‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 31 sur 120 · EE ME NET RENTRER ONE · texte numérisé non relu

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beché. Cette nation avait des relations avec les Anglais de la Caroline qui s’en servaient pour pénétrer dans la vallée du Mississipi et tenir les Français à distance des Alléghanys. La protection qu’elle avait accordée récemment aux Natchez, jointe à des actes d’hostilité manifestes, décida Bienville à agir avec fermeté. Il demanda aux Chicachas ja tête des Natchez hospitalisés chez eux. Les Chicachas refusèrent. Le gouverneur remonta aussitôt la rivière Mobile et, sans attendre d’Artaguette, le commandant du fort de Chartres, il attaqua sans sa grosse artillerie le village principal des Chicachas qui repoussa deux assauts consécutifs. Bienville retraite aussitôt, après avoir perdu 9 officiers et 130 soldats (1736). Peu après d’Artaguette arrivait avec Sa troupe de Canadiens et d'Iroquois. Ignorant l'attaque et le départ du Souverneur, il prend d'assaut deux forts, est blessé et, abandonné par les Chactas, est fait Prisonnier avec une quinzaine de soldats. D'Artaguette périt dans d’horribles tortures. La retraite des autres s'opéra en bon ordre

sous la conduite du jeune Voisin, héroïque enfant de 16 ans.

Nouvel échec (1739) .—Bienville, après une préparation active de trois ans, arrivait avec 1,200 F rançais et 2,400 auxiliaires sauvages ou nègres au fort de l’Assomption, près de Memphis. Il y séjourna pendant plus de sepi mois sans rien tenter. Le baron de Longueuil avait amené des troupes canadiennes et quelques centaines de sauvages. Pierre-Joseph Céloron de Blainville, venu de Michillimakinac, sauva la situation. En mars 1740, de Blainville fut dépêché avec ses Canadiens vers les Chicachas, bien plus pour les inviter à demander la paix que pour les menacer. Ceux-ci prirent cette petite troupe pour l’avant-garde de la grande armée qui les menaçÇait depuis tant de mois. Après que Céloron leur eut tué une trentaine de guerriers, Bienville fut trop heureux de paraître leur accorder la paix qu’ils demandèrent. “Mon étoile pâlit” s’écria le gouverneur en apprenant le blâme que son indécision lui avait attiré de la part du ministre. Il fut remplacé (1743) par M. de Vaudreuil et mourut à Paris à l’âge de 88 ans. Tout était à créer quand

il reçut Ja Louisiane des mains de son frère, d’Iberville ; il créa tout : alliances indiennes, colonisation, commerce, administration, justice, instruction publique. La postérité a décerné à Le Moyne de Bienville le titre de Père de lu Louisiane.

Les vingt dernières années.—]le marquis de Vaudreuil était le fils de l’ancien gouverneur du Canada. n l’appelait le “grand marquis” pour son air imposant,

n dix ans, il obtint près de 2,000 hommes de troupes nouvelles pour tenir en respect les Indiens toujours en guerre les uns contre les autres et Pour arrêter les empiètements des Anglais. Les Natchez furent presque anéantis, les Chactas détachés partiellement de l'alliance angloaméricaine, et les Chicachas, les alliés des Anglais, eurent leur pays dévasté (1752).

De Vaudreuil rencontra une vive opposition de la part

ceux des Canadiens. Il avait accordé au Canadien Déruisseau un privilège couvrant toute la vallée du Missouri. Les Canadiens. du golfe du Mexique aux Illinois, avaient accaparé pacifiquement le commerce, exploré en tous sens et défendu le Pays. Du Canada aussi venaient les missionnaires, Jésuites ou prêtres du séminaire dont l'influence était si grande sur les tribus Sauvages. De Vaudreuil protégea les vrais soutiens de la colonie et quand il fut remplacé par le sieur de Kerlérec (1753), il emporta les regrets de tous.

a Louisiane était encore dans l'enfance, comme l'écrit en 1757 Bougainville. Louis XV Ja laissait languir dans le dénuement malgré la menace toujours grandissante d'une invasion prochaine. La population ne dépasse guère 10.000 âmes. Elle occupe les belles terres du Mississipi inférieur, forme les deux petites agglomérations de ]a Nouvelle-Orléans et de Mobile et détient les quatre bourgs des Illinois, des Alibamous, des Natchitoches et de la Pointe-Coupée. Les Principaux produits, outre les pelleteries, sont l’indigo, la soie, Ja cire (produit du cirier),

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