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CHAPITRE XIX

Assassinat de Thomas D'Arcy McGee. — Mort de sir Georges-Etienne Cartier. — Enterrement de Guibord. — Les orangistes à Montréal.^Mort de sir John-A. Macdonald. — Mort de sir John Thompson. — Fêtes jubilaires de l'universi.é Laval de Québec.— ^Mort de la reine Victoria. — Troisième centenaire de Québec.

Assassinat de Thomas D'Arcy McGee.— Le 7 avril 1868, la lugubre nouvelle de l'assassinat de Thomas D'Arcy McGee, à Ottawa, se répandit dans toutes les provinces. McGee, l'un des pères de la Confédération, était un grand homme d'État, un historien accrédité, un poète distingué et l'un des plus brillants orateurs de langue anglaise au Canada. Une heure environ avant sa mort, il prononçait à la chambre des communes un vibrant discours dans lequel il attaquait le soulèvement injustifiable des Féniens (1866). Aussitôt la séance terminée, il fut lâchement assassiné à la porte de l'hôtel où il résidait. Un fénien, soupçonné du crime, fut arrêté, accusé, trouvé coupable et conduit à la potence. De pompeuses cérémonies funèbres, montrant bien l'estime dont jouissait cet habile politicien, eurent lieu à Ottawa et à MontréaP,

Mort de sir Georges-Etienne Cartier. — ^Sir Georges-Etienne Cartier, l'un des pères de la Confédération, mourut à Londres en 1873. Sa carrière politique dura près d'un quart de siècle. Son alliance avec sir John-A. Macdonald contribua beaucoup au succès du grand chef conservateur. Sans avoir de brio dans l'éloquence, ni le talent magique de la parole, ni l'astuce politique, Cartier avait l'esprit profond, pénétrant, convaincant et le caractère énergique, persévérant, qui font le grand homme d'État. Il contribua puissamment à TaboUtion de la tenure seigneuriale, à la codification des lois civiles et à la construction de l'Intercolonial.

L.-O. David dit de Cartier que "l'histoire rendra hommage à son désintéressement personnel, à son amour du travail, à sa volonté inflexible, à son activité infatigable, à son esprit vif, perspicace et

1 Le gouvernement fédéral est en voie d'élever un monument à l'honorable D'Arcy McGee.

pratique, à sa loyauté envers ses amis, à son désir sincère d'être à son pays, à l'énergie qu'il déploya plus d'une fois pour protéger sa province et sa nationalité, à ses efforts constants et souvent couronnés de succès pour assurer le progrès matériel du pays "^

Les restes mortels de ce grand patriote furent transférés à Montréal aux frais du gouvernement, et ses funérailles eurent un caractère vraiment imposant^.

Enterrement de Joseph Guibord. — ^En 1875, l'évêque de Montréal, Mgr Bourget, refusa l'autorisation d'inhumer la dépouille mortelle d'un nommé Guibord^, dans le cimetière catholique, où la famille avait un terrain. Cette attitude occasionna un procès émouvant entre la veuve Guibord, la fabrique de Notre-Dame et les autorités religieuses. Les tribunaux civils se prononcèrent en faveur de la plaignante. Cette affaire lamentable eut du retentissement dans tout le pays et souleva l'indignation des catholiques. Depuis, la législature a voté une loi pour obvier à ces difficultés.

Les orangistes à MontréaL — -En 1877, les orangistes de diverses parties du Canada — -de l'Ontario surtout — décidèrent de marcher processionnellement dans les rues de Montréal, oii ceux de leur société étaient peu nombreux, et d'y faire une démonstration que les catholiques considéraient comme une provocation insultante que rien n'excusait. Les esprits étaient montés de part et d'autre. En cette circonstance, M. Beaudry, maire de Montréal, s'attira l'admiration de tous les amis de l'ordre par l'habilité et la fermeté qu'il déploya. Le matin du 12 juillet, jour fixé pour la démonstration, il se rendit au lieu où la procession devait s'organiesr. Il y resta tout le jour, prêt à faire arrêter les premiers fauteurs de désordre. Les orangistes renoncèrent à leur projet fanatique.

Mort de sir John-A. Macdonald. — 'L'honorable sir John-A. MacdonakH, premier ministre au fédéral, s'éteignit le 6 juin 1891.

1 Histoire du Canada depuis la Confédération (1867-1887), p. 68.

2 La patrie reconnaissante s'occupe d'élever un monument à sir Georges-E. Cartier. La pose de la pierre angulaire a eu lieu le 2 septembre 1913, en présence des notabilités du pays et d'une foule considéiable. Plus de S100,000 ont été souscrits pour ce monument, l'œuvre de G. W. Hill, sculpteur canadien. Cartier avait déjà un monument à Ottawa, près des édifices parlementaires.

3 Guibord persista à rester membre de l'Institut canadien, condamné par l'évêque; il mourut sans s'être réconcilié avec l'Église.

4 Sir John-Alexander Macdonald, né à Glasgow en 1815, vint très jeune au Canada, où il a fait une si brillante carrière.

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Entré dans le barreau en 1835, élu député en 1844, il demeura plus de quarante ans dans la politique, s'initia à tous ses rouages et devint plusieurs fois premier ministre. Son parti, que fit tomber l'affaire du Pacifique-Canadien en 1873, se releva en 1878. Macdonld, très attaché au pouvoir, aima singulièrement son pays, pour lequel il entrevoyait un glorieux avenir. Des monuments ont été érigés à Ottawa, à Montréal et à Toronto, pour perpétuer la mémoire de ce grand homme politique.

Mort de sir John Thompson. — -Dans l'automne de 1894, sir John Thompson, premier ministre au fédéral, passa en Angleterre, alla ensuite visiter Paris, Rome et revint à Londres pour assister à la convention relative à l'affaire de Bering. Le matin même de son arrivée à Windsor, il fut présenté à la reine. Sa Majesté l'invita à prendre avec d'autres convives un goûter au palais royal. Au commencement du repas, Thompson s'affaissa, et, malgré les soins du médecin, expira peu de temps après. La nouvelle de cette mort soudaine terrifia tout l'empire britannique. La reine, voulant rendre au défunt des honneurs princiers, ordonna qu'un vaisseau de guerre le ramènerait dans sa patrie. Halifax lui fit des funérailles imposantes.

Fêtes jubilaires de l'université Laval de Québec. — ^En 1902, l'université Laval célébrait le cinquantenaire de sa fondation. Il y eut trois jours de fêtes solennelles (23, 24 et 25 juin). Plus de quinze cents anciens élèves, accourus de partout, y assistaient. On y voyait figurer ceux qui dans le clergé et la magistrature exercent en notre pays une action prépondérante et décisive sur notre vie nationale. Des délégués représentaient les universités protestantes du Canada et des Etats-Unis. Si les universités de sectes dissidentes diffèrent d'opinion sur les matières religieuses, elles peuvent bien s'entendre et fraterniser loyalement sur le terrain des recherches purement scientifiques.

La France était dignement représentée par ]\I. Thamin, recteur de l'université de Rennes. Le premier jour, une grande procession se déroula dans les rues de Québec. Laval s'était uni à la société de Saint-Jean-Baptiste, qui, en ce même jour, célébrait ses noces de diamant : le patriotisme et la science se donnaient la main. Les professeurs de l'université, revêtus de leurs toges violettes, bleues, rou-

ges ou vertes, recueillirent d'enthousiastes ovations. La procession se termina sur la terrasse Frontenac, près du monument de Champlain, où fut célébrée la messe à laquelle assistaient au moins 30,000 personnes. Un immense panorama s'offrait aux yeux des spectateurs. En face, l'île d'Orléans, brillante comme une émeraude au milieu des ondes bleues du fleuve. Au sud, les falaises escarpées et les pentes adoucies de Lévis où nichent d'élégantes villas. Au nord, Charlesbourg, Limoilou et la superbe côte de Beauport, avec leurs lignes de maisons blanches dominées par les sombres cimes dentelées dc'^ Laurentides, qui s'estompent sur l'azur du ciel. Ces décors enchanteurs évoquaient un monde de noms glorieux. Un éloquent discours fut prononcé sur " la vocation de la race française en Amérique "^ Le soir, il y eut dans la salle académique de l'université un grand concert, qui fut l'avant-goût des fêtes splendides du lendemain.

C'est le 24 juin. Une messe solennelle est célébrée à la basilique. Il y a sermon de circonstance. L'orateur^ démontre brillamment le rôle assigné par la Providence à l'université Laval sur la terre du Canada. Un magnifique banquet suit la cérémonie de l'église. La conversation des convives est animée :

De nos émois d'enfant, le lointain souvenir Nous est fidèle encore en dépit des années^.

De nombreux discours sont prononcés par les voix les plus autorisées. Celui de M. Thamin provoque une ovation. Il dit que pour lui le Canada est plein de grandeur et de poésie. Québec l'enchante. Ses horizons si beaux lui représentent — mais agrandis — -ceux de sa chère Bretagne. La journée se clôture par un superbe concert. " Le Paradis -perdu " de Théodore Dubois est exécuté avec succès par un chœur nombreux d'anciens élèves, soutenu d'un puissant orchestre.

Ces fêtes incomparables ne devaient pas se terminer sans accorder un souvenir à ceux que la mort avait moissonnés : c'est ce qui eut lieu le troisième jour (25 juin). Un service pour les professeurs et les élèves défunts fut célébré dans la chapelle du séminaire. Le soir, il

1 Le prédicateur était Mgr L.-A. Paquet, alors professeur de théologie à l'université Laval.

2 Sa Grandeur Mgr Bruchési, archevêque de Montréal.

3 Sully Prud'homme.

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y eut une dernière réunion dans les salons et les jardins de l'université Musique, illuminations, feux d'artifice, rien ne manquait :

Mille et mille fusées,

S'élançant vers les cieux ou droites ou croisées Firent un jour nouveau ^

Enfin, l'heure de la séparation était sonné ; chacun emportait dans son cœur le meilleur souvenir des fêtes jubilaires auxquelles il avait assisté :

Un souvenir heureux est peut-être sur la terre Plus vrai que le bonheur^.

Mort de la reine Victoria. — Victoria, reine de la Grande- Bretagne et impératrice des Indes, s'éteignit en 1901, âgée de quatrevingt-deux ans, après en avoir passé glorieusement soixante-quatre sur le trône. Sous son règne, notre politique s'est améliorée en nous donnant la Confédération ; l'industrie, favorisée par la vapeur et l'électricité, le commerce, par les paquebots et les chemins de fer, ont fait des progrès merveilleux ; les écoles se sont multipliées et l'instruction populaire s'est répandue jusque dans les campagnes les plus reculées ; l'esclavage ne fait sentir sa griffe nulle part, et la religion jouit d'une liberté qui n'est surpassée dans aucun pays.

C'est encore sous son règne que l'on vit la Grande-Bretagne ouvrir des comptoirs dans toutes les parties du monde, et sa marine marchande devenir la reine des mers.

Son fils, le prince de Galles, lui succéda sous le nom d'Edouard VII. Son couronnement solennel eut Heu à l'abbaye de Westminster, le 9 août 1901.

La même année, le prince et la princesse de Galles, les futurs héritiers du trône, visitaient le Canada ; dans les principales villes où ils passèrent, ils furent accueillis par des ovations enthousiastes.

1 Pierre Corneille.

2 Musset.

Le roi Edouard VII (1901-1910;

" Lève les yeux, c'est là, sous ces hauts bastions, Qu'en un jour fatidique on vit deux nations.

Aux lueurs du canon qui gronde, Dans ce vase champ, clos aux merveilleux décors, Ainsi que deux géants s'étreindre corps à corps, Pour changer la carte du monde."

Louis Frêchette.

En mai 1910, Edouard VII s'éteignit à Londres, emportant dans sa tombe les regrets de tous ses sujets. Le prince de Galles, son fils, lui succéda sous le nom de Georges V.^

Troisième centenaire de la fondation de Québec. — ^En juillet 1908, Québec, la vieille capitale du Canada, fondée par Samuel de Champlain, commémorait en de grandioses réjouissances, le troisième centenaire de sa fondation.

A la Sorbonne — -Paris — en présence des délégués du gouvernement canadien, et à Honfleur, d'où Champlain était parti, on célébrait aussi la mémoire de l'illustre fondateur. Mais l'épopée de l'une des plus belles pages de l' histoire de France s'arrêtait brusquement à l'inqualifiable traité de Paris (10 fév. 1763), le jour où d'un trait de plume fatal, Louis XV et Choiseul livraient le Canada aux Anglais.

Cette date mémorable vit le drapeau de l'altière Albion remplacer celui de la France. Malgré cela, le récit épique de notre histoire nationale s'est continué et notre race a su lutter vaillamment pour maintenir sa langue et sa religion, ses mœurs et son génie. Tout en étant de loyaux sujets anglais, les Canadiens sont restés français de cœur, et la libérale Angleterre ne s'en montre pas jalouse.

Les fêtes de l'ancienne capitale du Canada ont mis en lumière et fait acclamer d'un bout du monde à l'autre les noms illustres de Québec et de Champlain.

Pendant douze jours, brillants d'éclat et débordants de gaîté gauloise, la vieille cité, avec ses arcs de triomphe et ses façades de maisons en"olivées de guirlandes, présentait un aspect féerique. La foule délirante, parcourant les rues en chantant l'air national 0 Canada, offrait un charme séducteur. La représentation des grands faits de notre histoire par des spectacles donnés sur les plaines d'Abraham, séduisit les yeux des spectateurs, captiva leur admiration et provoqua l'enthousiasme des étrangers peu au courant des fastes émouvants de la fondation de notre colonie. La présence de l'héritier du trône, de délégués spéciaux des différents pays, d'un corps de quinze à vingt mille hommes de troupe ; la vue d'une flotte lançant de fulgurantes irradiations nocturnes et les éblouissantes illuminations

1 Sous Georges V, la formule du serment que le roi doit prêter à son avènement au trône fut amendée par un acte du parlement (1911). La nouvelle formule ne contient plus, comme la première, des choses injurieuses contre l'Église catholique et ses croyances.

Le roi Georges V (1910.)

" La grande loi qui veut que tout meure et renaisse A fait revivre ici, radieux de jeunesse,

D'ardeur et de virilité.

Un peuple fier d'avoir, en ses veines vivaces, Le sang chaud et fécond des deux plus fortes races

Dont s'ho7iore l'humanité."

Louis Fréchette.

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de la ville et des environs rappelèrent les splendeurs des jours de fête à Versailles, sous Louis XIV.

La brillante note intellectuelle était donnée par les séances littéraires de la Société Royale, Le passé était évoqué surtout par la reconstitution du Don de Dieu et de VAhitation de Québec.

La religion de nos pères, précieusement gardée par leur lignée reconnaissante, avait sa part. Une messe solennelle, célébrée sur les plaines d'Abraham, laissait un souvenir profond et inoubliable.

Au milieu de ces fêtes purement canadiennes-françaises, où il n'y avait d'anglais que la juste mesure pour manifester notre allégeance à l'empire britannique, tous les cœurs, inspirés par les mêmes sentiments patriotiques, battaient à l'unissan, toutes les bouches louaient à l'envi notre glorieux passé ; fondateurs, gouverneurs, missionnaires, intendants, religieuses, administrateurs, explorateurs d'autrefois avaient une part dans l'apothéose de notre race.

Les Canadiens français sont appelés à devenir une grande nation. Leur nombre, de soixante-cinq mille à la fin du dix-huitième siècle, est actuellement de plus de deux millions, — accroissement non venu du dehors, — sans parler du million qui se trouve près d'eux de l'autre côté des frontières, aux États-Unis. Ne peut-on pas conclure, si le développement de la race suit son cours normal, qu'au déclin du vingtième siècle, la Nouvelle-France comptera de quinze à vingt millions de Canadiens français ?

LECTURE. — Hommage d'un peuple aux braves du Long saut. — Le 29 mai 1910, Montréal acclamait la mémoire immortelle d'Adam Dollard, sieur des Ormeaux, et de ses vaillants compagnons d'armes, qui sauvèrent en 1660 la colonie française d'Amérique. Des milliers de spectateurs envahissaient la place d'Armes. Le monument de Maisonneuve^, au pied duquel la démonstration eut lieu, était profusément orné de couronnes, de palmes, de fleurs, d'écussons et de drapeaux.

Des grilles portaient des courants de flammes et de fanions, de verdure et de légendes. La houle humaine, dans un recueillement ému, déferlait partout. La fête commença par un office religieux. La vaste église de Notre-Dame se trouva t intégralement remplie. Le chœur, où des centaines de prêtres se pressaient, laissait briller ses plus riches tentures sous ses nombreuses lumières électriques. Les représentants des sociétés étaient groupés au pied de la balustrade. Des détachements de volontaires formiient la garde d'honneur. Sa Grandeur Mgr Paul Bruchési, archevêque de Montréal, occupait le trône épiscopal et dominait l'assemblée. Après l'éloge

1 Un des bas-reliefs de ce monument représente le combat du Long saut.

religieux de nos héros^ eut lieu la bénédiction du Saint Sacrement par Mgr l'archevêque. A l'issue de cette cérémonie, la scène se transporta sur la place d'Armes. Le spectacle fut imposant. Les volontaires des régiments canadiens-français formaient carré autour du monument Maisonneuve. La tribune des discours, portant le drapeau fleurdelisé de Carillon, le tricolore et le drapeau anglais, ressortait sur l'arrière plan sombre des frondaisons. Un frisson de piété patriotique courait dans la foule ; et c'est religieusement que cette masse humaine, chapeau bas, écouta les belles paroles pleines d'orgueil légitime et de foi de nos orateurs distingués^. Mais lorsque le commandant militaire de Montréal, le colonel LabeUe, de sa voix vibrante et sonore, appela par trois fois ; " Dollard des Ormeaux ^ " et qu'un milicien successeur des héros de 1660 et héritier de leur bravoure, s'avança et répondit au milieu d'un silence solennel : " Mort au champ d'honneur ! '' un frémissement d'enthousiasme remua cette foule entière et l'émotion fut à son comble.

Parmi les spectateurs, on remarquait plusieurs concitoj^ens de langue anglaise. Leur présence nous mettait à l'esprit que si les différends quotidiens des luttes politiques et économiques séparent parfois les fils d'une patrie commune, l'entente se fait plus vivace quand l'amom- national évoque les souvenirs glorieux du passé. Dans son discours, vibrant d'enthousiasme, Monseigneur s'écria : " Ce n'est ni un roi, ni un fondateur de ville, ni un savant que nous honorions tout à l'heure dans le temple e; pour qui les clairons viennent de retentir, mais un humble jeune homme de vingt-cinq ans, tombé derrière une palissade improvisée, sous les coups des féroces iroquois'." La dernière pièce d'éloquence fut celle de M. Henri Bourassa, d'où nous extrayons le passage suivant : " Jeunes gens qui avez pris l'initiative de cette fête, allez dans les rangs du peuple et combattez ; travaillez pour la patrie. On vous dira parfois : Travailler pour la patrie, c'est peu. Songez que si DoUard et s s compagnons avaient été imbus de tels principes, si leur idéal avait aussi été peu élevé, ils n'auraient pas accompli l'admirable sacrifice dont nous exaltons la mémoire aujourd'hui. Unissoas-nous, Anglais et Français, dans une communauté féconde d'esprit pour devenir un grand peuple." La fête se termina par les chants " O Canada " et " Dieu jauve le roi ".

1 Par l'abbé Henri Gauthier, sulpicien.

2 Les orateurs furent: Mgr Bruchési, Jérémie Décarie, secrétaire provincial, et Henri Bourassa. Deux poésies furent lues : l'une en français par M. l'abbé Melançon, l'autre en anglais par M. John Boyd.

.3 Monseigneur fit ensuite lecture de l'acte mortuaire de tous les héros, coté et paraphé d'après l'ordonnance Boyvinet.

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