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Gouvernement d’aristocrates.-Sans pouvoir en retracer exactement les causes l’on constate qu'il s’était formé dans la Nouvelle-Écosse une classe aristocratique de familles anglaises, qui avaient apporté avec elles leurs habitudes sociales distinctives et leur désir de domination sur les classes inférieures. Sans doute, la conquête de cette partie du Pays, à une époque où la France nous envoyait des Personnages de noblesse, porta l’Angleterre à faire un peu de même. En tous cas, nulle part ailleurs au Canada étaient aussi tranchées qu’à Halifax les distinctions sociales. C’est dans cette classe que se recrutaient les officiers des hauts emplois et les mr mbres du Conseil d'État. Le Conseil des douze comme n l'appelait jouissait exclusivement du pouvoir exécut’ et concuremment avec la Chambre du pouvoir législa: ,f. Mais dans ces deux fonctions c'était un cabinet fermé siégeant à huis clos.
La question financière. Durant de longues années le gouvernement et l’Assemblée s’entendirent assez bien. Pourtant, Jà plus qu'ailleurs, le gouvernement avait tous les pouvoirs: mais les hommes qui se les partageaient n'avaient PaS Conime ailleurs.les allures détestables de parvenus de fortune et de bureaucrates ambitieux. Ce n’est que vers 1830 qu’un besoin de réforme politique se fit réellement sentir. Maitland, qui avait passé dix ans au milieu du “"Family-Compact” du Haut- Canada, avait-il apporté avec lui quelques germes de l’institution détestable ? Quoi qu’il en soit, l’Assemblée, élue
le compromis offert l’année précédente de disposer de tout le revenu à condition de voter une liste civile permanente partielle des salaires. Aux élections de 1836 l'éditeur du “Nova Scotian”, Joseph Howe, fut élu député de Halifax ; il porta à la Chambre toute la vigueur de son talent, et sa verve d’orateur parlementaire ; il devint bientôt
le chef reconnu du parti populaire. À Ja session di 1837, il fit adopter 1. résolutions qui servirent de bas à une adresse au roi dans laquelle on demandait de <é parer le Conseil légis'atif de l'exécutif et de nommer : ce dernier quelques membres de la Chambre, Ce n'était pas encore le gouvernement responsable, mais on était bien sur la voie de cet idéal politique. En réponse lord Glenelg ordonna à sir Colin Campbell, successeur de Maitland en 1834, de former deux Conseils, d'y faire des nominations sans distinction de classes : il recommanda d’exclure les juges de l'exécutif et autant que possible du Conseil législatif : on abandonna au parlement le contrôle du revenu moyennant quelques items de salaires votés d’une manière Permanente, À Ja Nouvelle-Écosse, On accordait pratiquement tout ce qu’elle demandait.
Le Nouveau-Brunswick.— Au départ de Carleton (1803) cette province demeura sans gouverneur jusqu'en 1817 alors que le major général George Stracey Smyth fut revêtu de cette charge. La principale question, qui occupa l'attention des hommes publics fut le contrôle des terres restées jusque-là la propriété du gouvernement impérial, dont a politique était de réserver pour les besoins de sa marine les meilleurs produits des forêts; la conséquence de cette politique fut d'empêcher aussi la colonisation, si bien. qu'en 1825, la province avait à peine 75,000 habitants. L'influence immédiate du ministère anglais se faisait grandement sentir et le “Family Compact” était peut-être encore plus puissant dans cette Province que dans les autres. Sir Howard Douglas remplaça Smyth en 1824. L'année suivante plus de 100,000 acres de forêts furent détruits par le feu et plus de 200 personnes y perdirent la vie. En 1830 la question financière se posa carrément à l'attention des Chambres. Sir Archibald Campbell, protecteur des fonctionnaires toutpuissants, entra en lutte avec l’Assemblée populaire, Les emplois publics étaient tous productifs de salaires exorbitants et le parlement demanda le contrôle de toute la finance: revenus et dépenses. Le ministère anglais accéda à cette demande en 1837 et Campbell, qui refusa de sanctionner cet arrangement, fut remplacé par sir John
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Harvey. À la tête du parti populaire de Ja Chambre se trouvait alors L.-A, Wilmot. qui fut deux fois délégué par la Chambre Pour plaider la cause des revendications
du parlement auprés du ministère et qui remporta un plein succès,