‹ Histoire du Canada (volume 2)Chapitre 30 sur 95 · CAMPAGNES D'IBERVILLE · texte numérisé non relu

CAMPAGNES D'IBERVILLE

d'Hudson. D'Iberville, qui avait déjà soutenu l'honneur du drapeau français dans ces contrées (1686-1694), exposait au ministre des colonies (1696) qu'en laissant les Anglais envahir Terre- Neuve, d'où ils retiraient de si grands

profits de pêche, on fermait à la France l'entrée du Canada. Il ajoutait : '"Le véritable moyen d'empêcher les Canadiens de courir les bois, c'est de les pousser à la pêche et au commerce." Louis XIV chargea le héros canadien de raser le fort Pemquid, de ruiner les établissements a?iglais à Terre-Neuve et de se rendre ensuite à la baie d'Hudson pour reprendre le fort Bourbon.

En arrivant en Acadie avec ses deux vaisseaux, dlberville apprend que trois navires anglais croisent à la rivière Saint- Jean ; il se porte à leur rencontre, s'empare du premier et force les deux autres à prendre la fuite.

Après s'être arrêté à Pentagouet, pour radouber ses vaisseaux, il se dirigea sur Pemquid; Chubb, commandant de ce fort, se rendit après avoir opposé une faible résistance. Le fort fut détruit et les 92 hommes de sa garnison envoyés à Boston.

Après cet exploit, d'Iberville échappa à la poursuite de sept vaisseaux anglais, en serrant la côte, dont les abords aux rochers escarpés effrayèrent l'ennemi.

121. Dans Terre-Neuve.— Du fort de Pemquid, d'Iberville se rendit à Terre-Neuve (1696). M. de Brouillan, gouverneur de Plaisance, et qui, à cet endroit, avait fait épouver un échec aux Anglais (1692), vint unir ses forces aux siennes. Saint-Jean fut emporté d'emblée. L'acte de capitulation signé, de Brouillan retourna à Plaisance.

D'Iberville, l'idole de son bataillon de 124 Canadiens, explora l'île en tous sens, rasa tous les établissements anglais, tua 200 personnes et fit 700 prisonniers. Cependant, pon petit nombre d'hommes ne lui permit pas d'attaquer Bona Vista et l'île Carbonnière, postes fortifiés dans lesquels s'était réfugiée la garnison anglaise.

122. Combat naval. — Après les brillantes campagnes de Terre-Neuve, d'Iberville revint à Plaisance, où il trouva son frère Sérigny qui venait d'arriver de France avec trois vaisseaux et un brigantin (1697). Ce fut sur cette petite flotte que d'Iberville s'embarqua pour aller reconquérir le fort Bourbon ou Nelson, à la baie d'Hudson. A l'entrée de la baie, les glaces écrasèrent le brigantin et bloquèrent les trois autres vaisseaux pendant près d'un mois. La mer devenue libre, d'Iberville, monté sur le Pélican, vaisseau de 46 canons, pris la route du fort Nelson. Le lendemain matin (5 septembre), apercevant trois navires anglais, l'un de 52 canons et les autres de 32, il les attaqua afin de les empêcher de secourir le fort. Le feu dura de neuf heures à midi. D'Iberville, voyant que les forces sont inégales — ses deux autres vaisseaux ne l'ayant pas encore rejoint— résout d'en finir ; il pointe tous ses canons à couler bas, aborde vergue à vergue le plus gros navire anglais, lui envoie sa bordée et le fait sombrer ; il en poursuit ensuite un deuxième, qui amène pavillon ; le troisième, qui avait pris le large à toutes voiles, lui échappe. Quelques jours après, le héros canadien couronnait ce glorieux exploit en s'emparant du fort Nelson : cette dernière victoire rendait la baie d'Hudson à la France.

123. Expédition contre les Iroquois.— Depuis le massacre de Lachine (1689), l'audace des Iroquois allait toujours croissant. Se tenant en embuscade sur la lisière des bois, dans les champs, autour des habitations, ces farouches ennemis dévastaient tout sur leur passage, levaient des chevelures et faisaient des prisonniers, qu'ils amenaient dans leurs cantons, pour mieux savourer le plaisir atroce de les torturer. D'impérieuses circonstances avaient toujours empêché Frontenac de leur donner la crainte des armes françaises. Enfin, il jugea le moment

venu, leva une armée de 2000 hommes, et se rendit dans les cantons de ces barbares que soutenaient les Anglais (1696). Ayant appris l'arrivée des Français, les Onnontagués mirent le feu à leurs cabanes et s'ensevelirent dans les bois. Les Onneyouts, effrayés, demandèrent la paix, qu'ils obtinrent en donnant en otage cinq de leurs principaux chefs. Les bourgades des Onnontagués et des Goyogouins furent réduites en cendres, et leurs champs de maïs dévastés. Frontenac retourna à Montréal, sans attaquer les Aguiers, auxquels s'étaient unis les Anglais.

La campagne de Frontenac fortifia l'alliance des Français avec les tribus de l'Ouest, et détacha les Iroquois de la Nouvelle-Angleterre, sur l'appui de laquelle ils n'osaient plus compter.

126. Paix de Ryswick.— Le traité de Ryswick, signé en 1697, mit une trêve aux hostilités, assura à la France le territoire de la baie d'Hudson, et rendit à l'Angleterre ses possessions du golfe.

127. Mort de Frontenac— Le comte de Frontenac mourut le 28 novembre 1G98. "Il était, dit Charlevoix, dans sa soixante-dix-huitième année; mais, dans un corps aussi sain qu'il est possible de l'avoir à cet âge, il conservait toute la fermeté et toute la vivacité d'esprit de ses plus belles années. Il est mort comme il avait vécu, chéri de plusieurs, estimé de tous, et avec la gloire d'avoir, sans presque aucun secours de France, soutenu et augmenté même une colonie ouverte et attaquée de toutes parts, et qu'il avait trouvée sur le penchant de sa ruine."

Questionnaire. — l. Que savez-vous de l'héroine de Verchères? — 2. Parlez des exploits d'IberviUe à Terre-Xeuve . — 3. Quel combat naval livra-t-il en se dirigeant vers le fort Xelson ? — 4. Parlez de l'exx»édition de Frontenac contre les Iroquois . — 5. Quel fut le résultat de

l;v piiix de Ryswick ? — 6. Que dit Charlevoix en parlant de la mort de Frontenac?

Devoirs.— Parlez de Théroïne de Veichères. — 2. Racontez les campagnes d'Iberville dans le Maine et dans Terre-Neuve.

fSon

arrivée.

{Construction du fort Cataracoui, Découverte du Mississipi, Voyagps d'exploration de M. de la

Ses dissensions

Salle.

avec le gouverneur de Montréal, avec l'abbé de Fénelon, avec l'intendant et les principaux conseillers.

Son rappel.

Etat de la colonie à son retour.

Triple corps expédi-f^°";^^£''r^^'*' „ ,, tionnaire dirigé 1 <=°" •■" Salmon-Falls. =" (^ contre Casco.

1ère invasion. /Conquête de l'A cadie, 1 ■ ■ •{ oiege de Uuebec,

anglo-amencaine. \ ^^f^^^^^ ^^ j^^-^^.^^

2e invasion. | S^"^^^* ^« Laprairie.

\ Reprise de Port-Iioyal.

l'a la baie d'Hudson,

Campagnes d'Iberville \ iJ^"^ ^t^^Tr v

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v.à la baie d'Hudsuu.

Guerre avec f Irruptions à Verchères et dans les environs, les Iroquois. \ Grande expédition de 1696.

Paix de Rvswick.

< ^^ ^ V, Sa mort ; éloge.

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