LIVRE CINQUIÈME
Comprenant ce qui s'est passé depuis l'arrivée de Lord Aylmer, dans l'automne de 1830, jusqu'au printems de 1832,
Le lieutenant-général Matthew lord AyLuer de BALRATH, donné pour successeur à Sir James Kampt, #1 Où au comte de Dalhousie, comme &ouverneur-général, 1} arriva à Québec avec sa famille, le 14 octobre 1830.
Dans le cours des deux mois suivants, la société canadienne fut un peu troublée par la tentative de renouveller les commissions royales, moyennant hono- ! raires, en conséquence de la mort de Georges IV ; ti] tentative à laquelle se soumirent silencieusement les ?* fonctionnaires, on officiers rétribués, mais à laquelle ‘ Hi résistèrent avec quelque éclat, et avec succès, les gens de profession, particulièrement les avocats et les no- Fe taires. A
En conséquence d'une grave indisposition du gouverneur, le parlement provincial, convoqué pour le 24
janvier, 1831, ne fut ouvert que le 27 au châtoau Saint-Louis. * Dans !n barangne d ouverture, lue par le président du conseil lécislatié lord Avlmer dit, entre autres choses, aux deux chambres
“Je m'etais flatté d'être en etat de go unéttre, de ja
part du gouvernement de «a Majesté quelque commu nication relative à lo question des finances, qui n ai fort occupé l'attention de la législature de cette pro vince .....[l n'est pas encore en mon pouvoir de le faire, mais ce sera peut-être pour vous une satisfac. tion d'apprendre que le Souvernement de sa Majesté est pleinement convaincu de Ja nécessité d'un arrangement immédiat et satisfaisant de cotte question importante, et j'ai tout lieu de croire que Îles instructions que je m'attends à recevoir prochainement, seront de nature à: prévenir toute mésintelligence future sur le sujet,
“Je me flatte que, dans de pareilles circonstances, Vous verrez la néceasité de faire quelque arrangement provisoire, pour subvenir aux dépenses du gouvernement, assurés, comme vous pouvez l'être, que sa Ma- Jesté n'a rien tant à cœur que de voir les affaires de finances de la province mises, sans délai, sur un pied qui soit également Compatible avec les besoins du service public, et’ en harmonie avec les sentimens et les vœux de ses fidèles sujets canadiens, Sa Majesté ne leur demandera d’autres subsides que ceux qui, après mûre considération, seront Jugés absolument nécessaires, n'ayant aucun objet plus à cœur que la
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* Hier... M, Bourdages motionna, secondé par M. Cuvillier, que Louis Joseph Papineau, écuyer, fût l’orateur de la chambre, ce qui fût adopté à l'unanimité, Aujourd’hui, l'honorable orateur (président) du conseil législatif a, au nom de Son Excellence, Approuvé M, Papineau comme oratour” Guseite de Québec, du 27 Janvier.
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prospérité, le bien-être et le contentemont d'un peuple qui lui est chor à plus d’un titre
“Il n'est pas hors de propos d'observer, que votre réunion actuelle est remarquable par les circonstances particulières qui l'accompagnent, Vous êtes pour la première fois Convoques sous l'autorité de sn présente Majesté, Guit Lave IV, et la branche populaire de la législature s'assemble pour la première fois, considé rublement augmentée, quant au nombre de ses membres......Ces circonstances constituent le commencement d’une ère nouvelle dans votre histoire parlementaire, et une époque qui, comme je m'en flatte, sera distinguée par l'harmonie et cette bonne intelligence entre les différentes branches de la législature, qui sont si essentielles pour donner un plein et entier ettet aux Avantages de la constitution que vous avez le bonheur de posséder, et pour la préservation de laquelle il est, à n’en pas douter, de l'intérét de tous les sujets canadiens de sa Mujesté d'adresser au ciel de ferventes prières.”
Ce discours de lord Aylmer, le plus concilis nt, peutètre, qui eût encore été prononcé par un gouverneur anglais du Canada, 4t dire à un Correspondant de la Minerve, le seul journal publié alors en langue française, À Montréal :
“Je remarquerai que la harangue n’est qu'une longue série d'excuses, depuis le commencement jus. qu à la fin: quand le Bouvernement en est réduit à venir en suppliant devant le peuple, et à faire des excuses, de cette manière, il faut que sa cause soit bien mauvaise”...
Cet écrivain, qui, un peu plus hant, s'était montré comme hors de lui-même, s'exagérait outre mesure le sens des paroles de lord Aylmer, quoiqu'on y pût
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voir le désir bien marqné de concilier un corps dont une partie des membres so montrèront, dans cetto session même, plus qu'inconciliablos,*
Le lendemain de l'ouvert ure, le premier sujet introduit dans l'assemblée fut une tentative sans exemple dans les annales de la chambre dos communes d'Angleterre, celle de faire expulser par une chambre nouvelle, et composée en très grande partie de membres nouveaux, un membre de cette chambre, pour uno infraction de privilèges prétendue commise contre la chambre précédente, Le 28 janvior, M. TarBauDgav, nouveau membre pour le nouveau comté de Bonaventure, ‘ fait motion que les entrées dans les journaux de la chambre, du 14 février 1829, et du 22 janvier 1830, relativement à l'expulsion de la chambre, de Robert Christie, écuyer, soient maintenant lues.”
Quoique M. Bourdages s'empresse de se dire satisfait de voir un nouvenu membro s'occuper d'une mesure aussi importante, et le loue d'en agir ainsi, la motion ne laisse pas que d'exciter de la surprise et des réclamations, particulièrement de la part de MM. Leslie, Lee, Stuart, Cuvillier, Fisher, Duval, de Montenach, et autres.+
tt mm = * Dès le 24 janvier la simple entrée du secrétaire civil, pour remettre au greffier un message annonçant que le gouverneur ne Eee pas ouvrir le parlement ce Jour-là, donna lieu, d’abord, à es délibérations à huis-clos, et, le lendemain, fit dire à M. Bourdage que la chambre avait été ditaquée, sans aucune arme pour se éfendre, &c., et À M. Neilson, que si une telle chose était permise, la chambre n'aurait pas de priviléges, et à M. Papineau, que le comité des priviléges devait énoncer combien les membres avaient été alarmés en voyant leurs pepe envahis. M, Papineau fitun long discours, dans lequel M. Stuart ne vit que des divagations étrangères au sujet, et (faisant allusion aux sessions précédentes, ) des déclamations répétées régulièrement trois fois par semaine.
M. Bourdages trouva qu'en effet M. Papineau s'était écarté de l'état de la question, et attribua le même tort à M. Stuart, La majorité décide que lo sujet méritait d’être référé au comité des priviléges.
t M. Leslie observa que les prétendues offenses de M. Christie
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Enfin, M, Bedard Propose de remettre au 31 Ja loc. ture demandée, et cette proposition, serondée par M, Neilson, fat agréée à l'unanimité,
Le 31 janvier, (pour omettre une infructueuse tentative d'innovation de la part de M, Noilson, quant à la nomination des comités permanents,)* M, Thibaudeau dit que le but de sn motion du 28 est l'expulsion de M. R. Christie..…..et qu'il renouvelle sa proposi-
tion, que “ les entrées des Journaux soient maintenant lues,’
M. Loo combattit cette mot:
sonné et savant, mais inutilement, car M. Bourdages ayant dit que “les résolutions qui expulsent M, Christie, avaient Pour base {4 ronvretion d'un grand crime, et proposé que la question füt référée au comité de toute la chambre, cette Proposition ft adoptée à une majorité de 45 contre 22.
M. Thibaudeau fait alors motion que “R. Christie, élu pour le comté de Gaspé, est lo même M. Christio expulsé par les résolutions.”
M. Cuvillicer combat longuement, Savämmeont êt élonn ananas
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merbre..……, Il me paras tout-à-fait déraisonnabie de l'e troisième fois, dans une chambre nouvelle, qui n’a pas de juridic. ton sur le sujet, et qui est même censée u'en rien connaître.
Après quelques mots de M. Thibaudeau, M, pe MONTENACR s'écrie : ‘! Sommes-nous à Tripoli, À Tunis ou à Québec ? et M. Bourdages de répondre : « Heureusement, nous sommes à Québec, et il serait à désirer que nous fussions tous des Québecquois,”
* M. Neïlson voulait faire un essai Pour la session, en priant l'honorable orateur de faire une liste des membres qu'il croirait les plug capables de former les divers comités manents et de leur faire une juste répartition de l'onvage. M. Lee croit qu'en effet, il Convient de laisser la nomination de ces comités à M l'orateur, qui selon lui, est censé être l'homme le plus instruit et {e Llus iniègre de ia charnbre ; sur quoi M. Bourdages s'écrie, avec autant d'à-propa que d'énergie : “ Je serais bien fâché que M, l'orateur eût (ou u: censé avoir) plus d’intégrité que moi.
quemment la proposition de réexpulser M. R. Christie. M. Morin est pour la réexpulsion, parce que les résolutions adoptées contre M. Christie sont d'une telle nature qu'elles le disqualifient pour toujours, et que les résolutions d’une chambre lient les suivantes.*
M. Bedard et M. Duval se prononcent énergiquement et rationnellement contre la réexpulsion, ce qui n'empêche pas que la seconde proposition ne soit adoptée, et M. Thibaudeau ne propose de résoudre, que “R. Christie ne peut ni skger ni voter en cette chambre,” |
M. Stuart combat fortement et habilement cette proposition : M. Lagueux lni répond par des exagérations et des paradoxes plus qu'étranges : selon lui, M. Christie a mis l'existence de la ch‘mbre en question. On a ditqu’une même peine ne pouvait pas être infligée plusieurs fois pour la même offense ; ce n’est pas une
Peine, c’est une censure : on a fait mention de récision et d’absolution ; l’une et l’autre sont impossibles. Le corps de délit demeure ; pour en être convaincu, on n’a pas besoin de voir toutes les pièces du procès... Suivant M. Quesnel, c'était un délit unique qui devait être puni comme tel. ;
M. Lee se lève au milieu des cris de : « la question, la question! ” et résumant ce qu'il avait dit précédemment, il s'écrie : “ On foule aux pieds la liberté et les grands principes qu'ont soutenus les Burke, les Fox et
* Une version des débats fait dire À M. Morin inintelligiblement : “On dit que nous privons un comté de sa franchise dlective, la liberté des électeurs, c'esi l'expression de l'opinion du peuple: la chambre est saisie des droits des électeurs, pour conserver les droits et la liberté de tous. L'indépendance des électeurs existe d'un
- côté, pour constituer des représentans, et de l’autre, pour la défendre par le moyen de leurs délégués. nf
es acCusateurs de M. Christie ne remarquent pas que les pre léges d'une chambre élective ne vont pas jusqu’à balancer les droits d'un corps d’électeurs, qu’en voulant se purifier, elle se mutile, &c. M. Le. Lusrux,
Sir Fre chaleur de nouv majorit Le m au disc termine “Not lenco qr devoirs ( tuants, 1 régner | lature, a constitut térité.” Les in allusion, Québec :
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