‹ Histoire du CanadaChapitre 2 sur 120 · II PREFACE · texte numérisé non relu

II PREFACE

disons que le front de tous les fleuves, des rivières et des lacs connus porte un nom digne de figurer dans les fastes de notre histoire nationale.

Le premier essai de colonisation est attribué à de Roberval : cette tentative échoua. Elle fut intrépidement reprise par Champlain (1608), se développa et donna, malgi-é le peu d'encouragement de la France, un vaste pays qui s'étendait depuis la baie d'Hudson jusqu'au golfe du Mexique, et de la Louisiane jusqu'aux montagnes Rocheuses. Suivent ensuite les fondations des Trois-Rivières (1634), de Ville-Marie (1642), du Détroit (1700), de Louisbourg (1706), de la Nouvelle-Orléans (1717). Partout on remarquera que le choix des sites est un acte génial.

La France, dont le peuple est éminemment agronome, troava que le meilleur moyen d'attacher le colon au sol canadien était la culture des terres. Plusieurs compagnies, spécialement fondées pour favoriser ce noble mouvement, oublièrent leurs engagements pour se livrer au commerce de fourrures : la cupidité l'emporta alors sur la loyauté. L'honneur des premiers défrichements revient à quelques particuHers. Louis Hébert, arrivé à Québec en 1617, fit produire une partie du terrain qu'occupe aujourd'hui la haute ville. Robert Giiïard, ayant obtenu la seigneurie de Beauport, vint s'établir en cet endroit magnifique avec sa famille, ses censitaires et l'abbé Le Sueur (1634). L'activité incessante de l'intendant Talon se porta, avant tout, sur la colonisaton et l'agriculture. Malheureusement, Colbert, qui ne voyait que les opérations commerciales, n'ent a pas dans les idées de celui qui voulait faire du Canada un vaste royaume. Telle avait bien été, cependant, l'intention de Richelieu, qui comprenait qu'un grand peuple doit se répandre au dehors, quand même ce ne serait que pour certains esprits, qui ont besoin de mouvement et se le procurent en cherchant de nouveaux horizons. D'ailleurs, n'a-t-on pas vu des colonies, comme la Grèce et la Gaule, devenir dans la suite prospères et prendre même plus d'extension que l'Asie Mineure et Rome qui les avaient fondées^ ? C'est aussi au point de vue agricole que Mgr de Laval ouvrit un pensionnat à Saint-Joachim (1668). Vers la fin du XVIIe siècle, les bords du Saint-Laurent, presque tous en culture, ressemblaient vra'ment à un tapis rayé de diverses couleurs.

1 D'après Gabriel Hanotaux de l'Acaclfiniie française.

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