‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 32 sur 120 · SR EU CE 0 NS · texte numérisé non relu

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le tabac et le bois. Depuis quelques années, les Jésuites ont introduit le blé aux Illinois, la canne à sucre dans le bas-Mississipi. La Louisiane, épargnée par la guerre, subit cependant le sort de presque tout l’empire colonial français. Le 3 novembre 1762, la rive droite du Mississipi et la Nouvelle-Orléans devenaient possessions de l'Espagne, et le 10 février suivant, le traité de Paris livrait à l'Angleterre la rive gauche et le bassin de l'Ohio. La France perdait la plus belle vallée du monde, où elle avait écrit quelques pages glorieuses. Elle y laissa des fils

qui, après plus d’un siècle et demi de séparation, ont conservé son souvenir.

Les îles du Golfe.—]: Nouvelle-France, dépossédée de la baie d'Hudson, de Terre-Neuve, de l’Acadie péninsulaire, perdait d'immenses champs de pelleteries, une partie de ses pêcheries maritimes et une population acadienne solidement fixée au sol. Ainsi donc commen- Çait à se fermer le cercle des colonies anglaises autour du Canada. La France devait nécessairement chercher à réparer des pertes si désastreuse: pour l'avenir de sa grande colonie du Saint-Laurent. Elle trouvait une compensation avantageuse dans Ja mise en va'eur des îles que lui avait laissées le traité d’Utrecht. Par ses pâturages et son sol fertile, l’ile Saint-Jean se prêtait admirablement à de nouveaux essais de colonisation : l’ile du Cap-Breton, riche en pêcheries. en bois de construction, en charbon, offrait l'avantage d'excellents ports pour servir de point d'appui aux flottes francaises reliant le Canada et les Antilles à la métropole. La première devint une colonie importante de peuplement, et dans la seconde fut établie la première ligne de protection de la Nouvelle-France.

Fondation de Louisbourg.- Recevoir d’abord la population de pêcheurs de Terre-Neuve, de Plaisance en particulier, et posséder une forteresse navale capable de

couvrir le Canada du côté de la mer, tel fut le double objet de la fondation de Louisbourg au lendemain du traité d’Utrecht. C’est à M. de Costeselle, l’ancien gou-

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