TERRITOIRES DE L'OUEST
Diflcultés de l’Orégon.(+ qui forme aujourd'hui la majeure partie de la Colombie canadienne et les états américains de Washington, de l'Orégon et de l'Idaho. s'appelait au commencement du siècle dernier le territoire de l'Orégon et couvrait une superficic totale de 600,000 milles carrés. Les deux gouvernements de Londres et de Washington se disputaient la possession de ce vaste territoire et chacun basait ses prétentions sur le droit de découverte et d'exploration. Cook, Vancouver et Mackenzie, pour le compte de l'Angleterre, avaient, à la fin du dix-huitième siècle, exploré ces territoires et établi des postes pour la traite des pelleteries ; le capitaine Robert Gray avait de son côté (1792) découvert la rivière Columbia et pris possession du territoire à l'ouest de la Louisiane au nom des États-Unis, tandis qu'un autre Américain J.-J. Astor, établissait un poste important pour .e Commerce des fourrures à Astoria, située à l'embouchure de ia rivière Columbia (1811). Ces divers établissements furent tous dans la suite achetés par la Compagnie de la Baie d'Hudson et la question de possession territoriale demeura pendante jusqu'en 1846, les deux gouvernements administrant conjointement ce territoire.
Traité de Washington (1846). \ers 1840 il se fit un mouvement d'émigration américaine de ce côté qui souleva de nouveau le probléme de la possession territoriale ; il devenait dangereux pour les prétentions de l'Angleterre de laisser s'établir là une colonie, qui ne Manquerait pas de s'organiser bientôt politiquement et de faire passer à l’allégeance américaine ce vaste territoire
de l'Ouest. IL fallait done en finir, bien qu'aucun des deux gouvernements ne fut disposé à défendre ses prétentions par les armes. La question a été définitivement réglée le 15 juin 1846 par Île traité de Washington. La ligne quarante-neuviéme, que la convention de Londres (1818) avait adoptée comme devant être la limite sud du Manitoba et de l’Assiniboine, fut continuée jusqu'à 1a cote du Pacifique et toute l'ile de Vancouver demeura possession anglaise, Comme pour toutes les autres questions de frontières à établir, l'Angleterre avait dü céder devant les exigences de ses anciens coloniaux devenus puissants par leur indépendance.
La Colombie britannique.—] ile de Vancouver, cédée en toute propriété à la Compagnie de la Baie d'Hudson, (1848) devint le siège du gouvernement établi pour l'ile et la côte du Pacifique. (1) En 1856 la découverte de gisements d'or sur le Cpntinent au versant occidental des Rocheuses amena sur les côtes du Pacifique une grande affluence de chercheurs d'or dont plusieurs s'établirent là définitivement, Deux gouvernements distincts administraient les affaires de l'Ile et de la Colombie britannique, ainsi nommée par la reine Victoria (1858). Les deux colonies mises d'abord en antagonisme par leurs intérêts économiques différents furent réunies en une seule province par une loi impériale passée en 1866. La Compagnie de la Baie d'Hudson dut abandonner le gouvernement politique à un parlement élu par le peuple, Une nouvelle colonie anglaise était fondée dans l'Amérique du Nord,
La Rivière Rouge.— | es explorations et les découvertes à la fin du dix-huitième siècle et au commencement du dix-neuvième avaient amené dans les prairies de l'Ouest quelques centaines de colons établis À la rivière Rouge. Après plus de cinquante ans, cette Colon, comptait à peine 8,000 à 10,000 habitants toujours gouvernés par le Conseil de l'Assiniboine sous l'autorité suprême de
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(1) Le territoire fut d'abord désigné sous le nom de Nouvelle- Calédonie,
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la Compagnie de la Baie d'Hudson. l'endant ce demisiècle, tout le monde fut habilement tenu sous l'impression que les terres de l'Ouest n'étaient pas propres à un établissement sde de colonisation. Forte de son commerce exclusif des fourrures, la Compagnie n'était guère désireuse de voir s'établir dans les Prairies une colonie trop importante d'agriculteurs dont les champs de blé remplaceraient les territoires de chasse. Elle gouverna donc le pays dans le sens de ses intérêts propres aussi longtemps qu'elle le püt faire. Sir George Simpson, qui dirigea longtemps cette grande institution commercia'e britannique, détourna le commerce des fourrures du côté de la baie d'Hudson au détriment des provinces de l'Est qui y avaient trouvé tant d'avantages au temps de la Compagnie du Nord-Ouest. Ce moyen de communication régulière avec les deux Canadas n'existant plus, l'Ouest devint un territoire isolé, fermé à la colonisation. D'autre part un droit d'impôt fut mis sur toutes les importations et exportations afin de rendre encore plus exclusif le commerce local de la Compagnie avec la petite colonie. Le commerce des fourrures ne devait se faire qu'avec les agents de la Compagnie qui payait en marchandises les fourrures sans nombre que les sauvages apportaient chaque saison à ses postes. C'est ainsi que la Compagnie de la Baie d'Hudson, grâce à un monopole exclusif le plus vexant et le plus arbitraire, à réussi pendant un demi-siècle à empécher le développement de l'un des pays les plus fertiles au monde.
Sir John Franklin.— (‘ct explorateur anglais fit un premier voyage dans les régions du Nord en 1818; les glaces l'empéchèrent de faire aucune exploration utile. L'année suivante il se rendit à la baie d'Hudson. Durant deux ans il explora le territoire du grand lac de l'Esc'ave et de la rivière Coppermine jusqu’à l'Arctique.
Au mois de mai 1845, Franklin et 134 compagnons partaient de l'Angleterre à bord de l'Érebus et du Terror Pour Un nouveau voyage dans les régions polaires dans le but de chercher un passage à l'océan Pacifique. Franklin hiverna à l'ile Beechey, au nord de la terre de Baffin, descendit vers le sud jusqu'à l'ile de King William, où,
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