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(1) En 1610, François Bacon disait qu’elle était “un plus riche trésor que toutes les mines du Mexique et du Pérou”.
I—-SOIXANTÉ ANNÉES D'ABANDON 31
Les pelleteries au XVIe siècle,—]a ville de Saint-Malo occupe encore la première place dans l’histoire des pelleteries canadiennes au XVIe siècle. À considérer l’âpreté qu’elle a mise à défendre la liberté de ce trafic pendant au moins un siècle, on peut croire que ses bourgeois et marchands y avaient engagé de très gros capitaux et en tiraient des profits considérables. On a vu plus haut quelle opposition elle fit à la première expédition de Cartier. La chose se répéta en 1540, probable. ment pour le même motif, quand Cartier prépara son troisième voyage. Cette résistance prouve à coup sûr que les voyages clandestins aux terres neuves étaient déjà nombreux et qu'à l'exemple des navigateurs anciens, les marins de Saint-Malo s'efforçaient de tenir secret le lieu de leurs marchés de pelleteries, afin d’écarter toute concurrence. Il est certain toutefois que pendant toute la seconde moitié du XVIe siècle, Tadoussac fut le centre du troc des pelleteries au Saint-Laurent.
Après Cartier et Roberval le monopole de ce trafic fut peut-être révoqué, ou du moins tomba vite en désuétude. Les héritiers mêmes de Cartier, les Noël et Étienne Cha ton, qui avaient pourtant fait de nombreux voyages au Saint-Laurent, ne font valoir qu’en 1588 les services rendus à la France par le découvreur, afin d'obtenir quelques privilèges pour une période de 12 ans. Mais ils avaient compté sans les terre-neuviens de Saint-Malo. Ceux-ci firent au roi des représentations si énergiques que six mois après le privilège était révoqué ct la liberté du trafic rétablie.
Les malouins furent moins heureux sous le régime suivant. Henri IV voyait avec raison dans les colonies du nouveau monde une extension nécessaire du royaume et un moyen de récompenser ses plus fidèles sujets. Les villes maritimes du nord et de l’ouest, Dieppe, Honfleur, Le Havre, Rouen, La Rochelle, jouissaient déjà d’une influence politique prépondérante et envoyaient en Canada de marins expérimentés. Aussi bien les Indiens de l’Acadie appelaient-ils Normands tous les Français (moins les Basques) qui venaient à Terre-Neuve. Donc. à partir de cette date, c’en est fait de la liberté du trafic des pelle.
teries en Canada. Le monopole passa successivement à de la Roche, à Pierre Chauvin, au commandeur de Chastes, à de Monts, à d’autres encore. Les malouins invoquèrent en vain que leur compatriote Jacques Cartier, dont ils avaient pourtant contrecarré toutes les entreprises, leur avait acquis par son désintéressement un certain droit à la liberté du trafic. Il est vrai qu’ils continuèrent malgré les défenses royales à tenir comptoir de pelleteries sur les rives du Saint-Laurent. L'histoire nous a conservé les noms de quelques-uns de ces hardis contrebandiers qui avaient au moins le mérite de ne pas réclamer pour eux seuls une liberté qui profitait à tous, mais qui, par contre, avaient le tort de limiter au seul commerce les profits possibles de l'occupation française en Canada. Ainsi s'établit cette tradition qui permettra aux découvreurs du siècle suivant de s’avancer au milieu des nations gagnées à l'affection de la France.
Dans les mers polaires. —Frobisher (1576- 78).—L'insuccès de Jean Cabot dans la recherche du passage vers les Indes par le nord-ouest et les contradictions de son fils Sébastien qui s’attribua les découvertes de son père, firent tourner les yeux d’un autre côté. Sébastien Cabot était un habile navigateur, mais il préféra toujours son profit personnel à celui des pays qu'il servit tour à tour. Dans la 8e année du règne de Henri VIIT, (1516). il chercha à se rendre aux Indes par le midi de l'Amérique. Mais passant bientôt au service de l’Espagne, il découvrit la rivière de la Plata et commença des établissements dans ces pays où il séjourna pendant 5 ans. Revenu en Angleterre, il chercha la route des Indes par le nord de la Russie. Les expéditions de Hugues Willoughby et de Richard Chancellor organisées par la Compagnie anglaise de Moscovie pour la découverte du passage du nord-est, n'eurent d’autres résultats que d’étatablir des relations commerciales avec la Russie et de favoriser les pêcheries anglaises du Groenland. Aussi la recherche de la route des Indes par le nord-ouest futelle abandonnée pendant plus d’un demi-siècle, si on excepte certaines expéditions clandestines qui n’eurent aucune suite. Hakiuyt men ‘‘rne celle de Robert Thorne,
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