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LES PROVINCES CONFÉDÉRÉES

assumé la responsabilité. Après avoir occupé différentes positions, il devint gouverneur de sa province natale, et mourut peu de temps après (1873).

Actuellement (1912), la Xouvelle-Écosse envoie dix-huit députés aux communes du Canada et dix représentants au sénat. La législature locale se compose d'un lieutenant-gouverneur, d'un conseil législatif et d'une assemblée législative.

Le Nouveau-Brunswick. — • Le premier député acadien, A. Landry, fut élu sous le gouverneur sir William Colehrooke, qui avait remplacé sir John Harvey (1845). Le Nouveau-Brunswick ne possédait pas encore de gouvernement responsable. Colebrooke réveilla l'ardeur des réformistes en nommant de son chef son gendre secrétaire provincial. Wilmot et d'autres membres du conseil exécutif démissionnèrent sur-le-champ, lorsque, de son côté, le bureau refusa de casser cette nomination. Les principaux réformistes : Wilmoi, Fisher et Ritchie, influencèrent l'opinion publique pendant les élections de 1847, et la première assemblée législative, tenue l'année suivante, demandait un gouvernement responsable, que le gouvernement impérial accorda sans délai.

Progrès. — ^En 1851, la législature octroya aux comtés de la province le pouvoir d'administrer leurs affaires municipales. Elle permit que le câble sous-marin, de dix milles de longueur, traversât le détroit de Northumberland, entre le Nouveau-Brunswick et l'Ile-du- Prince-Édouard. Le recensement de la même année constate une population de 138,000 âmes, dont environ 21,000 Acadiens.

Un bon mouvement se fit aussi en faveur de l'éducation ; un séminaire catholique fut établi, et un acte du gouvernement encouragea l'enseignement de la religion dans les écoles (1858).

Saint-Jean devint diocèse (1842). L'abbé Dollard, grand vicaire de Charlottetown, en fut le premier évêque. En 1860, la partie septentrionale du Nouveau-Brunswick forma un autre diocèse. Mgr James Rogers en occupa le premier le siège. Dans ces deux diocèses, des maisons d'éducation répondent aujourd'hui à tous les besoins de la société.

Après Colebrooke les gouverneurs sont : sir Edmund Head (1848 ; J.-T.-H. Manners Sutton (1854) ; A.-H. Gordon (1861) ; H. Doyle (1866) nommé administrateur jusqu'à la Confédération. Les chefs

les plus notables de la politique ont été Alhert-J. Smith, John-M. Johnson, Peter Mitchell et Lemuel Allan Wilmot. Le premier fit partie de la députation envoyée à Washington (1866) pour obtenir le renouvellement du traité de réciprocité ; cette démarche n'eut pas de succès.

Le traité négocié par lord Ashburton (1842) régla, aux dépens de nos droits, les limites entre l'état du Maine et le Nouveau-Brunswick, et termina de cette manière le différend qui existait à ce sujet entre l'Angleterre et les États-Unis.

Les principaux événements arrivés dans le Nouveau-Brunswick, depuis le traité d'Asburton jusqu'à la Confédération, sont : le tracé d'un chemin de fer à travers cette province, pour relier Halifax à Québec (1845) ; l'introduction d'un gouvernement responsable (1848) ; la visite du prince de Galles (1860).

Le territoire du Nord -Ouest dans la Confédération. — -Le vaste territoire du Nord-Ouest entra dans la Confédération en 1870. Il y avait cinq districts : Keewatin, Assiniboine, Athabaska, Alberta et Saskatchewan ; les deux derniers abondent en steppes herbeux désignés sous le nom de prairies.

Ces vastes contrées furent explorées, d'abord, comme nou'^ l'avons dit déjà, par les de la Vérendrj^e (1731-1743), puis par les membres d'une compagnie dite du Nord-Ouest ; Alexandre Mackenzie, qui traversa les Montagnes Rocheuses, découvrit la rivière Fraser (1793) et celle qui porte son nom. L'astronome Thompson découvrit la rivière Columbia, qu'il descendit jusqu'à l'océan Pacifique (1811). La même année, lord Selkirk acheta de la compagnie de la Baie-d'Hudson^ la partie du territoire connue sous le nom de Rivière-Rouge, et, quelques années plus tard, y établit des colons écossais et canadiensfrançais.

Le Manitoba dans la Confédération. — ^La province du Manitoba, faisant partie du territoire du Nord-Ouest, entra, en 1870, dans la Confédération^. Son sol fertile produit du blé en abondance. L'hiver est froid et sujet aux hlizzarch ou tempêtes de neige ; l'été est chaud et subit de violents ouragans. Le Manitoba est repré-

1 La comp.agnie de la Baic-d'Hudson absorba plus tard la compagnie du Nord-Ouest.

2 La même année, la partie du Nord-Ouest connue sous le nom de Rivière-Rouge s'en sépara pour former la province du Manitoba.

sente au fédéral par dix députés et quatre sénateurs. Son gouvernement local comprend un lieutenant-gouverneur, un conseil exécutif de cinq membres et une assemblée législative de trente et un membres. Le premier lieutenant-gouverneur fut le distingué A. -G. Archibald, de la Nouvelle-Ecosse.

La ville de Winnipeg, capitale du Manitoba, monument patriotique de lord Selkirk, s'éleva comme par enchantement autour du fort Garry. En 1870 elle renfermait moins de 300 âmes ; en 1911, c'était une cité cosmopolite de 136,000 habitants.

L'île de Vancouver et la Colombie-Britannique. — ^L'île de Vancouver, découverte en 1592 par Juan de Fuca, navigateur grec, fut visitée en 1792 par Vancouver, capitaine de la marine britannique qui lui donna son nom^

Sa position stratégique en fait comme l'œil de l'océan Pacifique. Sa concession pour dix années à la compagnie d'Hudson semblait assurer sa colonisation. Le premier gouverneur, Richard Blanshard, envoyé par l'Angleterre, ne trouva pour l'accueillir dans la ville de Victoria que les employés de la compagnie de la Baie-d'Hudson (1820).

Blanshard ne tarda pas à comprendre qu'il n'était gouverneur que nominalement, et que l'administration serait contrôlée par les directeurs de la susdite compagnie, maîtres et seigneurs de l'île. La vente des terres et l'exploitation des mines ne se faisaient qu'à dt s prix exorbitants. Il n'y avait qu'une école tenue par le chapelain de la compagnie.

En 1859, l'île de Vancouver et la Colombie-Britannique devinrent deux colonies distinctes, tout en n'ayant qu'un seul gouvernement. Cela dura jusqu'en 1863, époque oii chaque colonie eut son gouvernement particulier : New-Westminster devint alors la capitale de la Colombie

Il y eut des conflits entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, au sujet de l'île San-Juan, située au sud-est de l'île Vancouver, dans le chenal qui, d'après le traité d'Orégon, forme la ligne de démarcation entre les possessions anglaises et les possessions américaines. Les deux partis s'échauffèrent, mais au lieu de recourii aux hostilités pour trancher leurs difficultés, elles prirent l'arbitrage de l'empereur d'Allemagne, Guillaume I, qui donna raison aux États-Unis (1872).

1 Cette lie a 278 milles de longueur, et 50 à 65 de largeur. Sa superficie est d'environ 15,000 milles carrés. Ses ressources naturelles lui donnent beaucoup d'importance.

La Colombie-Britannique, entrée dans la Confédération le 20 juillet 1871, posa la condition que le gouvernement fédéral ferait construire un chemin de fer transcontinental dans l'espace de dix ans. La question, après avoir été chaudement débattue, fut finalement acceptée aux communes d'Ottawa. La promesse du parlement ne fut cependant réalisée qu'en 1885.

Cette pittoresque contrée, aux forêts giboyeuses, aux montagnes veinées d'or, aux mines de houille, aux eaux poissonneuses et aux vallées fertiles, fu : une riche acquisition pour le Canada. La nouvelle province obtint presque aussitôt un gouvernement responsable. Elle est représentée au parlement fédéral par six députés aux communes et trois sénateurs. Sa législature locale se compose d'un lieutenantgouverneur et d'une assemblée législative de vingt-cinq membres.

L'Ile-du-Prince-Édouard. — -L'Ile-du-Prince-Êdouard entra dans la Confédération en 1873. Cette province, dans une pétition adressée à Londres en 1847, demandait un gouvernement responsable ; elle l'obtint en 1851 par les efforts persévérants de George Coles. La nou- ' velle administration eut pour heureux résultat d'éteindre en peu d'années la dette pubUque.

Progrès. — -Le traité de réciprocité (1854) avec les États-Unis favorisa l'écoulement des produits des terres, des forêts et des eaux de l'Ile-du-Prince-Édouard. En 1858, Charlottetown s'organisa en municipalité, et la banque de Prince Edward Island reçut sa charte. L'éducation opérait aussi un mouvement progressif. Une école normale fut fondée à Charlottetown (1855), et le collège Prince of Wales constitué en corporation. L'île comptait 352 écoles en 1861 . De 1848 à 1861, la population avait augmenté de 18 iW) âme?.

Tenure des terres. — Les propriétaires de l'Ile-du-Prince-Édouard s'obstinaient à ne vouloir pas céder leurs terres. Les tentatives hasardées à cet effet demeurèrent sans résultats pratiques. La chambre d'assemblée se proposa de passer une loi qui les obhgerait à vendre les terres à des prix raisonnables, mais le gouvernement provincial, trouvant que cette loi outrepassait les droits législatifs de la province, s'y refusa. La chose fut laissée à l'arbitrage d'une commission composée des honorables J.-H. Graij, J. Howe, J.W. Ritchie : le premier représentait la couronne, le deuxième les locataires, le

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troisième les propriétaires. Le rapport publié en 1860 ne fut pas a ccepté pai^Jegjvroprjétfiirps et r^tte question ne se régla d^ûnf manipre définitive qu'après Ventrée de Tîle r\»j\^ la f'nnfprlprntinn .

Des députés, envoyés à Ottawa auprès du conseil exécutif, réglèrent l'affaire. Une des conditions fut que le parlement fédéral achèterait les droits des propriétaires pour abolir l'injuste tenure des terres, paralysant les progrès agricoles de l'île. Le Canada vota 8800,000 pour s'assurer les droits des absentistes (propriétaires absents). Les tenanciers se trouvaient alors en position d'acheter, à des conditions raisonnables, les terres à leur disposition. Depuis ce temps, l'île s'est développée considérablement, surtout en agriculture et en industrie laitière.

Dans toutes les pro^ânces, la cause de l'union avait triomphé ; le patriotisme éclairé des hommes d'État l'avait emporté sur les obstacles à vaincre. Les limites du Canada, à l'est et à l'ouest, étaient les deux océans séparés par un espace de près de 3,000 lieues.

Terre-Neuve. — Pêcheries. — -Les bancs de Terre-Xeuve, situés à une centaine de milles de la côte de l'île, sont d'immenses élévations formant des plateaux sous-marins. L'étendue du grand hanc, où l'on fait une pêche abondante, a 200 milles de longueur sur 67 milles de largeur ; la profondeur de l'eau varie de 50 à 360 pieds. Sur les autres bancs, la profondeur mesure de 600 à 900 pieds. A côté des bancs, le bassin océanique tombe de 10,000 à 15,000 pieds de profondeur.

Les pêcheries de Terre-Xeuve, si florissantes avant la révolution française, à raison de la cherté du poisson, perdirent beaucoup de leur valeur quand les traités octroj^èrent aux Français et aux Américains le droit de pêcher. Ce fut un désastre, une ruine qui amena une banqueroute générale parmi les marchands de l'île (1815). X'euf cents faillites parurent devant le tribunal. Les grandes maisons de commerce ne purent payer leurs créanciers, et les pertes s'élevèrent à un million de louis. Comme il n'y avait pas de banque d'épargne dans l'île, les pêcheurs plaçaient leurs économies chez les marchands ; plus de £400,000 furent perdus dans le gouffre de la banqueroute, et les pauvres pêcheurs se virent réduits à la mendicité. La classe ouvrière, vivant également au jour le jour, n'eut pas un sort meilleur.

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Gouvernement. — 'Les habitants de Terre-Neuve courbèrent longtemps l'échiné sous le despotisme d'amiraux-pêcheurs, qui les soumettaient à une discipline navale, bien qu'ils demandassent à cor et à cri un gouvernement local et responsable. Le gouvernement local leur fut enfin accordé en 1832, et le premier parlement s'ouvrit l'année suivante. Des querelles de religion et de race occa.^ionnèrent pendant plusieurs années de graves désordres durant les élections ; car la moitié de la population de l'île était composée d'Irlandais catholiques, qui n'avaient pas oublié la tyrannie de la fière Albion envers leurs mère patrie ; l'autre était formée d'Anglais protestants accoutumés à commander et à tenir le^pouvoir haut la main. Le gouvernement responsable fut accordé en 1854.

Progrès. — -La chambre d'assemblée vota £30,000 pour ouvrir des chemins et construire des ports (1834). Sous l'administration de John Harvey, £40,000 furent votés pour les mêmes fins (1841). Le câble sous-marin, de 500 lieues de longueur, qui relie la côte d'Irlande et la rive orientale de l'île, fut terminé en 1858, et le premier câblogramme envoyé le 5 août.

Calamités. — -Des conflagrations éclatèrent dans la ville de Saint- Jean, capitale de Terre-Neuve. La iDremière consuma 120 maisons et occasionna la perte de £100,000 : 1500 personnes se trouvèrent sans résidence ; la deuxième détruisit 200 maisons et quinze quais : les pertes s'élevèrent à un million de louis sterling ; la troisième réduisit en cendres la plus grande partie de la ville : les pertes dépassèrent cinq millions de dollars, et 12,000 personnes se trouvèrent sans logement (1846). Cette même année, une grosse tempête s'abattit sur l'île et détruisit un grand nombre de navires, magasins, ponts, entrepôts, quais, etc.

Terre-Neuve est sortie de ses ruines graduellement. Elle communique avec la Nouvelle-Ecosse par les ports néo-écossais de Halifax et de North-Sydney, et possède à l'intérieur quelques voies ferrées : cette île n'appartient pas encore à la Confédération canadienne.

Les îles de la Madeleine. — 'Les îles de la Madeleine, dont l'histoire est aussi ancienne que celle de l'Acadie et de l'île Saint-Jean, furent concédées à Nicolas Denys par la compagnie de la Nouvelle- France (1653). Denys, dans l'histoire qu'il publia (1672), nous apprend qu'il chassa plusieurs fois les Anglais des îles Brion et de la

Madeleine. Ces îles, concédées par le gouvernement anglais à sir Isaac Coffin et à sa lignée, dépendent de la province de Québec pour les fins politiques et judiciaires, et de l'Ile-du-Prince-Édouard pour la religion. On trouve dans ces parages 5,500 Acadiens, un couvent et quatorze écoles élémentaires.

Iles Saint-Pierre et Miquelon. — 'De toutes les possessions françaises au Canada, les petites îles Saint-Pierre et Miquelon, situées à peu de distance de la baie Fortune (Terre-Neuve), sont tout ce qui reste à la France depuis le traité de Paris. Ces îles sont le pied-à-terre des pêcheurs français des parages de Terre-Neuve. La population de l'île Saint-Pierre est d'en\'iron 4,000 âmes ; celle de Miquelon, à peu près de 1,500. En été, il j a sur ces deux îles une pojDulation flottante de 12,000 à 15,000 personnes ; le gouverneur de ces contrées demeure à l'île Saint-Pierre.

LECTURE. — Xous sommes restés Canadiens français. — Pour conserver leur nationalité, les Canadiens français ont eu à passer par bien des péripéties et à souterar des luttes acrimonieuses.

Quinze ans après la cession, ]\Iontgomery et Arnold, à la tête de colonnes américaines, vinrent assiéger la ville de Québec. Dans cette circonstance machiavélique, les Canadiens français auraient pu tourner le dos à l'Angleterre, mais ils ne le voulurent pas et préférèrent se rendre à l'appel du gouverneur Guy Carleton, pour soutenir au prix de leur sang le drapeau br tannique. Pendant que les Canadiens affrontaient les balles de l'ennemi, de nombreux marchands anglais, retirés sur la pointe de l'île d'Orléans et dans les campagnes environnantes de Québec, attendaient paisiblement l'issue du combat, pour crier selon le cas : Vive le roi ! ou Vive la ligue !

Montgomer}' tué et le siège levé, les Anglais rentrèrent à Québec pour se livrer à leur négoce et s'emparer de toutes les positions lucratives.

Au lieu de tenir compte de la conduite loyale des Canadiens français dans la guerre déclarée par les États-Unis, ils cherchèrent par tous les moyens possibles à leur faire perdre leur religion et leur langue ; ils poussèrent même leur despotisme jusqu'à détenir dans les prisons les journalistes et les hommes politiques qui eiu-ent le courage de .soutenir nos droits.

Cette attitude inique n'empêchait cependant pas Bédard, au sortir de prison (1810), de dire, en face de la guerre américaine à la veille d'éclater, que " les Canadiens devaient faire tomber les préjugés de l'Angleterre, à force de loyauté et de sagesse." Pendant la guerre anglo-américaine, les Canadiens français, malgré les proclamations séduisantes de la Nouvelle-Angleterre, combattirent encore pour le soutien du drapeau britannique au Canada, et ne firent en cela que suivre les conseils éclairés du clergé et leurs propres sentiments.

Cette noble conduite n'empêcha pas les autorités anglaises d'ignorer nos droits. Les démêlés des .subsides amenèrent les troubles de 1837-38, et le despotisme anglais conduisit plusieurs de nos plus vaillants patriotes à la potence ou à l'exil.

Trois ans après cette brutalité sanguinaire, les deux Canadas furent unis. Quoique la population du Bas-Canada fût beaucoup plus élevée que celle du Haut, les deux provinces eurent un nombre égal de représentants au gouvernement. Plus tard, quand l'accroissement fut plus considérable dans l'Ontario, la représentation devint alors proportionnelle à la population.

Tout l'avantage de la province de Québec, dans l'union des Canadas, fut de contribuer à payer une somme considérable pour empêcher la banqueroute de la province de l'Ontario.

A la suite de ces événements défavorables aux Canadiens français, la confédération arriva (1867). Cette forme de gouvernement, jetée sur des bases solides par des hommes d'État remarquables, a généralement donné satisfaction aux deux races.

Sans l'attachement des Canadiens français à la métropole, l'Angleterre n'aurait probablement pu conserver aucune possession dans l'Amérique septentrionale.

De ce qui précède, il ne faut cependant pas conclure que le Canada doit être uniquement anglais ou français. Il ne doit être ni l'un ni l'autre. Son autonomie est une confédération bihngue jj^glorfrançaise, formée de deux noblesj-aces^ Lea deux nationalités doivent conserver chacune leur mentalité, leurs droits réciproques et ne pas plus se confondre que les eaux de deux rivières, coulant l'une à côfé de l'autre dans un même fleuve sans se mêler : c'est ainsi que l'ont toujours compris nos plus grands hommes d'Etat.

Les pires ennemis du peuple canadien seraient ceux qui voudraient l'unification de langue, de formation intellectuelle, de mœurs et de coutumes familiales.

Les Canadiens français resteront attachés à l'Angleterre tant qu'ils se sentiront chez eux au Canada, et qu'ils auront la liberté de parler leur langue, de pratiquer leur religion, d'arborer leur drapeau et d'élever leurs enfants dans l'amour de leurs traditions religieuses et nationales.

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