‹ Histoire du Canada et des Canadiens sous la domination anglaise [microforme]Chapitre 41 sur 72 · LT AUS · texte numérisé non relu

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chose dépeadra d'elle, à assurer à ses constituans les avantages qu'offrent les dites recommandations, cultivanten même temps l'harmonie entre tous les habitans de la province et le bien-être général.”

La chambre se divisa sur l'amendement ; il fut rejeté à la majorité de 56* contre 24, et les 92 propositions devinrent résolutions de la chambre. M. Neilson se retira alors avec les membres de la

minorié.

Si un résultat aussi étrange que déplorable dut

étonné d’abord, il put aussi s'expliquer par la compo. sition de la chambre, autant que par le système de déclamations passionnées suivi par son orateur, surtout depuis 1831. Un nombre considérable de membres semblaient, suivant l’ancien système anglais d’acquiescence ou d'opposition irrationnelle ou systèmatique, avoir juré de ne voter jamais que dans le sens de M. Papineau et de M. Bourdages, de l’orateur et du doyen de la chambre. Sur ceux-là les considérations les plus justos ou les plus séricuses, les raisonnemens les plus logiques, les argumens les plus concluants n'avaient pas la moindre prise, et ce ne fut pas sans raison que M. Bourdages dit, au moins une fois, à ses adversaires, qu'il leur était inutile de raisonner, parcequ'il avait pour lui le nombre ou la force des voix. La paie des

* MM. Amiot, Archambault, Bedard, Berthelot, Bertrand, Besserer, Blanchard, Boissonnault, Bouffard, Bourdages, Bureau, Carreau, Cazeau, Courteau, DeBleury, Deligny, Deschamps, de Tonnancour, De Witt, Dionne, J. Dorion, b. A orion, Drolet, Fortin, Girouard, Guillet, Godbout, Huot, Kimber, Lafontaine, Larue, Leslie, Letourneux, Masson, Méthot, Morin, Mousseau, Noël, Poulin, Proulx, Raymond, Rivard, Rocburne, Rochon, Rodier, Scott, Simon, A. C. Taschereau, P. E. Taschereau, Tessier, Toomy, Trudel, Turgeon, Valois, Vanfelson, Viger.

MM. Anderson, Baker, Berthelet Caldwell, Casgrain, Cuvillier, Davis, Duval, Goodhue, Gugy, Hoyle, Knowlton, Languedoc, Le Bouthillier, Lemay, Neiïlson, Power, Quesnel, Stuart, Taylor,

. Wood, Wright, Wurtele, Young.

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membres, jointe au manque de restriction à l'éligibilité, du côté de la propriété foncière et de l’âge, avaient beaucoup augmenté, depuis quelques années, le nombre de ces voteurs systèmatiques, et de ceux aussi auxquels on n'a peut-être à reprocher que de s'être lancés prématurément dans la carrière de la politique.

Los procédés et les débats offrent des indices nom-

breux que plusieurs de ces derniers étaient entrés dans la chambre avec des intentions droites, des idées saines de convenance et d'équité, malgré l'effet préalable de la licence de la presse, mais l'onthousiasme, la soif même de la justice, jointe à l'efforvescence de la jeunesse, ne les rendirent que plus sujets à être exaltés et comme électrisés par des harangues passionnées et inflammatoires; pour eux M. Papineau n'était pas seulement l’orateur ou le président de la chambre, mais encore un oracle infaillible.

Ces procédés, dont le gouverneur aurait pu rire, s'il n'eût été un homme grave, et voulant. la tranquillité et le bonheur du peuple canadien, n’empêchèrent pas son Excellence de communiquer encore officiellement avec la chambre d’assemblée ; cette chambre put, à l'instance de son orateur, tenter de flétrir par bill trois honorables citoyens ;* M. Papineau put dire, entre mille autres choses curieuses, que les subsides étaient refusés pour paralyser un gouvernement devenu onéreux, et inculper, on réprimander, tantôt un membre, tantôt un autre, et M. Stuart s’indigner de cet étrange comportement,

* L'hon, G. Moffatt, Jules Quesnel, écr., et le capitaine Piper, Commissaires pour l’amélioration du hâvre de Montréal,

t “Je suis on ne peut plus surpris du langage de l’orateur de cette chambre, je n’imagine pas quelle leçon nous avons à recevoir de lui plus que de qui que ce soit. Il s’est érigé en un pédagogue impérieux, qui donne la réprimande à ses jeunes écoliers trop tardifs

Pendant que le tonnerre de la tempête excitée par la considération de l'état de la province semblait me. nacer tout le monde, un autre oragè tombait sur les têtes de deux particuliers, M. James Baxter, membre de l’assemblée pour le comté de Stanstend, ayant été appelé au conseil législatif, il fallut lui donner un remplaçant. Il y eût deux candidats, M. W. CHaw- BERLIN, Constitutionnel, ou conservateur, et M. Marcus Cup, révolutionnaire, ou radical. M. Ritchie, l’officier-rapporteur, ayant accepté, d’abord, comme votans tous ceux qui se présentaient, M. Child parut avoir le plus grand nombte de votes quelconques; mais après examen ou recherches, il se trouva que M. Chamborlin avait le plus grand nombre de votes légaux; vuo grande partie de ceux qui avaient voté pour M. Child n'étant que des squatters, ou gens établis sans titres sur les terres de la couronne. M. Ritchie ne sachant lequel des deux candidats il devait rapporter comme élu, s’adressa au gouverneur, pour avoir une opinion légale, d’après laquelle il pût se règler. Le procureurgénéral étant absent, le gouverneur renvoya l'affaire

à M. R. A. HAMEL, avocat-général. L'avis de M. Hamel fut que l’officier-rapporteur aurait dû déclarer élu celui qui avait eu le plus grand nombre de votes légaux, et en conséquence, M. Chamberlin prit son siége comme membre ; et M. Child de s'adresser à la chambre pour que la déclaration de l’officier-rapporteur soit désavouée, et M. Chamberlin, pour qu'elle soit confirmée, Les pétitions sont référées au comité

à arriver en classe. Le ton, le langage, l'expression, le geste, la figure, tout dans l’orateur est offensant et injurieux pour les membres. De quel droit se porte-t-il pour notre maître? L'indépendance de chacun des membres n'est-elle pas pleine et entière ? Comment se fait-il que le gardien de nos règles et du décorum dans cette chambre, y manque si souvent ? ”’

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Co rapport, déjà assez offensant pour le gouverneur, lui attira, de la part de M. Papineau les injures les plus vulgaires, dans le débat qui s’en suivit,f et à M. Hamel, ainsi qu’à M. Ritchie, une sévère, sinon grave admonition. Vainement M. Gugy soutient-il en chambre que les procédés de l'officier-rapporteur ont été conformes à la loi, et que l'avis de l'avocat-général doit être regardé comme aussi bon que celui qu'aurait pu donner un avocat de Montréal, ou des Trois-Rivières, la majorité pense, ou veut juger autrement, etsur

* MM. Bourdages, Lafontaine et Rodier. t M. Stuart.

+ “L’officier-rapporteur s'adresse au gouverneur, qu'il regarde comme très habile. 11 demande à cet honnête soldat ce qu'il doit faire. Il aurait dû consulter d’autres personnes, sans partialité. Jamaison ne vitun exemple d'une si grossière ignorance. Le gouverneur & compromis l’officier-rapporteur, sa conduite prouve qu’il est entièrement ignorant de la constitution an laise, et il se précipite d’écarts en écarts. Il écrit à un avocat-général de sa création, qui lui donne un chef-d'œuvre d'ignorance. Au lieu de dire au gouverneur que l'intervention de l’Æxéeutif dans les élections est intolérable et doit être regardée comme odieuse, l'avocat-général Ôse assumer une autorité qui n'appartient qu'à la chambre... Ce trio a donné une preuve complète de son ignorance...

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