‹ Histoire du Canada (volume 2)Chapitre 29 sur 95 · QUATORZIEME LEÇON · texte numérisé non relu

QUATORZIEME LEÇON

Bravoure et héroïsme des Canadiens

RÉSUMÉ

119. I^'héroïne de Verchères. — Madeleine de Vere/ières,ù.gée de quatorze ans, tint pendant huit jours les Iroquois à distance du/o?'f de Verchères et dans les environs (1692).

120. Combat d'Iberville dans le 'SS.B.ine..—D' Iberville se rendit au fort Peinquid, qu'il détruisit (1696), malgré la résistance de Chubb.

121. Dans Terre-Neuve.— De Pemquid le héros canadien se porta sur Saint-Jean de Terre-Neuve, qu'il emporta d'emblée (1696).

122. Combat Naval.— Après ses succès à Terre-Neuve, d'Iberville alla à la baie d'Hudson reconquérir le fort Nelson (1697). Aj^ant aperçu trois vaisseaux anglais à l'entrée delabaie,il les poursuivit et s'en empara.

123. expédition contre les Iroquois.— De Frontenac avec une armée de 2000 hommes, fit une expédition heureuse (1696) contre les Onnontagtiés et les Onneyouts.

124. Paix de Ryswick.— Le traité de Ryswich (1697) mit trêve aux hostilités.

125. Mort de Frontenac— Le comte de Frontenac décédé à Québec (1698) dans sa 78^ année, conserva jusqu'à la fin la fermeté et la vivacité d'esprit de ses plus belles années.

DEVELOPPEMENT

119. L'Hérome de Verchères. — Pendant l'automne de 1692, les Iroquois se répandirent par petites bandes à Verchères et dans les environs, pour lever des chevelures et ravager les campagnes. Un jour le fort n'était pas gardé -y seuls Mdle Madeleine de Verchères, âgée de quatorze

1 M. de Verchères était à Québec, les cultivateurs travaillaient aux champsi et les soldats faisaient la chasse.

ans, ses deux jeunes frères, des vieillards, des femmes et des enfants se trouvaient au village. Madeleine, s'étant rendue au bord du fleuve pour donner des ordres à deux domestiques, entendit à quelque distance des coups de fusils trahissant la présence d'une quarantaine Iroquois qui se dirigeaient sur elle. Dans une course rapide, elle s'élance vers le fort ; les Iroquois font feu, et quarante balles sifflent à ses oreilles sans cependant l'atteindre. Madeleine se précipite dans le fort, en referme la porte, pénètre dans la redoute, distribue des armes et des munitions à ceux qui peuvent s'en servir, puis, par un coup de canon et une décharge de mousqueterie, tient l'ennemi à distance et avertit les moissonneurs et les soldats occupés à faire la chasse du danger qui les menace. Le fusil au bras et un chapeau d'homme crânement posé sur la tête, Madeleine paraît ensuite sur les remparts, pour y faire l'ofîlce de sentinelle. Les Iroquois, croyant le fort bien gardé, n'osèrent approcher pendant le jour. Connaissant leur ruse, Madeleine passa la nuit à épier leurs mouvements. Les ravages que ces farouches ennemis exercèrent dans les environs et les cris frénétiques de leur joie féroce n'effrayèrent point son courage. "Enfin, le jour parut, dit la jeune héroïne dans son mémoire, et le soleil, en dispersant les ténèbres de la nuit, sembla dissiper aussi notre chagrin et le danger qui

ilelle de Verchères.

110U3 menaçait." Une semaine entière s'était écoulée lorsque le lieutenant de La Monerie et quarante soldats, envoyés de Montréal par M. de Callières, arrivèrent pour porter secours à celle dont la valeur, selon l'expression du poète, n'avait pas attendu le nombre des années. La bravoure de notre héroïne ne doit pas nous étonner, on peut dire que c'était un héritage de famille. En effet, deux ans auparavant, Mme de Verchères avait aussi défendr pendant deux jours le même fort, que Parkman appelle le Château dangereux du Canada.

120. Campagne d'Iberville : dans le Maine. — Le commerce des pelleteries faisait convoiter et aux Français et aux Anglais la possession des régions glacées de la nner

''Boston

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