‹ Histoire du CanadaChapitre 3 sur 120 · PREFACE III · texte numérisé non relu

PREFACE III

Les traditions de nos pères ne se sont pas perdues. Pour s'en convaincre, nous n'avons qu'à visiter les régions du Saguenaj-, du Saint-Maurice, de l'Outaouais et les immenses plaines du Nord-Ouest. Nous trouvons là le vrai type du défricheur canadien-français, entouré de nombreux enfants et fidèle à sa religion, à sa langue, et gardant l'impérissable souvenir de l'ancienne mère patrie.

Avant l'arrivée des Français au Canada, la guerre était fréquente chez les nations indigènes. Celles-ci ne se battaient pas pour agrandir leurs domaines, mais pour venger une injure, ou faire des prisonniers qui devaient remplacer ceux qu'elles avaient perdus dans quelques expéditions contre leurs ennemis. On voit souvent Champlain se joindre aux sauvages avec lesquels il s'était allié, pour aller combattre les farouches et irréductibles Iroquois. Ces derniers, par leurs incessantes incursions, mirent plusieurs fois le Canada à deux doigts de sa perte. En somme, on peut considérer l'histoire militaire de la colonie comme une longue épopée d'héroïsme et de fidélité. Qui pourrait raconter les nombreux actes de bravoure de femmes, "d'enfants et de vieillards, cachés, pour se défendre, derrière des buissons ou des broussailles qu'ils rougissaient de leur sang ? Aprèg avoir détruit la nation huronne, les Iroquois résolurent d'exterminer la colonie française. Les moyens employés furent la ruse et, sous le plus futile prétexte, l'infidélité aux traités de paix. Pour les vaincre, on verra de Tracy, Frontenac et Denonville porter la terreur dans leurs cantons et les réduire à la plus noire misère. Enfin, une paix durable est signée sous le gouverneur de Callières (1701).

Dans ces différents combats on admire des héros comme Lambert Classe et Dollard des Oi meaux ; des héroïnes comme madame de Verchères et sa fille Madeleine.

En suivant les luttes guerrières des Français contre les sauvages, on trouve qu'elles ont été plutôt défensives qu'agressives.

Le Canada eut aussi à se défendre contre les invasions anglaises du nord de l'Amérique. On dirait, à tout considérer, que l'Europe prétendait vider ses querelles intestines sur les bords du Saint-Laurent. La population des colonies anglaises était beaucoup plus forte que celle des Français du Canada ; mais la valeur des derniers l'emporta souvent sur le nombre. Mentionnons d'Iberville, le jeune Hertel, madame Drucourt et madame de la Tour comme des types dignes d'admiration.

Page 1