Administration de M. de Courcelles.— M. de
Courcelles, homme actif, prudent et expérimenté, prit assez d'ascendant sur les Iroquois pour leur faire respecter le traité de paix signé en 1666, ce qui permit à la colonie de prendre un développement considérable. Malheureusement, à des talents réels et à un mérite reconnu, ae Courcelles joignait ces petites susceptibilités de caractère qui entravent la tâche de ceux qui doivent travailler de concert à une même œuvre. Talon fut sacrifié et remplacé par M. de Bouteroue, digne à tous égards de lui succéder (1668). Toutefois la disgrâce de Talon ne dura pas. Eu 1670, à la grande satisfaction de toute la population, il revenait au Canada avec 700 immigrants, des soldats et des pères Kécollets'. MM. de Courcelles et de Talon retournèrent en France, en 1672.
99. De Frontenac, gouverneur. — Le comte de Frontenac, lieutenant-général des armées du roi, vint, en qualité de gouverneur, remplacer de Courcelles (1672. " C'était, dit Saint-Simon, un homme fort du monde et parfaitement ruiné. Esprit vif, pénétrant, ferme, fécond
1 Ces religieux n'étaient pas revenus au Canada depuis la prise de Québec (1629).
et fort cultivé, mais fier, impérieux, jaloux, susceptible de prévention et capable de tout sacrifier à ses haines personnelles."
100. Fondation de Cataracoui. — Afin de maintenir les Iroquois dans le i^espect et de favoriser le commerce, de Courcelles, après la conquête des pays de l'Ouest,' avait résolu de construire un fort à l'entrée du lac Ontario ; mais son rappel l'en empêcha. De Frontenac exécuta le projet (1672) et donna son nom à ce fort, situé sur l'em» placement actuel de la ville de Kingston.
Le père Marquette chez les Illinois
101. Découverte du Mississipi— Ce fut sous le gouvernement de M. de Frontenac que le père Marquette et Louis Jolliet eurent l'honneur d'arborer la croix et le drapeau franc lis pur les rives du Mississipi, que les sauvages appelaient Meschacébé ou Père des eaux.
Ces deux intrépides voy^tgeurs partirent de MichilllvnakinaG (17 mai 1673). Après avoir pénétré jusqu'au fond de la haie des Puanis (Green Bay), ils s'engagèrent dans la rivière des Outagartiis, puis dans le Wlsconsiyi qui les conduisit au Mississipi, qu'ils descendirent jusqu'à \Arhansas. La végétation h'.xuriante qu'ils remarquèrent de tous côtés, annonçait la fertilité du pays. Après avoir fait plus de 350 lieues, et s'être assurés que le Mississipi se décharge dans le golft du Mexique, ils rebroussèrent chemin. Le père Marquette se fixa dans l'Ouest, chez les Illinois. Joliet revint à Québec, après avoir failli se noyer au saut Saint-Louis, où il perdit la relation détaillée de son voyage.
102. Cavelier de la Solle.— Robert Cavelier de la Salle, jenne Français énergique et entreprenant, continua les découvertes commencées par le père Marquette et Joliet. Ayant obtenu la seigneurie et le fort Cataracoui (1677), il fit construire le Griffon, petit vaisseau de 60 tonneaux, qu'il lança sur le lac Erié au bruit du canon et au chant du Te Deum. Après avoir voyagé sur les lacs Erié et Huron, il alla jeter l'ancre à la baie des Puants, d'où il renvoya le Griffon à Niagara, chargé de pelleteries. De la baie des Puants, il se rendit à la rivière Saint- Joseph, y érigea le fort Miamis, et pénétra dans le Kankakée, qui les conduisit au pays des Illinois, où il fit construire le fort Crève-Cœur (1680)^. Malgré l'abattement de ses gens, de la Salle put les amener à construire une barque pour retourner à Cataracoui.
Les revers qu'il éprouva ne le découragèrent pas ; il recommença son expédition avec une vingtaine d'hommes, et descendit le Mississipi jusqu'à l'embouchure (1682).
1 Nom significatif qui dénote l'abattement des gêna de la SaUe>
Découverte du Mississipi et fondation de la Louisiane
90 progrI;s. — trente ans de guerre
Une croix décorée des armes de France fut plantée sur ces rives, et cet immense territoire reçut le nom de Louisiane, en l'honneur de Louis XIV. De la Salle se rendit ensuite à Québec et partit pour la France (1683).
103. Rappel de Frontenac— Le caractère fougueux du comte de Frontenac le porta à des actes do violence vraiment regrettables envers M. Perrot, gouverneur de Montréal, et M. l'abbé de Salignac Fénelon, qu'il fit tous deux emprisonner sous de futiles prétextes. Il se brouilla aussi avec l'intendant Duchesneau et les principaux conseillers. Afin de mettre un terme à toutes ces difficultés qui entravaient le bien de la colonie, le roi rappela le comte de Frontenac (1682).
Questionnaire. — 1. Quels étaient/ les membres du conseil souverain ? — 2. Quellp fut la cause des dissensions entre M. de Mésy et Mgr de Laval 7 — 3. Que savez-vous du marquis de Tracy? — 4. Quels forts de Tracy fit- il construire ?— 5. Racontez l'expédition contre les Agniers . — 6. Sous quels rapports Talon fit-il progresser la colonie ? — 7. Parlez des aventuriers de l'Ouest. — 8. Comment M. deCourcellea entra va-t-il son administration ?— 9. Que dit Saint-Simon du comte de Frontenac? — 10. Qui a découvert le Mississipi? — 11. Parlez de la Louisiane . — 12. Pourquoi Frontenac fut-il rappelé ?
Devoirs. — 1. Parlez des progrès de la colonie sous l'intendant Talon . — 2. Racontez les voyages de découvertes de Louis Joliet, du père Marquette et de Cavelier de la Salle.
DOUZIEME LEÇON Guerre avec la. Confédêratiom iroquoise
RÉSUME
104. M. de la Barre, gouverneur.— Monsieur de la Barre, vieillard octogénaire et infirme, succéda au comte de Frontenac (1682).
PROGRES.— TRENTE ANS DE GUHRRH Ôi