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122 CHAPiTRE VIII
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le roi commence à marchander ses libéralités. La Compagnie des Indes est depuis longtemps en déficit; elle tombe en 1674 avec une grosse dette. Il est vrai qu’elle k: ne joua guère dans la colonie qu’un rôl
4 tôt effacé. Après elle, le commerce d 4 tous les habitants, la couronne ne se 4 droit du quart sur les castors.
E de l’excellenie réclame que fais Jésuites” était une perte autrement sensible. au juste qui l’amena. Était-ce, comme on le que le succès des missions était loin de corre l'influence que les Jésuites exerçaient dans la en particulier sur les aborigènes i mesure d'ordre général édictée par le Saint
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it, et la colonie se trouva davantage livrée à ses propres ressources.
‘à Fondation de Cataracoui ( 1673) .—Frontenac : héritait de Talon, surt
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tenac, accompagné de 400 hommes de troupes, se rendit à la rivière Cataracoui où il convoq et les Iroquois; La Salle amena plu chefs iroquois. Frontenac leur fi usant de toute son habileté, de toute
pour vaoiler ce dessein. Pendant ce temps, la troupe élevait rapidement un fort palissadé capable de défier les forces des sauvages. Les Iroquois acceptèrent tout, envoyérent même de leu
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FRONTENAC ET LA DÉCOUVERTE DU MISSISSIPI 123 Québec pour les faire instruire à l'européenne et reçurent de nouveaux missionnaires dans leurs cantons. La Salle fut nommé commandant du poste. Le service qu’il avait rendu à Frontenac au cours des négociations, fit voir ce que les coureurs de bois, reconnus et protégés par le gouvernement, pouvaient faire pour la colonie.
Les coureurs de bois.—Perrot.—Du Lhut.— Les coureurs de bois sont déjà une race nouvelle, aventureuse, hardie, aimée des Indiens par son endurance, sa faculté d'adaptation, sa gaieté inépuisable. Le caractère français se montre ici dans toute sa puissance de séduction. C’est surtout à Montréal que se recrute cette race de raccordement entre Français et sauvages. Ses concessions à la vie indienne s’arrêtent presque entièrement aux besoins d'expansion territoriale et aux nécessités du commerce des pelleteries. C’est en effet pour drainer ce trafic que ces aventuriers s’enfoncent dans les bois à la suite des indigènes qui faisaient toujours des fourrures le principal article de leurs échanges. Et puisque les territoires de chasse reculaient à mesure que la colonisation s’emparait du Saint-Laurent, les coureurs de bois suivaient bêtes et chasseurs. Les gouverneurs n’avaient pas tardé à reconnaître leur influence sur les Indiens, et leur politique indigène s’appuyait sur eux : pas un traité, pas une expédition, pas une découverte ne se faisait sans leur coopération plus ou moins directe. En 1672, leur nombre est déjà d’environ 800 partagés en deux classes bien distinctes : 1° les coureurs libres, contrebandiers, aventuriers prêts à tout faire, à tout braver, à trahir même pour se procurer les précieuses pelleteries ; 2° les traitants reconnus par le gouverneur qui leur assigne un territoire spécial, qu’il réquisitionne pour lever des troupes indigènes, ou qu’il récompense de leurs services par des brevets de commandants de postes. Les plus illustres de ces derniers à cette époque sont Nicolas Perrot et Du Lhut.
Le premier, déjà dans la région des grand Lacs en 1665 au service des missionnaires, fixa son principal centre d’affaires au fond de la baie des Puants (baie Verte). C'était un marché de pelleteries exceptionnellement avan-
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tageux. De là, Perrot rayonnait dans tous les sens. On le trouve à Chicago en 1668 et à la grande assemblée indienne du Sault-Sainte-Marie, où il rendit à la cause française des services inappréciables. Pendant 20 ans il fut l’un des plus fermes soutiens de la politique indienne de Frontenac. Il fut le principal découvreur de l’État du Wisconsin qu’il a ParCouru en tous sens. Il mourut vers 1701. Ses mémoires forment une peinture achevée de ce qu'était alors la vie d’un trappeur canadien. Greysolon Du Lhut se fixa au milieu des Sioux qui chassaient au sud du lac Supérieur et vers les sources du Mississipi, points extrêmes de l'influence française vers l’ouest. Par le grand lac occidental, Du Lhut restait en communication avec le Sault-Sainte-Marie et la route de l’Ottaouais,et, par le Poste que son frère La Tourette avait fondé au Nipigon, il faisait incliner vers les grands Lacs français le mouvement commercial indigène de Ja baie d'Hudson. L'influence prépondérante de ces deux coureurs de bois et de quelques autres amena l'extension rapide de la Nouvelle-France vers l’ouest.
Le Mississipi.—Jolliet,— L'année même où Frontenac fondait Cataracoui, une découverte d’une importance incalculable s’accomplissait dans la plaine centrale de l'Amérique. Jolliet, l’envoyé de Talon, pénétrait par le Mississipi jusqu’à l’Arkansas et prenait possession pour Supérieure du grand fleuve.
Jolliet était né à Québec en 1645. Au collège des Jésuites, il avait fait de bonnes études, qu’il alla probablement achever en France. Un moment il eut
virat de la mission du Sault-Sainte-Marie”, comme l’appelle Bancroft, qu’on devait les meilleurs renseignements sur le Mississipi. Ils en avaient souvent entendu parler par les sauvages qui allaient marauder dans ces régions inconnues habitées par des tribus hostiles ; Dablon et Allouez avaient déjà prêché la foi aux Illinois et ils avaient même fixé à l’année 1671 un voyage de découverte vers la grande rivière quand Dablon fut rappelé à Québec. Aussi ne faut-il pas s'étonner de voir le P. Marquette se joindre à Jolliet quand celui-ci arriva à Michillimakinac en route vers le Mississipi. Outre l'avantage que le célèbre Jésuite espérait en retirer pour les missions sauvages, il participait à une découverte qu’il avait en grande partie préparée.
La découverte.—le départ eut lieu le 13 mai 1673. L'expédition comprenait deux canots d’écorce montés par 5 Français et 21 sauvages. Elle longea la rive occidentale du Michigan, pénétra dans la baie Verte, remonta une rivière toute couverte de folle avoine, arriva chez les Maskoutins qui lui donnèrent deux guides pour la coriduire à travers lacs et marais jusqu’au portage des 2,700 Pas qui mène à la rivière Wisconsin. Après 40 lieues de navigation à travers un pays où abondaient chevreuils et bisons, l'expédition entrait le 17 juin dans le majestueux Meschacébé des Indiens. Enfin on tenait le clef du mystère de la grande rivière.
Les explorateurs commencèrent aussitôt la descente du fleuve qui allait se grossissant d’une multitude d’affiuents. À l'embouchure d’une grande rivière venant du nord, un sentier, le premier qu’ils voyaient depuis 8 jours, les conduisit à un village où ils furent bien reçus : ils étaient à la rivière des Illinois. Quelques lieues plus bas le Mississipi reçoit le plus important de ses affluents de lroite, le Missouri, qui en double presque le débit. En face de l'embouchure de l'Ohio, au milieu de terres basses, les découvreurs pouvaient déjà se croire au voisinage de la mer: le fleuve multiplie ses méandres. l'influence du climat tropical est déjà sensible. Une quarantaine de lieues plus au sud (vers Memphis), les voyageurs virent des sauve zes armés de fusils, de haches, de couteaux. Ces
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