CHAPITRE XXII! LE BAS-CANADA
distribuait des compliments et restait convaincu que les graves problèmes se règleraient au milieu des diners d'État et des soirées dansantes, Lord'Gosford se trompait étrangement. D'ailleurs Londres, bien renseignée sur les affaires canadiennes, paraissait décidée à ne pas accorder les réformes radicales qu'on lui demandait et cherchait moins, par cette prétendue enquête, à connaître la véritable situation qu’à trouver des rétextes de continuer le régime établi en faisant be modifications de détail.
Le gouverneur et le parlement. ],es commissaires étaient à peine arrivés que déjà les chefs politiques les tenaient en suspicion, et, lorsque l’on connut par voie du Haut-Canada une partie des instructions données au gouverneur on ne douta plus du caractère très Conservateur de la commission royale. La session s’ouvrit en février 1836; l’Assemblée ayant voté les subsides pour six mois, le Conssil refusa son assentiment ; plus de soixante lois, et des p:1S importantes, furent rejetées par la Chambre haute: ve rejet en bloc montrait bien qu'il y avait quelque part du parti pris. À l’automne, nouvelle session, très courte, sans résultats appréciables. Les deux commissaires adjoints repassèrent alors en Angleterre pour présenter le rapport de l'enquête qui devait rester sans effet pratique.
Durant l'hiver de 1837 le parti contitutionnaliste anglais tenta de former à Montréal un corps de carabiniers en cas d’éventualité; le gouverneur déclara cette démarche illégale, et inconstitutionnelle ; il ordonna de licencier le régiment. Gosford d'autre part demanda des troupes anglaises en cas de révolte. Au mois d” -4*+ 1837 le parlement fut de nouveau convoqué, maïs . -gitation était telle au dehors qu'il fut impossible à. mplir aucune besogne utile et la Chambre fut prorogée quelques jours après. Le rôle du parlement était fini, l'insurrection éclatait. Le “Canadien” avait écrit: “Ce n'est qu'avec des principes d'égalité que l’on peut aujourd’hui gouverner en Amérique. Si les hommes d'État de l'Angleterre ne veulent pas l’apprendre par des représentations respectueuses, ils l’apprendront avant longtemps d’une façon moins Courtoise”,
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