LEZ
moindres détails de l’administration civile par toute la province. Ce n’est qu'en 1777 que Carleton et son conseil se départirent quelque peu de leur autorité immédiate en conférant aux commissaires de la paix à Québec, à Montréal et aux Trois-Rivières des pouvoirs spéciaux pour maintenir la paix et voir à la police de ces trois districts. Le pouvoir des Commissaires s’étendait aux règlements de police, à l'entretien des grandes routes, aux moyens à prendre pour protéger les villes contre les in-
cendies, et en général à tous les détails d'administration
nécessités nouvelles et l’on verra bientôt, au début du régime constitutionnel, le peuple des villes demander Ja décentralisation du Pouvoir administratif et la création du régime municipal.
Comitss d’enquête.— 1] agitation qui se faisait autour de la constitution du Pays avait eu des échos à Londres et Dorchester reçut l’ordre de faire une minutieuse enquête sur l’état de la Province, ses ressources, ses besoins et les aspirations de ses habitants. Dès novembre
de justice, de la milice, de l’agriculture, du commerce, de la police.
en vigueur d’après la constitution. Les Anglais, dont le nombre s'était largement accrû depuis la révolution américaine, se faisaient difficilement aux usages et aux lois du pays. Le comité fut cependant d'avis qu’il ne fallait pas sacrifier les aspirations de 120,000 habitants aux exigences de 6,000 étrangers venus après la conquête ;
Le comité du commerce et de la police se renseigna auprés d’un grand nombre de personnes et découvrit que
Né ta nant aan br rome pisse opt me
ds Mcdliitiiiternéerinmrtgtetis prise jurciié one luc gets pe
nat cm dé À anciens
la population anglaise était favorable aux lois commerciales anglaises tandis que les Canadiens ne l'étaient Pas. On demandait aussi l'établissement en corporation
des villes de Québec et Montréal, ce qui ne fut accordé
Congrégation donnaient un peu d'instruction primaire et l’on demanda Ja création. d’écoles publiques gratuites.
Le comité de l’agricuiture se déclara favorable à l’abolition des seigneuri Î sements et demanda Pour l’avenir Ja Concession des terres
Le Commerce, — I: guerre de l'Indépendance ne fut pas sans laisser des traces profondes dans le com-
nôtre pays. Dès Je COmmencement des hostilités Je commerce des grands Lacs, qui se faisait principalement par
nies voisines d'avec Ja Grande-Bretagne. Si bien, qu’en 1784, il se forma à Montréal une nouvelle société commer-
Pagnie du Nord-Ouest et qui entra en Concurrence avec la
OMpagnie de la Baie d'Hudson. Les VOYageurs canadiens aidèrent beaucoup à CE Mouvement de rénovation commerciale: de son côté le £ouvernement, qui Ccomntait D'usienrs Marchands et Commerçants. EnCOuragea d'une manière Pratique la création et le développement d’une
nn
fé bebe ss
GOUVERNEMENT OLIGARCHIQUÉ 311
flotte marchande sur les grands Lacs et l'établissement de communications plus faciles entre l’est et l’ouest du Canada. C'est vers cette époque que fut commencé Je canal Lachine qui fut en bonne partie l’œuvre des Sulpiciens de Montréal: ils en avaient les premiers conçu l'idée. D'autre part le développement économicue de la vieille province s’accomplissait rapidement et le Canada connut à cette époque plusieurs années de prospérité qui suivirent immédiatement et firent oublier les mauvais jours de la guerre.
L’instruction. — L’instruction publique était fort peu répandue à cette époque, l’Académie royale de Québec et l’Académie de Montréal étaient les deux principales sources d'enseignement pour les Anglais, tandis que les deux séminaires de ces deux villes instruisaient la jeunesse canadienne. Quant aux écoles primaires dans les villes et les Campagnes, il n’v en avait pratiquement pas, le curé de la paroisse et quelques maîtres ambultants se chargeaient parfois d'enseigner la lecture et l'écriture, avec un peu de grammaire et de calcul à ceux qui montraient le plus d’aptitudes : et c'était tout. Linstruction des filles était plus répandue grâce aux Dames de la Congrégation.
En 1789, un comité fut nommé pour étudier la question des biens des Jésuites. Ces biens, donnés d’abord Pour fins éducationnelles, avaient été dans la suite libérés de cette servitude par le roi de France. Ils avaient été promis à Ambherst, mais le gouvernement ne voulut pas faire droit à la promesse de George III; le ce nité proposa
un peu partout des écoles gratuites. Déjà à Montréal en 1786 on avait émis l’idée des écoles gratuites: l’on avait même demandé de fonder à Québec un collège prétendu neutre, destiné à devenir plus tard université. Dorchester était favorable au mouvement et l’on recommanda d'employer de préférence dans ces écotes des maitres de langue anglaise. Ces suggestions n’eurent pas de suite.
En 1779, Haldimand concut ct mit à exécution le projet d’une bibliothèque publique bilingue à Québec.
he mé arts cet oi
312 CHAPITRE XIxX
civil, le concours de la plus Puissante influence sur le peuple canadien. Le Souvernement Cependant ne tenait pas
Sans raison Peut-être, leur allégeance à Ja maison de Bourbon. Ceux que le séminaire de Montréal fit venir à cette époque furent impitovablement renvoyés. MM. Delisle et Ad émar, à l’instigation de M. Brassier, prêtre de Saint-Sulpice, agitèrent devant le Peuple cette question ; et. dans des assemblées Publiques ils se firent élire comme délégués des Canadiens auprès des £Ouvernements de Québec et de Londres: mais leurs démarches n'eurent Pas de succès immédiat, On Permit cependant la venue de quelques prêtres de Savoie. En 1785, M. de Montgoifier. prêtre dont la science et la vertu avaient fait un Conseiller très accueilli auprès du Souvernement, fut choisi par le roi pour Coadiuteur de Québec. Son refus
que quatre ou Cinq ministres, M. Delisle, le plus en vue, avait charge des anglicans de Montréal, M. Scott était aumônier à Sorel, mais il fut destitué de sa charge pour Mauvaise conduite. L'église des Récollets à Montréal servait en même temps aux Catholiques et aux protestants. Il en était de même à William-Henry (Sorel). Ces trente Premières années de l’Église anglicane au Canada ne sont réellement PaS très marquantes et dans ces Conditions, malgré les solennelles instructions de George III, les tentatives de Protestantiser Jes Canadiens ne devaient pas être bien dangereuses Pour un peuple fortement attaché à sa croyance.