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CHAPITRE XXIV: LES AUTRES PROVINCES

colonial, ni de la magistrature, ces deux Corps étant trop intéressés dans la puissante Compagnie du Nord-Ouest. L’antagonisme des deux Compagnies rivales avait conduit aux pires excès de part et d'autre; les deux ne s’entendaient bien que sur un point : exploiter le plus possible les sauvages qui étaient forcés de leur vendre leurs fourrures à des prix de misère.

périclita durant de longues années. La direction en avait été confiée à un 8ouverneur assisté d’un conseil de sept membres. Ce premier &ouvernement civil des Prairies prit le nom de Cac de l’Assiniboine, Vers 1835 la concession de terres faite en 1811 à Selkirk fut rétrocédée à la Compagnie de la Baie d'Hudson qui ne changea rien au mode d'administration établi. À Ja fusion des deux Compagnies, plusieurs employés furent renvoyés et vinrent grossir la petite colonie de Selkirk. De son côté Mgr Provencher décida un 8roupe de familles canadiennes à venir s'établir dans les pays d'en Haut. En 1841, la population totale des Prairies n'atteignait pas encore 5,000 habitants, établis Sur à peine 5,000 acres de terre en culture. Tel fut l’humble Commencement de l'Ouest canadien.

La cause vraie.- Pour la première fois depuis sa fondation le Canada allait Subir un commencement de guerre civile. Les dernières années du régime constitutionnel, établi en 1791, laissaient assez prévoir cet événement, dont les causes éloignées apparaissent clairement dans la conduite du Souvericment de Londres, dans les actes des administrations locales et enfin dans l’ensemble des débats parlementaires des Chambres d’assemblée.

Quant aux motifs déterminants qui ont amené les troubles de 1837-38, ils ne sont eux-mêmes que la conséquence des actes antérieurs du Souvernement et des Chambres.

Au printemps de 1837, lord John Russell, au nom du ministère anglais, qui ne voulait décidément Pas se rendre aux demandes de réformes de l’Assemblée, fit Passer une loi, autorisant le gouvernement de cette province à exercer certains pouvoirs, réservés aux Chambres du Bas-Canada par la constitution de 1791. Ainsi le Souverneur pourrait payer les arrérages dûs aux fonctionnaires et solder la dépense publique dans l'avenir si la législature négligeait d'y pourvoir

à la disposition du 8ouvernement de Québec sous forme de prêt à la province. La question des subsides était réglée. Les subsides librement votés par les Chambres n'existaient plus, on les remplaçait pas un p:°t obligatoire, dont le produit serait employé par le prêteur luimême et à sa guise, Le parlement n'avait plus de raison d'être, sinon comme source productive de revenus pour ie

remboursement de cette hypothèque nationale imposée au peuple contre sa volonté, C'est peut-être l’acte Je plus arbitraire que l'Angleterre Constitutionnelle ait accompli en Amérique. Cela Parut comme une Provocation légale à la résistance et un défi à la liberté Constitutionnelle ga-

rantie par l’Acte de 1791.

Protestations énergiques, On s'imagine facilement dans quel état d'esprit furent jetés, au reçu de

&randes assemblées publiques furent tenues dans Ja province; tous les abus, accumulés depuis cinquante ans, furent exposés au peuple dans le but de créer une opinion publique Capable de s'imposer à l'attention du pouvoir

Ag,

pondéré, ne versa point dans la mêlée et S'employa à cir- Conscrire la lutte sur le terrain des revendications par voie légale et Constitutionnelle. Des assemblées publi-

nposée le plus ompli légale le ga-

facicu de >arlemme tives e de trois proans, nion

ques, peu nombreuses pourtant, furent tenues dans ce district en opposition aux déclarations avancées des chefs de Montréal.

Provocations mauvaises.—Au mois de juin le 8ouverneur lança une proclamation Pour prévenir les assemblées publiques séditieuses alors même que des influences très actives semblaient les provoquer. La ‘Gazette” froidement perfide, le “Populaire”, hypocrite dan-

nie fourbe contre les Canadiens déjà mal conseillés par la “ Liberté ” et le “ Spectator ”. Le “ Canadien ” et la “ Minerve ” eurent comme un mouvement de recul devant la mauvaise tournure de l'esprit public et se rangérent du côté a: modérés. Le parti anglais, prêt à passer à l’allégeance américaine plutôt que de subir la domination de l’Assemblée populaire, s’organisait militairement avec ses amis les Irlandais. En janvier 1837 un régiment de 1,200 Carabiniers irlandais se forma à Québec; au printemps, un autre bataillon de 600 hommes fut mis en armes dans les cantons de l'Est; et cela de l’'assentiment du ministre Glenelg et du gouverneur Gosford. Sir John Colborne, chargé de la défense du pays, reçut des troupes régulières d'Angleterre, du Nouveau. Brunswick, du Haut-Canada et distribua cet effectif, d'à peu près 10,000 hommes, par tout le district de Montréal, de Sorel à Carillon. Des magistrats soupçonnés de sympathies avec les patriotes furent destitués, des officiers de milice cassés de leur Commission pour le même motif. Colborne reçut $10,000 Pour organiser une police secrète et il se trouva des Canadiens, chercheurs de places, pour se prêter à cette besogne. Debartzch, ci-devant député patriote, acheta les secrets des Fils de la Liberté d’un nommé Fréchette qui s'était vendu pour une place ; Félix Poutré, patriote aux assemblées, fou dans les prisons, était au service de Leclerc, magistrat de police, de Delisle, grand connétable, de Roch de Saint-Ours, shérif, tous trois nommés comme par hasard à la place d’Anglais Pour accomplir les hautes œuvres de la justice. Le système d'espionnage amena de nombreuses arrestations à

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la suite des assemblées publiques, mais quelques tenta. tives de procès devant les Magistrats n'ayant pas abouti au gré de l'autorité on demanda sans l'obtenir tout de suite la création de Cours militaires.

Rebelles ou Patriotes. C'est ainsi que les provocations officielles, officieuses ou Simplement méchantes des uns, et jes appels inconsidérés à la résistance active

Porains. Tortes les PrOVocations réunies ne donnaient pas le droit aux * rebelles de 37 ” de prendre les armes

neau et le parti anglais. Le 23 octobre, avec tout l’attirail révolutionnaire, eut lieu la grande assemblée de Saint-

harles de Richelieu. La population des six comtés du sud, Saint-Hyacinthe, Richelieu, Rouville, Chambly, Saint-Charles ‘et Verchères S'y était réunie. Une sorte de république y fut proclamée que l’on nomma ja Con-

tentaabouti Jut de

S pro- Lantes active inatit enntemaient rmes Vocabien tous JOCaent ; mooue se té a ens.

Mgr our

fédération des Six-Comtés. Le 24 on résolut de cesser les pétitions inutiles et de revendiquer par les armes les réformes radicales si Souvent demandées. Papineau, qui était présent, eut peur de cette déclaration vraiment révolutionnaire et constata avec épouvante que ses disciples allaient beaucoup plus loin qu'il n'avait voulu les couduire. Il n’était déjà plus le chef: ses discours avaient soulevé l’agitation Populaire qui devait aboutir à la lutte armée.

C’est surtout à Montréal et dans le comté des Deux- Montagnes que l’on se Préparait au soulèvement prochain. Gosford et Colborne assurent que les jeunes gens s’exer-

français, venus des États-Unis. Chaque nuit les Fils de la Liberté, société secrête de fondation récente, parcouraient les rues de Ja ville POUr provoquer par des manifestations bruyantes un soulèvement général. Une ren- Contre eut lieu avec les membres du “Doric Club”, société adverse et il s’en suivit un engagement dans lequel plusieurs furent blessés. Les constitutionnalistes s'attaquèrent à la maison d2 Papineau, Saccagèrent les bureaux du “Vindicator” et semèrent la terreur par toute la ville. Cette effervescence gagnait la campagne Surtout dans le district des Deux-Montagnes : l'insurrection commençait.

furent aussitôt arrêtés. Vingt-six mandats d’arrestation sont lancés contre les chefs politiques, accusés de haute

la capture de Papineau.

Saint-Denis.— Colborne, ayant appris que plusieurs otes étaient déjà sous les armes dans les paroisses de la rive sud, résolut de les attaquer et de briser Jà l’in- Surrection organisée, Le colonel Gore, parti de Montréal Pour se rendre à Sorel, devait remonter Je Richelieu, tandis que le colonel Wetherall, parti de Montréal en

Passant par Chambly, ferait sa jonction avec lui quelque Part sur la même rivière. Gore se mit en marche le 22 novembre au soir, par des chemins impraticables et arriva à Saint-Denis le matin du 23 avec quelques compagnies et une pièce de Campagne. Les patriotes, commandés par Wolfred Nelson, occupaient les maisons comme autant de camps retranchés et se préparaient à l'attaque au passage des soldats de Gore. Armés de mauvais fusils de chasse, de fourches et de faux, les Canadiens, après un combat de quelques heures, réussirent à faire reculer ce régiment de soldats de métier, que les fatigues d'une nuit de marche avaient mal disposés sans doute pour l’assaut. Gore Tegagna ses quartiers de Sorel. Cette première victoire des patriotes, et que quelques-uns payèrent de leur vie, devait être la seule de toute la campagne. Un officier du nom de Jack Weir, chargé d’une dépêche Pour le colonel Gore, et arrivé à Saint-Denis avant son chef fut fait Prisonnier et tué à Coups de sabre par ceux à qui Nelson l'avait confié. Ce meurtre injustifiable devait amener de terribles et non moins injustifiables repré- Sailles à Saint-Eustache.

Saint-Charles, Deux jours plus tard, Je 25, Wetherall, qui avait été retardé dans sa marche par le Mauvais temps, arrivait en face de Saint-Charles, où Stor-

trôle de ses hommes, disparut au Commencement de J’attaque et se rendit à Saint-Denis. Les assaillants attaquêrent d’abord avec de l’artillerie, puis donnèrent l’assaut d’une manière vigoureuse et sans relâche. Les assié-

dit-on, la maison de Debartzch fut sauvée de la destruction comme Pour atiester de la fidélité du ci-devant dé- Puté patriote, devenu Commissaire de la police secrète. Au retour Wethérall reçut l'hospitalité bienveillante de

uelque le 22 et arompaimanomme taque is fudiens, faire igues pour Cette Ja yè- 1gne.

êche

son eux depré-

M. Hertel de Rouville, qui plus tard s’en fit un titre à la reconnaissance des Pouvoirs publics victorieux.

Saint-Eustache.— ] insurrection était vaincue dans les comtés du sud, mais le comté des Deux-Montagnes était en pleine rébellion. Le docteur Chénier et un émigré suisse, nommé Girod, dirigeaient le mouvement de la résistance armée avec un acharnement désespéré. L'on s'était procuré des armes et des munitions dans les mMmaga-

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