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roi. Vingt et un conseillers furent d’abord choisis, sept seulement étaient canadiens. (1)
Le pouvoir exécutif était partagé entre le Bureau des colonies, le gouverneur et les fonctionnaires. Les représentants du roi ne deva nt prélever aucun impôt, ils pouvaient cependant autoriser des contributions locales pour l’entetien des chemins publics.
La province agrandie. les parties de la Nouvelle-France qui avaient été détachées de la province de Québec lui furent rendues ; au nord-est les îles du golfe et le Labrador furent réunis au Canada, à l’ouest le territoire s’étendit jusqu'aux rives de l'Ohio et du Mississipi. Le Canada reprenait donc ses frontières et ses pêcheries du golfe et ses terres de chasse des grands Lacs. Les Américains, au profit desquels de larges coupures avaient été faites dix ans auparavant, surent quand même conserver une bonne partie des avantages commerciaux que l'Angleterre avait eu l’imprudence de leur abandonner au détriment de ses nouveaux sujets.
Etat des esprits.—Les Canadiens reçurent avec satisfaction l'annonce qu’un gouvernement nouveau allait être établi. L’Acte de Québec ne donnait pas à la colonie, cela est certain, le mode de gouvernement le plus désirable, mais il permettait cependant d’espérer pour l’avenir une autonomie plus grande. Les Canadiens seraient représentés dans les conseils de l'État, ils participeraient au pouvoir. Pour eux, l’Angleterre venait de porter la première atteinte à ses lois d’intolérance religieuse en abolissant le serment du Test et autres lois d'exception, avantage précieux, que les Canadiens surent apprécier à son mérite. Plusieurs pensèrent dans le temps que l’Angleterre était heureuse d’avoir l’occasion d’abolir le serment du Test añn äe permettre aux officiers et à tous les militaires canadiens de prendre du service durant la guerre qui lui apparaissait comme inévitable et prochaine avec ses colonies du sud.
D'autre part, les Anglais auraient pu sans doute s’ac-
(1) De [Léry, Saint-Ours, Contrecœur, de La Naudière, Ia Corne Saint-Luc, de Bellestre et de Rigauville.
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GOUVERNEMENT OLIGARCHIQUÉ 291
Commoder du régime nouveau si la révolution américaine ne les eut rejetés dans l'opposition ouverte en réveillant leurs instincts d'indépendance. C’étaient, pour la plupart, de vrais Bostonnais. Ils prirent feu au premier souffle de la révolution, leur ancien esprit de combativité se ranima soudain. L'on vit se multiplier les assemblées de Protestation à Québec et à Montréal, il se forma dans ces villes des Comités secrets où s’élaborèrent les plus audacieux projets de rébellion. Le nouveau gouvernement, à peine inauguré en mai 1775, fut aussitôt suspendu et la loi martiale proclamée par toute la province ; elle resta en vigueur pendant deux ans. Le souffle de la révolution passa bien vite Ja frontière et le gouverneur dut faire face en même temps aux intrigues du dedans et à l'invasion du Canada par les troupes du Congrès. Le
Canada était de nouveau en guerre, c'était cette fois la guerre civile...
LA RÉVOLUTION A MERICAINE
Causes diverses. ]es révolutions éclatent souvent à la suite de faits qui paraissent en être Ja cause et qui Sont pourtant peu capables de déterminer d'aussi profonds bouleversements. il faut alors remonter plus haut et plus loin. La révolution américaine, a été soumise à cette loi de proportion de l'effet à la cause : préparée de lonoue date dans une suite de faits, où le peuple se formait une mentalité nouvelle, elle éclata lorsque cette mentalité fut devenue assez forte pour déterminer l’action : il ne fallut Pour aïnsi dire qu’un Drétexte pour au’elle renversât un ordre de choses denuis longtemps établi. mais devenn contraire aux aspirations nouvelles des colonies américaines.
Les provinces anglaises, échelonnées sur les bords de l’Atlantique, avaient été fondées par des gens, chassés d’'Eurone pour la Dlupart par les persécutions religieuses anx 16e et 17e siècles; il s’y était formé un esprit de liberté et d'indépendance. qui s'était encore développé
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en se transmettant aux générations successives, et avait passé du domaine religieux dans le domaine politique.
L’Angleterre, en donnant à chacune de ses colonies d'Amérique un parlement, avait sans doute, dans une large mesure, contribué à créer et à développer les tendances nouvelles. L’Anglais des colonies participait davantage au gouvernement beaucoup plus représentatif du peuple qu’en Angleterre à cette époque : les parlements coloniaux gouvernaient réellement par leur pouvoir de passer les lois, voter les subsides, contrôler les finances.
L’Angleterre, avec ses méthodes trop vieilles pour la jeune Amérique, tenait encore à ses lois exclusives du commerce maritime afin de conserver le monopole très avantageux pour elle de ses relations d’affaires avec ses colonies, auxquelles seul le marché anglais était ouvert. Les Américains subissaient avec impatience cette protection du commerce anglais, qui mettait des entraves à leur rapide développement économique.
En 1765, la métropole passa la fameuse Loi du Timbre dans le but avoué de se créer des revenus au sein de ses colonies. C'était porter atteinte au principe du gouvernement par le peuple, qui réclamait le droit exclusif de s'imposer des taxes par ses représentants élus. L'opposition énergique à la loi du parlement anglais fit suspendre l’Acte du timbre.
En 1769, George IIT, le plus autocrate des souverains constitutionnels, commit l’imprudence de vouloir imposer sa volonté au peuple américain en établissant par décret un droit d'impôt sur certaines marchandises, jusque-là admises en franchise. L'esprit d'indépendance des anciennes colonies parut alors au grand jour, et prit corps dans des manifestations publiques.
La métropole crut à une effervescence passagère ; George III ne vit pas le degré d'importance de ce mouvement, parce qu'il n’en vit nas toute la profondeur. Ce fut l’erreur fondamentale. L'agitation populaire se développa rapidement, les Bostonnais jetèrent à la mer une cargaison de thé, ce fut le “Boston Tea Partv”. Un congrès des treize États, réuni à Philadelphie pour discuter de la situation et amener la métropole à redresser les griefs dont se plaignaient les coloniaux, n’aboutit à
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aucun résultat et le ministère de Londres répondit aux demandes du Congrès en fermant le port de Boston. Le 19 avril 1775, un groupe de rebelles de la Nouvelle- Angleterre attaqua un corps de troupes régulières à Lex. ington. La révolution était commencée : c'était l’ouverture de la campagne pour l'indépendance américaine. déclarée par le Congrès le 4 juillet 1776.
Appel du Congrès aux Canadiens, Au mois d'octobre 1774, le Congrès de Philadelphie, dans l'espoir que la participation du Canada serait une grande cause d'embarras pour l'Angleterre, fit un pressant appel aux Canadiens en faveur, disait-il, de la liberté et de l’indépendance. Quelques semaines auparavant, ce même Congrès reprochait à la métropole d’avoir accordé aux Canadiens l’Acte de Québec et assuré la liberté de la religion catholique, qu’il qualifiait de Supertitieuse et d'’idolâtre. Ce changement subit de sentiments à notre égard, parut avec raison d’une sincérité douteuse ; les Canadiens n’avaient pas non plus oublié que les Bostonnais, devenus si jaloux de leur liberté politique, n'avaient pas été étran-
timent envers Ja métropole en faisant bon accueil en général aux idées de rébellion ; la plupart étaient d’ailleurs d’origine américaine et ils Sympathisèrent plutôt ouvertement avec les rebelles.
En 1775 le Canada n'avait guère plus de 1,000 hommes de troupes régulières : l’Angleterre comptant sur les Canadiens pour la défense du pays autorisa le gouverneur à enrôler 6,000 miliciens. Les Canadiens laissèrent l'Angleterre défendre sa conquête comme elle avait pris seule le soin de Ja Souverner. Le clergé et la noblesse firent bien quelques tentatives pour amener le peuple à prendre les armes: ils se heurtèrent à la force d'inertie de la population. Une Proclamation du gouverneur ap-
pela cependant sous les armes toutes les forces de la milice.
Première Invasion. Carleton venait à peine de proclamer la nouvelle constitution que l'invasion du Canada commençait du côté du lac Champlain. Ethan Allen, à la tête d’un parti de rebelles, s'emparait par surprise de Ticondéroga (Carillon) et quelques jours plus tard de Crown Point. Dans le même temps Benedict Arnold avec quelques bataillons traversait le lac Champlain, et, le 18 mai, tombait à l’improviste sur Saint-Jean de Richelieu, défendue par un sergent et 10 soldats, faisait la petite garnison prisonnière et s'emparait d’un riche butin. Carleton, alors à Montréal, envoya le major Preston déloger les envahisseurs et reprendre la place. Cette première tentative d’invasion fut, paraît-il, désavouée par le Congrès et la paix fut de nouveau rétablie : le gouverneur retourna à Québec pour organiser le nouveau Conseil législatif.
Seconde Invasion.- ( pendant le Congrès, désespérant de s'entendre avec la métropole, résolut après la bataille de Bunker’s Hill (juin 1775) de briser définitivement avec la mère patrie et même de porter la guerre jusqu’en territoire canadien. Une seconde invasion fut donc décidée, et, après un dernier appel à la population, deux corps expéditionnaires prirent, par des chemins différents, la route de la province pour se réunir sous les murs de Québec. Le général Montgomery avec 800 à 900 hommes devait traverser ie lac Champlain, s'emparer des forts échelonnés sur sa route, descendre le Richelieu, chasser les Anglais de Montréal, puis réunir son armée à celle de Benedict Arnold, qui devait se +. :‘-e directement à Québec par les rivières Kénébe : ‘‘haudière. Au mois de septembre 1775, ce vaste Pia. fut mis à exécution.
Montgomery se présenta sous les murs de Saint-Jean, défendue par Preston à la tête de 700 hommes dont plusieurs Canadiens. Cette place résista sept semaines. Dans l'intervalle, le général américain s'empara du fort de Chambly, où il trouva quantité de canons et de munitions, ce qui lui permit de vaincre enfin la résistance de Pres-
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GOUVERNEMENT OLIGARCITIQUE 295
ton, qui dut capituler le 2 novembre 1775, Dans le même temps, Allen, avec 150 rebelles, était traversé de Longueuil à la Longue-Pointe Pour tenter une surprise contre la garnison de Montréal. Le major Carden, suivi de quelques réguliers et de 200 volontaires, alla le rencontrer en dehors de la ville; le détachement rebelle fut mis en déroute, laissant aux mains de Carden 35 prisonniers dont Allen lui-même, qui fut mis dans les fers et envoyé en Angleterre. Ce succès de Carden ne devait pourtant pas sauver la ville. Montgomery, après la capitulation de Saint-Jean, se dirigea sur Montréal, qui lui ouvrit ses portes sans résistance, et les Anglais le reçurent avec bienveillance. Carleton, qui n'avait pu envoyer du secours à Preston, courut s’enfermer dans les murs de Québec, tandis que Montgomery faisait son entrée triomphale dans la ville de Montréal. Le 5 décembre suivant, Montgomery rejoignait Arnold, arrivé devant Québec avec une armée réduite par la fatigue et la maladie à 1,100 ou 1,200 hommes.
Les deux généraux américains n'avaient pas négligé au cours de leur voyage à travers le pays de se créer des intelligences utiles parmi la population canadienne; ils avaient même gagné à leur cause un certain nombre de capitaines de milice, chargés de leur procurer des armes, des munitions, des vivres et même quelques recrues. Cette sympathie, bien qu’assez répandue parmi la population, ne paraît pas avoir été très effective. L'on doit dire cependant que le gouverneur en ressentit beaucoup d’ennuis.
Le siège de Québec.—Carleton, parti de Montréal le 13 novembre, n’arriva dans la capitale que le 19 après bien des péripéties et des alarmes. Il n’y avait pas alors 300 réguliers pour défendre la place, il réunit à cet effectif une centaine de matelots et fit une levée générale de tous ceux qui pouvaient servir dans la milice, ce qui porta la garnison à peu près à 1,500 ou 1,600 hommes. Ceux qui ne voulurent pas s’enrôler durent sortir de la ville, c'étaient surtout des Anglais sympathiques aux rebelles. Depuis la conquête on avait fait quelques travaux à la citadelle que l’on avait abondamment pourvue de canons
et d'ouvrages de défense. La ville ainsi fortifiée et défendue par des milices en presque totalité canadiennes pouvait subir un long siège. Durant tout le mois de décembre Montgomery, qui avait pris le commandement des troupes américaines réunies, bombarda la ville en attendant le moment de l'assaut : il somma Carleton de lui livrer la capitale: mais Carleton refusa d’entrer en négociations avec ceux qu'il regardait comme de simples rebelles et non comme des conquérants.
Les assiégeants.— Montgomery était l’homme capable de mener à bien les desseins du Congrès sur le Canada si les circonstances lui eussent été moins radicalement défavorables. De caractère affable et de manières polies, il avait su gagner la sympathie de toutes les classes de la société canadienne en empêchant les graves abus qui d'ordinaire marquent le passage des armées conquérantes. Malheureusement pour la cause qu'il défendait, son armée, réunie sous les murs de Québec, avait été grandement décimée par les fatigues, le froid, la petite vérole et les privations de toutes sortes ; ses soldats étaient pour la plupart mal aguerris et ses lieutenants manquaient d'expérience. Dans ces conditions, le siège de Quéhec devenait une entreprise hasardeuse, que seul un homme de génie, eut pu tenter avec des chances de succès.
Attaque repoussée. Vers la fin de décembre, le général américain arrêta son plan d'attaque pour prendre la citadelle d'assaut. Tandis que la garnison, croyait-on., serait en partie appelée vers les portes de la forteresse par une fausse attaque du côté des Plaines, A: ñ1old, avec un fort détachement, pénétrerait dans la ville en forçant les barricades de Saint-Roch; de son côté, Montgomery, à la tête du gros de l’armée, suivrait l’étroit sentier sous le Cap, où se trouve aujourd’hui la rue Champlain, les deux chefs devaient se rejoindre pour monter à la haute ville. Dans la nuit du 31 décembre 1775, au milieu d’une tempête de neige et d’une poudrerie sans pareille. Montgomery, en tête de sa colonne, descendit la côte du Foulon et s’engagea dans l’étroit sentier, entre le fleuve et le Cap. et à l'extrémité duauel s’étevait une barricarde, défendue par du canon. Malgré toutes les précautions pri-
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ses, l’ennemi avait été signalé. La garnison était en garde: le capitaine Chabot et quelques miliciens attendaient les assaillants. Lorsque les Américains s’élancèrent à l’attaque de la barricade, une volée de canon coucha les Premiers rangs à 200 pas de là. La surprise fut alors du côté des assaillants ; pris de panique ceux-ci s’enfuirent, laissant plusieurs morts dont le général en chef Montgomery.
Du côté de Saint-Roch. l'attaque d’Arnold n’eut pas plus de succès: après s'être emparé de la première barricade, Arnold, gravement blessé, dut abandonner la lutte: le capitaine Morgan, qui le remplaça, essaya de rejoindre Montgomery, il se trouva bientôt aux prises avec un fort contingent de Ja garnison ; il fut cerné et dut se rendre prisonnier avec son détachement. Cette attaque malheureuse coûta aux Américains 400 à 500 hommes blessés, tués où faits prisonniers. Les assiégeants se retirèrent dans leur Camp sur les plaines d’Abraham sous le commandement du colonel Campbell.
Occupation américaine, ] armée américaine Passa ainsi l'hiver de 1776 sous les murs de Québec attendant du renfort pour livrer au Printemps une nouvelle attaque contre la citadelle. Dans le district de Montréal les Américains prétendirent gouverner le pays conquis et, le 6 janvier, Wooster envoya l’ordre à tous les officiers de milice de cesser toutes relations avec les Anglais et de reconnaître son autorité et celle du Congrès. De son côté, le clergé ne cessait de prêcher la fidélité au pouvoir établi. Au printemps le Congrès envoya des émissaires (1) Pour gagner les Canadiens à Ja cause américaine et
sions parmi notre population. Cependant Washington. qui appréhendait de voir l'Angleterre établir aux frontières une base d'opération pour une armée d’invasion du territoire américain. voulait prévenir ce dessein: il fit un pressant appel à certaines provinces de l'Est pour RE RE
(1) Benjamin Franklin, Samuel Chase, Charles Carroll et le Jésuite John Carroll.
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les décider à envoyer des secours à Arnold chargé de retenir au Canada une bonne partie de l’armée anglaise.
Derniers jours de l’invasion.—Au printemps le général Wooster avait remplacé Arnold devant Québec, Schuyler, qui campait à la frontière, lui envoya quelques secours, mais l'effectif des Américains ne comptait pas 1,800 hommes, lorsque le général Thomas prit définitivement le commandement au mois d’avril en vue d’une nouvelle attaque sur Québec. Les préparatifs du siège se poursuivaient activement, lorsqu’aux premiers jours de mai une flotte anglaise, portant plus de 9,000 hommes parut devant la ville investie. Les Américains, voyant la partie inégale, levèrent le siège en grande hâte, abandonnant quantité de munitions et de vivres. L'armée anglaise. sous les ordres de Carleton, reprit bientôt tout le territoire nerdu en octobre et novembre précédents et poursuivit les rebellés jusqu’au lac Champlain.
Le 11 octobre 1776 une flotte, rassemblée à la hâte à cet endroit par Carleton, livra bataille à la flottille d’Arnold. Celui-ci fut défait et il repassa la frontière avec les restes de son armée.
L’invasion se terminait par l’échec complet des armées du Congrès. Cependant Carleton, s’estimant trop éloigné de sa base de ravitaillement et craignant les rigueurs de l’hiver, négligea de poursuivre plus loin l'ennemi et se renlia sur Saint-Jean. Le ministre des colonies, lord Germaine, blâma cet‘ inaction assez motivée pourtant et enleva à Carleton le commandement de l’armée pour le confier au général Burgoyne, moins bon militaire que galant homme.
Défaite de Saratoga.— Au printemps de 1777, le nouveau général en chef, en exécution des plans de campagne préparés par le ministère anglais, partit pour la frontière américaine, où il devait réunir son armée à celle de Howe à Albany. Plus militaire de parade aue soldat de métier. Burgovne prit un temps infini à faire une partie seulement du trajet proieté: enfin au mois d’octobre il avait réussi à se rendre à Saratoga à la tête de 9.000 hommes de troupes et un bel attirail de cour ga-
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lante ; il fut cerné par les troupes du général américain Gates qui fit toute cette Caravane prisonnière sans beaucoup de difficultés ; cette défaite humiliante de Burgoyne, était désastreuse pour l'Angleterre : les généraux placés à la tête des 55,000 hommes de troupes anglaises étaient plutôt de valeur contestable. La guerre en Amérique fut éPParemment mal conduite par le ministère anglais, qui à 3.000 milles de distance, prétendait donner aux chefs d'armée des ordres de Campagne ; à cette époque de communications difficiles, une plus grande liberté d'action laissée aux chefs militaires eut pu amener des résultats bien différents. Le Congrès. n'ayant plus à craindre l'intervention des forces anglaises du côté de Ja frontière canadienne, concentra son action ailleurs et tout projet d’invasion du Canada fut pratiquement abandonné.
Intervention de la France.-Le désastre de Saratoga avait causé une déconcertante surprise à Londres, et une grande satisfaction à Paris. Le duc de Choiseul énrouva un malin plaisir à voir son adversaire de 1760, William Pitt. (lord Chathain) constater à la Chambre des lords l’abaissement de l’Angleterre et l’anéantissement de sa politique coloniale.
La France et l'Espagne avaient déjà envoyé en Amérique 200 canons, des munitions et deux millions en argent. La France, la première des nations d'Europe, reconnut l'indépendance américaine et fit avec les treize
ciennes possessions françaises d'Amérique, cédées au traité de Paris. Le baron d'Estaing fut envové sur ce continent pour soutenir la cause de l’Indépendance. I] fit plusieurs tentatives Pour amener les Canadiens à se mettre de nouveau sous la Protection de la France : mais Washington, qui ne se Souciait pas de voir renaître l’influence française en Amérique, seconda faiblement l’amiral français et sut diriger sur d’autres champs de bataille le puissant secours qu'il lui apportait.
Les Sauvages et la Révolution. Ie sauvages de la région des Lacs avaient pris une part active à la
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guerre. Ceux de la province de Québec avaient fourni à l’armée anglaise quelques détachements utiles : plusieurs cependant ne cachaient pas leur sympathie pour la cause des rebelles. Caughnawaga était devenu un centre d'intrigues et de cabales pour les émissaires du Congrès. lin général les sauvages d’en Bas restèrent plutôt indifférents alors que ceux des pays d'en Haut, du pays des Illinois et des Six Nations étaient plus favorables aux Américains. Joseph Brant leur chef avait été fait colonel d’un régiment de sauvages ainsi que M. de Saint-Luc de Ja Corne. De Niagara au Détroit les sauvages secondèrent les troupes du gouvernement. Aussi en 1779, le général américain Sullivan, marcha contre eux et ravagea leur territoire. De son côté l'Angleterre, en reconnaissance des services qu’elle en avait reçus, réunit presque tous les sauvages sur son propre territoire et les établit à Grande Rivière, sur la rive nord du lac Érié où leurs descendants vivent encore sous la tutelle du gouvernement canadien.
Second traité de Paris.—Le 3 septembre 1783 un traité de paix signé à Paris mettait fin à la guerre. L’Angleterre reconnaissait officiellement les treize États comme États-Unis libres, souverains, indépendants. La ligne frontière entre les nouveaux États souverains et la colonie du Canada suivait le centre des lacs Ontario, Érié, Huron et Supérieur et l'immense territoire compris entre les rivières Ohio et Mississipi était définitivement perdu pour nous. Au nord-est, dans le Nouveau-Brunswick, la démarcation obscure des frontières du Maine permit là aussi aux États-Unis, 50 ans plus tard, de tailler largement dans notre domaine. Enfin le traité accordait aux Américains le droit de pêche dans les eaux maritimes canadiennes (1).
(1) Voir carte à la page 270.
Réorganisation du gouvernement.—Au printemps de 1777, le péril de l'invasion américaine paraissait enfin conjuré et Carleton pouvait réunir le Conseil Pour réorganiser l'administration civile et judiciaire du pays. Contrairement à ses instructions, il voulut se choisir au sein du Conseil un comité exécutif de cinq membres pour l'administration des affaires courantes. Le juge en chef Livius s'éleva contre cette façon d'agir: il prétendait que les instructions permettaient un quorum de cinq membres pour la gestion des affaires, mais qu'il n'était pas loisible au Souverneur de choisir 1i-même ce quorum et que tous les conseillers devaien être convoqués à chaque séance. Après de sérieux débats Livius fut renvoyé du Conseil par Carleton qui continua de gouverner à sa manière, Le Conseil était choisi parmi les hauts fonctionnaires, les seigneurs et les marchands; les autres classes de la population n’y étaient nullement représentées; ce n'était donc pas un corps représentatif, mais bien un groupe d’hommes choisis avec soin pour servir surtout les intérêts de la Couronne. Quant aux fonctionnaires, nommés par la métropole, jeur choix n'était pas toujours judicieux, et plusieurs revendaient leur charge à des Personnes souvent peu qualifiées pour la remplir; cet abus de vénalité des charges, commencé en 1764, se continue sous le nouveau gouvernement, malgré les protestations de Carleton.
Les cours de justice.—C'est surtout de la mauvaise administration de la justice que les Canadiens avaient eu le plus à se plaindre. L'Acte de Québec ordonnait l’établissement d’un système judiciaire nouveau. En février 1777 le Conseil rendit en conséquence une ordonnance de la justice. Il était créé deux districts judiciaires, Québec et Montréal, avant chacun une cour des Sessions de la paix, un tribunal des Plaids communs et une Cour supérieure du, Banc du roi. Les lois françaises fu-
rent rétablies au civil et le droit anglais fut seul reconnu au criminel. Ce système fut maintenu jusqu'en 1792.
Haldimand succède à Carleton.—Carleton, par suite de sérieux malentendus avec le ministre anglais, avait plusieurs fois offert sa démission, elle fut enfin acceptée, et le général Frédéric Haldimand, suisse protestant et soldat de fortune, qui avait pris part à la conquête, fut appelé à lui succéder, Haldimand était un militaire de mérite, mais d’un caractère soupçonneux. Dans un temps où les émissaires du Congrès se montraient encore actifs au Canada, il crut de son devoir de réprimer avec la plus grande énergie les velléités de quelques Canadiens pour la liberté. Il serait difficile de douter de ses bonnes intentions, mais il n’en reste pas moins vrai que s’il n'avait en vue que de conserver la province de Québec à l’allégeance anglaise, les moyens qu’il prit de réprimer tout mouvement de sympathie à l’égard des colonies américaines furent inutilement arbitraires et parfois tyranniques. Le salut de la province ne demandait peut-être pas d'aussi énergiques attentats contre la liberté des individus. Il voulut, à l'exemple de Carleton, se former un groupe de partisans au sein du Conseil pour gouverner sans doute plus à sa guise, mais on lui fit savoir de Londres que le gouverneur n'était pas à lui seul tout le gouvernement et que tous les membres du Conseil législatif étaient aussi membres du Conseil d’État.
Nouvelles menaces d’invasion.—Après leur échec à Québec et à Montréal en 1776, les Américains n'abandonnèrent pas tout de suite tout espoir d’amener les Canadiens à leur cause et le pays resta sous la menace plus ou moins sérieuse d’une nouvelle invasion. De son côté le gouvernement canadien, rassuré par ses derniers succès et devenu plus avisé par la peur qu'il avait eue en 1775, se prépara davantage à parer à toute éventualité fâcheuse; 5,000 à 6,000 hommes de troupes. dont un millier d’Allemands environ furent cantonnés en différents endroits de la province ; d’autres corps expéditionnaires furent préposés à la protection des frontières. I'état de guerre, qui dura jusqu’en 1783, fut
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très pénible à la population civile du Canada. Le peuple en général resta passif en présence du conflit et se montra aussi peu disposé à prendre les armes contre les colonies en révolte que contre l'Angleterre. Cependant un certain nombre de Canadiens parmi les deux races ne cachaient point leur sympathie pour les rebelles; quelques-uns même allaient jusqu’à seconder effectivement les tentatives de soulèvement en notre pays. Malheureusement dans l'esprit de nos gouvernants ceux qui n'étaient que sympathiques au mouvement de nos voisins furent confondus avec les vrais rebelles ; cette erreur de discernement amena une politique de répression qui ne sut pas toujours distinguer entre les coupables et ceux qui n'avaient été qu'imprudents. À tous on imposa l’emprisonnement, les fers, la déportation. Cette politique aveugle fit naître partout la défiance et l’ ntipathie.
Les vrais rebelles — ]] y avait eu d vrais rebelles. Thomas Walker, marchand et juge de paix avait préparé admirablement la venue des Américains à Montréal en 1775, Rocheblave, aux Illinois, était de toutes les allégeances, Pierre du Calvet, aussi juge de paix et commerant, avait poussé de malheureux Canadiens à faire du service d'espionnage pour les Américains, auxquels il vendait constamment lui-même toutes sortes de fournitures. Les deux Français Joutard et Fleury Mesplet, par leurs publications immorales et séditieuses poussaient à la rébellion, La Terrière, après une aventure galante aux Trois-Rivières, avait élaboré tout un plan pou- le service d'espionnage, Langlois, Capitaine de milice, était au service des rebelles américains : d’autres moins en vue servaient d’intermédiaires entre les colonies voisines et le groupe des révoltés anglo-canadiens qui préparaient la venue des Bostonnais. Quelques-uns parmi les plus obscurs furent exécutés par ordre de la cour martiale, mais les principaux furent seulement jetés en prison, où ils languirent longtemps sans qu'on daignât leur faire un procès. Ce n’était juste ni pour eux-mêmes, ni pour les autres accusés, avec lesquels ils étaient con fondus, ni pour le peuple qui devait connaître les vrais coupables.
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Emprisonnements arbitraires,- ln 1776 Carleton donna l’ordre aux Capitaines de milice d'arrêter toute personne SOupÇonnée d'intelligence avec les rebelles. Haldimand renouvela cet ordre en 1779. C'est ainsi que plusieurs centaines de Personnes, hommes ou femmes, furent arrêtées, jetées en prison et la plupart libérées après les années de détention arbitraire. On transportait à Québec sur des vaisseaux ceux que l'on croyait les plus dangereux. À Montréal, on dut Convertir en prison le couvent des Récollets. I] Y avait des prisonniers dans plusieurs Campagnes, à l'A: somption, à Yamaska, à Nicolet, à Chambly, où ils étaient au pain et à l’eau. On offrait $8.00 pour chaque prisonnier ou document com- Promett:nt. La moindre manifestation de Sympathie amenait le SoUpçon et le soupçon conduisait à la prison. Le prétexte que l’on invoquait était généralement celui-ci : asile aux rebelles. (1); Le silence se faisait sur ces arrestations opérées Pour la plupart en cachette sur l'ordre de Haldimand et sur les dénonciations des espions salariés.
Dans la plupart des cas il n’y eut pas de procès, malgré les instances des inculpés. La Valinière, curé de Sainte- Anne du Sud, fut envoyé à Londres avec Voyer; le premier mourut en mer, l’autre fut libéré, faute de preuves. Il existe des centaines de lettres de prisonniers demandant pourquoi on ies à arrêtés ; des curés et de braves citoyens offrent de se Porter garants de la loyauté de plusieurs autres, les prisons restent quand même fermées. Les emprisonnements politiques parurent tellement arbitraires que les juges de paix de Montréal firent des représentations au Souverneur et refusèrent de se charger des prisonniers arrêtés sur un simple mandat du Souverneur. Ceci dura jusqu’en 1783, alors que n’avant plus rien à craindre des menées américaines, Haldimand vida les prisons, laissant à l’histoire le soin de juger de ces préiendus rebelles. Ft l’histoire n'a trouvé contre
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(1) Les paroisses les plus soupçonnées de Sympathiser avec les rebelles furent Sainte-Geneviève, l’île Jésus, Terrebonne, Lachine, Yamaska, Saint-Pierre-les-Becquets, Saint-Jean, la Pointe-Claire, Sainte-Anne du Sud, Lotbinière, les Écureuils, Saint-François, Vaudreuil, Nicolet et Bécancour,
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la plupart d’entre eux que la seule imprudence d’avoir, dans leurs belles et fertiles Campagnes, enguirlandé aux épis de blés les couleurs blanches des Américains luttant pour la liberté.
Nombreuses corvées.—]le peuple se ressentit aussi des nombreux inconvénients de cette guerre civile chez nos voisins. Il eut d'abord à endurer les ennuis d'un envahissement de son territoire et à subir les ravages des armées du Congrès. Lorsque les envahisseurs furent repoussés sur la frontière, ce fut au tour des troupes anglaises de détruire les moissons et de saccager les champs. Le peuple eut à supporter un autre fardeau non moins lourd et de plus longue durée; il fut soumis à une succession de corvées de toutes sortes sous prétexte de contribuer à la défense du pays. Durant six années les troupes anglaises, au nombre de 5,000 ou 6,000 hommes furent distribuées dans les villes et dans les campagnes que l’on jugeait les plus sympathiques aux rebelles. Les habitants étaient aussi appelés à fournir chevaux et voitures pour le transport du matériel de guerre et des provisions de l’armée; ils devaient contribuer à des travaux de tous genres pour le service des troupes et du gouvernement. Ils étaient aussi appelés à faire partie des groupes d’éclaireurs et de guides. Quelques officiers de l’armée profitèrent des corvées pour se faire rendre toutes sortes de services. À la venue des loyalistes, le Souvernement obligea les habitants d’en recevoir un grand nombre. Le service des corvées relevait des attributions des capitaines de milice, dont quelques-uns, on doit le dire, se firent les zélés agents du pouvoir.
Défiance mutuelle. Tout ceci n’était pas de nature à faire apprécier les institutions britanniques. Le peuple sentait bien que l’on manquait de confiance en lui, et la conduite du gouvernement était trop évidemment Provacante pour permettre le moindre doute là-dessus. Aussi, on ne saurait le nier, le gouvernement a pu paraitre par son énergique attitude empêcher les idées américaines de se propager ouvertement, mais sa politique de répression a jeté dans les esprits des germes de comba-
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tivité et de résistance pour l'avenir. La Séparation s'est faite encore plus profonde entre Canadiens et Anglais et la confiance mutuelle fut pour longtemps ébranlée.
Loyalistes,__À 1: déclaration de l'Indépendance américaine, ceux qui avaient jusque-là favorisé le redressement des griefs par une agitation purement constitutionnelle durent prendre parti soit pour le Congrès, soit pour le gouvernement. 1] ne restait plus que des royalistes et des républicains, Personne ne pouvait rester
Cette immigration se Continua jusqu’en 1791] alors que près de 30,000 loyalistes s'étaient établis en Nouvelle.
Rappel de Haldimand,—] e général Haldimand partit le 15 novembre 1784, laissant l'administration du Pays au colonel Henry Hamilton. Ce dernier transféra à son tour le Pouvoir au colonel Henry Hope à la fin de
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voulut au moins établir la droiture de ses intentions ; mais ses actes avaient soulevé trop d'opposition; le ministère crut devoir renvoyer au pays Dorchester rentré en grâces après le départ de lord Germaine. Le nouveau Souverneur avait la tâche de calmer les esprits, soulevés par les fautes de son prédécesseur et aussi par les clameurs des mécontents. Son influence sur le peuple resta toujours puissante, mais son action sur les hauts fonctionnaires ne fut pas aussi efficace.
Agitation politique.—Comme Je disait lord
orth, premier ministre anglais en 1783, la révolution américaine et le traité de paix avaient créé une situation nouvelle en Canada. I- lutte pour la liberté, qui s'était faite un peu partout dans la province, entre les troupes et les émissaires du Congrès et les forces du gouvernement, avait jeté dans la population des idées nouvelles, des germes d'émancipation. Déjà sous le gouvernement de Haldimand le parti anglais, si favorable aux idées d'indépendance, avait commencé un mouvement pour obtenir l’abrogation de l’Acte de Québec et la formation d'un parlement ; sous Dorchester, ce mouvement grandit encore davantage et pénétra dans la population. Le peuple, à l'exemple des classes dirigeantes, prit de l’intérêt à l’agitation politique qui se faisait autour de la constitution ; de cette agitation sortirent comme les premières formes des partis politiques qui devaient plus tard rendre si actifs nos premiers parlements. Deux partis se formèrent bientôt ayant pour programme, l’un la formation d’un parlement, l’autre le maintien de l’Acte de Québec.
Le premier comptait dans ses rangs le juge en chef Smith, le procureur général Monk, les loyalistes nouvellement établis, les marchands anglais, M. de la Naudière. MM. Delisle et Adhémar, un fort groupe de Canadiens de toutes conditions soutenus assez discrètement d’ailleurs par les Messieurs de Saint-Sulpice, enfin ceux-là aui avaient davantage ressenti l’action du rouvernement dans les dernières années.
Le second avait à sa tête, l’ancien juge Mabane, le général Christie, presque tous Îles conseillers et les fonc-
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TA RP remet me age Enr ent st rec à 26
308 CHAPITRE XIX tionnaires, le clergé, la noblesse ainsi que la majorité de
€ parti appelé COnStitutionnaliste se Composait de deux 8Toupes lesquels, bien que poursuivant en apparence le même but: le gouvernement Populaire, en avaient une notion bien différente ; le JrOupe anglais voulait un par-
Peuple que pour s'emparer à son profit de l’administration du Pays; le juge en chef, qui avait favorisé la
but. Le Jroupe des Canadiens Constitutionnalistes étaient favorables à Ja création d’un Parlement mais dans l'espérance d'y pouvoir se £Ouverner eux-mêmes. Cette ambition était légitime. Ils voulaient des droits et des privilèges égaux Pour tous. C’étaient les plus sincères, Chacun des deux partis mit beaucoup d'activité dans Ja pour- Suite de son idéal politique. Dorchester semble Subir l’in-
la crainte des Canadiens semble avoir été d’être taxés Par ce parlement : jusque-là il n’y avait eu aucun impôt direct et l’Angleterre Supportait les frais d'administration,
de Luneburg, de Mecklemburg, de Gaspé, de Nassau et e Hesse.
Décentralisation de Pouvoir.—Depuis la conquête tout Pouvoir exécutif et administratif était concentré dans la Personne du gouverneur et dans le conseil, aidés de fonctionnaires nommés pour Ja plupart par le ministère anglais. Cet unique pouvoir réglait jusqu'aux
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