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CHAPITRE XX

Progès de la province de Québec. — Colonisation au lac Saint-Jean. — Agriculture.— -Progrès du Nord-Ouest ; deux nouvelles provinces. — La mer de Bering. — Le Yukon. — Terres de la Couronne. — Terres de la couronne dans les provinces : Québec, Ontario, Nouvelle-Ecosse, Nouveau-Brunswick. — Terres de chemin de fer. —Le Pacifique-Grand-Tronc et le pont de Québec. — Avenir économique du Canada.

Progrès de la province de Québec. — -La richesse d'un pays dépend de sa colonisation, de son agriculture, de son commerce et de son industrie. A partir de la confédération, la province de Québec s'est considérablement développée à ce quadruple point de vue. Depuis 1898, les lois de la pêche lui permettent d'avoir accès sur toutes les eaux fluviales et maritimes. Les rapides et les cascades, comme par exemple les chute? du lac Saint- Jean, mesurant de 236 à 250 pieds de hauteur, lui fournissent une immense somme de force motrice. L'exploitation des forêts s'est accrue considérablement depuis quelques années. En hiver, plus de trente mille bûcherons s'occupent à abattre des arbres pour les grands commerçants de bois. Des règlements sévères obvient au gaspillage des coupes, et la dimension des arbres qu'il est permis d'abattre est déterminée. Des gardes-forestiers exercent maintenant une surveillance active pour empêcher les incendies occasionnés par l'imprévoj^ance des voj^ageurs ou l'étincelle des locomotives ; il y a plus d'un quart de siècle, la région du Saguenay, d'une superficie de 20,000,000 d'acres, fut en partie ravagée.

L'industrie de la pâte à papier a pris une grande extension ; les bois qu'on y emploie sont l'épinette, la sapin, le peuplier et le tremble, que l'on trouve surtout dans les vastes régions de l'Outaouais, du Saint-Maurice et du lac Saint-Jean. La zone de ce dernier peut fournir le bois nécessaire pour fabriquer 70 millions de tonnes de pâte par année.

Colonisation au lac Saint-Jean. — La vallée du Saguenay, qui, vers 1825, n'avait que les deux petits cantons de Chicoutimi et de la Grande-Baie, comptait en 1900 plus de trente paroisses. La fertilité des dix-neuf millions d'acres de terres des environs du lac Saint-Jean, dont le contour est de près de cent milles, nous la fait souvent désigner

SOUS le nom de grenier de la province. Les cantons de Normandin et à'Alhanel sont surtout remarquables. Les débuts (1879) du premier furent pénibles ; les colons n'avaient pas même de chemin pour se voisiner ; mais depuis une dizaine d'années, il a pris un essor prodigieux. Le second, situé entre les rivières Ticouahé et Mistassini, et peuplé en 1891, comptait en 1901, deux cents familles jouissant, en général, d'une véritable aisance. Un chemin de voitures relie ces deux cantons à l'établissement agricole des pères Trappistes, situé au confluent des rivières Mistassini et Mistassihi. Autour du lopin de terre concédé aux Trappistes par le gouvernement (1891), dans les cantons de Doïbeau et de Pelletier, plus de deux cent cinquante familles se sont établies. La fertilité de ces terres est comparable à celles du Nord-Ouest. Des lignes de chemins de fer sont établies entre Québec et les principaux centres du lac Saint-Jean.

Un autre centre, bien favorable aussi à la colonisation, est la région de Labelle, située dans le bassin inférieur de l'Outaouais.

Ce noble mouvement de défrichement, au nord de Montréal, est dû à Mgr Antoine Labelle, protonotaire apostolique. Ce grand patriote, par son inlassable dévouement, créa, en moins de vingt ans, plus de quarante paroisses, aujourd'hui très florissantes. Il obtmt la construction d'un chemin de fer pour en favoriser le développement. Il disait à qui voulait l'entendre que la colonisation est, pour le Canada, l'œuvre excellente et vitale, et qu'elle seule pouvait lui apporter une prospérité solide et durable.

Il y a encore la vaste presqu'île de la Gaspésie et les cantons de l'Est, qui touchent aux États du Vermont et du New-Hampshire.

Agriculture.— Par une loi passée en 1869, un conseil d'agriculture de vingt et un membres était formé. Onze ans plus tard, la province de Québec comptait soixante-dix cercles agricoles composés d'environ 15,000 membres. D'après cette loi, une exposition des produits doit avoir lieu tous les deux ans ; on doit aussi faire alternativement des concours pour les terres les mieux cultivées. En 1893, la législature provinciale reconnaissait l'existence des cercles agricoles et leur accordait une subvention annuelle. En 1900, près de six cents cercles existaient, comprenant en moyenne quatre-vingts membres chacun.

La Province a aussi cinq écoles d'agriculture : Oka\ Sainte- Aimé de la Pocatière, l'Assomption, Compton et Sainte-Anne de Bellevue.

1 Oka est affilié à l'université Laval depuis 1908.

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Cette dernière fut fondée par M. Macdonald, un millionnaire écossais de Montréal. On trouve aussi des écoles de ce genre dans les provinces anglaises. L'exportation des produits agricoles se fait dans de bonnes conditions. Le beurre du Canada a figuré pendant quelques années comme un produit de première qualité sur les marchés de la Grande- Bretagne. Mais sa production, ayant augm^enté moins vite que la population, suffit à peine, aujourd'hui, à nos propres besoins. En compensation, le fromage, fabriqué en grande quantité, a beaucoup de vogue.

Progrès du Nord-Ouest ; deux nouvelles provinces. — C'est sous la Confédération que l'honorable William MacDougal, député aux Communes, proposa au gouvernement canadien d'acquérir les territoires du Nord-Ouest ^ Il motivait sa motion en disant que la compagnie de la Baie-d'Hudson ne s'occupait que d'opérations commerciales, sans s'intéresser au développement du pays. L'argument le plus fort était que le développement des contrées en question les mettrait en défense contre toute agression des États-Unis. La compagnie, à l'invitation du gouverneur anglais, céda sa terre et ses droits, moyennant la somme de £300,000. Elle garda néanmoins ses postes de commerce et se réserva, pour fonder des établissements, un vingtième de toute la terre longeant la rive sud de la Saskatchewan, à l'ouest du lac Winnipeg.

Cette compagnie, après avoir exercé une autorité ininterrompue pendant deux siècles, resta encore la plus importante du Nord-Ouest, Ce n'est peut-être pas sans fondement qu'on lui a fait le reproche d'avoir caché la valeur agricole du pays dont elle exploitait les fourrures. D'un autre côté, il faut reconnaître que c'est par l'énergie et l'audace de ses employés et de ses explorateurs que cette région a été conservée à la Grande-Bretagne.

Depuis la Confédération, les territoires du Nord-Ouest ont subi beaucoup de transformations. Au lieu de n'y avoir aujourd'hui que des bandes d'Indiens nomades, quelques commerçants rôdant ça et là,

1 Ds vastes régions, comprenant tout le bassin de la Baie-d'Hudson et s'étendant jusqu'aux montagnes Rocheuses, et connues sous les noms de terre de Rupert, territoire de la Baie-d'Hudson, territoires du Nord-Ouest, furent concédées par le roi Charles II (2 mai 1670) au prince Rupert, duc d'Albemarle, et à d'autres riches Anglais de rang et de condition. Les premières opérations commerciales de ces aventuriers anglais se limitèrent aux environs des baies d'Hudson et de James. Les Français du Canada réclamèrent longtemps ces immenses territoires, qui furent finalement oédés à l'Angleterre par le traité d'Utrecht.

et, dans la vallée de la rivière Rouge, à peu près 12,000 Métis, d'origine écossaise, ou anglaise, ou française, nous y trouvons, en 1911, une population de près d'un million et demi — -c'est peu encore, il est vrai, pour ces immensités — ^venue en bonne partie des pays d'Europe et des États-Uni ;. Nous y admirons des ville» et des villages grandissant comme par enchantement, et, outre les voies ferrées, nous rencontrons, dans toutes les directions, des routes et des chemins qui permettent d'exploiter ces contrées fertiles appelées le grenier du Canada — bientôt le grenier de l'empire britannique. En 1876, les territoires du Nord-Ouest, à l'exception du ^Nlanitoba, furent placés sous la juridiction d'un lieutenant-gouverneur et d'un conseil de cinq membres. Plus tard, une assemblée fut d'abord accordée avec des pouvoirs limités, puis ensuite on organisa quatre districts, VAlherta, VAssinihoia, VAthahaska et la Saskaicheivan, et Régina devint le siège de leur gouvernement. Enfin, en 1905, à la suite d'une immigration considérable, on fit disparaître ces quatre districts et, à leur place, on tailla dans l'immense région des prairies deux provinces nouvelles : VAlberia, qui a pour capitale Edmonton, et la Saskatcheican dont la capitale est Régina. Ces provinces jouissent des mêmes privilèges que les anciennes.

La mer de Bering. — La pêche du phoque, dans la mer de Bering, suscita des conflits entre le Canada et les États-L'nis. Selon ces derniers, les phoques même réfugiés sur les îles Pribilof, appartenaient à la compagnie de l'Alaska, comme venant des eaux américaines. Pour soutenir leurs prétentions, ils envojTrent contre les vaisseaux anglais, dans la mer de Bering, des croiseurs qui capturèrent des bateaux-pêcheurs (1886-1887).

Après l'échange d'une nombreuse correspondance diplomatique, il fut convenu de soumettre le différend à un tribunal d'arbitrage, qui se tint à Paris (1893). Les membres étaient : le baron de Courcelles (Belgique), Lord Hannen (Angleterre), sir John Thompson (Canada), John M. Harlau et L-P. Morgan (États-Unis), le marquis Visconti Venosta (Italie), M. Gram (Suède-Norvège). La décision fut favorable au Canada.

Le Yukon. — Le Yukon a été érigé en district séparé en 1898. Les chercheurs d'or de l'Ouest, s'avançant graduellement vers le nord, montèrent de rivière en rivière jusqu'au Klondike (1896), branche

du fleuve Yukon, où ils trouvèrent le métal précieux en grande quantité. La nouvelle de cette fameuse découverte se répandit rapidement, et l'on vit des milliers d'aventurier^ se diriger du côté du cercle polaire pour chercher fortune. Au milieu d'un amas de tentes, s'éleva bientôt la ville de Dawson, et cette région devenait ainsi un centre de colonisation permanent.

Le territoire du Yukon, soumis d'abord au gouvernement du Nord-Ouest, est maintenant sous la conduite d'un commissaire nommé par le gouverneur général en conseil, et de dix membres élus par autant de di\^isions électorales. Il a de plus, un représentant au parlement fédéral.

Les terres de la Couronne. — Le gouvernement fédéral possède, dans le Manitoba et le? territoires du Nord-Ouest, d'immenses lerrains agricoles et miniers, appelés terres de la Couronne.

Le Canada a adopté le Homestead des États-Unis pour la concession de lopin? de terre, afin de favoriser la colonisa don, sans cependant être régi par les mêmes lois, puisque les patrimoines canadiens peuvent être saisis après un certain nombre d'années. Un chef de famille, ou un jeune homme âgé de dix-huit ans révolus, peuvent obtenir un homestead de cent soixante acres de terres agricoles arpentées, en s'adressant à l'agent local des terres, et à la condition de payer les honoraires fixés par la loi. Après son inscription, le colon est tenu d'aller s'installer sur son homestead, et d'y faire quelque culture pendant les six premiers mois. Le gouvernement n'avance aucun argent.

Une compagnie ou une personne quelconque peut faire des avances en échange d'hypothèques sur les homesteads, pourvu que la somme n'excède pas $600, et que le taux d'intérêt ne dépasse pas 8 pour cent par an.

Terres de la Couronne dans les provinces.— Qi/éfeec. — ^Le gouvernement de la province de Québec possède environ 6,900,000 acres de terre dans les vallées du lac Saint-Jean, du Saguenay, du Saint-Maurice, de l'Outaouais, dans les townships de l'Est, le bas du fleuve Saint-Laurent, le lac Témiscaming, Gaspé et la vallée de la Matapédiac. Il concède ses terres en exigeant un cinquième du paiement le jour de l'achat, et en percevant le reste de la somme en quatre versements annuels égaux, avec un intérêt de 6 pour cent.

Ontario. — -Les terres de la couronne de l'Ontario, situées au nord et au nord-ouest de cette province, sont en grande partie couvertes de forêts. Un père ou une mère de famille, ayant des enfants âgés de moins de dix-huit ans, peuvent obtenir un terrain de 200 acres ; un célibataire, âgé de plus de dix-huit ans, ou un homme marié qui n'a pas de jeunes enfants, cent acres. Ces personnes peuvent en même temps obtenir cent autres acres au prix de 50 sous l'acre, en payant au comptant. Les colonisateurs sont tenus à résider au moins six mois par année sur leur nouvelle terre, à construire une maison ayant au moins vingt pieds de long sur seize de large, et à défricher 15 acres de terre pendant les cinq premières années.

Nouvelle-Ecosse. — ^1,500,000 acres de terre, en partie cultivables, peuvent être concédés au prix de S40 les cent acres. Les terres qui, jusqu'en 1899, étaient livrées gratuitement pour le commerce du bois, ne le sont maintenant que par baux de vingt ans, à 40 sous l'acre. . Le bail peut être renouvelé aux mêmes conditions. Quand il s'agit du bois de coupe pour la fabrication du papier, le coût est de 50 sous l'acre. Le bail de 50 sous permet la coupe du bois de cinc^ pouces de diamètre et au-dessus. Celui de 40 sous ne permet pas la coupe audessous de dix pouces. D'après une clause ajoutée à la loi (1901;, le gouvernement a droit, durant le terme du bail, d'accorder une partie du terrain ainsi loué à un individu qui veut devenir colon, à condition de ne pas lui concéder plus de. deux cents acres ; dans ce cas, le département des terres de la Couronne remet au locataire la somme qu'il a déboursée pour la coupe du bois.

Nouveau-Brunswick.- — -Le Nouveau-Bruns\\ick possède à peu près 7,000,000 d'acres de terres non concédées. Tout colon âgé de dix-huit ans a droit à cent acres, en payant S20 au comptant, ou en travaillant au chemin pubUc pendant trois ans, pour une somme de SIO chaque année. Une maison de vingt pieds de long sur seize de large doit être construite pendant les deux premières années, et deux acres de terrain doivent être défrichés. Les célibataires peuvent acquérir deux cents acres sans conditions. On vend à l'enchère ces terres au prix de SI. 00 l'acre, payable au comptant.

Terres des chemins de fer. — La législature fédérale et les gouvernements provinciaux font des octrois en terrains aux compagnies de chemin de fer. pour favoriser le commerce, l'industrie et la coloni-

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sation. Le Pacifique-Canadien et le Pacifique-Grand-Tronc ont des terres le long de leur voie, dans le Manitoba, la Saskatchewan et l'Alberta. Ils ont aussi la gérance des terres de la compagnie Columbia and Kootenay Rai loay and British Columbia Southern Railway, situées dans le district de Easi Kootenay, en Colombie-Britannique.

Le Pacifique-Grand -Tronc et le pont de Québec^A cause du flot d'immigration, qui, depuis quelques années, vient de l'Europe et des États-Unis pour s'établir sur les terres du Nord-Ouest canadien, une nouvelle voie de communication paraissait indispensable dans ces régions. C'est alors que, pour satisfaire à ce besoin urgent, se forma la Compagnie de chemin de fer Pac jique-Grand-Tronc., qui fut autorisée, en 1903, par un acte du Parlement fédéral. Les travaux commencèrent en 1905. Cette voie ferrée traverse le continent. Sa longueur est de 3600 milles, sans compter les embranchements projetés.

Ce fut en prévision de cette gigantesque entreprise, qu'une compagnie de Québec demanda et obtint des subsides du gouvernement fédéral, pour construire un pont, sur le Saint-Laurent au Cap-Rouge. On se hâta de préparer les plans ; la pose de la pierre angulaire eut Heu le 2 octobre 1900. Les travaux s'avançaient rapidement quand, le 29 août 1907, en achevant la colossale moitié de l'arche, le pont s'écroula. Dans cette catastrophe afïreuse, pas moins de soixantedix ouvriers trouvèrent la mort, et les pertes furent de huit millions. Malgré ce terrible contretemps, l'œuvre ne resta pas en chemin. Dès l'année suivante le gouvernement fédéral fit reprendre les travaux. En 1916, en montant la travée centrale, elle tomba dans le fleuve. Quatorze hommes se noyèrent et les pertes s'élevèrent à cinq cent mille piastres. Ce fut l'année suivante (1917) que le pont fut achevé, en posant avec succès la travée centrale. Le premier train y passa le 17 octobre^

La plus grande partie du Pacifique-Grand-Tronc est achevée, et les trains y circulent déjà en plusieurs endroits.

1 Dimensions du pont: longueur d'une rive à l'autre, 3,239 pieds; longueur entre les piliers d'ancrage, 1800 pieds; longueur de la travée centrale 640 pieds; hauteur de la trav^^e centrale au-dessus de l'eau, 150 pieds; largeur, 88 pieds. Le pont contient deux voies pour wagons iV vapeur, deux autres pour tramways électriques, deux chemins pour voitures et piétons. Le voyage entre Halifax et Winnipeg est désormais raccourci de 200 milles.

Le .suci't- dV'ii'.ljle

Ce transcontinental promet d'être une source de prospérité pour le pays. On trouve déjà plusieurs villes sur son parcours. La Colombie anglaise a donné des terres sur la côte du Pacifique, pour l'établissement de Prince-Rupert, terminus ouest de la nouvelle ligne. De grands travaux s'y exécutent. On veut faire de cette ville l'une des plus belles de la Colombie.

Avenir économique du Canada. — -Il y a de tout dans le Canada, ce beau pays de Tavenir, aussi vaste que l'Europe : plaines, montagnes, fleuves incomparables, lacs d'eau douce partout, forêts immenses, pêcheries des plus productives du monde, terres à céréales et mines de tout genre : précieuse réserve de l'avenir.

Jusqu'à la confédération (1867), l'agriculture fut à peu près l'uniciue ressource économique du Canada, dont le sol fertile, favorable aux prairies, est aussi une excellente terre à blé. Presque partout, le climat est assez humide pour assurer le succès des récoltes.

La culture des céréales, occupant le premier rang, fournit plus de la moitié de la production totale de l'agriculture canadienne.

Les machines de tout genre, ont diminué les frais de la main d' œuvre sur la ferme, et l'agriculteur peut se considérer comme un industr.'el.

L'arboriculture fruitière — -surtout la culture du pommier — -s'est considérablement développée. Le sud de l'Ontario se fait remarquer par la variété et l'abondance de ses fruits : pommes, poires, pêches, raisin, etc.

L'élevage tient le second rang. On trouve d'immenses troupeaux dans les prairies de l'Ouest. Les races chevaline, porcine et galline se multiplient rapidement.

Depuis ces dernières années, l'industrie laitière a pris des accroissements considérables; il y a, dans presque toutes les campagnes, des beurreries et des fromageries, dont les produits s'écoulent surtout au pays et en Angleterre.

L'exploitation forestière, la plus ancienne industrie canadienne après celle des fourrures, a notablement progressé depuis un quart de siècle. Chaque printemps, à la fonte des neiges, l'érable donne une sève abondante, dont la concentration produit du sirop et du sucre exquie.

Mentionnons, en terminant, les industries extractives, métallurgiques, manufacturières, et la mise en valeur des terres par le développement des voies de communication.

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LECTURE. — La race française en Amérique. — Ce serait restreindre singulièrement le cadre de l'expansion de la race française dans le nouveau monde que de le borner au Canada. Cette race qui s'est développée sans cesse en Amérique, n'entend pas, malgré les pronostics du fanatisme de certains clans, s'éteindre dans l'espace de quelques années. Pour se former une idée juste de son accroissement, on n'a qu'à parcourir actuellement le Québec, l'Ontario, les provinces maritimes, l'Ouest canadien, la Nouvelle- Angleterre et les régions des grands lacs. A ceux qui assurent notre ruine prochaine, opposons cette preuve de chiffres écrasante : en 176C, la population française en Amérique était de 00,000 âmes, tandis qu'aujourd'hui (1910) elle en compte 3,040,000.

Nous, Canadiens français, admirons avec fierté Champlain, qui après avoir fondé Québec, explora les vastes contrées à l'ouest de l'Outaouais (1610 ) ; Joliet et Marquette, découvrant le Missisipi (1673) ; d'Iberville, fondant la Louisiane (1700); La Mothe-Cadillac, établissant le Détroit (1701 ) ; Bienville, jetant les bases de la Nouvelle-Orléans (1717); Pierre Gaultier de Varennes de la Vérendrye, allant planter la croix et le drapeau flem-delisé jusque dans les immenses régions du Nord- Ouest et au sommet des montagnes Rocheuses, appelées les Alpes canadiennes (1731-1743).

Glorifions nos missionnaires entreprenant les voypges longs et périlleux des explorateurs, pour éclairer les peuplades indiennes de lumières de l'Évangile.

Après la conquête, au lieu de se resserrer dans les limites de la province de Québec, la race française essaima dans toutes les parties du Canada. On trouve aujourd'hui des centre? nombreux de Canadiens français dans les comtés de Prescott, Russe 11, Carleton, Glengarry, Stormont, etc., de l'Ontario ; ils se sont même portés dans les cantons de l'Est, ces domaines choisis où les Anglais s'étaient abrités, et qu'ils regardaient comme des barrières aristocratiques infranchissables à notre race.

Il .(î faut pas oublier, non plus, la vaillante population canadienne-française des comtés de Kent et d'Essex, issue des colons qui fondèrent le Détroit. Que dire de la belle contrée du saut Sainte- Marie, ce nouvel Ontario, où les nôtres, g'avançant par le nord du Québec, ont porté la civilisation et l'industrie !

C'est également la race canadienne-française qui a arraché les secrets de l'Ouest et du Nord pour évangéliser les naturels, les civiUser et contracter avec eux des alliances qui ont donné cette phalange de pionniers appelés Métis.

Des essaims venus de France pour coloniser la plus grande partie de la Rivière- Rouge, ont aussi fait souche dans l'Alberta et la Saskatchewan.

Si nous allons maintenant à l'est du Canada, nous trouvons sur ce coin béni la tige vigoureuse des Acadiens, rejeton de la race française, renversée pour un iitôtant par une inqualifiable tempête anglo-saxonne, mais qui dans son héroïque énergie a su se relever et reprendre un nouvel essor, aussi florissant que le premier.

Les États-Unis ont été une véritable terre promise à nos concitoyens émigrant dans cette immense république, où la fortune semblait plus facile, pour y chercher le bien-être qu'on ne pouvait leur procurer ici. En 1910, nous comptions chez nos voisins 1,200,000 des nôtres. Dans les diocè.ses de Portland, de Manchester, de Biirlington et d'Ogdensburg, les Franco-Américains sont en majorité, et, par là

même, maîtres de leurs destinées. Ils forment des agglomérations puissantes dans beaucoup d'autres endroits.

L'église, l'école, la presse, les congrès, et surtout les associations de la jeunesse catholique sont ce qui, dans la Nouvelle-Angleterre, donne aux nôtres une recrudescence pleine de force et d'énergie.

Pour rester dignes de nos ancêtres, multiplions les groupements, les cercles, les œuvres d'épargne, les ca'sses de crédit, où se concentrent l'activité, les forces et toutes les richesses de la vie nationale.

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