LES PLAINES DE L'OUEST
Un Canada agrandi,—] es explorations françaises n'avaient pas conduit à fonder des établissements durables à l'ouest des grands Lacs et les premiers actes de la domination anglaise avaient plutôt pour but de restreindre les limites du Canada que de les élargir. Le mouvement d'expansion vers 1 uest ne commença donc pratiquement qu'avec Mackenzie et Selkirk. ‘ti furent bien de véritables fondateurs des provinces 1 Canada occidental,
Les précurseurs, ].cs exXpiorateurs anglais ambitionnaient de trouver un Passage au nord réunissant les deux grands océans. En 1778 le Capitaine Cook aborda en face de l’île de Vancouver et donna à l’endroit le nom de King George’s Sound, qui fut changé en celui de Nootka Sound.” I] longea ensuite la côte du Pacifique jusqu'au détroit de Behring. Cette expédition fut plus tard reprise par d’autres chercheurs qui continuèrent l’œuvre
Ciales pour la traite des pelleteries avec les Indiens du littoral de Ja Colombie. En 1788 le capitaine John Meares fut envoyé par l'Angleterre à Nootka Pour y éta-
Vers le même temps des explorateurs de l'Est Pénétraient dans les Prairies dans l'intérêt toujours du
ne uen ans
commerce des pelleteries. Samuel Hearne en 1771 atteignit jusqu’à l’océan Arctique par la rivière Coppermine et plus tard établit des postes sur la rivière Saskatchewan pour le compte de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Celle-ci en 1800 avait des comptoirs échelonnés de Winnipeg à Edmonton. Les deux compagnies rivales de Montréal pénétraient aussi à l'intérieur des Prairies et jusqu’à l'extrême Nord, établissaient des postes jusqu’au grand lac des Esclaves et faisaient une concurrence sérieuse au commerce de la Baie d'Hudson.
Sir Alexandre Mackenzie. Un Écossais, du nom de Alexandre Mackenzie, était alors en charge du district d'Athabaska pour le compte de l’ancienne Compagnie du Nord-Ouest. Dans le but d'étendre le champ d'activité de sa Compagnie, Mackenzie organisa une expédition dirigée par des ‘Canadiens: il partit du lac Athabaska, descendit la rivière des Esclaves sur un parcours de 200 milles et se rendit jusqu’à l'océan en suivant le fleuve Mackenzie, L'expédition avait duré trois mois (1789). Quatre ans plus tard, accompagné de deux interprètes sauvages et de six voyageurs canadiens, Mackenzie résolut de chercher un passage à travers les montagnes Rocheuses pour atteindre le Pacifique. Remontant
; la rivière à la Paix, il traversa les montagnes plus au nord et atteignit l’océan par la rivière Simpson. Le 22 juiliet 1793 il prenait possession du territoire an nom du Canada. La Compagnie du Nord-Ouest, dont le commerce grandissait sans cesse, résolut d’étendre ses comptoirs jusqu'au grand Océan; en 1808 Simon Fraser pénétra en Colombie par la grande rivière qui porte son nom: il établit des postes d'échanges sur le littoral colombien.
Lord Selkirk. Un autre Écossais, lord Selkirk, avait eu en 1802 comme la claire vision du brillant avenir de l'Ouest canadien. {1 résolut de tenter un mouvement de colonisation du côté de la rivière Rouge ; à l'automne de 1811, une centaine de vigoureux habitants des montagnes de l'Écosse débarquaient à York Factory sur le littoral de la baie d'Hudson et arrivaient à la rivière Rouge l’année suivante. Selkirk avait obtenu une large
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concession de terres de la Compagnie de la Baie d'Hudson, dont il faisait partie, et qui se disait propriétaire des immenses territoires de l'Ouest. En 1813 un s""ond contingent d’Écossais fut établi au fort Douglas, une cinquantaine d’entre eux furent dirigés plus au sud à Pembina. La Compagnie du Nord-Ouest prit ombrage de ces établissements et crut, non sans raison, que la Compagnie de la Baie d'Hudson voulait ainsi faire échec à son commerce.
Une proclamation (1814) du gouverneur de ce territoire, Miles McDonell, Écossais catholique, défendant d'exporter des provisions en dehors de la colonie naissante, fut l'occasion d’une lutte à mort entre les deux Compagnies. Les agents de la Compagnie du Nord-Ouest passèrent outre à la proclamation et le gouverneur ordonna la saisie des provisions conservées en dépôt. Les agents persuadèrent aux colons de quitter le pays et forcérent les récalcitrants à déguerpir. La rencontre d'un émissaire de Selkirk les fit retourner sur leurs terres et un nouveau contingent de colons arriva bientôt. Le gouverneur Semple, exerçant une sorte de dictature au nom de la Compagnie de la Baie d'Hudson, s’empara du fort Gibraltar et de celui de Pembina, qui appartenaient à la Compagnie rivale. Au mois de juin 1816, la Compagnie du Nord-Ouest réunit à son tour la plupart de ses employés ainsi qu’un groupe de métis et fit l'assaut du fort Douglas. Semple et 21 de ses hommes ‘arent tués, le fort Douglas fut remis aux mains des assiégeants et les colons reprirent le chemin de la baie d'Hudson. Selkirk, de retour d'Europe à l'automne, apprit à son arrivée le désastre qui frappait sa colonie. Il se porta au secours de son établissement menacé de destruction, et, à la tête d'une centaine d'hommes, il se rendit au fort William dont il s’'empara et fit prisonniers tous les habitants qu'il livra à la justice du Haut-Canada; il reprit également le fort Mouglas. Selkirk lança des mandats d'amener contre les principaux membres de Ja Compagnie du Nord- Ouest et les accusa de meurtre dans l'affaire du fort Douglas ; une cinquantaine furent mis en accusation par le grand jury du Haut-Canada ; neuf seulement eurent
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