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LA DÉFENSIVE

Préparatifs ‘e l'Angleterre. — William Pitt.—Battue en Am, ique, l'Angleterre n'était pas plus heureuse sur le continent. F rançais, Autrichiens et Russes, lui infligeaient ainsi qu’à son allié le roi de Prusse les défaites les plus désastreuses. Pourtant elle ne perdit pas confiance et à Pitt qui déclarait que lui seul pouvait sauver le pays, elle confiait la direction des principaux ministères: armée, marine, finances, affaires étrangères. Beaucoup d’Anglais estimaient que le voisinage du Canada était pour les Anglo-américains un puissant contrepoids à leur esprit d'indépendance grandissant, Pitt ne voulut voir dans la poursuite de la guerre d'Amérique que l'honneur du nom anglais et l’extension maritime et coloniale de son pays. Aussi résolut-il de pousser les opérations avec la plus grande énergie.

Le 30 décembre 1757, il demandait aux colonies une levée de 20, recrues. Au mois de février Suivant, une Puissante flotte Partait pour assiéger Louisbourg, tandis que d'autres escadres bloquaient Jes ports de France et fermaient l'Atlantique à Ja marine française. Pour ap- Puyer les miliciens d'Amérique, Pitt Envoyait 20,000 soldats de troupes régulières, “assez, disait lord Chesterfield, Pour manger les Français tout vifs en Canada, à

conditions.

Prise de Louisbourg.— 1e 2 juin 1758, la flotte de l'amiral Boscawen qui portait 12,000 à 15,000 hom-

tanée sur 3 points différents. Les défenseurs de Louisourg se replièrent graduellement vers la ville.

Le second siège de Louisbourg offre beaucoup de similitude avec Je Premier: tandis que la flotte fermait l’entrée du port, Jes assiégeants débarquaient au même endroit, Contournaient la rade et s'emparaient de la batterie

Oyale et de la Pointe du Phare d’où ils bombardaient l’île de l’Entrée. Dès le 12, Ja forteresse était investie de toutes parts. Mais il fallut plus d’un mois encore pour

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réduire son admirable garnison. Commandée par un officier de grande valeur, le chevalier de Drucour, elle ne comptait pourtant qe 3,000 réguliers, un égal nombre de miliciens et un millier de sauvages. Peu de jours avant le siège, l’escadre de M. de Beaussier avait amené toutes les provisions nécessaires, mais elle ne pouvait rien tenter contre la flotte de Boscawen. Tout au plus, quelques navires coulés à fond servirent à boucher l'entrée du port. Les fortifications n’ayant pas été réparées depuis 1755 tombaient en ruines en plusieurs endroits. Mais pour les atteindre du côté de l’ouest, les assiégeants devaient traverser des marécages d’un accès difficile. Leurs lignes partaient de la pointe Plate et s’étendaient en demi-cercle à l’intérieur, l’espace de deux milles.

La grosse artillerie fit bientôt pleuvoir sur les remparts et dans la ville elle-même une grêle de boulets qui causèrent de grands ravages. Les batteries françaises, peu à peu réduites aux canons de la forteresse, ne répondaïent plus que faiblement malgré le courage des troupes et l’intrépidité de Mme Drucour qui, tous les jours, venait sur les remparts mettre elle-même le feu à trois pièces de canons. Enfin la perte des 5 derniers vaisseaux de la flotte française, les 21 et 25 juillet, permettait de donner l’assaut par mer et par terre. Le gouverneur Drucour offrit alors de capituler. Les Anglais exigèrent qu’il se rendit à discrétion. Il refusa d’abord, puis céda devant les représentations des habitants de la ville. Le 26 juillet, 5,000 à 6,000 soldats français devenaient prisonniers de guerre pour être dans la suite transportés en France. Deux ans après, les fortifications étaient rasées: Halifax n'avait plus de rivale en Nouvelle-Écosse.

Le brigadier Wolfe pressait Amherst d’aller aussitôt attaquer Québec. Le prudent Ambherst jugea la saison trop avancée et préféra se porter au secours d’Abercomby dont il venait d'apprendre la défaite à Carillon. Il réalisait sans le savoir le plan du chevalier de Drucour dont la belle défense avait eu pour but de retenir les armées anglaises sur l’Atlantiaue afin d'empêcher une fois de plus l'attaque contre Québec. L'armée victorieuse se contenta d’une besogne moins périlleuse. Lord Rollo alla

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réduire l'ile Saint-Jean dont les malheureux habitants, Pour la plupart des réfugiés acadiens, furent transportés en France ou s'enfuirent à Québec ; Monckton se rer:lit maître de la vallée de la rivière Saint-Jean et Wolfe rat envoyé à la baie de Gaspé et aux bouches du Saint-Lauren ravager les établissements des colons et des pêcheurs.

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