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LES PREMIERS DÉCOUVREURS

bienveillance, et lui conseilla de retarder son projet, à cause de la guerre de sa patrie contre les Maures.

Les études auxquelles se livra Colomb en attendant le moment favorable pour s'adresser à la cour, ne servirent qu'à le confirmer dans ses opinions. Il ouvrit son cœur à Ferez, purifia son âme par la pénitence, savoura les charmes de la vie solitaire et revêtit même la bure.

Quoique la guerre contre les ^laures ne fût pas encore terminée, Ferez conseilla à Colomb de se rendre à Cordoue, oii se tenait la cour. Fort de l'appui du cardinal Mendozo} et de Fernand Ta^.avera^, à qui Ferez l'avait recommandé, il put avoir accès auprès de Fe dinand le Catholique et d'Isabelle.

Ferdinand, au nom de l'Aragon, son royaume héréditaire, repoussa ce projet comme rêve chimérique, tandis qu'Isabelle l'accepta dans son entier, au prix même de ses joyaux, pour la couronne de Castille.

Isabelle subordonna ses promesses à la prise de Baza, place la plus forte des ^laures. Comme pour hâter le moment marqué par la Frovidence, Colomb mit de côté le compas et le crayon pour s'armer d'une épée. Bientôt la forteresse de Baza fut emportée d'assaut, et le pavillon espagnol, flottant sur la citadelle, annonça cette fameuse victoire. Cependant, Colomb devait encore subir une nouvelle épreuve ; sa cause fut remise après la prise de Grenade. N'y tenant plus, il résolut de s'adresser à la France, mais il ne voulut pas ciuitter l'Espagne sans aller faire part de sa déception à Ferez Ce dernier le dissuada de sa résolution, prit la cause en mains et s'adressa à Isabelle, qui fit venir aussitôt Coloml) auprès d'elle, et le nomma, par lettres authenticiues, grand amiral de la mer océanique et vice-roi des îles et des continents au'il découvrirait

Premier Voyage, — -Après avoir communié avec ses homme& d'équipage, Colomb s'embarqua à Falos, port d'Andalousie, le 3 août 1492. Ses trois caravelles ou plutôt ses trois barciues : la Sania- Maria — seule pontée — -la Pinta et la Nina étaient habilement manœuvrées par les trois frères Finzon. L'équipage se composait de 120 hommes. Au lever du soleil, le vent gonflait les voiles et le célèbre navigateur, l'œil plein de feu et d'espérance, commandait le départ par

1 Pierre Gonzalés de Mfndoza, né en 1428, d'une de? plus illustres familles de l'Espagne, fut archevêque de Sâville, puis de Tolède, et chancelier de Castille et de Léon. Il rendit d'importants services à sa patrie pendant la guerre contre Grenade. La maison de Mendo' a a produit plusieurs grands hommes.

2 Frère de Ferez et confessîur del a reine Isabelle.

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