‹ Histoire du Canada (volume 2)Chapitre 68 sur 95 · Charles Bagot, gouverneur. — Le baronnet · texte numérisé non relu

Charles Bagot, gouverneur. — Le baronnet

Charles Bagot, nommé gouverneur en 1842, se montra bien disposé envers les Canadiens et nomma juge en chef M. Vallières de Saint-Réal. Il trouva la chambre divisée en deux camps : les réformistes et les tories ; les premiers voulaient l'application franche et libérale de la constitution, tandis que les seconds cherchaient plutôt à s'enrichir qu'à veiller aux véritables intérêts du peuple.

304. Ministère LaFontaine-Baldwin.— iai^o?iiaine et Baldwin^, remarquables par leurs talents et leur patriotisme, furent placés à la tête du ministère (1842). LaFontaine revendiqua les droits de la langue française en s'exprimant dans ces termes : " Quand ** même la connaissance de la LaFonuine " langue anglaise me serait

" aussi famihère que celle de la langue française, je n'en " ferais pas moins mon premier discours dans la langue de ." mes compatriotes, ne fût-ce que pour protester contre " cette cruelle injustice de l'Acte d'Union qui tend à pros- " crire ma langue maternelle."

1 Sous l'Union, le ministère comprend toujours deux chefs de partis alliés, l'un du Bas, l'autre du Haut-Cana^la, et s'énonce comme suit : Lafontaine-Boldwin, Macdonald -Cartier, etc. A tour de lôle, 1« nom du premier ministre du Haut ou du Bas-Canada figure le premier à chaque changement de cabinet.

M. Ilorin, qui joua un grand rôle dans la politique, fut aussi nommé ministre. A cette occasion le Herald écrivait : " La conduite des Canadiens français mérite tout éloge, " d'autant plus qu'elle est marquée au coin du bon sens, de " la modération et de la courtoisie, et qu'elle est digne de " l'imitation générale."

Pour prévenir la corruption dans les élections, la Chambre régla, qu'il y aurait un bureau de votation (poil) dans chaque paroisse au lieu d'un par comté, comme l'ancienne loi l'exigeait.

305. Sir Charles Metcalfe, gouverneur.— Avant de venir remplacer Bagot^ (1843), le baronnet Charles Metcalfe avait déjà gouverné autocratiquement les Antilles anglaises.

Le siège du Parlement fut transféré de Kingston à Montréal.

En vertu de nouvelles lois, la plupart des fonctionnaires publics du gouvernement n'étaient éligibles qu'à moins de résigner leurs places salariées, les juges devenaient indépendants de la Couronne, la détention pour dettes était abolie, des cours de circuit, dans une vingtaine de paroisses, remplaçaient celles de district, et le gouverneur ne pouvait plus nommer personne à une fonction publique sans consulter le conseil. Cette dernière clause, devenue lettre morte pour Metcalfe, souleva une discussion orageuse qui fit résigner tous les ministres et ferma les Chambres pendant neuf mois. Pour remplacer le ministère LaFontaine- Baldwin, qui n'avait duré que quatorze mois, Metcalfe forma le cabinet Viger-Draper, et la vénalité des nouvelles élections confirma sa politique injuste et révoltante.

1 Bagot mourut à Kingston, en 1843, et quoiqu'il n'eût été gouverneur que quinze mois, il fut vivement regretté, à cause de l'impartialité qu'il avait montiëe pendant son administration.

La session de 1844 s'occupa des municipalités, et vota des sommes assez considérables pour l'exécution de certains travaux publics et indemniser les Haut-Canadiens des pertes éprouvées pendant les troubles de 1837 et 38.

306. Lord Cathcart, gouverneur. — Metcalfe, éprouvé par un chancre qui lui dévorait la figure, passa

(en Angleterre et fut remplacé par lord Cathcart (1845-47). L'administration du nouveau gouverneur ne fut signalée que par le règlement de la liste civile, votée pour rémunérer les fonctionnaires publics de la province, l'emploi des biens des Jésuites pour le soutien des écoles catholiques et protestantes, malgré les réclamations des évêques canadiens, et l'abrogation de la clause proscrivant l'usage de la, langue française dans les Chambres. La dernière session, sous Metcalfe, amena la résignation du ministère Viger- Draper, qui fut remplacé par celui de Sherwood-Daly (1847).

307. Traité Ashburton. — Ce traité (1842), signé par Ashburton, ministre plénipotentiaire de l'Angleterre, et Webster, représentant des Etats-Unis, régla la ligne de démarcation entre le Nouveau-Brunswick et l'état du Maine, que le traité de Paris n'avait pas bien déterminé, L'Angleterre concéda alors aux Etats-Unis 7,000 milles carrés du territoire canadien.

Questionnaire. — 1. De quoi fut chargé Sydenham î— 2. Que régla la Chambie dans sa première session, sous l'Union ? — 3. Quelle fut la conduite de Bagot envers les Canadiens? — 4. Nommez les chefs du ministère, sous Bagot. — 5. Quelle question amena la fermeture de la Chambre, sous Metcalfe ? — 6. Quelle clause fut abolie, sous Cathcart ? — 7. Que régla le traité Ashburto- ^

Devoirs. — l. Parlez de la constitution de l'Acte d'Union, de son inauguration et des élections dans les deux Canadas. — 2. Que savezvous de Bagot et du ministè'-e LaFoDtaine-Baldwia?

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