‹ Histoire du Canada et des Canadiens sous la domination anglaise [microforme]Chapitre 43 sur 72 · D ET · texte numérisé non relu

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un comité pour rédiger et faire circuler une adresse aux électeurs, au soution dés candidats approuvés par elle, etc.

Les propositions de refuser les subsides, si le gouvernement n’abandonnait pas à l’assemblée le contrôle absolu des revenus ; de rendre le conseil exécutif responsable de ses actes aux représentans du peuple, ct de faire du conseil législatif un corps électif, devinrent résolutions aussi facilement que “autres, plus ou

moins raisonnables ou déraisonnables, l’une Cesquelles fût :

‘ Que les remercimens sincères et unanimes de la convention soient communiqués à L, J. Papineau, écuyer, etc., à Louis Bourdages, écuyer, et aux honorables membres avec lesquels il ont agi dans l’assemblée, aussi à l'honorable D. B. Viger, membre äu couseil législatif, et aux honorables membres avec lesquels il à agi dans cette chambre, pour leurs efforts prudents,* zélés et patriotiques dans la cause de la réforme, contre un système colonial vicieux, regardé comme insupportable dans les colonies de l'Amérique du Nord.”

Jusque-là, pourtant, l'agitation factieuse et révolutionnaire n'était encore que dans l’expectative; mais les trois branches de la législature venaient de passer imprudemment un acte d’incorporation qui donnait au peuple de Toronto beaucoup plus de pouvoirs qu'il

* On aurait pu parier que ces résolutionnaires parlaient ironiquement, ou qu’ils ignoraient la signification des termes qu'ils employaient. =.

Ÿ Cette résolution doit être grossoyée sur du papier velin, signée par le président et le secrétaire, et il en sera présenté une copie à ces trois messieurs, placée dans un beau cadre doré.—La Minerve,

n’en aurait

élections se tranquillité une majorit zie pour le: dignité nou quillisa un ni Moins Va et protecter d'autres terr jétir son aut résister à la son Advocat loyale,f et & de réformiste non une rév Le conseil condé par M a été publié exprimant |

* “Nous av donne au conse point nos cort parti populaire pourra dire aux

1 “Sa Seigne de sa faction, e le sens commu secrètes, à cet conspirateurs se l'agitation, et :

Canada de ce q de la métropole kenzie..…..ont le dise à leur ho leur horreur des

. Si une sépar vidus d’entre no qu'un vœu de c mistes du Haut-

n'en aurait dù possédor, dans les circonstances.* Los élections se firent dans un sens si préjudiciable à la tranquillité et à la dignité de la ville, qu'il se trouva une majorité de conseillers pour élire le sieur Mackenzie pour leur chef, sous le nom de maire. Si cette dignité nouvelle et, sans doute inattendue, le tranquillisa un peu, elle ne le rendit ni moins indiscret ni moins Vaniteux, Il venait de recevoir de son ami et protecteur, Joseph Hume, une lettre qui, dans d’autres temps, ou d’autres circonstances, eût pu assujévir son auteur à une poursuite criminelle. Il ne put résister à la tentation de la publier, et ello parut dans son Advocate, au grand scandale de toute la population loyale,f et au grand regret de ceux qui, sous le nom de réformistes, ne voulaient que la réforme des abus, et non une révolution.f

Le conseil de ville s’assembla, et M, GURNETT, secondé par M. Dennison, fit motiun : ‘ Qu’attendu qu'il a été publié une certaine lettre signée Joseph Hume,

exprimant l'opinion qu’une crise approche rapide-

a * “Nous avons lu avec attention cet acte d’incorporation, il donne au conseil.ce ville de Toronto une foule de pouvoirs que n'ont point nos corporations... Si, comme On x raison de le croire, le parti DORA s'empare des pouvoirs accordés par cet acte, on i be vos non vobis—L,a Minerve.

1 “ Sa Seigneurie, le maire, ayant pleinement exposé les desseins de sa faction, en publiant les parties de la lettre de M. Hume que

conspirateurs se trouvent dépouillés de tout prétexte couvert pour l'agitation, et avouent ouvertement leur intention de délivrer le Canada de ce qu'il leur plaît d'appeler la pernicieuse domination

+ Si une séparation est le désir de M. qme ou de quelques indi-

ume et cesindividus qu'un vœu de cette sorte n'existe point dans les esprits des refor-

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ment dans les affairos du Canada, et qu'elle se terrni. nera par l'indépendance et la liberté de ce pays, qui secouera la pernicieuse domination de la métropole, il soit résolu, etc., de désavouer, de la manière la plus décidée, les sontimens exprimés dans la susdite let tre,”’ etc.

Le Dr. Morrison, secondé par M. LESLIE, fit motion en amendement, ‘ que cette proposition soit entièrement mise de côté, et qu'il lui en soit substitué uno autre, portant (en substance) ‘ que des interprétations forcées et blâmables ont été données à la lettre de M. Hume,” etc.

L'amendoment fût adopté à la majorité de 12 contre 6, mais les membres de la minorité, appuyés des principaux citoyens, n’en demeurèrent pas là; ils s’assemblèrent, et rédigèrent une adresse au roi, condamnant les démarches du maire et de la majorité du conseil de ville, et désavouant toute participation à leurs résolutions.*

Les adresses de notre chambre d'assemblée au roi et aux deux chambres du parlement britannique arrivèrent durant la session, et le 15 avril, on voit un jeune avocat, à peine connu dans ce pays, ou du moins, dont On n’avait pas encore fait sonner le nom aux oreilles du peuple, M. John Arthur RoEBuoK, faire motion, dans la chambre des communes, ‘“ qu’il soit nommé un comité spécial, pour s'enquérir de l’état politique du Canada.” Qui avait induit ce jeune membre à se charger d’une tâche si au-dessus de .ses forces, c’est ce qu'on ne tarda pas à deviner. Il paraît qu'il lui avait été remis une cepie des 92 résolutions, qu'il les

* Telle était, dit-on, l’indignation publique, qu'en moins de six

heures de temps, l’adresse fut signé par les deux-tiers de la population mâle et adulte de Toronto.

avait étudie il débuta que les deu.

approchant da en parti état de révol mis à la pla blée, et qui aussi insen:

étourderie o ou l’express peur à l’Ans recours à l’ que l’auteur pole une trè M. J. A. Roe ne lui donn:

répond au p par l’indiscré foi, ou une sy multiplie d'exciter par idées absurde particuliers, population ; mises sous les Le discours mais non ce « rassi. Sans & gations ; sans pations, l’hon l'exposé de ce Canada, et de

avait étudiées, et qu'il en avait compris la teneur; car, il débuta par dire: “ Je m'efforcerai de prouver que les deux provinces sont actuellement dans un état approchant d'une rebellion ouverte, et que le Bas-Canada en particulier est, dans toute la force du terme, en état de révolution.” Ce début, où le Bas-Canada était mis À la place de la majorité de la chambre d’assemblée, et qui faisait de tous les Canadiens des hommes aussi insensés que coupables, était, ou l'effet d’une étourderie ou d’un manque de jugement inconcovable, ou l’expression commandée de l’idée folle de faire peur à l’Angléterre par des menaces de révolte et de recours à l'étranger, avec cette différence pourtant, que l'auteur des 92 résolutions accordait-à la métropole une trève ou un sursis ds vingt ans, au lieu que M. J. A. Roebuck l’attaquait comme à l’improviste, et ne lui donnait point de répit. La suite du discours répond au préambule, et est également remarquable par l'indiscrétion, le manque de jugement, la mauvaise foi, ou une puérile crédulité. Les contradictions

sy multiplient; les faits y sont dénaturés au point

d'exciter parfois le rire, et parfois l'indignation : les

idées absurdes, les vœux coupables d’un ou de quelques

particuliers, y sont attribués à la masse entière de la

population ; enfin, ce sont les 92 résolutions empirées

mises sous les yeux de la chambre des communes,

Le discours do M. Stanley fût ce qu'il devait être, mais non ce qu’il aurait pu être, en sortant du sang rassi. Sans suivre M. Roebuck dans toutes ses diva. gations ; sans s'arrêter même à toutes ses folles inculpations, l’honorable secrétaire se contente de donner l'exposé de ce que le gouvernement a fait, à l'égard du Canada, et de ce qui s'était passé dans cetto colonie,

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réfutant on même temps, les plus saillantes assortions de son téméraire antagoniste. ‘Il n’y a plus qu'une question, ditil, en finissant, à laquelle jo demande l'attention de la chambre : l'acte de 1831 a mis sous le contrôle de l’assemblée certains revenus, sous la ga. rantie que la chambre octroierait permanemment des sommes pour le paiement des juges, ete. L'infraction de cette condition me force à recourir à la chambre, pour retirer les juges, etc., de la dépendance où les placent les votes annuels d’un corps populaire..…...Je ne demande que la suspension de l'acte de 1831, pour faire revivre l'acte de la 14e Goo. III, en attendant que la liste civile soit octroyée : aussitôt cela fait, les revenus de ce dernier acte retomberont sous le contrôle de la législature provinciale. L'état do la province n’est pas un état de rebollion, mais celui d’une révolte, ou d’une guerre de mots d'une partie de la chambre d'assemblée, et il exige que nous venions à l’aide de la justice contre le ton virulent de cette chambre. Je ne m’arrêterai pas à la violence des résolutions, non plus qu'aux complimens qu’elles font à d’honorables membres, qui, sans doute, seront fiers de cette confiance. Je ne m'arrêterai pas à l'invitation de correspondre avec les autres colonies, et de se réunir en convention, ni à l& profession d’attachement aux institutions britanniques, suivie du désir d’adopter celles des Etats-Unis. Je ne m’arrêterai pas non plus à d’autres parties des résolutions, que je ne veux pas signaler, de peur de perdre mon sang-froid.”

M. Roebuek veut répliquer, et il parle encore aussi erronément, aussi illusoirement que dans son discours principal. “Les juges, dit-il, sont encore dépendants de la couronne : le gouvernement »’a donc pas rempli

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sa promesse, Lo conseil législatif, dit-il oncore, en copiant M. Papineau, est précisément ce qu'il était, avant qu'on prétondit y faire des changemens,”

M. Roebuck ayant retiré Ja motion, le ministre proposa qu'il fût nommé “un comité spécial pour s'enquérir et rapporter à cotte chambre Jusqu'à quel point ln griefs dont se plaignaient, en 1828, certains habitaus du Bas-Canada, ont été redressés, ot jusqu'à quel point les recommandations du comité do cette chambre qui s'en est occupé, ont été suivies, et pour s'enquérir de certains autres griefs, qui n'avaient pas été soumis à la considération de cette chambre, et qui sont maintenant détaillés dans les résolutions adoptées par la chambre d'assemblée du Bas-Canada, dans la dernière session, ot faire rapport de son opinion suy ceux à la chambre.”

“Les noms que j'ai choisis pour former ce comité, ijoute le ministre, sont ceux dos me: sieurs, maintenant membres de cette chambre, qui étaient membres du comité de 1828.

Il aurait sûrement dépendu de M. Stanley de faire traiter d’une toute autre manière les 92 résolutions de rotre chambre, et elles ne durent qu’à sa grande libéralité l'honneur d’être prises en considération,

Le comité spécial fit, le 3 juillet, le rapport suivant :

“Votre comité a examiné mürement les sujets qui lui ont été soumis, relativement aux affaires du Canada, Il a interrogé plusieurs témoins sur ces questions. Il a considéré attentivement les dépêches et les notes qui ont été échangées entre le bureau colonial et le Scuverneur de ia province, depuis 1828, correspondance qui lui a été communiquée sans réserve quelconque,

“ Votre comité a cru de son devoir de déclarer com. me son opinion que 4 plus vive anxiété a existé, de la part du gouvernement de la mère-patrie de mettre à exécu. tion les suggestions du comité spécial de 1828, et que s': efforts pour atteindre ce but ont été constants, et qu'il a été guidé, dans tous les cas, par le désir d'avancer les intérits de la colonie, et votre comité a remarqué avec beaucoup de satisfaction, que quant à plusieurs objets impor. tants, ces efforts ont réussi. C’est, néanmoins, avec un profond regret que votre comité a vu que, dans d’autres, ces efforts n’ont pas été accompagnés du suc ès auquel on aurait pu s’attondre, des aigreurs et des animosités s'étant malheureusement élévées, et des différens continuant à prévaloir entre les branches de la législature coloniale, ainsi qu’entre la chambre das semblée et le gouvernement de sa Majesté. Ces mai. heureuses difficultés paraissent, à votre comité, n'êtr pas moins propres à paralyser les progrès des amélicrations dans une de nos plus importantes possessions coloniales qu’à affecter, d’une manière trop préjudiciable, l'intérêt de l'empire britannique.

“Votre comité pense qu’il remplira mieux son devoir en s’abstenant de se prononcer sur les difficultés qui continuent à exister; il lui a semblé qu’il y a eu, de part et d'autre, des malentendus, et lorsque votre comité considère l'importance extréme qu’il y a qu'un ajustement parfait de ces différens ait lieu, il exprime son ardent espoir que, quand/ces malentendus auront disparu, la plupart des difficultés actuelles n’existeront

. plus, ou seront arrangées à l’amiable.

‘Votre comité est ainsi induit à adopter cetto dé. marche dans la persuasion où il est qu'il conviendra mieux d'abandonner les mesures pratiques pour le

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“ Votre comité est d'opinion qu'il ne serait pas expédient de demander à être autorisé à mettre devant la chambre les témoignages qu’il a obtenus, ou les documens qui lui ont été “ soumis. ”"*

Ce rapport déclare mal fondées les accusations de notre chambre d’assemblée contre le gouvernement de la métropole, et conséquemment, contre celui de Îa colonie, mais quant au res{o, il se composait, en grande partie de phrases oiseuses ou à peu près insignifiantes, en conséquence, sans doute, du nombre disproportionné de membres radicaux que M. Stanley avait fait entrer dans son comité, et de ce que ce ministre don-

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