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230 CHAPITRE XV avec 1,200 hommes il était sur la rive droite de la Monongahéla à 6 milles du fort Duquesne.
En traversant un bois situé entre deux ravins, il se trouva tout à COUP attaqué de trois côtés à Ja fois par 250 Français et Canadiens et 600 Sauvages. M. de Beaujeu qui menait l'attaque de front, fut tué à la première décharge, M. Dumas le remplaça aussitôt. Dispersés derrière les arbres, cachés dans les plis du terrain, Fran- Sais, Canadiens et Sauvages dirigèrent un feu meurtrier
contre les Anglais qui, rangés en colonnes serrées, of-
fraient une cible magnifique à leurs ennemis invisibles.
Malgré l'avis des officiers Provinciaux, Braddock s’obstira à tenir ses troupes en formations régulières. Leurs décharges se perdaient au hasard dans les taillis, tandis que, du côté des Français, pas un cou portät. Braddock enfin tomb fut le signal de la retraite qui se changea bientôt en une déroute généra!e. L’ennemi dans s armes, munitions, approvisionnements. Ce fut d’ailleurs ce qui le sauva de l’anéantissement.
tardèrent à piller les bagages, laissant les débris de l’armée regagner la base d'opération. Les Anglais avaient perdu près de 900 hommes €t Braddock mourait quatre jours après sa défaite. Cette ictoi
aux Français la possession de la vallée de l'Ohio et rejeta les Anglais à l’est des Alléghanys. Sauvages et Canadiens reprirent aussitot le cours de leurs dévastations sur les frontières de la Pennsylvanie et de Ja Virginie.
Défaite de Dieskau.— 1 expédition dirigée contre le lac Champlain avait à sa tête sir William Johnson, un traitant irlandais établi au milieu des Agniers et jouis- Sant auprès d’eux d’un grand prestige, Parti d’Albany à la tête de plus de 3,000 miliciens et de 300 sauvages, il remonta l’Hudson et, au coude que fait cette rivière en Prenant la direction sud, il bâtit le fort Lyman, nommé plus tard fort Édouard. L'objectif de Ja Campagne était la prise du fort Saint-Frédéric, situé sur la rive gauche du lac Champlain, À Ja fin Vaoût, Johnson était campé à la tête du lac Saint-Sacrement, où il se retrancha
a fortement. Pendant ce temps, le baron Dieskau. envoyé d’a-
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bord pour menacer Oswego, se rendit au fort Saint-Frédéric, remonta à Carillon et, suivant la route du lac, se dirigea vers le fort Lyman, pensant n’y trouver que l'avant-garde des troupes anglaises. Sa petite armée. forte de 1,500 hommes, arriva bientôt au chemin que Johnson avait ouvert Pour se rendre au lac. Il restait où d'attaquer Johnson dans ses retranchements ou de prendre le fort Lyman gardé par 500 hrmmes seulement. Les sauvages firent adopter le premier parti.
Johnson crut prendre les Français à revers et envoya 1,000 hommes pour leur couper la retraite. Les Anglais tombèrent à trois milles du Camp dans une embuscade soigneusement Préparée et ils subirent de lourdes pertes. Vainqueurs et vaincus arrivèrent presqu'en même temps au lac Saint-Sacrement où. fortement retranché derrière une ligne d'arbres renversés et de voitures, Johnson attendait l'ennemi. Dieskau aurait dû s'en tenir à son premier succès.
Il crut qu’il emporterait facilement le camp de Johnson et malgré qu’il n’eût à ce moment que 800 hommes, Dieskau donna sans tarder le signal de l'attaque. Mais les Français, dépourvus d'artillerie, ne purent enfoncer les lignes ennemies. Après trois ou quatre heures d'un vif combat, les Anglais sortirent de leurs retranchements et chargèrent les assaillants dont la fuite se changea bientôt en déroute. Dieskau gravement blessé fut fait prisonnier. De part et d'autre, les pertes furent très élevées. N'’osant aller attaquer Saint-Frédéric, Johnson se contenta de se fortifier à la tête du lac où, sur le site même de la victoire, il éleva le fort Georges ou William- Henry. À l’automne il licencia les miliciens, laissant au fort une petite garnison d’hiver.
Vaine menace contre Niagara.—] expédition de Shirley contre Niagara ne dépassa pas Oswego. Parti d'Albany à la tête de 1,500 hommes, Shirley remonta la rivière Mohawk et descendit ensuite jusqu’au lac Ontario en Suivant le cours du Wood Creek, du lac Onéida et de la rivière Oswego. 1: comprit a'ors l’inutilité de son effort. Niagara était à 140 milles à l’ouest, tandis que droit au nord sur l’autre rive du lac Ontario, à 50 milles de
distance, se trouvait le fort Frontenac, Une attaque contre Niagara €Xposait au danger d'être pris à revers. Après plusieurs semaines d’hésitation, Shirley abandonna l'expédition, laissant 700 hommes à la garde d'Oswego qu'il relia à Albany au moyen de deux fortins établis, l’un, le fort Bull (Rome), sur le Wood Creek, l'au re, le
fort Wiliams, sur la rivière Mohawk à quatre milles du premier.
Gaspareau et endant que sur la frontière du sud les emis, il se passait nements qui marquèrent d’une tache ineffaçable, l’histoire de la conquête anglaise dans cette Partie du Pays. La déportation des malheureux Acadiens,
; la manière dont elle s’accomplit, les
résultats lamentables qui s’ensuivirent Pour tout ce petit
Peuple, en font un de ces épisodes que réprouvent les lois de la £uerre, si atroce soit-elle, qu'aucune raison d’état ne justifie et que le temps ne peut faire oublier. Décidés d'en finir avec les Acadiens annexés, les Anglais s’attaquérent d’abord aux seuls moyens de défense dont ceuxà pouvaient disposer : les petits forts de Gaspareau et de Beauséjour qui gardaient l’isthme de Chignectou.
Au printemps de 1755, Shirley leva dans Ja Nouvelle- Angleterre 2,000 hommes de troupes et en confia le com- Mmandement au colonel Monckton. Le 2 juin, la flotte qui les portait était devant le fort Lawrence. Bien qu'averti à temps du projet des ennemis, Vergor, commandant du fort Beauséjour, ne prit aucune mesure Pour mettre la place en état de défense. Une fois de plus, malgré les
Objurgations de l'abbé Leloutre qui prévoyait ce qui allait arriver, les Acadiens restèrent simples Spectateurs de la lutte. Vergor n’inspirait aucune confiance et, au souvenir de ses COnCussions, il ajouta celui d’une notoire incapa-
cité militaire. Avant même l'investissement de ia place, il Capitula honteusement le 16 juin. Cette CaPituiation entrainait celle du fort Gaspareau simple entrepôt d’approvisionnements et de munitions de guerre où commandait de Villerai à une Poignée de soldats. Peu de temps après, de Boishébert qui commandait à Ja rivière Saint-Jean, fit
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sauter son fort, ne gardant que les postes de commerce de Miramichi et de la baie des Chaleurs. L'abbé Leloutre. le missionnaire des Micmacs, qui avait protesté jusqu'à la fin contre la reddition de Beauséjour prit la fuite, mais, apturé en mer par les Anglais, il fut détenu prisonnier en Angleterre jusqu’à la conclusion de la paix.
Déportation des Acadiens. Désormais les Acadiens étaient bien seuls en face des Anglais leurs maitres tout-puissants. Leur déportation hors de la province fut aussitôt résolue et le gouverneur de Halifax, Lawrence. ‘à prépara avec une habileté diabolique. Par une suite de fausses représentations, il obtint à deux ou trois reprises la complicité des lords du Commerce et du cabinet de Londres qui finirent par lui donner carte blanche. BoscaWwen approuva la déportation, le juge Belcher essaya de la justifier et Morris, même avant le siège de Beauséjour, prépara soigneusement les moyens de se saisir sans danger des victimes. Boston enfin envoya les vaisseaux nécessaires. Dès le 31 juillet, des instructions précises assignent à chacun sa besogne: Monckton opérera à Beauséjour, Murray à Piziquid, où se trouvait le fort Édouard, Handfield à Annapolis, Winslow à Grand-Pré, etc.
Depuis plusieurs mois, par une suite de mesures perfides destinées à masquer la déportation, Lawrence s’efforçait de pousser les Acadiens à la révolte. Il fait enlever de force les armes et les embarcations des habitants des Mines, puis étend cette mesure à tous les autres Acadiens. À ceux qui se déclarent prêts à signer sans condition le serment d’allégeance, il répond qu’il est trop tard et il fait emprisonner les 30 délégués envoyés par les habitants des Mines. Après trois ou quatre mois de ce jeu perfide, Lawrence d'accord avec le Conseil de Halifax. fixa l’embarquement des Acadiens aux premiers jours de septembre, afin de s'assurer les profits de la moisson mise en grange et de la conservation du bétail. Divers stratasèmes furent mis en œuvre Pour capturer la population. Sous le prétexte de communiquer une importante proclamation du gouverneur, on convoqua dans l’église de cha- ‘ue paroisse toute la population mâle à partir de 10 ans. Les habitants des Mines répondirent sans défiance à
l'appel.
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