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royale. Champlain y intéressa le roi, la cour, les marchands. Le comte de Soissons consentit enfin à se mettre à la tête d’une nouvelle compagnie composée des marchands de la Bretagne et de la Normandie. Ce fut la compagnie de Rouen. Le comte prenait le titre de lieutenant général au pays de la Nouvelle-France. Ses pouvoirs, presque illimités, comprenaient le monopole de la traite avec les sauvages établis “à Québec et au-dessus”. Il transmit aussitôt à Champlain tous ses droits, à la charge de payer les dépenses de la colonie à même les profits de la traite. Il mourut bientôt, laissant à son successeur, le prince de Condé, la direction de la compagnie. Tous les marchands intéressés dans le commerce des fourrures au Canada furent appelés à en faire partie. Ceux de Rouen et de Saint- Malo répondirent seuls à l'appel; les marchands de La Rochelle s’abstinrent et réclamérent trop tard. La société, réorganisée sur des bases plus larges, était constituée pour une période de 11 ans, et prenait sous sa protection la Nouvelle-France dont elle payait les dé: ses d'administration. Dès lors, Champlain, maintenu üans sa lieutenance, put reprendre sur le Saint-Laurent son travail d'exploration. C’est de cette époque que date la prépondérance de la Normandie dans les affaires du Canada, les vaisseaux ayant pour ports d'attache Rouen, Honfleur, Fécamp, Cherbourg, Dieppe, le Havre, Caen. La Normandie fournit déjà le plus grand nombre des immigrants français au Canada : les commis, les interprètes, les employés, les ouvriers nécessaires aux marchands, puis les premières familles établies à demeure.
A la recherche de la mer du Nord.— Depuis les premières découvertes, le grand rapide de Montréal avait marqué la limite des voyages d'exploration vers l'ouest. Cependant une tradition persistante recueillie par Cartier, Noël, Lescarbot et d’autres, plaçait la mer Pacifique au delà des grands lacs de l'intérieur. On pensait qu'un voyage de quelques cents lieues dans la direction du Saint-Laurent conduirait à la mer occidentale. Les Hurons avaient proposé à Champ'ain de l'y mener, Len que les Algonquins prétendaient le conduire à la
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mer du Nord ou baie d'Hudson par l'Outaouais, et revenir au Saint-Laurent par le Saguenay.
Champlain opta pour cette dernière exploration, convaincu sans doute par l'interprète Nicolas du Vignau qui affirmait avoir vu la mer du Nord et le lac des Nipissiriniens pendant l’hiver de 1612 qu’il passa chez les Algonquins de l'Outaouais. Parti de Montréal au printemps de 1613, Champlain remonta le fleuve et son tributaire du nord jusqu'à l’île des Allumettes où le chef des Algonquins, Tessouat, le reçut avec de grandes démonstrations de joie. Là, convaincu d’imposture, Vignau avoua qu'il avait trompé Champlain. Celui-ci s’empressa de revenir au Saint-Laurent. S'il n’avait pas atteint l'objectif de son voyage, il avait du moins jeté un nouveau jalon sur la route des grands Lacs, et acquis pour le poste de traite de Montréal, les Algonquins du nord. Il repassa en France pour ne revenir qu’en 1615.
Arrivée des Récollets (1615). Rassuré sur l'existence de la colonie, Champlain voulut en compléter l’organisation en lui donnant des missionnaires chargés de la conduite religieuse des Français et de la conversion des sauvages. Par l'entremise de Louis Houel, contrôleur des salines de Brouage, il décida les Franciscains récollets à prendre la direction des missions de la Nouvelle-France. Ces religieux étaient bien préparés à cette œuvre difficile. Ils avaient de nombreuses et florissantes missions dans toute l'Amérique espagnole. Leur amour pour la paix et leur esprit particulariste les tenaient généralement éloignés des affaires de l’État ; leur pauvreté et leur zèle apostolique leur faisaient accepter les plus humbles emplois. Munis des pouvoirs accordés directement par le Saint-Siège, 4 missionnaires de la province de Saint-Denis, près Paris, furent désignés pour le Canada: c’étaient les PP, Denis Jamet, commissaire, Jean Dolbeau, Joseph Le Caron, et le frère Pacifique Duplessis. Ils partirent de Paris au printemps de 1615, “à pied, et sans argent, dit Sagard, à l’apostolique, selon la coutume des vrais Frères Mineurs”, et s’embarquèrent à Honfleur, sur le Saint-Étienne, commandé par le vieux Pontgravé. Aussitôt arrivés, les Récollets se mirent à
eve- l'œuvre. Le P. le Caron alla évangéliser les Hurons, le P. Dolbeau visita les Montagnais du Saguenay et de Ta- | con- doussac, le P. Jamet établit sa résidence à Québec où il À qui fit construire la première chapelle à l’ouest du petit fort dE issi- de Champlain. Il évangélisa les sauvages résidant entre ji Al- Tadoussac et les Trois-Rivières. La première messe fut : rin- dite à Québec, le 25 juin. La veille, à l'extrémité est de 1 tri- l'ile de Montréal, avait été célébrée, par le P. Le Caron, À hef en présence des Hurons, la première messe dite au Ca- : dé- nada. Les années suivantes, le nombre des mission- En 1 naires s’augmenta et bientôt leurs missions, celles des em- Hurons surtout, donnèrent quelque espérance. : Î de Missions des Récollets (1615-1625). 1.
. 1615, les principaux alliés des Français, Algonquins du quIs Saint-Laurent et Hurons des grands Lacs, avaient reçu du des Récollets. Le travail des missionnaires devait se 15. porter tout d’abord sur l’étude des langues, des mœurs DE sur - et des croyances des indigènes. Pour cela, ils suivirent 1: n- les Algonquins dans leurs chasses d'hiver et, chez les 1: res Hurons, le P. Le Caron Parcourut le pays en tous sens, ? la - visitant les principales bourgades de ce peuple séden- tre uel, - taire. De ce rapide coup d'œil sur leur œuvre d'évangé- j; l an- lisation, ils rapportèrent une impression plutôt défavora- RE E de - ble. La maitrise des langues présentait de grandes difrés - ficultés et la dépravation des mœurs semblait un obstacle flo- insurmontable. De vraies conversions, peu ou point à 1 ole. . espérer de longtemps; quelques moribonds, enfants ou 15 les - adultes, baptisés à l’article de la mort, tels sont les seuls (2 FF eur - fruits apparents des premières années. En outre, les 4: ter marchands français, de croyances diverses et parfois de - 114 dés - mœurs légères, contrecarrent l’œuvre d'évangélisation. | la = Aussi les Récollets abandonnent-iis (en 1616) leur mis- 4: ur + sion huronne, pour ne la reprendre que sept ans plus tard. 14 re, * Au Saint-Laurent ils ont trois résidences, l’une à Québec ‘4e Ju- “ pour les Français, les deux autres à Tadoussac et aux +45 . + Trois-Rivières pour les Algonquins, auxquels is don- DE |: la + nent l'instruction religieuse et profane (1618). Dès cette 1° t à = époque, les missionnaires ainsi que Champlain sont d'avis 1! UX * qu'il faut, pour arriver à un résultat, rendre les sauvages 45 | à + sédentaires et les franciser en leur offrant les move
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s'instruire. Aussi grâce aux libéralités de Charles des Boves, grand-vicaire de Pontoise, ouvrent-ils dans leur monastère de Notre-Dame-des-Anges, le séminaire de Saint-Charles, où ils reçoivent d’abord six enfants indiens. En 1623, ils reprennent leur mission des Hurons en y envoyant le Père Viel et le F. Sagard, le premier historien de ces travaux apostoliques. Mais la tâche est devenue trop lourde pour ce petit groupe de missionnaires qui ne vivent que d'aumônes. C’est alors qu’ils demandent et obtiennent l’aide des Jésuites.
L'expédition de 1615.-—Le désir de découvrir de nouvelles terres, de protéger les missions naissantes, et de surveiller la traite avec les sauvages des pays d’en Haut, engagea une fois de plus Champlain à se joindre à ses alliés, les Hurons et les Algonquins, pour aller porter la guerre chez les Iroquois. Chaque année ceux-ci lançaient leurs bandes de maraudeurs à la poursuite des flottilles de pelleteries à destination du Saint-Laurent. Porter la guerre jusque dans leur propre pays semblait le meilleur moyen de les intimider, de leur montrer qu'on ne les craignait point.
Champlain partit de Montréal avec Étienne Brülé, un autre Français et 12 Indiens, remonta la rivière des Algonquins (l’Outaouais), suivit la rivière Mattawan, le lac Nipissing, la rivière des Français, et arriva au lac Huron: il avait fait un voyage de 300 lieues. Le ler août, il était dans la bourgade huronne d’Otouacha, où il trouva le P. Le Caron qui l'avait devancé de quelques jours. Il visita ensuite les principaux villages de la nation, recevant partout le meilleur accueil.
L'expédition guerrière ne se mit en marche que le ler septembre. Partie de Cahiayué, elle prit la direction de la rivière Trent et de la baie de Quinté, traversa le lac Ontario, et après avoir caché soigneusement les canots, s'enfonça résolument dans l’intérieur, vers les cantons iroquois. Sans attendre l’arrivée de 500 Andastes qui avaient promis leur aide, les Hurons attaquèrent le principal fort iroquois Onondaga (près Svracuse), avec l’impétuosité et l’indiscipline coutumières. Aussi, deux assauts consécutifs échouèrent-ils complètement. Cham-
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plain reçut deux blessures. Découragée, la bande huronne attendit les Andastes encore une semaine, puis se hâta de battre en retraite. Klle était de retour le 23 décembre. Champlain, forcé d’hiverner chez ses alliés, en profita pour explorer avec le P. Le Caron, le pays de Tionnontates (nation du Pétun) et celui des Cheveux- Relevés (Outaouais). Ce fut le dernier et l’un des plus importants de ses voyages d'exploration. Il avait découvert les lacs Huron, Ontario, Simcoe, visité le pays des Iroquois, parcouru dans sa longueur toute la partie orientale de ce qui forme aujourd’hui la province d’Ontario.
Nouvelles compagnies. ]es voyages d’exploration, la traite des pelleteries, les relations avec les Indiens et l'établissement des missions, avaient jusqu'alors absorbé l’activité de Champlain. Son plus grand désir cependant était d'amener des laboureurs et des artisans, seul moyen de fonder une vraie colonie capable de se suffire à elle-même. Les traitants. catholiques ou huguenots, ne cherchaient toujours que les profits de la traite. En effet, établir des colons, c'était défricher le sol, reculer les champs de traite et surtout créer une classe de concurrents redoutables : l'habitant finirait par supplanter le marchand. C'était, on le voit, poser la question agraire. Condé, au sortir de sa prison, venait de vendre pour 11,000 écus sa vice-royauté au duc de Montmorency qui forma (1620) une seconde Compagnie marchande que dirigeaient les huguenots Guillaume et Emery de Caen. Trois partis se disputaient donc la prépondérance dans la colonie: l’ancienne compagnie, représentée par Pontgravé, celle de Montmorency, par les de Caen, et le parti de Champlain. Ce dernier réunissait les partisans les plus désintéressés en France et au Saint-Laurent. Il demandait pour les habitants la liberté de la traite, l’introduction de la culture, l’évangélisation et la francisation des sauvages. En outre, sa puissance s'était accrue par suite de la construction à Québec du fort Saint-Louis (1620) où pouvait se loger une garnison capable de faire exécuter des ordres. Champlain força ainsi la nouvelle Compagnie à envoyer des familles, des grains de semence. diverses provisions. Bien mieux, il obtint du roi, en
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1622, la fusion des deux compagnies en une seule, celle de Montmorency, et veilla à ce qu'elle remplit quelquesunes au moins de ses obligations.
Louis Hébert. Mais l'événement le plus remarqua-
le pour la colonisation fut l'arrivée de Louis Hébert, le même qui avait accompagné Poutrincourt en Acadie. Il revint en Canada en 1617, pour reprendre, à la suggestion de Champlain, ses projets de colonisation. La Compagnie de Montmorency lui avait concédé 10 arpents de terre sur le plateau qui forme aujourd’hui la partie est de la haute ville de Québec. Il s’y établit avec sa femme et ses trois enfants, et commença sans tarder le défrichement de son petit fief. Il bêcha la terre et y jeta les premières semences. Il fut, dit Champlain, le premier chef de famille qui vivait de ce qu'il cultivait. Mais dix ans plus tard, il n’y avait encore qu’une vingtaine d’arpents de défrichés, et la population stable de Québec dépassait à peine 50 âmes. Hébert mourut en 1627.
Interprètes et Voyageurs.—]la Normandie avait donné au Brésil, dès le XVIe siècle, une classe d’aventuriers qui avaient rendu au commerce entre blancs et Indiens d’inappréciables services : c’étaient les interprètes. Mais ils s'étaient vite assimilés aux indigènes et ils furent perdus pour la France. Au Canada, ils restaient davantage dans la dépendance des autorités coloniales. Champlain mit tous ses soins à les bien choisir et à contrôler leur initiative. Grâce à leurs qualités d'endurance, de gaieté, d'adaptation aux conditions du pays, les interprètes gagnèrent aisément la confiance des indigènes, préparant ainsi la voie aux traitants et aux missionnaires. Après un service plus ou moins long chez les sauvages, ils s’établirent presque tous dans la colonie. Les plus célèbres interprètes de l’époque de Champlain ont été Étienne Brülé et Nicolas Marsolet, venus en 1608, Jacques Hertel, Thomas et Jean-Paul Godefroy, Jean Nicolet, Nicolas du Vignau.
Les voyageurs de traite. appelés plus tard coureurs de bois, sont au service des compagnies commerciales qui, on le sait, n'estimaient guère que les gros et rapides profits provenant du troc des pelleteries. Aussi les qualités
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morales ou religieuses de ces commis n'entraient guère en ligne de compte dans le choix qu'on eni faisait. Sous les de Caen, la plupart étaient huguenots et ils donnèrent souvent les plus pernicieux exemples aux sauvages. Ils étaient 14 en 1623 chez les Hurons. Ils suscitèrent de nombreuses difficultés aux autorités coloniales et aux missionnaires.
Arrivée des Jésuites.-Les missions.—Fatigué des tracasseries que lui suscitait la compagnie des marchands, ennuyé des sollicitations de Champlain, Montmorency céda sa charge de vice-roi à son neveu, le duc de Ventadour, qui venait de quitter la cour pour entrer dans les ordres. Ventadour, tourna de préférence ses vues vers l’évangélisation des sauvages. Malgré l’opposition qu'il rencontra en France et chez les marchands associés de Québec, il reprit le projet déjà formé en 1608 d'envoyer des Jésuites au Saint-Laurent. La supplique des Récollets venait donc bien à son heure. Au printemps de 1625, les PP. Charles Lalemant, supérieur, Jean de Brébeuf, et Ennemond Massé, l’ancien missionnaire de l’Acadie, et deux Frères coadjuteurs arrivaient à Québec. Champlain était absent. Reçus avec méfiance par les marchands, les Jésuites acceptérent l'hospitalité des Récollets qui mirent à leur disposition partie de leur monastère et de leur jardin.
Deux congrégations religieuses se trouvaient donc associées pour l’évangélisation des sauvages et la desserte de la colonie française. Pendant quatre ans, elles partagérent avec une charité admirable tous les travaux du plus pénible des ministères. Les Jésuites établirent leur résidence principale près de Québec, sur une concession située au confluent du Lairet avec la rivière Saint-Charles, à l'endroit même où Jacques-Cartier avait hiverné en 1535. Ils y élevèrent un monastère auquel ils donnèrent le nom de Notre-Dame-des-Anges. Comme les Récollets, ils cultivent bientôt avec leurs employés assez de terre pour que la colonie elle-même recoure à leurs ressources. Les interprètes Le Tardif et Marsolet leur donnent des leçons de langues sauvages et, dès 1626, les PP. de Bré-
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beuf et Anne de Nouc vont reprendre avec le l. de la Roche d’Aillon, récollet, l’évangélisation des Hurons.
Ce dernier va même passer trois mois chez les sauvages Neutres où sa vie est plusieurs fois mise en danger. Les missionnaires ne reviennent au Saint-Laurent qu’en 1628 pour être témoins de la détresse de la colonie. L'année suivante ils étaient enveloppés dans la ruine générale de la Nouvelle-France.
Compagnie des Cent-Associés (1627).—1II y avait déjà 20 ans que Québec était fondé, et les compagnies de traite l'avaient laissé languir, malgré les efforts de Champlain pour en faire le noyau d’une grande colonie. Le cardinal de Richelieu, parvenu à la direction des affaires (1624), voulut donner un nouvel essor aux colonies d'outre-mer dont l'administration relevait directement de son principal ministère, celui de la marine. ÎÏl est l’auteur du système colonial qui resta en vigueur jusqu'à la Révolution. Pendant qu'il confie les Antilles aux découvreurs, à charge de les défendre contre les Espagnols, sans le concours du roi, il afferme le Canada aux Cent-Associés qui formèrent la Compagnie de la Nouvelle-France. Il cherche des bailleurs de fonds, assiste aux contrats, promet la protection du roi. Les privilèges personnels des associés sont nombreux et étendus: pour le clergé et la noblesse, la non dérogation, pour la bourgeoisie, 12 lettres de noblesse aïlant, il va sans dire, aux plus gros actionnaires : pour les roturiers, le droit de non résidence et de bourgeoisie dans toutes les villes du royaume ; pour les étrangers enfin, le droit d’aubaine. À la compagnie, le roi accorde “la Nouvelle-France, en toute propriété, justice et seigneurie” le monopole du commerce, l’exemption des droits d'importation ou d’exportation. Les descendants des émigrés et même les sauvages convertis à la foi catholique, “ seront réputés naturels français”; les artisans qui auront séjourné pendant six ans “seront classés parmi les maitres du chef-d’œuvre”. Les protestants étaient exclus de la Nouvelle- France. De son côté la compagnie s'engage à envoyer jusqu’à 4,000 colons en 15 ans, à pourvoir à leur subsis-
tance pendant les trois premières années, à défrayer les dépenses de trois ecclésiastiques par “habitation”.
La compagnie devait commencer ses opérations en 1628. Or c'était à ce moment précis que la Nouvelle- France était le plus menacée par le parti des huguenots. Le siège de La Rochelle, centre de la résistance contre l’autorité du roi, était commencé. Les Anglais alliés aux protestants français, en profitèrent pour s'emparer de la Nouvelle-France, poursuivant en Amérique la guer. re commencée en Europe.
La Nouvelle-France au pouvoir des Anglais (1628-29). L'expédition avait été organisée par quelques capitalistes de la célèbre Compagnie des Marchands aventuriers de Londres. Ils avaient à leur tête sir William Alexander, le même qui avait obtenu de Jacques Ter, en 1621, la concession de l’Acadie. L'un des principaux, était Gervais Kirke, natif du Derbyshire et marié à la fille d’un marchand de Dieppe. C’est à ses fils, David, Louis et Thomas, que furent confiés les trois navires envoyés par autorisation du roi pour capturer les vaisseaux français et faire la conquête de Québec. David commandait l'expédition. Il s’'empara de Miscou et entra dans le Saint-Laurent au commencement de juillet 1628. De Tadoussac, le poste de traite où s’arrétaient tous les grands navires, Kirke envoya piller et brûler la petite ferme du cap Tourmente et sommer Champlain de livrer Québec. Champlain, comptant sans doute sur le secours promis pour cette année par les Cent-Associés, dissimula habilement l’état de détresse de la garnison, et repoussa fiérement la sommation des Anglais.
De son côté, Richelieu s'était souvenu du Canada. Quelques semaines auparavant, une flotte de 5 vaisseaux. chargés de vivres et de munitions, et portant plusieurs colons avec leurs familles, était partie de Dieppe à destination du Canada. C'était le premier envoi de la nouvelle Compagnie des Cent-Associés. L'expédition, commandée par de Roquemont, atteignit la pointe de Gaspé à l’entrée du Saint-Laurent. Les Kirke, au lieu d'aller attaquer Québec, descendirent le fleuve pour intercepter
les transports français, également incapables de combat-
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