‹ Histoire du CanadaChapitre 78 sur 120 · CHAPITRE XVlI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVlI

Constitution fédérale.— Les provinces confédérées.— La NouveUe-Écosse.— Le Nouveau-Brunswick.— Le territoire du Nord-Ouest.— Le Manitoba.— L'Ile de \ ancouver et la Colombie-Britannique.— L'Ile-du-Prince-Édouard.— Terre-Neuve.— Les îles de la Madeleine.— Iles Saint-Pierre et Miquelon.

Constitution fédérale.— La constitution fédérale passa au parlement britannique le 29 mars 1867. Elle étabUt que le pouvoir souverain appartiendra au roi, qui nommera un gouverneur. général comme son substitut, et qu'un cabinet ou coyiseil exécutif, représentant la nation, devra aviser ce gouverneur.

La législature du Canada est formée de deux corps : le sénat et la chambre des communes. Les sénateurs sont nommés à vie par Ig gouverneur général, avec l'avis de son conseil. A l'origine, ils étaient au nombre de vingt-quatre pour chacune de^ trois divisions : Québec ^ Ontario et les provinces maritimes.

Les membres de la chambre des communes sont élus par la nation pour cinq ans. La représentation des provinces est en rapport avec la population : ceUe de Québec sert de base. Le nombre de ses représentants, invariable, est fixé à soixante-cinq.

Il y a deux sortes de législatures : provinciale et fédérale ; la première, particuUère pour chaque province, s'occupe des affaires locales ; la seconde traite les questions intéressant le Canada en général.

Chaque législature provinciale est composée d'un lieutenant gouverneur nommé par le gouvernement fédéral, d'une chambre élective appelée assemblée législative ; elle peut avoir aussi une chambre haute appelée conseil législatif. Le lieutenant-gouverneur est assisté d'un conseil exécutif responsable aux chambres.

Tpour rendre plus facile l'étude des faits sous la Confédération, nous les avons groupés comme suit: Événeirents politiques -Événements civils- Développements économiques-Evénements militaires-Instruction pubUque— Littérature et langue françaises— Evénements reUgieux.

550 LE CANADA FÉdÉRATIF

Le gouverneur général et les lieutenants-gouverneurs sont nommés pour cinq ans.

La constitution fédérale fut mise en vigueur le 1er juillet 1867. Depuis, chaque anniversaire de ce jour mémorable est célébré par une fête légale. Monck était alors gouverneur général du Canada. John- A. Macdonald , sur la demande de Monck, forma un nouveau ministère dans lequel les Canadiens français étaient représentés par Cartier, Chapais et Langevin. Les élections générales, qui eurent lieu en septembre, amenèrent les conservateurs au pouvoir. Sir Narcisse-Fortunat Belleau, fut nommé lieutenant-gouverneur de la province de Québec, et Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, premier ministre de cette province. Le premier parlement s'ouvrit à Ottawa, le 7 novembre suivant.

Le système fédératif, excellent en lui-même, se trouve au début de toutes les nations. En somme, il n'est qu'une alliance entre plusieurs petits peuples qui mettent en commun leurs intérêts généraux pour acquérir plus de force dans la défense comme dans l'attaque, en se réservant, chacun, la gouverne de leurs affaires et de leurs institutions locales et particulières.

L'expérience nous montre que l'association double, triple même la force des associés. C'est ainsi qu'on verra, sous la Confédération, le Canada, qui ne comprenait alors que le Québec, l'Ontario, !a Nouvelle-Ecosse et le Nouveau-Brunswick, se dérouler de l'Atlantique au Pacifique. En effet, l'acte des provinces confédérées prévoyait qu'un jour les immenses territoires du nord-ouest, s'étendant de la tête du lac Supérieur jusqu'aux montagnes Rocheuse», deviendraient se? domaines.

Trois grands bassins partagent ces territoires : celui de la baie d'Hudson, de 2,250,000 milles carrés ; celui du lac Winnipeg, de 400,000 milles carrés ; celui du Mackenzie, de 700,000 milles carrés.

Les vastes régions du nord-ouest, à l'aspect sauvage, s' élevant graduellement en trois steppes jusqu'au pied des montagnes Rocheuses, sont couvertes en majeure partie de fertiles prairies, qui, pendant des siècles, n'ont été foulées que par de nombreux troupeaux de bisons. Les forêts, petites et peu nombreuse.'^, se trouvent surtout dans la pittoresque et onduleuse contrée située au nord de la Saskatchewan. Une chose remarquable est surtout cette chaîne de lacs et de rivières

qui s'étend du bassin Saint-Laurent jusqu'à la mer arctique, où se jette le volume d'eau considérable du Mackenzie. Des hauteurs rugueuses de la région comprise entre le Winnipeg et le bassin du Saint-Laurent, nous atteignons aisément les rivières qui se déversent dans la mer du Nord, dans l'Atlantique et dans le golfe du Mexique. Si du lac Winnipeg, nous remontons la Saskatchewan jusqu'aux montagnes Rocheuses, nous sommes à peu de distance des sources du Mackenzie, lesquelles atteignent la tête des eaux du Youkon, rivière où l'on trouve de l'or, et qui touche aux rapides du Columbia et encore plus au cours impétueux du Fraser, qui se déchargent tous deux dans le Pacifique.

2S. Provinces confédérées eu 1867

Les provinces confédérées. — Les j)rovinces réunies reçurent le nom de Canada : le Bas-Canada s'appela province de Québec ; le Haut-Canada, province de l'Ontario ; la N ouvelle-E cosse et le Nouveau- Brunswick conservèrent leurs noms respectifs. Ottawa devint la capitale fédérale, et chaque province eut sa capitale particulière.

Depuis, le Canada s'est accru de l'immense territoire du Nord- Ouest (1870), de la Colombie-Britannique (1871) et de Vlle-du- Prince-É douar d (1873).

552 LE CANADA FÉDÉEATIF

En laissant de côté les provinces de Québec et d'Ontario, qui ont été étudiées jusqu'à présent, nous jetterons un regard rétrospectif sur les autres provinces confédérées.

La Nouvelle-Ecosse (1840-1867). — -Sous les gouverneurs sir Coli7i Campbell et lord Falkland, des difficultés insiu-montables empêchèrent la Nouvelle-Ecosse d'avoir un gouvernement responsable. C'est sous l'administration de sir John Harvey (1848) que les principes de la réforme administrative purent triompher, pour faire disparaître un ministère jusque-là coupable de malversations et de corruption.

Progrès. — Halifax, capitale de la Nouvelle-Ecosse, érigé en évêché en 1842, devint archevêché dix ans plus tard.

Cette province ecclésiastique comprend cinq diocèses : Halifax, Charlottetown, Antigonish, Saint-Jean et Chatam.

The Casket, journal hebdomadaire, qui prit naissance à Antigonish (1851), est devenu un organe puissant du catholicisme en Amérique.

Le collège Saint-François-Xavier, qui possède aujourd'hui une charte universitaire, fut fondé en 1854.

L'ouverture de nombreuses écoles françaises, établies pour les Acadiens, esb due à M. Giroir, prêtre d'un cœur généreux, d'une haute intelligence et d'une grande activité.

Peu de temps après l'entrée de la Nouvelle-Ecosse dans la Confédération, ]\L Annan, chef du ministère provincial, et J . Howe, homnae d'État éminent, se rendirent à Londres pour faire révoquer l'iinion de la Nouvelle-Ecosse à la Confédération. Cette province se plaignait de n'avoir pas été consultée sur le changement de constitution, et de ce que le nouvel état de choses sacrifiait ses intérêts et ne lui assurait pas les revenus suffisants pour administrer ses affaires. Le docteur Tupper, esprit retors et orateur distingué, envoj'^é par les chefs politiques pour empêcher Annan et Howe d'aboutir à leurs fins, vit sa démarche couronnée de succès. Le bureau colonial promit de ne plus revenir sur cette question.

Howe, voyant ses efforts paralysés, conclut " qu'il fallait tirer le meilleur parti possible du vilain marché.'^ Il avait obtenu que le gouvernement fédéral payât pendant dix ans h la Nouvelle-Ecosse un subside de S82,090, et que le Canada ajoutât au chiffre de la dette de cette province un peu plus d'un million de dollars, dont il avait

Page 1