‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 36 sur 120 · PLAN ESA · texte numérisé non relu

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plutôt douces. “Comme notre intention, disait de Villiers, n’a jamais été de troubler la Paix et la Bonne Armonie qui régnait entre les deux Princes amis, mais seulement de venger “ l'assassinat ” qui à été fait sur un de nos officiers porteur d’une sommation et sur son escorte, comme aussi d'empêcher aucun établissement sur les terres du roi mon maïtre”, il est permis au commandant anglais de se retirer avec toute sa garnison, de recevoir les honneurs de la guerre et d’emporter tous les effets à l’exception de l'artillerie. De Villiers retenait en Otage Jacob Van Braam et Robert Stobo jusqu’à ce que Washington eût renvoyé au fort Duquesne les prisonniers qu'il avait “faits dans l'assassinat de Jumonville”. Cette fois les Français se trouvaient les seuls maîtres de l'Ohio.

Plan de Campagne (1755).—En Angleterre et en France, on organisait la guerre, tout en protestant de ses intentions pacifiques. Les combats livrés en Acadie et sur l'Ohio n'étaient que des incidents de frontières que les métropoles pouvaient politiquement ignorer. Ostensiblement,il ne s'agissait que de redressements de droits et non de conquête sur l'adversaire. L'année 1755 marque cependant un pas en avant vers l’offensive tant désirée des colonies anglaises, et l’on doit la regarder comme le véritable commencement de la guerre de Sept ans en Amérique.

Au printemps de cette année, l’Angleterre envoya à ses colonies deux régiments de troupes régulières sous les ordres du major-général Braddock qui avait mission de prendre le commandement des troupes coloniales, de déloger les Français du bassin de l'Ohio et de venger la défaite de Washington. Plus intéressés et moins scrupuleux sur les questions de droit, les gouverneurs du Massachusetts, du New-York, de la Pennsylvanie, de la Virginie et de la Caroline, réunis en assemblée à Alexandria après l’arrivée de Braddock, élaborèrent un véritable plan de campagne. Ils résolurent d’attaquer le Canada par quatre endroits différents. Avec les troupes réglées, Braddock devait marcher contre Je fort Duquesne et chasser les Français de la vallée de l'Ohio ; le gouverneur Shirley du Massachusetts devait diriger une expédition contre le fort

Niagara ; William Johnson attaquerait le fort Saint-Frédéric avec les troupes des provinces du nord: en Acadie enfin, Monckton devait s'emparer du fort Beauséjour et Soumettre les Acadiens annexés. L'attaque contre Duquesne et Beauséjour pouvait encore s’expliquer parce que ces forts se trouvaient sur des territoires contestés par les deux couronnes. Mais en vertu de quel droit pouvaiton s'attaquer à Niagara qui était aux mains des Français depuis 1687, et à Saint-Frédéric construit dès 1727 pour surveiller Oswego (1) et Albany? Ces deux derniers projets d'attaque au moins constituaient une véritable violätion des territoires et des traités et justifiaient toutes les représailles.

Le son côté, la France envoyait en Canada 3,150 hommes de vieilles troupes commandés par 209 officiers sous les ordres de Dieskau. Deux vaisseaux de la flotte l’Alcide et ie Lys furent capturés par l'amiral Boscawen dans le golfe Saint-Laurent. C'était le premier acte de piraterie de l'Angleterre qui, cette année-là, sans même déclarer la guerre, s’emparait de 300 navires de commerce français et de 10,000 matelots.

Victoire de la Monongahéla.- Beaujeu. À deux mois d'intervalle, Braddock et Dieskau subirent des échecs attribuables à la même cause : l'ignorance des conditions spéciales de la guerre dans les forêts d'Améri-

exagérée dans la valeur et la tactique de leurs soldats d'Europe, leur fut également fatale.

Au printemps de 1755, Braddock rassembla ses troupes au fort Cumberland, point de départ de son expédition contre le fort Duquesne et avec 2,200 hommes et 12 canons, il s’avancça plein d'assurance à travers les AlléghanYS par la route de la Youghiogany. Il laissa 1,000 hommes à l’endroit appelé camp de Dunbar et, le 9 juillet, EE

(1) Vers 1722, les Iroquois avaient permis aux Anglais d’ouvriT un comptoir de traite, à Chouaguen, sur la rive sud du lac Ontario. Avec le temps, le comptoir devint un poste fortifié de

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