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LES PREMIERS DECOUVREURS

ces mots : "Au nom du Christ, marchons !" Dès le lendemain, les côtes avaient disparu : les marins pleuraient à la pensée qu'ils ne reverraient peut-être jamais leur pays doré. L'escadre relâcha aux îles Canaries Le 6, elle quittait ces lieux pour entreprendre un audacieux voyage dont les scènes émouvantes et les péripéties paraissent indescriptibles. Les variations du compas intriguaient les marins Les phénomènes inconnus qui se manifestaient leur firent croire que la nature dérogeait à ses lois, à mesure qu'ils exploraient ces mers mystérieuses. Arrivés à la hauteur des vents alizés, les vaisseaux furent emportés avec violence. A la vue des périls qu'exagérait la peur, l'équipage éclata en murmures. Plus de deux mois s'étaient écoulés sans qu'une ombre de terre eût encore paru ; les provisions s'épuisaient, le désespoir s'emparait des cœurs, on se croyait perdu pour jamais sur des mers sans rivages. Colomb, lui-même, commençait à douter du succès de son entreprise. On voulut le jeter à la mer. Pour rassurer ses gens, le célèbre navigateur, comme inspiré du ciel, s'écria : "Amis, je vous promets la terre dans trois jours !"

A partir de ce moment, les indices de terre se manifestèrent et calmèrent l'équipage. Deux jours après sa promesse, Colomb, vers dix heures du soir, aperçut une lumière qui s'agitait. Deux de ses compagnons, aussitôt avertis, constatèrent le fait, et le signalèrent en criant : "Terre ! Terre !" Tout l'équipage se leva promptement, et attendit le jour avec impatience.

Cette terre couverte de collines verdoyantes et d'une riante végétation se dessina avec l'aurore : c'était l'île appelée au ourd'hui Wailings, Tune des Lucayes, que Colomb appela San-Salvador (12 octobre 1492).

Dans un transport d'allégresse, la Santa-Maria entonna le Te Deum auquel les deux autres vaisseaux répondirent. Colomb, revêtu de son plus bel uniforme et tenant une épée flamboyante en main, mit pied à terre le premier ; ses compagnons le suivirent. Tous se prosternèrent sur cette terre après laquelle ils avaient tant soupiré, la baisèrent, l'arrosèrent de leurs larmes, et y plantèrent une croix pour en prendre possession au nom de Jésus-Christ et de Leurs Majestés, Ferdinand et Isabelle.

Les naturels les entourèrent avec confiance. Leur teint olivâtre et leurs attitudes bizarres frappèrent les Espagnols De leur côté, les ndigènes ne se lassaient pas d'admirer les étrangers : peau blanche,

cheveux, barbe, costumes, armes, allures, tout les frappait ; il les prirent pour des fils du Soleil. Colomb leur distribua des objets de fantaisie, qu'ils reçurent avec reconnaissance.

L'illustre navigateur découvrit successivement les îles Conception, Fernandine, Isabelle, Cuba (pays de l'or), et Haiti ou Saint-Domingue^ , qu'il nomma Hispaniola (Petite Espagne). Partout où il s'arrêta, Colomb fit arborer solennellement une croix : sur cette île fut célébrée la première messe en Amérique. La première chapelle catholique d'Haïti ut construite avec des roseaux et de la paille"'. Avec les débris de la Santa-Maria, fracassée sur les bancs d'Haïti, et moyennant l'assentiment du cacique, Colomb érigea un fort qu'il confia à trente-huit hommes de garnison, sous les ordres de Arana Diego.

Le grand capitaine songea ensuite à son retour. . La traversée fut orageuse. Entre les îles Açores et l'Espagne les vaisseaux furent assaillis par une violente tempête de six jours et de six nuits.

Voyant sa vie en danger, Colomb en fit à Dieu le sacrifice. Ne pouvant cependant se résoudre à laisser ignorer au monde le résultat de son voj^age, il écrivit sur des parchemins plusieurs courtes relations de sa découverte. Il enferma ces parchemins dans des rouleaux de cire, et les m"t dans des caisses de bois de cèdre, qu'il lança à la mer, espérant que l'immense messagère les déposerait sur quelques plages connues. Enfin le vent s'apaisa, les flots se calmèrent, et Colomb put débarquer heureusement à Palos, le 15 mars 1493. Toute la ville se porta au rivage pour recevoir celui qu'elle avait cru perdu. L'arrivée du grand navigateur à Barcelone, où se tenait la cour, fut une enthousiaste ovation. Le bruit des cloches et du canon se mêlait aux acclamations du peuple. Ferdinand et Isabelle le reçurent avec es honneurs royaux, et tinrent aussitôt à entendre le récit de son voyagb. en présence de toute la noblesse réunie.

Émues jusqu'aux larmes. Leurs Majestés s'agenouillèrent dans la salle du trône pour entonner le Te Deum, auquel l'assistance répondit avec des transports d'allégresse^.

Découverte des Petites Antilles. — Le grand navigateur, maintenu dans sa cha ge de vice-roi et d'am.iral des îles Nouvelles, quittait

1 II trouva sur cette île la pomme de terre et le tabac.

2 Mission.»! and Missionaries of California, 4 vols, par le père Zephyrin Engelhard.

3 Colomb parut devant ses souverains escorté de sauvages accoutrés à leur manière, et faisant porter devant lui, sur des plateaux, l'or et les bijoux qu'il avait recueillis

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