‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 89 sur 120 · RME ES · texte numérisé non relu

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HISTOIRE £EOCIALE #17

Le commerce avec l'Europe se fait par voie du Saint- Laurent, alors que nos voisins alimentent notre marché par Halifax, Saiit-Jean et Toronto. Le Haut-Canada, Soumis aux lois douanières du Bas-Canada pour ses importations d'Europe, reçoit un pourcentage des revenus de douane proportionnel à sa population.

En 1806 les États-Unis crurent de leur intérêt de mettre l'embargo :ur leurs exportations à la suite des décrets de Berlin et de ceux de Milan. Cette mesure affecta beaucoup notre commerce, mais bien davantage encore celui des Américains eux-mêmes. Le port de Québec était à cette époque très fréquenté par l2 marine marchande anglaise, c'était une Source féconde de prospérité pour la capitale bas-canadienne. La construction des navires, très active pendant plusieurs années, fut une autre source de richesses et de progrès. Malheureusement l'antique cité n’a pas su conserver ces précieux avantages du début et pour avoir négligé de moderniser son outillage, d'agrandir ses quais, comme de favoriser l’établissement de communications à l’intérieur du pays elle a vu Son port peu à peu déserté tandis que les quais de Montréal, sa rivale d'alors, étaient de plus en plus achalandés. John Young, ie véritable créateur du port de la métropole, a suivi une toute autre politique en faisant de Montréal un port d'arrivée commode et un centre de distribution facile et rapide pour tout le Canada.

Il ne faudrait pas croire que nous avions à cette époque le contrôle de notre commerce. L’Angleterre conservait toujours le monopole de la navigation: navigateurs, armateurs et Commerçants étaient soumis aux lois et règlements de l’amirauté anglaise. D'autre part, la politique fiscale de l'empire avait sa répercussion jusqu'ici et les fluctuations de hausse et de baisse qu'un changement des partis anglais occasionnait là-bas se faisaient sentir dans les colonies d'Amérique. Le lien colonial n’était pas moins fort en économie qu’en politique.

Le commerce des fourrures. Quant au commerce des fourrures, la puissante Compagnie de la Baie d'Hudson, fondée en 1670, en avait eu longtemps le monopole Presque sans avantage pour ce pays, tous les

échanges se faisant par navigation directe de la mer d'Hudson aux Iles britanniques. Si l’on en juge par l'influence de cette compagnie à Londres, son commerce devait être considérable; l'Angleterre pendant un dem. siècle a supporté à elle seule les frais du gouvernement de la colonie, mais il convient de ne pas oublier cette source abondante de revenus annuels que lui assurait sa conquête. En l’année 1782 l’amiral français de la Pérouse se permit de troubler la quiétude de la Compagnie en faisant le sac de quelques-uns de ses établissements ; cette incursion des Français n'eut pas d’autres suites. Le monopole de la puissante Compagnie fut davantage troublé par des négociants de Montréal, lesquels, après quelques années d’un commerce individuel, formèrent en 1783 la Compagnie du Nord-Ouest ; quelques années plus tard, une nouvelle société commerciale, appelée la Compagnie X. Y. entra en concufrence avec la première; les deux établirent des postes À partir des grands Lacs jusqu’au territoire de la baie d'Hudson et le commerce des fourrures prit un mouvement de progrès rapide qui fut pour nous de quelque avantage puisqu'il se faisait par voie des grands Lacs et du Saint-Laurent. En 1801, il atteignait le chiffre de $2,000,000 et plus de 1,500 hommes y étaient employés. Les prix des fourrures étaient beaucoup moins élevés que ceux d’aujourd’hui. Les deux compagnies rivales de Montréal, se firent pendant quelques années une concurrence effrénée, une guerre à mort dans ‘es prairies de l’Ouest. La première, celle que l’on appelait l’ancienne Compagnie du Nord-Ouest, comptait parmi ses sociétaires, plusieurs membres des deux Conseils, de hauts fonctionnaires civils et même des juges.

Haute finance.—Avant la guerre canado-américaine il se fit des tentatives pour établir une banque dans chacune des provinces, les législatures s’y refusèrent. C'était le temps où l’on cachait l’argent dans les murs, dans les caves ou dans les champs. KEn 1818, furent fondées les banques de Québec, de Montréal et celle du Haut-Canada. Les deux premières avaient été créées par une charte provinciale qui ne fut ratifiée que quelques années plus tard par le parlement britannique. Dans ia

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