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rent le mot libéral Synonyme de libertaire, presque de libre penseur. 11 se forma alors au sein du parti un groupe de dissidents, qui ambitionna de réagir contre ce préjugé, qui avait pu naître de causes réelles aux beaux jours de l’Institut canadien, mais que l’on entretenait depuis sans beaucoup de raison au seul bénéfice du parti politique adverse. Un groupe de jeunes libéraux, que la triste expérience des anciens rendait plus clairvoyants, résolurent de donner au parti libéral une orientation moins compromettante en le dirigeant sur le seul terrain de la politique généraie canadienne. Ils fondèrent alors le parti national et aux élections de 1872, ils firent la campagne avec un programme bien différent de celui des anciens. Ils furent assez forts pour défaire Cartier dans Montréal-Est. L'ancienne école libérale du temps de Dorion, Laflamme et Papin a presque disparu devant Ja nouvelle fondée par Lanctôt, Jetté, David, Laurier, Fabre et d’autres.
Plan nouveau.—lIle changement de gouvernement avait fort ébranlé la confiance des financiers dans l’entreprise du transcontinental et Ja Compagnie canadienne du Pacifique déclara qu’elle ne pouvait trouver les fonds nécessaires pour exécuter son contrat et remit sa charte. Le gouvernement libéral se décida d'entreprendre luimême la construction du chemin de fer, sur un plan nouveau. Il fut résolu d'utiliser sur le parcours projeté les grandes voies d’eau qui se trouvaient entre les Rocheuses et le fort Garry, entre le lac Supérieur et la baie Georgienne. C'était réduire la constructicn de la voie ferrée de 1,300 milles. Le parlement autorisa aussi la division de l’entreprise en quatre grandes sections avec terminus au lac Nipissing, au lac Supérieur, à la rivière Rouge, et au versant oriental des Rocheuses. Dans le Cas où quelqu’une de ces sections fût donnée par contrat, l’on pouvait accorder $10,000 et un subside en terres de 20,000 acres par mille de chemin de fer et l’intérêt à 4% durant vingt-cinq ans sur les emprunts.
Difficultés de l’entreprise.— 1] on à pu voir par les difficultés financières rencontrées jusqu'ici que la
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construction d’un chemin de fer transcontinental était à cette époque une entreprise ardue. Les travaux d'arpentage et les calculs du génie civil démontrèrent tout ce que le projet offrait d'obstacles, de complications de toutes sortes. Il fallait percer des montagnes, multiplier les ponts, traverser un territoire inexploré sur des centaines de milles. C'était vraiment une œuvre colossale. Aussi lorsque la Colombie canadienne réclama énergiquement la réalisation du vaste projet en 1874, Edward Blake, l’un des chefs les plus éminents du parti libéral, se déclarait-il prêt à rendre à la province sa liberté plutôt que d'imposer un tel fardeau au gouvernement canadien. Lord Carnarvon, secrétaire des colonies, offrit d'agir comme arbitre entre le gouvernement canadien et celui de la Colombie. L’arrangement proposé par le ministre anglais comportait la construction immédiate d’une ligne de chemin de fer sur l’ile de Vancouver et le parachèvement du transcontinental en 1890. Les deux gouvernements acceptèrent cette décision et la Chambre basse lui donna force de loi malgré l'opposition énergique d'Edward Blake ; le projet devait s’échouer à la Chambre haute, où le parti au pouvoir n’était pas encore en grande faveur.
Influence officielle.—L'on prétend que lord Dufferin voulut se faire donner carte blanche par le premier ministre pour régler la question avec la province qui devenait de plus en plus exigeante. Ce service, peut-être utile en soi, pouvait créer un dangereux précédent et Mackenzie le ret.sa. Le gouverneur se rendit quand même en Colombie sous le couvert d’une visite officielle et démontra que vouloir parachever l’entreprise dans le temps déterminé et aux termes des conditions posées en 1871, c'était risquer l'avenir financier du pays. Cette ingérence du gouverneur ne pouvait plus êtr< admise par le gouvernement.
Promesses d’amnistie.,—Lord Carnarvon écrivait au gouverneur Dufferin qu’il était absolument hors de doute que l’évêque du Manitoba et les délégués du gouvernement provisoire avaient été mis sous l'impression que l’amnistie complète et sans restriction serait accordée
aux métis si ces derniers reconnaissaient l'autorité du Souvernement canadien. Mgr Taché. rappelé de Rome par Cartier et Macdonald Pour user de son influence, qui était grande, auprès des métis, et les amener à l’allégeance nouvelle, avait formellement promis qu’une amnistie générale et entière serait accordée. L'évêque agissait bien au nom du gouvernement ; car il ne pouvait de luimême faire de telles avances Pour amener les métis à
dans l'opposition, ne voulut pas admettre que son gouvérnement eut jamais fait de promesse aussi large. Bien qu'une enquête parlementaire eût établi qu’une amnistie générale avait été promise, le gouvernement libéral présenta en 1875 un projet d’amnistie Pour ious les :aétis à l’exc'usion de Riel et de Lépine. Tous deux étaient bannis pour cinq ans. Le gouvernement d'Alexandre Mackenzie motivait sa conduite par le refus de Macdo-
barias que créait alors au Souvernement cette organisation, lorsqu'on sait que le gouvernement libéral] d'Edward Blake avait dû mettre à prix la tête de Louis Riel, accusé de soulèvement, et que le lieutenant-gouverneur Archibald avait Cependant appelé à son secours contre les Féniens. Lépine condamné à mort pour l'affaire Scott
vit sa sentence commuée par Dufferin.
Projet de réciprocité. Ie refus dépité des Ar iéricains de renouveler le traité négocié par lord Elgin en 1854 jeta le désordre dans l'économie commerciale du pays. Les années qui suivirent furent des années d'incertitude, de malaise et de ralentissement commercial. On chercha à se créer des marchés aux Indes Occidentales et dans l'Amérique du Sud. Notre politique de tarif n'était pas encore bien établie ; l’on admettait généralement la politique de réciprocité commerciale.
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En 1874 le gouvernement Mackenzie donna à George Brown des pouvoirs illimités pour négocier de concert avec sir Edward Thornton représentant de la Grande- Bretagne, un traité de réciprocité commerciale avec les États-Unis. Le Canada acceptait le libre-échange pour tous les produits naturels: quant aux produits manufacturés, ceux que la Grande-Bretagne ne mettaient pas elle-même sur nos marchés pourraient seuls entrer en franchise, les autres seraient soumis à un droit de douane. L'influence du gouvernement impérial devait être encore bien grande pour nous forcer à élever des murs aux frontières alors que toutes nos côtes restaient ouvertes à la marine marchande de l'Angleterre, dont la politique de libre-échange nous était guère favorable. L'indépendance économique pour laquelle Alexandre Galt avait tant combattu était loin d’être un fait accompli. Brown ouvrait toutes nos pêcheries pour 21 ans et donnait aux Américains l’usage de toutes nos voies de communications fluviales. Un projet de traité basé sur ces grandes lignes fut adopté par les représentants des deux pays. Mais la politique des États-Unis, dont une immigration intensive faisait chaque année davantage un pays industriel, tendait à ouvrir des marchés par tout l'univers aux produits de leurs manufactures fort nombreuses. Élever des barrières de douane à ces produits c'était les placer dans des conditions de concurrence désavantageuses sur notre marché et les avantages de réciprocité canado-américaine étant Surtout pour nous ne devaient pas les tenter beaucqup. Le sénat américain, auquel le traité fut présenté aux derniers jours de la session, Opposa une fin de non recevoir et le Canada dut chercher une autre orientation à sa politique économique. L'on avait trop compté sur les États-Unis, l’échec fit voir qu'il fallait compter sur nousmêmes d’abord et avant tout.
Problème économique.-—1I| ne saurait v avoir dans l’économie politique d’un pays nouveau de principes absolus. Tant de facteurs divers concourent à l’ensemble de la vie que les différents systèmes ne peuvent guère s'appliquer dans toute leur rigueur et à l'exclusion les
uns des autres. Il s’agit donc pour les gouvernants des
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premières années de la Confédération de trouver plutôt quelque bonne formule combinant heureusement ce qui peut dans chacun des systèmes convenir aux besoins particuliers de notre vaste Pays encore en pleine période de formation, Deux systèmes généraux se présentent alors à l'attention du gouvernement Mackenzie. Système de protection, qui consiste à frapper d’un droit d'entrée les produits de même nature que ceux qui se fabriquent au pays, il est à l'avantage du Producteur, capital et ouvrier ; système de libre-échange. qui consiste à laisser entrer en franchise les produits dont on ne craint pas la concurrence Pour nos propres produits sur nos marchés, il profite au consommateur.
Politique d’incertitude.-Sous le régime de l’Union et durant les premières années du régime fédératif, l’impôt sur les marchandises était plutôt considéré comme une source de revenus pour les besoins de l’administration publique. Mais Ja fédération des provinces, qui favorisa subitement le progrès matériel et le développement des industries, de l'agriculture et du commerce en général, mit au Premier plan de Ja politique fédérale la question du tarif comme facteur essentiel de la vie économique. Aucun des partis cependant n'avait encore de politique bien arrêtée sur cette question du
Politique libérale, En 1876 M. Laurier, qui était passé au rang des chefs de Son parti, donnait en Chambre comme le prologue de la nouvelle politique douanière libérale. “Si l’on admet, disait-il, que le libre-échange doit être la politique ultime d’un pays, l’on ne peut nier qu'un système de Protection est nécessaire à un pays nouveau pour atteindre le plein développement de ses TESSOurCeS propres. Le plus obstiné des conservateurs doit reconnaitre q" la liberté est la condition naturelle du commerce, comme le plus franc libéral admettra, que,
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bien qu'il ne faille point élever un mur de Chine, pour séparer le pays du reste du monde, cependant il est sage et prudent d'établir aux frontières quelques forts détachés pour protéger le Pays contre l'invasion étrangère”. C'était de la politique protectionniste modérée. Le gouvernement Mackenzie semble avoir adopté cette manière de voir en proposant d'élever le tarif de quelques points sur certains articles.
Politique nationale,]e chef conservateur, sir John Macdonald, qui était surtout un politicien de carrière et de tempérament, ne manqua pas de voir que l’état économique du pays demandait de la part de ses gouvernants plus que la politique d'atermoiement et de tâtonnement, pratiquée par Mackenzie. Il était homme à tirer parti de tout ce qui pouvait l'aider à reprendre le pouvoir ou à le lui conserver, Il se fit le champion d’un idéal bien défini. Il devint protectionniste. Le refus obstiné des États-Unis de nous favoriser en rien, leur politique de mur de Chine, et surtout je sentiment des capitalistes et des ouvriers canadiens lui avaient indiqué la nouvelle voie à suivre.
En mars 1878, il énonçait la politique protectionniste de son parti en proposant la résolution suivante: “Cette Chambre est d'opinion que le bien-être du Canada requiert l'adoption d’une politique nationale. qui, par un judicieux remaniement du tarif profitera à ‘agriculture, à l’industrie, retiendra au pays des milliers de citoyens, aujourd'hui obligés de s’expatrier, empêchera le Canada d’être un marché à sacrifice et développera le commerce entre les provinces.”
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