‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 7 sur 120 · I—-SOIXANTE ANNÉES D'ABANDON · texte numérisé non relu

I—-SOIXANTE ANNÉES D'ABANDON

à destination du pôle nord en 1527 ; on en signale une autre à Terre-Neuve en 1536.

En 1576, Martin Frobisher, habile marin de Londres, renoua Îles traditions anglaises dans les régions glaciales du Canada. Avec trois petits navires mis à sa disposition par la reine Elisabeth, il partit avec la ferme résolution de trouver le passage du Nord-Ouest ou de ne revenir jamais. Vraisemblablement il ne découvrit que la grande baie qui porte son nom au nord du détroit d'Hudson et il revint à Londres à la fin de septembre. Il rapportait une pierre noire dans laquelle un orfèvre prétendit trouver de l'or: c'en fut assez pour restreindre à la recherche des mines le but de deux expéditions subséquentes.

Les indications astronon:iques manquent pour déterminer les atterrissages. L'ile de Friesland que Frobisher signale au 60e de latitude n'était autre que le Groenland. En 1577, il rapporta 200 tonnes du prétendu minerai, et. l'année suivante, le chargement de 15 navires frétés à grands frais par les marchands de Londres. Les courants qui venaient du nord et qui charriaient des banquises de glace douce accréditaient l'opinion qu'il v avait là un passage vers la mer de l'Ouest. La reine d'Angleterre donna le nom de Meta Incoqnita au pavs découvert. L’explorateur Hall (1860-1862) a localisé l'atterrissage de Frobisher; c’est l'endroit appelé aujourd’hui île Kodlunarn dans la baie de Frobisher.

Humphrey Gilbert à Terre-Neuve (1583).

—La crainte de voir la France prendre pied à Terre- Neuve où elle envoyait chaque année de nombreux navires, décida un riche marchand du Devonshire, Humph:ey Gilbert, habile homme de guerre et marin expérimenté, à y faire une établissement permanent. Il se réclamait de Cabot dont l'atterrissage, fixé jusqu'alors au Labrador oriental, fut porté à la grande Île. Une première expédition aboutit à un échec, mais en 1583 Gilbert repartit avec 4 navires portant 250 hommes dont plusieurs artisans, charpentiers, maçons, raffineurs, etc. Il entra dans le port de Saint-Jean où se trouvaient 36 bateaux pé-

| cheurs de diverses nations, et, le 5 août, au nom de la

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reine Élisabeth et en présence de tous les marins rassem-

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blés, il prit solennellement possession de Saint-Jean ec de 200 lieues de Pays tout autour, À l'exemple d'u grand nombre de navigateurs, Gilbert borna son actior à cette cérémonie, Puis il se mit à la recherche des mé taux précieux, et crut avoir trouvé de riches gisements argentifères. Délaissé Par une grande partie de sor équipage, il partit avec trois vaisseaux pour un voyage d'exploration au sud, Chassé par un vent impétueux sur l'ile de Sable, le vaisseau amiral se perdit dans les barre près de 100 hommes périrent. Humphrey Gilbert rep. .t avec les deux navires qui lui restaient le Chemin de l’Angleterre qu’il ne devait Pas revoir, car, à quelques jours de là, il périt sur le grand Banc dans une affreuse tempête qui fit couler bas le Squirrel qu’il montait. Le Hinde seul parvint à destination, et c'est au Capitaine de ce bâtiment qu'est due la relation de ces événements. Le frère utérin de Gilbert, Walter Raleigh, qui devait jouer un grand rôle dans la colonisation de la Virginie, renouvela peu après en faveur de l'Angleterre la prise de possession de toute 1: côte orientale de l'Amérique. Les résultats pour l'ile de Terre-Neuve n’en furent nullement modifiés.

Davis au 75e de latitude nord.—John Davis fre plus heureux que Frobisher. Il s’est illustré par la decouverte du détroit qui porte son nom, mais surtout par celle des champs de baleines et de phoques qui ont été Pour Son pays une source intarissable de richesses,

Parti le 7 juin 1585 sur 2 barques montées d’une quarantaine de matelots, il doubla la pointe du Groenland, puis longea la côte occidentale jusqu’au 64e degré, où les Es uimaux lui indiquèrent vers le nord-ouest une grande mer libre de glace. I] pénétra à travers Jes banquises iusqu'au 66° 40’, au delà des caps qu'il appela Dyer et Walshingham. C’est ]à qu'il découvrit la présence d’une multitude de baleines et de phoques. Il en remplit ses barques, troqua avec les Esquimaux leurs peaux de caribou et autres fourrures, et reprit la route de l'Angleterre.

L'année suivante, il pénétra plus loin au nord, mais ses hommes refusèrent de s’'aventurer davantage : ils chargérent leurs navires de morue et virérent de bord. Dans

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