronne, pour arrêter l’introduction des habitans de la métropole en Canada * et pour adopter enfin des mesures, qui, si elles étaient adoptées, changeraient en république la forme actuelle de cegouverment monarchique, parceque, par ce moj-en, le gouverneur en chef, les ministres du roi et le public poun’aient acquérir une connaissance exacte des sentiments du conseil législatif, par rapport à scs écrits calomnieux et révolutionnaires, parceque l’occasion serait donné de considérer duement les moj’ens de faire punir leurs auteurs, et d’empêcher que la paix et le bonheur des loyaux sujets canadiens de sa Majesté ne soient troublés désormains par de semblables publications.”

Pour revenir aux pi’isonniers du sergent-d’armes, amenés à la barre du conseil, M. Duvernay répondit aux questions qui lui furent faites, qu’il n’était pas l’auteur de l’article incriminé, mais qu’il était l’impirimeur et le propriétaire de la Minerve, etc. Le rédacteur du Vindicator paraissant vouloir répondre à la façon du sieur Mackenzie, le président l’arrêta, en lui disant de ne se pas compromettre.

L’un et l’autre furent condamnés à demeurer emprisonnés jusqu’à la fin de la session.

Ce procédé du conseil législatif, loin d’arrêter le mal sembla l’empirer : du moins en résulta-t-il dos manifestations populaires bruyantes, à Montréal et à Québec,

* Si les auteurs de ces “ publications” s’étaient contentés de se prononcer en ternies convenables, contre une émigration systématique ou surabondante, ils ne seraient pas sortis des bornes de la liberté des opinions et de la presse.

DIT CANADA

des tentatives d’agitation dans le district de Montréal et line espèce de frénésie dans le Canadien le Vindicator et la Minerve. Le premier parut avoir oublié combien de fois notre chambre d’assemblée s’était montrée grandement otfensée même du semblant du blâme indirect de . sa majorité, par exemple, d’une santé portée à sa minorité, durant la levée, tandis qu’on avait pu boire autant de fois qu’on l’avait voulu à la patriotique, ‘‘vertueuse,” et glorieuse minorité du conseil, sans que la majorité de ce corps eût seulement paru y faire la moindre attention.

Comme pour narguer le conseil législatif, la dSIinerve republia dans son numéro du 19, l'écrit que ce corps avait qualifié de libelle diffamatoire, en l’accompagnant de nouvelles injures et de folles menaces. *

L’agitation ne fût que passagère à Québec, elle fût plus marquée à Montréal, et déplus longue durée. Le 25 janvier, d’après avis pi’éalable, il y eût, au faubourg St. Laurent, un i-assemblement, oû il fut jjrononcé des discours, et adopté des résolutions, censurant sévèrement le conseil -législatif, approuvant MM. Duvernay et Tracey, et leur offrant, à l’imitation' de ce qui avait été fait à York, à chacun “une Jnédaille d’or.”

Les l’ésultats les plus déplorables de cette effervescence de la jeunesse, ou de l’ignorance, de cette soudaine exaltation mentale, oû “ en appelant la justice,

* Nous avons trop longtems toléré cette branche de la législature ;

il faut l’arrêter dans sa marche . La chambre d’assemblée a le

pouvoir de mettre un frein à ses écarts. Le pays doit donc appuyer la chambre dans les mesures qu’elle pourrait adopter ; autrement, nous ne mériterions pas d’être libres. Bientôt, le pays en masse dira comme Caton le censeur, avec la chambre et avec nous : Delenda est Carthago. Le pays sera surpris d’apprendre la division qui a eu lieu en chambre, sur les résolutions de M. Bourdages, relatives au conseil ; il peut se rassurer^ car il sera adopté des mesures encore plus énergiques et plus eÿicaces que celles dont la çfiatqbre a eu à soccuper à cet égard.”

“ on la souillait, où en invoquant la liberté de la presse,

■“ on l’outrageait,” furent le mauvais biais donné à l’opinion du peuple sur cette liberté, l’exemple démoralisateur olfert à la populace, l’encouragement fourni au “ dévergondage ” de la presse périodique. *

Ça été souvent un malheur pour la population canadienne, et pour celle des campagnes en particulier, d’en être réduite à ne pouvoir lire que des gazettes entachées d’un aveugle esprit de parti, parlant toutes dans le même sens, et quelquefois aussi, comme à l’époque où nous en sommes, rédigées “ lourdement, étourdiment, sans discrétion quelconque, ni ombre de jugement, et f affichant une licence inouïe, pour ne pas dire un cynisme révoltant.”!

La Minerve en a^^pelait de toutes ses forces au peuple, surtout au peuple des campagnes, et elle dut trouver chez lui quelqu’écho, car de même que ce journal, le Canadien et la Gazette de semblaient

avoir posé directement, ou indirectement, en principe que la liberté de la presse devait être illimitée ; que cette liberté no pouvait pas dégénérer en licence ; et que conséquemment il ne pouvait pas y avoir de

* Résolu. Que dans un pays libre, c’est un des droits les plus sacrés pour tout sujet d’émettre ouvertement son opinion sur tout ce (pii concerne le gouvernement, comme aussi de discuter librement sur la composition de toute sorte d’autorité constituée, que même l'extrême liberté de la presse est préférable à un état do gène où l’on ne pourrait signaler publiquement les désordres ou les abus du pouvoir qu’iudirectemeut et avec restriction .

t “ La polémique est parfois redondante, lourde, dans les gazettes rédigées en français ; la critique pourrait cire moins acrimonieuse, et plus spirituelle.” — M. Lebrdn.

ï Pour ce qui regarde les terres du clergé, il serait possible que rarrangement fût «us6'î avantageux.(.{\\Q celui des biens des Jésuites.

On fait semblant de nous les céder, mais c’est à condition que la couronne, (c’est-à-dire, une c'asse de sangsues privilégiées), en disposera pour l’avantage de la province, qui, en retour, bâtira des casernes aux troupes du roi dont nous n’avons pas besoin car nous

pouvons nous garder et nous défendre nous-mêmes . Voilà encore ^

Vme des concessions qu’ou veut nous prôner. Et Ze peuple se lais- %

libelles. Dans quelques campagnes il fût répondu à l’appel de la 2Iinerve, mais nous aimons à le pouvoir dire, sur un ton phis modéré, ou moins révoltant.

Pour revenir aux deux impiâmeurs emprisonnés, ils s’adressèrent à la cour du banc du roi, pour faire décider si le conseil législatif avait le droit d’emprisonner pour infraction de ses privilèges, etc.’*' La cour décida conü’e eux, à l’unanimité. Ilss’én consolèrent, en se plaignant par requête à la chambre d’assemblée, et de la cour et du conseil.

Cependant, les préparatifs du triomphe des deux imprimeurs se poursuivaient avec activité, et c’était à ce triomphe que le peiq^le (juge compétent de ce qui est ou n’est pas libelle,) saisi de l’appel de MM. Duvernay et Tracoy, allait prononcer sur la démarche du conseil; c’était sm* la place de la liberté,

comme l’avait dit M. M . , à l’assemblée du 15, que

le peii]jle allait réviser et renverser la décision de la cour de Québec et du conseil.”

Fréquentes avaient été les assemblées, nombreux les appels au peuple de la ville et du district : les

sera leurrer \ . Lord Godericb répond qu’il ne comprend pas bien

ce à quoi il est fait allusion . que si on peut lui désigner, &c. S'il

n'avait pas assez ^intelligence pour comprendre un exposé bien clair et bien circonstancié, (les accusations vagues ou plutôt les injures contre les fonctionnaires publics,) pourquoi n’a-t-il pas eu te bonne foi de demander de nouveaux renseignements àl’bon. D. B. Viger ? — La Minerve du 30 janvier.

‘‘ Le peuple tâchera d’obtenir le redressement de ses griefs par 1 les moyens constitutionnels dont il s’est servi, quoiqu’avec peu de I réussite jusqu’à présent, et si ces moyens ne réussissent point, il i verra ensuite ce qu'il aura à faire. Un état bien policé peut-il per- 1 mettre que quelques individus ignorons, obscurs, mépjrisés généralei apportent des obstacles au bonheur de cinq cent mille habitans qu'ils veulent rendre esclaves. Si ce faible corps veut employer la force et abuse de l’autorité qu'on a bien voulu, sans y penser, hii laisser pendant longtems, convient-il à des hommes libres de se

laisser tranquillement encAatner et

»“Non pas pour sortir plus tôt de leur prison, suivant la Minerve, naais, dans la vue de mettre la cour et le conseil en défaut"

trionijihateurs, en arrivant près de Montréal, devaient être accompagnés d’un nombre immense de paysans ; on devait, de la ville, aller au devant d’eux jusqu’à la Pointe-aux-ïrembles, (distance d’environ quinze milles,) ou du moins jusqu’à Ilochelaga : un nombre prodigieux de pavillons et de drajieaux avaient été préparés; les médailles étaient prêtes, et devaient leur être pi'ésentées sur la place de la liberté, (ci-devant place Palhousie,) après quoi, la grande procession devait parcourir les rues de la ville et des faubourgs.

On était dans l’attente d’une pompe, d’une fête, comme on n’en avait jamais vu en Canada, et qui devait ressembler à la fédération du 14 juillet 1790, sur la place de la Eévolution, quand le manque de jugement, l’indiscrétion ou l’inadvertence du rédacteur de la Minerve vint malencontreusement rabattre de la fougue des plus exaltés, modérer la jiétulance de langage des plus audacieux : il eût l’imprudence de publier, dans son numéro du 16 février, un écrit où l’on disait explicitement ce qui n’avait encore été dit qu’implicitement par lui-même ou par ses correspondans, savoir, (en substance,) que le peuple se fera justice lui-même ; qu’une séparation immédiate de l’Angleterre est devenue nécessaire; que les Canadiens doivent se hâter rie se rendre indépendans, &c.* Quoique cette production ne fût que le corollaire des accusations portées contre le gouvernement de la métropole

• “ Le peuple s’apercevant que ses plaintes sont méprisées, et qu’on sacrifie à quelques hommes le bonheur d’une nation, se fera justice à lui-même. Jusqu’à présent, les Canadiens ont été modérés et piatiens, mais ils sont las d’être -injuriés et calomniés : s’ils ne valent pas mieux que les chiens ou les chevaux anglais, ils doivent chercher F alliance d’un peuple pii les regarde comme ses égaux, je le répète, une séparation immédiate de V Angleterre est le seul moyen de conserver notre nationalité.. ..C’est le sort qui nous est réservé nous no nous Alitons je nous rendre indépendants,"

et contre celui de la colonie, dans la chambre d’assemblée et hors de cette chambre, la conséquence des prémisses posées par M. Papineau et par M. Lee, dans la session précédente, elle ne laissa pas de faire une assez grande seii.sation, parce qu’elle était attribuée par quelques-uns à un membre de l’assemblée, parce qu elle était à la portée des intelligences les plus communes, parce qu’elle paraissait mieux raisonnée ou mieux écrite que la plupart de celles qui l’avaient piécédée, et qu on n’y pouvait rien mettre sur le compte de la sottise ou de l’ignorance de la signification des termes. Les journalistes anglais crièrent à la trahison, les autorités menacèrent de poursuites criminelles ; mais un jeune clerc-avocat ayant réclamé l’écrit comme sien, ou en ayant pris sur lui laresponsabdité, et le rédacteur ayant apporté quelque exciuse ou explication, et témoigné un demi repentir, (rétracté dès que la peur fut pa.ssée), la chose en demeura là. Dans de pareilles circonstances, il était à supposer que le projet de faire croire au peuple que MM. Tracey et Duvernay l’avaient emporté sur le conseil législatif, et qu’ils en devaient triompher, aurait été abandonné, comme devenu très inopportun; mais on n’en demeura pas moins opiniâtre, dut la pompe triomphale devenir une farce ridicule.

Le jour attendu avec impatience ai-riva enfin , ce fût le 27 février. La Minerve, qui “ se croyait l’hyperbole permise, so permit do dire que la beauté du temps 2)ermit à la masse entière des citoyens d’assister à la fête.” C’était exagérer plus ridiculement que ces deux voyageurs dont l’un avait vu “ un chou plus grand qu’une maison,” et l’autre, " un pot aussi grand qu’une église.” Peut-être pourtant, la Gazette, le Jierald] le Courant eurent-ils tort de trop ridiculiser

“ la cérémonie triomphale,” de la “ dénigrer les gens du commun, “ Canadiens, Irlandais et Américains,” y allaient sans doute de bonne foi et sans mauvaise intention, et quant aux individus d’un rang plus élevé, les uns pouvaient y être par pure curiosité, et d’autres, dans le but louable d’empêcher toute infraction de la paix publique. On pouvait aussi trouver bon ou juste qu’il fût oflFert aux deux imprimeurs, et particulièrement à celui qui avait souffert pour le fait d’autrui, quelqu’espèce de consolation, quelque marque de condoléance ; ou pouvait les féliciter d’avoir vu le terme de leur emprisonnement, de se retrouver au sein de leurs familles et au milieu de leurs amis ; mais on ne devait pas tromper le peuple, encore moins démoraliser la populace, en lui faisant regarder comme licite et louable ce qui, moralement parlant, est toujours et partout condamnable.

Le récit ne dit pas si les médailles furent présentées aux triomphateurs sur la place de la liberté, mais elle leur étaient offertes par “ les citoyens de Montréal,” et elles signalaient et constataient pour l’avenir un fait historique important, la “ défaite du conseil législatif en 1832.”

Pour dire encore un mot de la licence de la presse, ce ffeau destructem- de la civilisation, que la Minerve infligeait au pays depuis quatre mois, le Canadien semblait l’approuver,* et la Gazette de Québec ne vou-

* “ Nous pensons que le gouvernement même est intéressé à ce que la liberté de la presse soit illimitée, sous le rapport des opinions politiques, de celles mômes qui viettent son existence en Question.’'']

t Quelle réponse aurait faite le Canadien à la question : Est-il permis au premier éuergumène venu d’écrire ou de dire frénétiquement au peuple, par exemple, que le roi est un tyran, et qu’il faut le détrôner, que la chambre des lords, ou des pairs, est une nuisance ■publique, et qu’il faut l'abolir ; que la chambre des communes es|

t)U CANADA. 101

loir ]ias qu’on la trouvât mauvaise.^-' Les journaux anglais récriminaient, absurdement parfois, en généralisant, au lieu de particulariser, mais le pouvoir exécutif resta muet et sembla comme paralysé: il laissa passer 1 occasion de montrer quelqu’énergie ])Our le maintien du bon ordre, le rejws de la société, et le salut du peu])le, et sembla promettre pour l’avenir une entière indidérence, ou une complète inertie. Aussi pût-on lire, dès le 8 mars, dans la Minerve, un article aussi révolutionnaire que celui du 16 février adres.sé aux passions haineuses, et couché en termes beaucoup plus injurieux, quoique parfois sous le masque de l’allégorie.

Pourtant, à l’excejjtion de cet article, il parut y avoir, dans la Minerve, un changement en mieux, avec un changement de rédacteur, dès le commencement de mars. JVlais, dans le Haut-Canada, le sieur Mackenzie ne cessait, depuis sa dernière expulsion, de s’agiter et de tourmenter le peuple, dans l’intérêt de son ressentiment. Après avmir, à force de déceptions et d’intrigues, fait signer ou marquer d’une croix, dans les campagnes, un tissu de fausses représentations, mêlé de quelques vérités, dans lequel il singeait le sujet loyal comme il avait fait avec succès, en 1827, f il voulut,

un ramassis de sycophantes, de Jripons et de brigans, et qu’il faut s’en de'harrasser ?

* “ On nous prie de dire que l’article inséré au Mercury d’hier, le 1er mars, commençant par ces mots : The Edilor of the Albion et finissant par ceux de nimium ne crede colori, a été im[iriuié, nonseulement à l’insçu du chef de V Exécutif , mais a reçu de la part de son Excellence une désapprobation la plus marquée."

t “ Tu loge lhe American, voters would hâve been the doivnfall of the démocratie par ty, and a central committee ivas apjpomted wüh fV. L. Mackenzie for ils confidential secretary. Dr. Rolf décliné d going to Dnyland, and Mackenzie urged so many objections against Forthergill, that he persuaded the committee to invite M. Randall, a 31. P., who had suffered enough for his American birth and principlesX, to undertake the journey secretely . M. R.vonsented. Instructions were

|I1 avait été goudronné et emplumé.

nisToiRE ntr canadA.

tenter fortiuie dans la ville d’York; mais il y éprouva une déconfiture complète et un traitement ignominieux.* * Ce conti’etems ne l’empêcha pas de païUir pour l’Angleterre avec sa “ pétition au roi,”ou sa diatribe contre le lieutenant-gouverneur, le conseil législatif, la chambre d’assemblée, etc., signée de plusieurs milliers d’individus dont quatre-vingt-dix sur cent, peut-être, devaient ignorer de quoi il s’agissait ou être de ces “ gens qu’aucune société civilisée n’aurait reçue dans son 8ein.”t

drafted by W. L. Mackenzie . and, these witb a memorial having

15,000 signatures, Mr, R. took to Englaud, in March of this year 18'17, having previously agreed that Mr. Mackenzie woidd dash one or two loyal letters to the Goveruor General, Lord Dalhousie, and sent him 500 copies for distribution i?i Jjondon, to pave the way Jor a favorable réception. The hoax nais played with admiration. M. R. instanced the tone of the liberal paper as the proqf of the loyalty of the republicanyarty, and gave cofiies of the numhers containing the letters in proof. With, the help cf 3[r. Haine, loyalty., ussiduity and a good '

cause, M. R. carried his point with Lord Goderich . 'The Colonial

Advocate began its loyal song this day, and kept it up a whole fortniyhi, and thus for once generaled the poKticians of England with their own weaponsi” — Caroline Almanack, &c.

* “ La grande assemblée des habitans du comté d’York, s’est tenue à York, le 3 mars. Elle a été très tumultueuse : le i)arti

bureaucratique à eu le dessus . On a tenté d’abattre l’imprimerie

du Colonial Advocate. On a levé la main sur M. Mackenzie .

M. Mackenzie a été brûlé en effigie par la canaille d’York.” — La Minerve.

t “ L’aisance dont ils jouissent à présent, après avoir connue l’extrême misère, n’a fait qu’augmenter leur dépravation originelle. Possesseurs de fermes qui les rendent indépendants des classes de la société qu’élèvent audessus d’eux l’éducation, les manières et les habitudes, ils sont, dans leur conduite envers elles, aussi hardis, aussi libres, aussi insolents qu’ils leur plaît.” Ils se regardent comme étant sur le pied d’une égalité parfaite.” — M. J. Harbison, traduit par M. Isidore Lebrun, qui dit que la Revue des Deux Mondes ne leur est pas plus favorable, dans un article composé par M. Baker.

“ Quoiqu’il en soit, nous croyons devoir ajouter que les assertions de M. Harrison nous ont paru trop générales, et ses réflexions trop sévères, sur le compte d’hommes qui avaient pu acquérir des propriétés foncières, et se rendre “indépendants,” par leur travail et leur industrie.”

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