LA PROVINCE DE QUÉBEC
Régime provincial.—Chacune des neuf provinces de la Confédération canadienne possède un parlement local et un gouvernement distinct pour l'administration de ses propres affaires. Ce pouvoir, qui est dans sa forme comme la réplique du pouvoir central, ne s'exerce que sur les objets déterminés et spécifiés dans l'acte constitutionnel de 1867. C’est un pouvoir délégué qui ne doit s'occuper que des intérêts particuliers que les Pères de la Confédération ont voulu confier à l'autonomie gouvernementale de chaque province. Quant aux partis politiques ils sont pratiquement les mémes dans les deux arènes parlementaires au provincial et au fédéral. (1)
Depuis cinquante ans, quinze ministères se sont succédé au pouvoir dans la province de Québec ; conservateurs et libéraux se partagent à peu près également ce demi-siècle du régime. La première période—1867 à 1896—<celle que l’on a quelquefois appelée “le temps des conservateurs”—ne compte pas moins de onze ministères, c'est l’époque difficile d'orientation, de tâtonnements, de malaises, d’agitation même; la seconde est relativement plus calme, plus stable aussi puisque le dernier gouvernement dure depuis quatorze ans.
Premiers ministères.— Sir Narcisse Belleau, qui ouvre la série des gouverneurs de Québec, confia à monsieur Joseph Cauchon le soin de former le premier ministère québécois ; Cauchon ne put réussir à former un cabinet et Joseph-Olivier Chauveau fut appelé à cette tâche; le peuple, aux élections qui suivirent, accorda sa con. fance au gouvernement et au parti conservateur qui le
(1) On trouvera au commencement du chapitre précédent le Statut provincial commun aux neuf provinces canadiennes.
Soutenait. Le gouvernement Chauveau qui conserva le pouvoir jusqu’en 1873 S'employa surtout à créer le nouvel organisme provincial. Les ministères Ouimet et de Boucherville qui lui succédérent .Portent à onze ans Ja durée du régime conservateur qui devait pour une année seulement céder le pouvoir aux libéraux. C'est à cette époque que fut aboli le double mandat par lequel l'on pouvait être en même temps député au provincial et au fédéral. Ces premières années du régime ne furent guère fécondes en luttes politiques, en événements marquants ; les grands problèmes se discutent maintenant à la Chambre fédérale et le parlement provincial n'a plus guère qu'à s'occuper des questions d'ordre économique.
Coup d’État. 1]es conservateurs perdirent le pouvoir en 1878, grâce à un coup d'État du gouverneur libéral Luc Letellier de Saint-Just. Sir Henri-Gustave de Lotbinière, calviniste canadien, dota la province d’un ministère libéral. Mais ce gouvernement ne dura qu’une année, car le peuple se Prononça de nouveau pour ses anciens maitres aux élections de 1879. Sir John Macdonald, qui avait réussi à renverser le gouvernement Mackenzie aux élections fédérales de 18/8, ne craignit pas Pour une fois d’user du droit de désaveu que lui donnait la constitution. Il cassa de sa commission le gouverneur de Saint-Just à cause d’un coup d'État qui avait fait perdre le pouvoir aux amis de sir John.
Sir Adolphe Chapleau.— Avec Adolphe Chapleau comme premier ministre les conservateurs reprennent le pouvoir en 1879, pour le garder avec les trois ministères Mousseau, Ross et Taillon jusqu’en 1887. Chapleau, devenu plus tard sir Adolphe Chapleau, était né à T'errebonne et avait été l'élève du collège Masson. Sorti des rangs du peuple ouvrier, il s’éleva aux premières charges publiques de sa province puisqu'il en devint gouverneur. À défaut d’une force d’argumentation irréfutable, Chapleau avait une puissance de parole irrésistible et une éloquence qui gagnaient les foules à ses convictions. Il s'est placé parmi les orateurs les plus écoutés du pays. La province lui doit en grande partie la construction du
a le hottt de s la née ‘ette l'on au ère nts ; amière
oubéde mi- 1ine ses acacas ait ur er-
chemin de fer du Nord entre Québec et Montréal et aussi celui de Montréal à Sainte-Agathe qui s'est prolongé depuis jusqu'à Mont-Laurier à travers les magnifiques panoramas laurentiens. Dans le temps, l'on a beaucoup crié au scandale ; ces deux grandes entreprises, largement subventionnées par la province, sont restées les deux plus grandes œuvres d'utilité publique du gouvernement conservateur.
Honoré Mercier.-—]es libéraux reprirent le pouvoir en 1887. Honoré Mercier, dont l'éloquence sympathique, persuasive formait contraste avec la parole déclamatoire et sonore de Chapleau, avait réussi à renverser le gouvernement T'aillon. Tout le parti libéral avait habilement exploité contre l'adversaire politique ce que l’on appelait alors le scandale du Grand Nord; puis, la jeunesse reprenait avec entrain l’idée libérale des premières années de l’Union, et l'exécution de Riel avait opéré un revirement d'opinion en faveur des partisans de Mercier, S1 le courant n'avait pas été assez fort pour renverser le gouvernement Macdonald, le ministère Taillon, lui, n'était pas assez solide pour résister à la vague. Mercier avait donné aux phalanges libérales de cette province une orientation quelque peu, dirons-nous, nationaliste, qui lui aida grandement à gagner l'électorat au programme libéral. |
Arrivé au pouvoir le gouvernement Mercier fit voter par la législature une somme de $400,000 pour indemniser les Jésuites de la confiscation de leurs biens par le gouvernement de la colonie après la conquête. Quelques politiciens anglais prétendirent forcer le pouvoir central à désavouer la loi d'indemnité, mais 13 députés seulement sur 180 votérent pour le désaveu. 11 semblait que le gouvernement libéral était bien établi, lorsque tout à coup l'affaire de la baie des Chaleurs vint le renverser. On porta des accusations de pots-de-vin et de péculat au sujet de la construction d’un chemin de fer dans la Gaspésie. [Le gouvernement Mercier se défendit mal de ces accusations et le peuple, à qui il en avait appelé, lui retira sa confiance (8 mars 1891). Mercier mourait trois ans plus tard emportant l'estime et les regrets de tous ses concitoyens.
Retour des conservateurs. l'rois ministères conservateurs se succédèrent dans la période qui suivit la chute de Mercier. La dette de la province avait atteint 25 millions et le gouvernement dut trouver de nouvelles sources de revenus. Le peuple, peu habitué à la taxe directe, n’appréciait guère ces moyens d'améliorer la situation financière et le parti libéral colla à ses adversaires l’'épithète de “taxeux”’ qui fit fortune. Le plus important de ces trois ministères conservateurs fut celui de M. Taillon, qui succéda au cabinet de Boucherville en 1892. Après quatre ans d'administration sans incident, le premier ministre l'aillon céda sa place à M. Flynn pour entrer dans le gouvernement de sir Charles Tupper. La vague libérale qui passa sur le pays en 1896 emporta par répercussion le gouvernement conservateur de Québec en 1897.
Gouvernement libéral. ]es libéraux arrivaient au pouvoir avec un programme de réformes fort chargé. Il fut d’abord question d’abolir le Conseil législatif, dont presque tous les membres étaient conservateurs; mais il fallait amender la constitution fédérale et cette difficulté servit de prétexte pour ne pas exécuter ce que l’on s'était tant promis d'accomplir quand l’on était dans l'opposition.
Le cabinet Marchand commandait une forte majorité dans la Chambre basse et reporta sur d'autres sujets son activité. Il fit approuver par la Chambre la création d’un ministère de l’instruction publique. M. Robidoux, nommé à ce poste, n’y demeura que 36 heures, le Conseil législatif rejeta cette mesure et le gouvernement libéral ne devait plus renouveler semblable démarche.
Après trois ans de vie active, le ministère libéral changea de chef. À la mort de M. Marchand (1900), M. Siméon Parent, qui avait lancé Québec dans la voie du progrès, devint premier ministre. "L'activité du ministère nouveau se porta davantage sur le développement et l’exploitation des immenses pouvoirs hydrauliques de la province.
En 1905 le cabinet Parent abandonna le pouvoir et M. le gouverneur Jetté confia à M. Lomer Gouin le soin de
tères vit la teint elles taxe ituaaires Ipor- 1 de e en dent, lynn )per.
)orta Jué-
tient irgé.
dont is il ulté était on.
)rité
son l’un nmé gisne
lan- M. du tére 'exla
de
former un troisième ministère libéral. Le nouveau cabinet n'eut d'abord pour le com‘: qu'une opposition fort restreinte en nombre. M. ,,: nc, nommé depuis gouverneur, était alors chef de l'opposition. L'esprit de combativité du chef et la valeur de ses lieutenants ne S:"fisaient pas pour compenser le manque de confiance que l'électorat marquait au parti conservateur depuis 1897. Le gouvernement de sir Lomer Gouin était alors tout puissant,
En 1909, M. Bourassa, passant de l'arène fédérale à la politique provinciale, fut pour le parti libéral un adversaire sérieux. (1) Le chef nationaliste, après une campagne de tribune et de presse entreprise contre la politique de colonisation du gouvernement Gouin, se faisait élire dans Saint-Jacques et Saint-Hyacinthe contre le premier ministre lui-même. Jean Prévost, alors ministre de la colonisation, se retira du ministère, passa aux nationalistes, et se fit l'adversaire du gouvernement. Pour un temps le nationalisme eut quelque emprise sur l’électorat, mais le parti libéral reprit bientôt son influence et depuis 1916 il compte 75 députés sur 78. La politique fédérale occupe davantage les esprits et le parti conserrateur au parlement provincial est apparemment désorganisé.
Aux dernières élections le gouvernement de sir Lomer Gouin a été maintenu au pouvoir. Quarante députés libéraux furent élus par “acclamation”’.
Province d’Ontario.—la province d'Ontario est soumise au même régime constitutionnel que la province de Québec, avec un conseil législatif en moins et un ministre de l'instruction publique en plus. Par le chiffre de sa population et le développement de sa production indus-
(1) M. Olivar Asselin avait .epuis quelques années lancé “Le Nationaliste”. M. Henri Bourassa en 1909 fondait le journal “Le Devoir” pour aider et propager le mouvement politique nationaliste.
trielle c’est la plus importante du Canada. Ontario possède plusieurs centres industriels prospères dans toutes les parties de son territoire ; ils sont réunis entre eux par des chemins de fer nombreux qui sillonnent toute la province. Là comme ici la politique provinciale est subordonnée à la politique fédérale.
En 1867 Ontario avait un parlement de 82 députés, depuis 1908 ce nombre à été porté à 110; les élections ont lieu tous les quatre ans. [Le ministre de l'éducation contrôle tout le système de l'enseignement depuis l’école Primaire jusqu’à l'université. C’est bien le plus important de tous les ministères de la province.
Depuis quelques années tous les gouvernements paraissent avoir une tendance à confier à des commissions gouvernementales certaines entreprises d'utilité publique. Dans Ontario il Y a la commission du Pare Niagara, celles des chemins de fer, des Bureaux municipaux, des pouvoirs hydrauliques du Niagara, dans Québec nous avons la commission des Eaux courantes, la commission des Utilités publiques.
Les principaux hommes publics qui ont dirigé la politique provinciale sont presque tous passés par la suite dans le domaine fédéral. Edward Blake était premier ministre à Toronto lorsqu'il fut appelé dans le gouvernement Mackenzie, sir Oliver Movwatt, libéral, avait aussi brillé sur la scène ontarienne avant d'entrer au parlement fédéral; il fut vingt-quatre ans premier ministre d'Ontario (1872-96). Le Ssouvernement conservateur de sir James Whitney dura de 1905 à 1914, alors que M. Hearst prit la direction du parti à la mort de sir James et devint premier ministre,
Depuis 1792 Ia Province est régie par le droit civil et criminel anglais. En effet le premier parlement haut- Canadien se hâta, comme le lui permettait l’acte constitutionnel de 1791, d'abolir l'ancien droit français; seuls les droits religieux, garantis par toutes les constitutions, n'ont pas été touchés. I] existe aujourd’hui dans l’Ontaric plus d'un quart de million de franco-canadiens, établis Surtout dans le district de l'Ottawa et à l’extrémité sud de la province, Depuis quelques années, ua fort
posutes
par probor-
tés, ons on ‘ole OT-
uis- OUue.
FA, les US on
groupe des nôtres s'est établi dans un district plus au nord, appelé le nouvel Ontario, qu'une politique clairvoyante et progressive à su rendre attrayant pour les colons. Ontario depuis quelques années ‘est profondément agitée par la question des Écoles bilingues.
Lu Nouvelle-Ecosse.- ]: plus ancienne des provinces du golfe, la Nouvelle-Écosse, est celle qui s'est le moins démocratisée si l’on peut dire. Entrée dans la Confédération avec grande répugnance, il semble qu'elle ait voulu conserver chez elle le plus d'autonomie possible. Nous avons vu comment l'organisme comme la mentalité politique de la Nouvelle-Écosse ressemblaient au début du dix-neuvième siècle à l'organisation et à l’esprit des Iles britanniques. Cette ressemblance s'est conservée depuis et le Conseil législatif là-bas est encore comme une petite chambre des lords avec ses prérogatives ct privilèges anciens. En politique la Nouvelle- Éc. se a été d'un libéralisme constant, bien que le parti conservateur \ ait trouvé plusieurs de ses chefs les plus marquants. Le parlement provincial est composé du Conseil législatif (21 membres) et de la Chambre d’assemblée (38 députés).
Les principales sources de richesses naturelles sont les bois de construction, les bois de pulpe. Les mines de fer et de houille dans le nord de la province et au Cap- Breton alimentent les grandes aciéries de la Dominion Steel Foundry. Les pêcheries, malgré leur exploitation constante, restent encore très abondantes.
La capitale, Halifax, qui a été en partie détruite en 1917 par l'explosion d'un navire chargé d’explosifs qui sortait du port, a été reconstruite. Plus de 1,000 personnes perdirent la vie dans cette catastrophe dont les causes réelles sont restées inconnues.
Le Nouveau-Brunswick. — Cette province est gouvernée par une Chambre d'assemblée composée de 46 députés parmi lesquels sont choisis les ministres provinciaux. Le Conseil législatif y a été supprimé en 1892. La province est surtout riche en bois de construction ; elle possède aussi plusieurs industries florissantes. À
plusieurs points de vue les deux provinces du golfe sont sensiblement les mêmes, les intérêts, identiques : cependant leur mentalité est bien différente.
es provinces sont desservies par jes chemins de fer de l’État, qui les relient aux Provinces du centre et de l'ouest. Saint-Jean et Halifax sont deux magnifiques ports de mer ouverts toute l’année à Ja navigation océanique, et qui sont d'une importance Capitale pour les autres parties de Ja Confédération Canadienne.
L'île du Prince. Edouard. C'est Ja plus petite des provinces Canadiennes, son chiffre de population se Maintient autour de 100,000. Hlle Compte 4 sénateurs ct 4 députés au parlement fédéral. Aux dernières é'ections provinciales le gouvernement Conservateur Arseneault a été défait et Jes libéraux ont gagné 26 sièges sur 30. Les ressources économiques de l’Te sont presque exclusivement l’agriculture et les pêcheries. Elle est aussi desservie par un chemin de fer de l'État.
Le Manitoba. ] plus importante des provinces des Prairies, le Manitoba, date de 1870. L'on a vu quels avaient été les débuts de la colonisation dans l'Ouest au temps de Selkirk et Comment l'ancienne terre de Rupert et de l’Assiniboine était devenue l’une des Provinces Canadiennes au milieu des troubles occasionnés par le transfert des territoires occidentaux dans Ja Confédération. La Constitution du 3 mai 1870 donnait au Manitoba une Chambre d’'assemblée de 24 députés et un Conseil législatif de 12 membres ; le Conseil fut supprimé en
876. M. Marc-Amable Girard, plus tard sénateur, y fut Premier ministre à deux reprises (1871-72 et 1874-78). Le ministère Greenway (1890 à 1900) s’est acquis de la notoriété par sa loi des écoles communes qui abolissait Je Système des écoles séparées. M. Joseph Cauchon oc- Cupa le poste de SOuverneur durant 6 ans (1882-88).
Le Manitoba doit en grande partie son développement iapide au Souvernement central qui a dirigé sur ce territoire une immigration Constante qu’une Propagande bien conduite en Europe augmentait chaque année. Le gou- Vernement fédéral s’est réservé la disposition des terri-
sont pen-
> fer t de ques )CÉAatt-
tite 1 se rs lecrsesur que 1SSI
ces els au rt es
le
LES PROVINCÉS CANADIENNES 537
toires de colonisation dans les trois provinces de l'Ouest ; et malgré plusieurs tentatives faites par les autorités provinciales pour entrer en possession de ces domaines, les gouvernements Macdonald, Laurier et Borden ont toujours et constamment refusé d’aliéner les terres de la Couronne au bénéfice des gouvernements provinciaux. Cette politique a permis jusqu'ici aux autorités d'Ottawa d'exercer dans les provinces des Prairies une influence prépondérante pour les intérêts généraux de la Confédération. La nationalisation des chemins de fer Canadien- Nord et Grand-Tronc-Pacifique est une autre cause puissante de contrôle sur ces vastes territoires.
L’Alberta et la Saskatchewan. Ces deux provinces, taillées en 1905 à même les Territoires du Nord- Ouest, s'étendent en forme de quadrilatères juxtaposés du 49° au 60° entre le Manitoba et les montagnes Rocheuses. Les intérêts politiques et économiques de l’Alberta et de la Saskatchewan sont pratiquement les mêmes et la division politique de ces provinces ne correspond pas davantage à des groupes de mentalité différente.
L'immigration venue des Iles britanniques est la plus nombreuse dans les trois provinces de l'Ouest canadien ; mais depuis quelques années un courant d’émigration américaine nous amène des milliers de colons de la République voisine; les différentes races germaniques et slaves nous ont aussi envoyé entre 1896 et 1914 de fort contingents d'émigrés, qui se sont mêélés aux Canadiens anglais ou français d’origine. L'esprit, les mœurs et la mentalité de cette agglomération ne sont pas, cela va de soi, aussi homogènes que dans les anciennes provinces.
Les Territoires du Nord-Ouest avaient été gouvernés par un Conseil exécutif et une Chambre d’assemblée de 35 membres de 1876 à 1905. Un lieutenant-gouverneur y représentait le gouvernement central. Depuis 1905 chacune des provinces jouit des institutions parlementaires.
Les Territoires du Nord-Ouest, comprennent aujourd'hui les districts de Mackenzie, Franklin et le Keewatin.
La Colombie canadienne.La Colombie canadienne est beaucoup plus homogène que les provinces du
538 CITAPITRE XXXI
centre. De mentalité britannique, anglaise même, séparée du Canada par les Rocheuses c'est la moins susceptible d’assimilation et d'absorption dans le grand tout canadien. Son territoire purement agricole est de peu d’étendue et ne se prête guère à un développement rapide. Confinée entre les montagnes et l'océan elle reste concentrée en quelque sorte en elle-même et se développe normalement et lentement sans trop subir les influences ambiantes de ses voisins. Placée en face de l'océan Pacifique, elle peut devenir d’une importance Capitale pour le reste du Canada comme province maritime.
Sir Henry Joly de Lotbinière a été nommé gouverneur de la Colombie en 1906. La C hambre d’assemblée se compose de 42 députés. La question des Indous et des Chinois se pose depuis plusieurs années à l'attention des autorités provinciales et fédérales. La solution en est sans cesse reculée par des lois restrictives sévères ; mais l’immigration des Indous, des Chinois et des Japonais se continue chaque année malgré tout car les relations commerciales avec les pays d'Orient entretiennent ce mouvement.
La Colombie canadienne possède les plus belles pêcheries de saumon du continent américain ; les forêts de pin colombien sont aussi une source de grandes richesses : le Sous-sol est aussi très riche en gisements d’or, d'argent, de cuivre et de plomb: les mines de la Colombie sont aujourd’hui exploitées avec grand avantage pour le Canada et avec profit pour la province.
Le Klonäyke.__En 1806 l'on découvrait dans le district de l'Alaska canadien. appelé depuis le Yukon, des gisements aurifères que l'on disait d'une merveilleuse richesse. La fièvre de l'or fit entreprendre à des milliers de personnes des expéditions ruineuses pour la plupart. Comme toujours en de Pareilles poussées vers les mines d’or ou d'argent, la grande majorité de ceux qui entreprirent ce voyage, dans un Pays inconnu couvert de neige et de glace, y perdirent leurs économies et plusieurs la vie. De l'or il y en avait beaucoup, mais l'exploitation payante de ces gisements ne devait profiter qu’à quelques-
parée ptible idien.
ue et 1finée e en ment >s de peut
Ca-
neur om- Chiausans Pimconomlou-
chepin : le ent, auada
le des 1se ul-
uns. Ces voyages au Klondyke firent connaître un pays que l’on ne soupçonnait guère et le territoire du Yukon est aujourd’hui habité par une population sédentaire qui continue méthodiquement l’œuvre de recherches commencée avec une ardeur fiévreuse.
La découverte du Pôle nord.—De 1875 à 1910, c'est l’époque des expéditions vers le pôle nord. La marine anglaise y fit faire un premier voyage en 1875 et le capitaine Markham atteignit le 82° 20’ de latitude. En 1881 l'américain Greeley se rendit jusqu'au 83° 24. Ie norvégien Nansen arriva dans la mer polaire en 1893. Il laissa prendre son vaisseau dans les glaces dans l’espérance que les courants polaires le conduiraient franc nord: mais le navire, après deux ans, ne prenait pas encore la direction du pôle et Nansen entreprit le 13 mars 1895 de parcourir 500 milles sur les glaces pour atteindre le pôle nord; il se rendit ainsi jusqu'au 86° 13’.
En 1897 le professeur Andrée, entreprit d'atteindre au pôle nord en ballon; le 11 juillet Andrée et ses deux compagnons montaient dans la nacelle : on n’en entendit plus jamais parler.
En 1904 le capitaine norvégien Amundsen qui devait plus tard découvrir le pôle sud, traversa de l'Atlantique au Pacifique par le détroit de Behring. Le passage du Nord était définitivement découvert mais les glaces le rendent impraticable.
Enfin le commandant Peary, de la marine américaine se rendit dans les eaux polaires en 1908 à ! :rd du Roosevelt et hiverna dans le nord du Groenlan Au printemps 1909 il choisit quelques compagnons et se mit en route pour se rendre au pôle en traineaux. Il déclara avoir atteint au pôle nord le 6 avril 1909.
Le capitaine Bernier, pour le compte du gouvernement canadien fit aussi plusieurs voyages dans les régions polaires. Stefansson entreprit aussi une expédition importante dans laquelle il fit un relevé des richesses naturelles de ces régions pour le compte du gouvernement canadien.
DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE
Le Ccommerce.—].e régime fédératif devait marquer une ère nouvelle dans le développement commercial des Provinces canadiennes. Ce premier demi-siècle d'union fédérale se partage en trois phases bien caractérisées dont les deux dernières correspondent à peu près aux gouvernements de Macdonald et de Laurier.
La première époque, celle que l’on pourrait appe'er l'époque de fondation: comprend les douze premières années du régime (1867-79). Tout doit être réorganisé, industries, manufactures, systèmes financiers, moyens de transports surtout, pour donner aux éléments économiques, dispersés sur un territoire de 5 millions de kilomètres carrés, la cohésion et la coordination en vue de la prospérité commune.
Ce temps de fondation marque une époque difficile dans l’économie politique du Canada. L'on se souvient que le traité de Washington avait cessé un an avant la Confédération: le refus des États-Unis de le renouve'er causa la plus grande perturbation dans le pays. Entre 1868 et 1875 la valeur totale des établissements qui firent banqueroute s'élevait chaque année à un chiffre qui n’a pas été égalé depuis. Les chefs de gouvernement n'’avaient pas encore de politique fiscale bien définie et leurs incertitudes entretenaient le malaise dans les milieux financiers et commerciaux.
La deuxième époque, celle de la mise en opération de la politique de protection, couvre les 17 ans du gouvernement conservateur (1879-96), (C'est l'époque de construction : établissements industriels, chemins de fer, lignes maritimes et fluviales. L'industrie se développe à mesure que se multiplient les moyens nouveaux de fabrication et les facilités des Communications et des transports.
quer
des nion lont ver-
e'er anisé, de miilo- » Ja
cile ent Ja ler tre ent L] n'a
Enfin la troisième phase du développement économique, l'époque de l’activité brospère, commence avec l’avènement des libéraux au pouvoir et se continue jusqu’à la Grande Guerre (1896-1914). Le Canada voit sa population augmenter par l'immigration surtout et son commerce entrer en pleine période de prospérité. Les libéraux avaient adopté une politique fiscale d’abaissement du tarif en faveur des produits anglais et nos industries, qui avaient eu l'avantage de s'implanter solidement sous la protection des taux de douane prohibitifs, redoublèrent d'activité.
Le capital étranger anglais où américain est venu seconder ce mouvement commercial. Cette marche ascendante, qui se ralentit quelque peu vers 1913, reprend pendant toute la durée de la guerre européenne, grâce à l'industrie métallurgique, aux établissements d’aciérage et aux fabriques de munitions.
La prospérité de ces dernières années est cependant due à des causes qui sont disparues avec la fin de la guerre et il est aujourd’hui bien difficile de saisir les facteurs économiques de l'avenir.
Le travail organisé. ]e développement de l’industrie canadienne a fait naître chez nous, comme aux États-Unis l’organisation ouvrière, De même que nous avons pris chez nos entreprenants voisins leurs méthodes industrielles et leurs moyens de fabrication à la machine, de même notre main-d'œuvre a senti le besoin de s’organiser sur des bases identiques aux leurs. Nos syndicats ouvriers ne sont que des succursales des “unions” américaines, tant par leurs constitutions et leurs règlements, que par leur soutien financier. Pour l’ouvrier canadien syndicalisé, il n’y a pas de frontière en Amérique. Il existe dans tous les grands centres industriels une “union” pour chaque corps de métier; ces corps de métiers sont réunis par groupe sous la direction d’un conseil central. Il'existe en plus pour chaque district important un Conseil des métiers et du travail formé des délégués des “unions” et des conseils de groupes de syndicats. Enfin pour tout le Canada une organisation centrale, le Congrès des métiers et du travail, se réunit une fois l’an. Cest
COTE ENTEE hip ermatpoé giga ésébéneadinmnu
hénrsnsnintnsééenmerintdte
une sorte de parlement ouvrier qui s'occupe de principes généraux et de législation commune et dont le conseil exécutif siège en permanence à ( Jttawa. En outre de cette organisation bien ordonnée il existe un embryon de parti politique ouvrier se recrutant dans les syndicats et les clubs ouvriers qui se font représenter dans un conseil central dit du Parti ouvrier, mais il n'existe pas à proprement parler de parti ouvrier, chaque club gardant Pratiquement son indépendance et subissant l'influence des deux partis politiques officiels de ce pays.
Toutes tentatives pour former des “unions” nationales purement canadiennes ou catholiques ont pratiquement échoué et les quelques rares organisations du genre n’existent guère que dans notre province. Les “unions” sont loin de compter dans Jeurs rangs tous les ouvriers canadiens, mais ces sortes de syndicats représentent cependant aujourd’hui une puissance qu'il serait déraisonnable de nier ; les “unions” ont largement contribué à améliorer les conditions de travail et elles pourront faire bien davantage pour le bien social du pays le jour où quelque influence bienfaisante les dirigera dans la voie des intérêts communs de la société canadienne.
Les monopoles. Voilà une autre institution que les Américains nous ont jetée par-dessus la frontière. C'est la réunion sous une même organisation financière d'un groupe d'entreprises industrielles portant sur un même produit et exploitées par des compagnies ou des individus. Le but de ces “combines”, “trusts” ou monopoles est de perfectionner les moyens de production, réduire les dépenses d'exploitation et uniformiser les prix de vente en contrôlant le marché. Les monopoles se sont appliqués au début au perfectionnement des outillages et des produits manufacturés. À ce point de vue, ils ont rendu d'inapyréciables services. Un autre résultat également prévu a été de Supprimer la concurrence et de hausser jes prix. Ils sont prohibés par la loi aux États- Unis. Au Canada l'opinion publique ne s’est pas encore imposée aux législateurs quoique les abus de ce côté ne manquent pas.
cipes nseil e de nm de ts et con- AS à dant ence
iales nent XISsont anadant * de r les yan-
inrêts
que ère.
ière un des norériX ont et ont gade tspre ne
La colonisation. \ «deux reprises depuis la Confédération, un mouvement de colonisation s’est fait avec quelque vigueur dans notre province. Le premier est dü à l'initiative du curé Labelle qui ouvrit à la culture les terres des Laurentides, que seuls les marchands de bois avaient jusqu'alors explorées. Dans l’espace d’un demi-siècle, sur une distance de cent cinquante milles, à la place des forêts de pins se sont élevés des villes et des villages que relient deux voies ferrées partant l’une de Montréal, l’autre d'Ottawa. pour aboutir en plein centre des Laurentides à Maniwaki et à Mont-Laurier. Ce fut vraiment une entreprise colossale, que de jeter ainsi au milieu des montagnes une population d'agriculteurs ct de colons.
Vers 1850 le territoire du lac Saint-Jean fut ouvert à la colonisation. La fertile vallée du Saguenay se couvrit d’une population rurale qui est aujourd'hui desservie par un chemin de fer.
Un groupe de colons se dirigea aussi du côté du lac Témiscamingue avoisinant la terre ontarienne et déversa bientôt dans le nouvel Ontario. Les obstacles naturels ne sont pas les seuls que le colon ait à surmonter. Le marchand de bois, qui s’est longtemps à l’avance assuré des droits de coupe sur de vastes territoires, n’a guère d'intérêt à voir reculer sans cesse ses limites forestières. Il s’en suit un antagonisme de tous les jours entre lui et le colon et l’on conçoit facilement que cette lutte est souvent inégale.
En ces dernières années le courant colonisateur s'est porté du côté de l’Abitibi que traverse le nouveau transcontinental, ainsi que dans la Gaspésie et dans la région du lac Témiscouata.
Dans la province d'Ontario la colonisation se fait sur les bases d'une entreprise commerciale. Il s’est fondé dès le début des sociétés ou compagnies de colonisation, lesquelles, tout en poursuivant le but de coloniser le pays, entendaient bien en retirer des bénéfices. Elles firent de l'entreprise une affaire payante; il en résulta tout un système d'organisation, qui fut pour le colon une véritable puissance ; ce qui lui permit de rivaliser avec les mar-
idliise
chands de bois et de s'imposer à l'attention des got nements. Cette colonisation systématique assurait colons des communications régulières et permanente terre, par eau, ou par chemins de fer.
Dans les plaines de l'Ouest le progrès systématiqu encore plus accentué. Trois grandes provinces se p gent deux millions d'habitants et couvrent près de !) lions d'acres de terres en culture. Tout ce progrès réalisé en un demi-siècle, dans les vingt dernières ai surtout, grâce à une politique très large et très lib d'immigration et de facilités de toutes sortes offerte: colons.
Immigration.—Ile mouvement d'immigratior insulaires britanniques au Canada est en marche. façon systématique depuis à peu près un siècle. bien en effet depuis 1820 que nous arrive chaque : un contingent d'émigrants anglais, écossais où irlai de conditions diverses, mais surtout de classe moyer pauvre. Depuis la Confédération, ces gens se di presque tous vers l'Ouest canadien. Le gouverne encourage par tous les moyens possibles ce mouve d'immigration intense vers les Prairies. Depuis 18% tout les arrivages ont atteint des chiffres très élevé passant parfois 200,000 par année. Au temps du vernement Laurier un fort courant d'immigration ricaine eut lieu vers les Prairies, Ontario a aussi p large part de ces recrues nouvelles alors que Q n’en recevait que pour sa population flottante avec ques recrues de France et de Belgique. Ces im ne sont pas tous restés au pays, un grand nombre retournés dans les Iles ou sont passés la frontière ricaine. Pour la plupart le Canada n'est qu'un d'adoption, une patrie passagère, alors que l'Angl est restée la vraie patrie. La grande guerre a été | sion de démontrer ce sentiment, et la voix du sang manifesté en raison inverse de l'ancienneté des gr en ce pays.
Les Canadiens de l’Ouest.—I.es Canadiens çais ont été les pionniers de l'Ouest canadien et :
es gouversurait aux inentes jar
natique est s se partas de 1 :nilogrès a été res années rés libérale ffertes aux
ration des rche d’une ècle. C’est aque année u irlandais.
moyenne et se dirigent uvernement mouvement is 1896 surélevés, déps du gouration améussi pris sa que Québec : avec quelss IMmMIgrés ombre sont ntière améqu'un pays l'Angleterre a été l’occau sang s’est des groupes
adiens frann et améri-
à seal tin an tadiéédéét sauuesr
tas ro tentes à Last à +02 Lab Lamd ch do ir co ml bang Et PAR TEN
VIÉ SOCIALE 545 Cain. “TIs ont donné des noms aux lacs montagnes et aux différents lieux qu'ils ont visités, baptisant ainsi une vaste portion du continent.” (1) Les premiers parmi les découvreurs depuis Jolliet et La Vérendrve, la plupart des exp'orateurs, des traiteurs et coureurs de bois, des interprètes et des missionnaires comme des colons tous sont canadiens. Tout le territoire de 1 Jhio, du Mississipi, du Wisconsin et en remontant vers le nord celui de la rivière Rouge et de la Saskatchewan, ont été ouverts à la colonisation par des Canadiens franais. Au siècle dernier la plupart des explorateurs anglais se faisaient accompagner de ces hardis coureurs de bois, qui : aient déjà parcouru à peu près tout l'Ouest jusqu'au Pacifique.
Parmi ces intrépides pionniers, se glade, les Faribault, les Beaubien, les ( fondateur de Saint-Paul, Minnesota, premier gouverneur de l'Illinois.
1856) est le fondateur de Milwaukee sur les bords du lac Michigan. 11 est appelé le “pionnier du Wisconsin”, Jacques Dupéron Baby et ses fils ont joué un rôle prépondérant au Détroit.
Aujourd'hui les Canadiens de 1" Juest ment submergés par le flot envahisseur européenne; mais ils scnt ét principaux centres du Manitoba. de la Saskatchewan et de l'Alberta ; ils continuent dans des milieux souvent antipathiques les traditions canadiennes. Ils sont représentés dans tous les domaines de 1a politique, de la magistrature, du commerce et de la finance. Ils ont pour les soutenir
leurs journaux et leurs organisations sociales de caractère national.
Les Canadiens aux Etats-Unis.
plus d’un million, établis Pour la plupart d Mmanufacturiers des États de la Nouvelle-A mont, Massachusetts, Rhode Island et M
Lors des troubles de 1837,
{1} Joseph Tassé:
, AUX fleuves, aux
trouvent les Laniuérin, ce dernier.
Pierre Ménard, le Salomon Juneau (1793-
sont pratiquede l'immigration ablis par groupes dans les
Ils sont ]à ans les centres ngleterre, Veraine,
un certain nombre des
Les Canadiens de l'Ouest.
RE art enen rend
D Fathismine piment ses
notres avaient passé la frontière et s'étaient établis environs du lac Champlain: mais ce n’est que vers | que le mouvement d'émigration prit des proportions à Mantes. C'est l'époque des grandes chicanes politic de la fin du régime unitaire et nos hommes publics, : occupés à défendre leurs théories de gouvernement, SUTent pas enrayer cet exode de centaines de n Canadiens.
Parmi les causes qui ont déterminé ce “grand dérar ment” dans notre population agricole, l'on a mentio l'amour inné des aventures, le luxe, le besoin de char ment, l'inconduite même. Mais le caractère perman de ces motifs n'expliquent pas un fait fortuit. Le : d'encouragement donné à la colonisation et le man d'établissements, industriels furent sans doute les prit pales causes de l'émigration canadienne en masse v les centres industriels américains.
Dans les premiers 25 ans d'émigration il s'est effec un Mouvement de retour considérab'e : ce mouvement continue encore mais avec moins d'intensité is complit au profit des provinces de l'Ouest. Les Fran américains ont là-bas leur Organisation sociale distin que les sociétés nationales et le clergé français tenden consolider toujours davantage. Ce mouvement d'orga sation des groupes Canadiens français fut entrepris ] Ferdinand Gagnon qui fonda le journalisme franco-cai dien et l'association nationale dans tous les États de Nouvelle-Angleterre.
Aujourd'hui le groupe franco-américain est deve une unité importante dans la grande République.
Les nations sauvages.—[es principales natio sauvages du Canada sont au nombre de huit ou ne Les Esquimaux habitent les régions arctiques du Labr dor à l'Alaska. Ce sont les moins susceptibles de to de se faire au commerce des blancs et de se convertir christianisme. Les ÆAlgonquins ont toujours été dans | provinces de l'Est et les Prairies. Les Iroquois se tie nent sur le territoire des grands Lacs ; ils vivent surto sur la réserve de la Grande-Rivière. Les Sioux et 1 Cris habitent ies provinces des Prairies ; ce sont les pli
tablis aux vers 1860 ions alarpolitiques blics, tout ement, ne de mille
dérangenentionné e changeermanent
Le peu manque es princiasse vers
| effectué ement se t il s’ac- Francodistincte endent à d'organipris par ICO-canaits de la
devenu e.
nations Ju neuf.
1 Labrade tous rertir au dans les se tiensurtout x et les les plus
ae dé
Et £ #
nombreux. dienne.
Le nombre des Sauvages ne dépasse pas 100,000 aujourd'hui : ils étaient beaucoup plus nombreux au temps de la fondation du Canada. Les diverses races satvages par toute l'Amérique diminuent continuellement et s'acheminent vers l'extinction complète. Les boissons, les maladies épidémiqr. massacres entre eux ont été les principaes causes cette !
‘écadence.
Depuis la Confédera de 1807. la plupart vivert sur
Les KXootcnés vivent dans la Colombie cana-
des réserves où il: & PE ue d'oits de citoyen, mais Où ils ne pouvaient jus lUlL © + inquiétés par personne. Les saunas. ont t ‘1 nt été exploités par
les commerçant. de ou individus.
Appauvris, démo al:
sociales qui n'existent pi:
anciens.
fourrure ‘ipagnies de commerce
s 11 perdent leurs institutions here que dans la mémoire des
Les missionnaires oblats continuent dans l’'Orest l'œuvre des missions chez les “iivages. Le P. Lacombe, a Consacré plus de 60 ans de sa vie à l'évangélisation des Indiens et à Ja défense de leurs intérêts,
Administration de la justice. 1: justice est administrée dans chaque province concurremment par le pouvoir central et les Bouvernements provinciaux : le ministre de la justice représente le premier, les procureurs généraux représentent les seconds. Tous les juges, à l’exception de ceux des cours Sommaires, sont nommés par Ottawa et payés par les provinces. L'organisation des districts judiciaires, l'administration et Ja régie des cours, l'entretien des prisons, la nomination des shérifs dépendent exclusivement des Pouvoirs locaux. Du ministère de la justice relèvent les pénitenciers. Tous les revenus des cours appartiennent aux provinces.
L'organisation judiciaire varie selon les lois particulières des Provinces ; mais dans toutes le droit criminel anglais est exclusivement suivi, alors que dans la pro-
vince de Québec l’ancien droit civil français est resté dans les statuts.
La Cour supréme, dont les assises se tiennent à Ottawa, exerce sa juridiction sur tout le territoire canadien, Le Conseil privé à Londres est le dernier iribunal d'appel
MOUVEMENT RELIGIEUX
L'Eglise catholique.-—lurant ce demi-siècle de la Confédération, l’Église catholique s’est développée au milieu de la plus grande tranquillité. Elle compte aujourd'hui une quarantaine de diocèses, plus de 2,000 paroisses et 3,700 prètres. Il v a aussi plus de 3 millions de catholiques dans les neuf provinces canadiennes. En 1886 Mgr Taschereau était créé cardinal. Son successeur Mgr Bégin était lui aussi élu prince de l’Église en 1914. ,
À la suite des difficultés scolaires du Manitoba, sir Wilfrid Laurier obtenait de Rome en 1899 la nomination d'un délégué permanent du Saint-Siège au Canada.
En 1909 eut lieu à Québec le premier concile plénier canadien.
Le troisième centenaire de la fondation de Québec donna aussi lieu à des fêtes brillantes.
Le Congrès eucharistique.—Un congrès eucharistique universel fut tenu à Montréal du 7 au 12 septembre 1910. Il fut présidé par le cardinal légat Vincent Vannutelli, et donna lieu à de magnifiques démonstrations religieuses. La procession solennelle du Saint- Sacrement et l'exposition au reposoir sur le versant du Mont-Royal au milieu de 300,000 catholiques venus de toutes les parties du monde fut le plus bel acte de foi du Canada catholique.
Les Églises protestantes. — L'Église anglicane compte un million d’adeptes alors que les méthodistes et les presbytériens sont plus de deux millions. L'Église d'Angleterre au Canada est organisée par archidiocèses et diocèses et tout son clergé relève de l'autorité royale. Depuis que les réserves du clergé ont été abolies, l'État canadien n'a plus de relations officielles avec les Églises
protestantes.
Otdien, ppel
e de e au au- ] paions
in cesplise
sir tion
nier bec
chasepcent tra- Sa-
du
de du
ane s et lise ses ale.
tat ses
VIÉ SOCIALÉ 549
PROGRES ÉDUCATIONNEL.
at LE Fe onu Lie
L'Instruction publique. Comme l'on sait l'instruction publique est laissée au soin de chaque province, et seuls les droits des minorités acquis avant la constitu- 4 tion de 1867 sont aujourd'hui inviolables. Il n'existe de par la loi d'écoles séparées que dans les deux provinces de Québec et d'Ontario. Partout ailleurs, c'est le Systéme d'écoles publiques, avec quelques privilèges pour les catholiques et les franco-canadiens. Québec est la seule province où chaque groupe contrô!e son propre système d'instruction publique. Dans l'Ontario, tout le système scolaire est soumis au même bureau de direction et si les catholiques ont droit à leurs écoles confessionnelles ils n'en ont pas la haute direction. Quant aux écoles françaises, le gouvernement tend à les supprimer légalement.
Dans notre province, l'instruction publique est laissée à un comité central, mi-ecclésiastique, mi-laique (1) ayant à sa tête un surintendant général, représentant le gouvernement. L'administration financière relève des commissions locales élues par les propriétaires fonciers de chaque paroisse ; les protestants chez nous ont de droit et de fait le contrôle absolu de leurs écoles établies sur les mêmes bases légales que les nôtres. L'enseignement commercial est en grande partie confié aux institutions religieuses. Quant à l'enseignement secondaire il est presque exclusivement donné par le c'ergé.
Dans toutes les autres provinces de la Confédération, l'instruction publique relève directement du gouvernement par l'intermédiaire d’un ministre faisant partie du cabinet provincial ; l'instruction secondaire et universitaire est aussi sous le contrôle de l'État et subventionnée par lui.
Tous les établissements universitaires qui relèvent de l'État ont reçu des gouvernements provinciaux ou du gouvernement fédéral des dons en argent ou des subsides en terres! Manitoba, 150,000 acres, Ontario, 300,000, Colombie, 2 millions d'acres.
(1) Composé des évèques et d'un égal nombre de laïques.
Les universités canadiennes.--] enseignement universitaire est organisé aujourd’hui dans huit des provinces du Canada. Aux universités sont affiliés les co! lèges classiques ou autres établissements d’études secondaires qui alimentent leurs facultés : théologie, philosophie, droit, médecine, science, arts et littérature. Le Canada possède aujourd’hui vingt-et-une universités et un grand nombre d'établissements d’études classiques ou secondaires.
Le Saint-Siège vient de rendre l'université de Montréal indépendante de l’université Laval de Québec. Chacune des 8 provinces possède les universités suivantes :
Province de Québec: l’université Laval, Québec (1852), l'université de Montréal (1876), l’université MecCnll, Montréal (1821), le Bishop's College, Lennoxville( 1845).
Province d'Ontario: le Trinity College, Toronto (1851), Victoria, Toronto (1836), l’université de Toronto (1832), McMaster University, Toronto (1887). Queen's University, Kingston(1841) Western University, London(1878), l'université catholique bilingue d'Ottawa (1866).
Nouvelle-Ecosse : King’s College, Windsor (1789), Dalhousie University, Halifax (1818). Acadia University, Wolfville (1838), l’université catholique de Saint-François-Xavier, Antigonish (1855).
Nouveau-Brunswick: l’université du Nouveau-Brunswick, Frédéricton (1859), Mount Allison University, Sackville (1858).
Provinces de l'Ouest: l’université du Manitoba, Winnipeg (1877), l’université de la Saskatchewan, Saskatoon (1889), l’université de l'Alberta, Edmonton (1906), l’université de la Colombie canadienne, Vancouver (1912).
L'Ecole bilingue. l y a une douzaine d'années les divers groupements de Canadiens français dans la province d'Ontario se sont réunis pour une action commune afin d'obtenir du gouvernement provincial de plus grands avantages pour leurs écoles bilingues catholiques. Un congrès général de l'éducation bilingue fut tenu à Ottawa où l’on formula plusieurs demandes de réformes
nent des colcon- [oso- Cst un 1 se-
ont- Cha- 52), Call, 45).
51), 32), ver-
Dalsit y, ran-
inssity,
nnioon ani-
Mai du
SR Nu.
du systéme scolaire ontarien. À la suite du congrès l’on fonda l'Association de l'Éducation bilingue en vue d'une action permanente. Cette action commune des catholiques français fut mal vue des dirigeants de l'instruction pub'ique d'Ontario et mal interprétée par la plupart des catholiques de langue anglaise qui prétendirent y voir un danger pour l’éco!e catholique reconnue par la loi, De son coté le gouvernement provincial fit faire une enquéte du systéme sco'aire bilingue dans les centres français et il prit occasion de l'agitation en faveur d'une plus grande liberté scolaire pour restreindre davantage les quelques prérogatives que les Canadiens français possédaient de fait depuis longtemps. En 1912 Je ministère de l'instruction publique adoptait son fameux réglement XVIL par lequel la langue française, dans toutes les écoles primaires subventionnées par l'État n'était plus tolérée que comme langue de communication dans les premières années du cours.
Ce règlement souleva l'opposition générale des Canadiens français, qui en attaquérent la validité devant les tribunaux. Dans certains milieux, à ( ttawa entre autres, la commission scolaire catholique refusa méme d'appliquer le règlement aux écoles françaises,
Le Conseil privé du roi déclara que le rég'ement XVI! était valide et légal. Il restera toujours la question de l'opportunité et de l'a-propos d’un règlement aussi radicalement prohibitif.