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bière fabriquée sur place et qui suffit bientôt à la consommation. La potasse à elle seule paie les dépeases des premiers défrichements forestiers. Le pin, le chêne et le frêne, si recherchés alors pour la construction des navires, abondaient partout. Talon fit ouvrir pour le compte du roi des chantiers maritimes à la basse-ville de Québec et à la rivière Saint-Charles, et donner des primes aux constructeurs de navires. Les industries connexes du goudron, du brai, de la résine, en reçurent un élan vigoureux. Enfin le tabac canadien se substitua peu à peu au tabac de la Virginie, le seul employé jusqu alors dans les échanges et l’usage courant. Aprés Talon, plusieurs de ces industries périclitèrent rapidement.
Le commerce. —Les progrès de la marine marchande et de la colonisation, la tranquillité du pays, activaient le mouvement des échanges. À l'intérieur, ce mouvement atteignit plusieurs nouvel. ‘ations sauvages ; à l'extérieur, il s’étendit jusqu'aux Aralles françaises. Plusieurs navires marchands prirent l'habitude de faire double cargaison: partis chargés de Québec, ils descendaient aux Antilles, faisaient nouvelle cargaison et passaient par la France pour revenir au point de départ. C'était un voyage circulaire qui durait jusqu’à dix-huit mois, r : qui rapportait de gros profits. En tête des articles changes venaient toujours les pelleteries si âprement putées entre Français et Anglais et auxquelles était subordonnée toute la politique indienne. En 1665, la Compagnie des Indes occidentales en vendait en France, en Hollande, en Moscovie surtout, et pou 500,000 livres à quatre chapeliers de Paris. Mais les sauvages trouvaient en échange de leurs fourrures, dans la Nouvelle-Angleterre, des prix plus élevés, de meilleures étoffes et surtout l’eau-de-vie qu’on leur refusait en Canada. Aussi, pour garder le marché des pelleteries, Talon crut-il devoir lever la défense de vendre des boissons enivrantes aux Indiens. Il s’aliéna ainsi une bonne partie de la population. Outre les pelleteries, le Canada fournissait à l’exportation les produits des pêcheries de Terre-Neuve et du golfe Saint-Laurent, et des bois pour la construction des navires. [es importations comprenaient les objets
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empêcher l’accaparement du blé, il en fixa le prix à quatre
Sortie sur l'Atlantique, il affaiblirait en Ja divisant la colonie anglaise. Ce projet ne fut pas mis à exécution. À son retour en 1670 il reprit cette politique d'extension qu'il dirigea cette fois vers les grands Lacs et Ja baie
Les grands Lacs sont Je prolongement du Saint-Laurent vers l'intérieur. Par leurs tributaires, ils conduisent jusqu’au centre du Continent nord-américain, Jus-
qu’à cette grande plaine qu’arrose le Mississipi et qui touche aux contreforts des montagnes Rocheuses. L'’articulation hydrographique de cet immense bassin lacustre est complète. Elle offrait à la ract rouge, un superbe système de voies de communications naturelles qui convergent toutes vers le Saint-Laurent moyen. S'en emparer, c'était établir sa suprématie sur les nombreuses tribus indiennes qui seules encore occupaient les deux incomparables vallées de l'Amérique du nord. On sait que ce fut l'ambition du Père de la Nouvelle-France, Samuel de Champlain. Après lui, les missionnaires et les coureurs de bois travaillèrent, pour des motifs différents, à l’accomplissement de ce grand et noble dessein. Le moment était venu de le réaliser. Talon proposa d'établir des postes l’un au nord, l’autre au sud du lac Ontario: ce devait être l’œuvre de Frontenac. En 167 L: Talon envoya Saint-Lusson au Sault-Sainte-Marie prendre officiellement possession au nom du roi de France, de toutes ces régions déjà visitées par les Français. La cérémonie se fit en présence de quatorze nations indiennes accourues à l'appel des missionnaires et des coureurs de bois pour se mettre sous la protection du roi. Cette même année, les Hurons s’établissaient à Michillimakinac.
Français et Anglais à la baie d’Hudson.—À la baie d'Hudson, Talon s'était laissé devancer par les Anglais. En effet, en 1670, une compagnie de commerce formée à Londres par de grands seigneurs et de riches marchands, avait obtenu du roi d'Angleterre, Charles II, une commission très étendue, apparemment pour la recherche du passage du Nord-Ouest, en réalité pour l’exploitation des riches fourrures du Canada septentrional. Mais c’étaient des Français qui avaient amené les Anglais à la baie. Sans tenir compte des ordres du gouverneur de Québec, deux trappeurs des Trois-Rivières, Radisson et Des Groseillers, s’y étaient rendus vers 1663 pour v commercer pour leur propre compte et revenaient à Québec à la tête d’une flottille de canots chargés des plus riches fourrures. Le gouverneur fit mauvais accueil aux contrebandiers qui, de dépit, se jetèrent dans le parti des Anglais. Après toutes sortes d'aventures, on les trouve