‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 8 sur 120 · I--SOIXANTE ANNÉES D'ABANDON · texte numérisé non relu

I--SOIXANTE ANNÉES D'ABANDON

une troisième expédition (1587), Davis atteignit d'abord le 72e dans une mer libre de glace s'étendant au littoral occidental de Désolation où Groenland. À 40 lieues plus à j'ouest, il vit vers le nord “une grande mer, libre, vaste, très salée et azurée, et d'une profondeur insondable”. Selon tout apparence, le passage du Nord-Ouest se trouvait dans cette direction. Mais, comme l'année précédente, ses hommes refusèrent d'aller plus loin et Davis retourna seul en Angleterre. La guerre d’Espagne et Ja mort de son protecteur empécherent l'explorateur de poursuivre la recherche du passage du Nord. Les voyages de Weymouth (1602) et de Knight (1606) n'ajoutèrent rien aux découvertes antérieures.

Abandon de la Nouvelle-France. - De la Roche. Après Roberval, le Canada fut complètement abandonné de la France officielle jusqu'après les guerres de religion. Dans l'intervalle, les efforts de l'amiral de Coligny pour établir des colonies de calvinistes en Amérique, se portèrent plus au sud. En 1555, son lieutenant, Villegagnon, alla au Brésil jeter les fondements de Ja ville de Rio-de-Janéiro, et, 7 ans plus tard, Ribaut, puis Landonnière, fondaient un établissement au nord de la ‘loride après avoir exploré la côte qui s'étend du cap Fear à la rivière Saint-Augustin (1562-65). Mais les Portugais et les Espagnols réussirent à les en chasser. En 1598, les Espagnols s’étant relâchés de leur étroite surveillance sur leurs colonies américaines, Henri IV obtint que le méridien de l'ile de Fer, la plus occidentale des Canaries, marquerait la ligne dite des Amitiés. À l’ouest de cette ligne, régnait le droit de force ou de guerre sans préjudice pour les relations entre la France et l'Espagne. À la faveur de cet accord, les mers avoisinant les rivages de l'Amérique devinrent rapidement le rendez-vous des corsaires de toutes les nations.

En mars 1577, Henri II accorda une commission au Marquis de la Roche. gentilhomme breton, gouverneur de Morlaix, pour coloniser le Canada. Elle fut renouvelée l’année suivante. Cependant ce n’est que 20 ans plus tard, et après avoir obtenu de nouvelles lettres patentes qui lui conféraient des privilèges équivalents à ceux

ES

de Roberval, que le marquis de la Roche entreprit son unique expédition.

Parti sur un navire armé à ses frais et commandé par Chefd’hôtel, habile pilote normand, il débarqua sur l'ile de Sable 50 des repris de justice que le roi lui avait confiés pour coloniser le Canada et répartit pour faire l’exploration des côtes de l’Acadie. Au retour, en 10 ou 12 jours, une violente tempête chassa son navire sur les côtes de France. Les troubles du royaume l’empêchèrent de s'occuper des malheureux qu'il avait laissés sur l'ile de Sable et dont Chefd'hôtel alla quérir 12 survivants 5 ans après. Ruiné, le marquis de la Roche mourut en 1606.

Voyages au Saguenay. ]e privilège de de la Roche passa au Dieppois Chauvin, Capitaine au long cours. De concert avec Pontgravé, son principal associé, Chauvin fit trois voyages consécutifs au Saint-Laurent pour y trafiquer avec les Indiens. Un petit poste temporaire, Tadoussac, situé aux bouches du Saguenay, resta jusqu’en 1610 le principal centre du commerce des pelleteries. Pendant les quelques semaines que durait la traite, il prenait les allures d’une petite ville et retombait ensuite dans son abandon ordinaire. Chauvin ne songea guère qu'aux profits de la traite dont il ne put garder le monopole qui passa en 1602 au commandeur Aymar de Chastes, gouverneur de Dieppe. De Chastes était animé des meilleures intentions. Il fonda la première compagnie du Canada. Il avait Conçu un vaste projet de colonisation et il s’entoura d'hommes capables de le réaliser. Malheureusement la mort le frappa pendant le premier voyage d'exploration qu’i fit faire (1603) au Saint-Laurent et dont faisait partie Samuel de Champlain, le futur fondateur de Québec. Laissant les traitants à leur négoce, Champlain remonte Je Saint-Laurent pour la première fois jusqu’au saut de Montréal, explore les côtes, pénètre dans les affluents les plus considérables, dresse des cartes, décrit les mœurs et les usages des sauvages. Le rapport qu'il fit de son voyage détermina Pierre Du Guast, sieur de Monts, à solliciter le privilège de traite accordé à de Chastes et qui fut le point de départ des deux col nies françaises de l’Acadie et du Saint-Laurent.

Conséquences des découvertes primitives.

Les voyages d'exploration sur le littoral et à l'intérieur ont fait suffisamment connaitre le Canada pour que désormais on y cherche autre chose que des mines d’or ou d'argent. De ce jour cessent les prétentions des Portugais et des Espagnols sur res terres désertes, et les vraies richesses du Canada prinutif, les pecleries et les pelleteries, sont l'unique obi.: de la n vigation maritime. L’Angleterre et la France se nartigent seules l'extrémité nord de l'Amérique. La première, S'appuyant sur la tradition léguée par les Cabot et reprise par Frobisher et Davis, s’adjuge les régions polaires, tandis que la seconde fait du Saint-Laurent, qui ne lui est plus contesté, son principal moyen de pénétration à l’intérieur du continent, la clef de voûte de tout son édifice colonial d'Amérique.

Type sauvage américain. En abordant au nouveau monde, Colomb se crut aux Indes et il donna aux aborigènes le nom d’Indiens qui leur est resté. Il est vrai que le type offrait des ressemblances frappantes avec les Orientaux ; mais là s’arrêtait le rapprochement. C’était une autre race d'hommes. les Peaux-Rouges, comme on les appela improprement. Les traits physiques des aborigènes d'Amérique sont les suivants : teint bronzé, veux bruns-noirs, pommettes saillantes, cheveux noirs, gros et raides, rareté de 12 barbe.

La peau n’est pas rouge, comme on le croit généralement: ses teintes vont du blanc clair jusqu’au noir presque complet. Dans quelques tribus, le teint est nettement jaune. Les cheveux sont bruns dans l'enfance. noirs dans l’âge adulte, blancs dans la vieillesse : la calvitie est presque inconnue. Les yeux sont enfoncés et petits, le nez généralement droit et fort, souvent aquilin. La taille varie, comme chez les Européens, et les fem-

SO DD 2 vo te nd, hmondqutne 2 en nnenernrennernl ru À " " :

Page 1