‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 22 sur 120 · STAR · texte numérisé non relu

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dent le deuil et la ConSternation dans toute la région de Montréal, perpétuel théâtre de ces razzias indiennes. Les deux années qui suivirent le siège de Québec furent remplies d'alertes et de petits combats où la colonie perdit beaucoup de monde. En 1691, 700 Iroquois, groupés à l'embouchure de l'Outaouais, menaçaient les établissements des environs. À Ja Pointe-aux-Trembles, ils brûlent une trentaine de maisons; ils font des prisonniers dans le voisinage de Laprairie et de la Montagne. Depuis Repentigny jusqu’au lac Saint-Pierre, ils Saccagent, incendient et tuent ; de petites paroisses, Datitré par exemple, disparaissent entièrement. Callières, le gouverneur de Montréal, organise Ja défense et pourchasse les ennemis avec vigueur, A Repentigny, MM. de Vaudreuil et de Bienville surprennent un parti d’'Iroquois et l’anéantissent ; mais de Pienville est tué.

Du sud venait le même été un autre parti de guerre beaucoup plus redoutable. C'était Schuyler qui, à la tête de 300 Anglais et sauvages, tombait à l’improviste sur 800 soldats français campés à Laprairie. M. de Saint- Cirque, qui remplaçait temporairement Callières retenu par la maladie, fut blessé à mort avec plusieurs de ses soldats. Mais M. de Chassaigne survint avec son bataillon d'élite et culbuta l'ennemi. Celui-ci se retirait en bon ordre, quand il se trouva en présence de M. de Valrennes qui accourait de Chambly au bruit de la fusillade. Après une lutte acharnée de deux heures, Schuyler était mis en pleine déroute après avoir perdu dans ces deux combats livrés le même jour une centaine d'hommes.

Guerre iroquoise (1692). À l'automne de l’année suivante (1692), les Iroquois revinrent par petites bandes, plus nombreux et plus hardis. Ils ravagent Yamaska, Saint-Lambert, Ja Rivière-du-Loup, l'île Jésus. Boucherville, etc. Au nord, la Chaudière Noire, un chef iroquois, se signale à la tête des Tsonnontouans. Son plan était de se poster sur l'Outaouais et d'y surprendre les alliés et les Français qui revenaient du haut Pays avec une Cargaison de pelleteries. Trois fois, de Lanoue sv rendit pour maintenir le Passage libre. Un jour, il y fut surpris et ne put s'échapper qu'en laissant des prisonniers

aux mains des Iroquois qui s’avancèrent jusqu’à Lachenaie où ils capturèrent 14 colons dans leurs champs. Vau-

rivière à la nage, le reste fut fait Prisonnier y compris Ja femme du grand chef. Quelques jours après, d’autres Iroquois étaient dans les iles de Sorel où ils tuèrent M,

Madeleine de Verchères,— ]e plus beau fait d'armes de cette année fut la défense du fort de Verchères par une jeune fille de 14 ans, Madeleine de Verchères. Un jour, 22 octobre 1692, les Iroquois font irruption dans la Campagne de Verchères, tuent quelques colons occupés aux travaux des champs pendant que les

compter sur eux pour Organiser la résistance. Madeleine s’en charge, Elle arme les soldats et ses deux jeunes

tants alors dispersés dans les bois. Les Iroquois croyant avoir affaire à de nombreux combattants se tiennent à distance ; mais pendant 8 jours ils ntourent le fort qui ne peut communiquer avec l'extérieur que par le fleuve. Enfin arrive M. de Monnerie envoyé de Montréal avec un détachement de 40 hommes. # Monsieur, soyez le bienvenu, lui dit Madeleine, je vous rends les armes ?— “ Mademoiselle, elles sont entre bonnes mains ”« Meilleures que vous ne croyez ”, répliqua-t-elle, et elle lui indiqua avec quelle habileté elle avait organisé la défense du fort. Cet exploit renouvelé de sa mère ne fut pas le seul du genre dans la vie de notre héroïne, I] montre ce qu'était la vie coloniale à cette époque et de quelle trempe étaient nos ancêtres.

Les postes de l'Ouest. ]:; 1693, on annonça que 10,000 Anglais se Préparaient à envahit Je Canada. Mais (1

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les rivalités entre les colonies anglaises, les retards, la méfiance justifiée contre les Iroquois, firent avorter le projet. Par contre les communications avec le haut Pays se rétablissaient et cette année même, 700 sauvages et Français apportent en 186 canots d'immenses quantités de pelleteries. Frontenac profite de la présence des sauvages pour pousser la guerre contre les Iroquois, envoie Le Sueur en ambassade auprès des Sioux, pendant que Lamothe-Cadillac monte à Michillimakinac rétablir la confiance ébranlée parmi les nations des Lacs. Deux ans après, le gouverneur fait relever le fort Frontenac, poste indispensable pour protéger le commerce, brider la confédération iroquoise, surveiller les empiètements des Anglais. En juillet 1695, Crisafy sv rend avec 700 hommes et après la reconstruction y laisse La Vallière à la tête d’une garnison de 48 hommes. Le 16 août suivant, Frontenac,iqui avait déjà décidé de porter la guerre dans les cantons iroquois, donna une grande réception aux sauvages venus à Montréal (1). Il leur conseilla de rester fortement unis les uns aux autres pour faire tous ensemble et avec les Français une guerre implacable à l’Iro-° quois, l'ennemi commun. Puis il se prépara sans retard à l'expédition qu’il avait projetée pour l’année suivante.

Dernière expédition contre les Iroquois (1696).—En 1694, Frontenac avait repoussé les propositions pacifiques des Agniers après s'être assuré qu'à l'instigation des Anglais ils nourrissaient des desseins belliqueux. Au Saint-Laurent, les Iroquois avaient rencontré partout une vigoureuse résistance tandis que le rétablissement de Cataracoui et l’action énergique de Lamothe-Cadillac et de Courtemaache avaient raffermi la frontière de l’ouest. Le moment de l'offensive était venu. Avant donc réuni une troupe de 2,009 hommes, soldats. miliciens et sauvages, Frontenac part t de l’île Perrot le 7 juillet 1696, monta à Cataracoui où il attendit quelques jours de Michillimakinac un renfort qui ne vint pas, traversa le lac Ontario, aborda à l'embouchure de la rivière Chouaguen et se dirigea sans tarder vers le canton des

(1) On y vit pour la première fois des Sioux de l’ouest.

Onnontagués. Épouvantés, les Onnontagués incendièrent leurs bourgades et s'enfuirent dans les bois, EF rontenac dévasta leurs champs de maïs et Continua sa marche vers le canton des Onneyouts où une duarantaine des principaux chefs détruisirent eux-mêmes leurs villages, incendièrent leurs récoltes et vinrent faire leur Soumission à Frontenac. Celui-ci aurait bien voulu infliger le même Sort aux autres Cantons, mais ayant appris que les Anglais s'étaient unis à eux, il reprit aussitôt, malgré les murmures des sauvages, le chemin du retour, Les résultats de l’expédition, bientôt raffermis par la paix de Ryswick, devaient être Je désarmement général des Iroquois et la soumission de tous les alliés. D'autre part les nombreuses victoires de d’I berville Présageaient un succès décisif contre les colonies anglaises de l'Atlantique. Frontenac reprit alors le projet de 1682: i] tenta de combiner l'attaque par mer et Par terre contre Boston et New-York. La distance, les vents contraires, diverses circonstances firent encore échouer le projet de Frontenac. Le marauis de Nesmond avec sa flotte de 10 Vaisseaux arriva à Plaisance très tard à l’automne et s’en retourna en France sans avoir rien fait.

Paix de Ryswick.__[h Europe, les victoires de Louis XIV, et plus encore Ja lassitude et l'épuisement des combattants, amenèrent la paix. Elle fut signée au chàteau de Ryswick près de la Haye le 20 Septembre 1697. Louis XIV rendit les territoires conquis à Terre-Neuve, mais les Anglais renoncèrent à toutes leurs prétentions Sur la baie d'Hudson à l’exception du fort Albany. La rivière Saint-Georges devait marquer la frontière entre la Nouvelle-Angleterre et l’Acadie. Également intéressés à ménager les Cantons iroquois, les belligérants n'osèrent Pas délimiter 1a frontière de ce côté et les Anglais continuérent leurs empiètements sur Je territoire iroquois pour atteindre le Jac Ontario. Frontenac fit Preuve de clair- YoYance en soutenant que les Troquois, indépendants des deux Couronnes, n'étaient PAS Compris dans cet article. Agir autrement aurait été reconnaître les lement maitres de Niagara et de la régio iicres traita directement avec les Troquoi

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