‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 91 sur 120 · ASS DRE PAM RP RER EUR ARTS · texte numérisé non relu

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ILISTOIRE SOCIALE 425

PROGRES EDUCATIONNEL.

Instruction vublique.-—De 1760 à 1800 le gouvernement de Québec n'avait fait aucune démarche pour Promouvoir l'instruction publique en ce pavs. Les gou- “ernements européens n’en faisaient d'ailleurs guère davantage pour leurs peuples. Pas un seul sou, pas un seul arpent de terre, pas même un seul encouragement moral n'avait été donné. Le gouvernement s'était même emparé du collège des Tésuites en 1763. II faut dire que le clergé n’était pas prêt à accepter des institutions scolaires sous le contrôle du gouvernement d'alors pas plus que ce dernier n'était disposé à fournir des fonds pour l'éduication sans en contrôler l'emploi. L'instruction fut donc laissée à l'initiative privée. Dans ces conditions l'avancement éducationne! ne devait pas être très rapide.

Des maîtres d'école ambulants donnaient une instruction au moins élémentaire plus ou moins répandue cet suivie. Les religieuses Ursulines, les Dames de la Congrération, avaient plusieurs établissements dans les villes et les camnagnes. Les besoins d’ailleurs n'étaient pas bien grands pour ce peuple d'agriculteurs dont les ambitions ne dépassaient pas les limites de leur paroisse. Ta

classe dirigeante : clergé, juristes et hommes de loi, étaient bien de leur temps.

L'institution royale,— À ja session de 1801, le parlement fut saisi d’un projet de loi autorisant le gouveérnement à fonder une “Institution Royale” pour l’avancement de l'instruction publique et surtout de Ja langue anglaise. En vertu de cette loi, chaque paroisse avait droit à une école Primaire subventionnée par l’État et placée sous le contrôle immédiat de commissaires nommés par le gouverneur. L’Institution devait aussi créer des écoles Supérieures dans les Principaux centres et même organiser l’enseignement universitaire. C'était bien du progrès en un seul jour. L’évêque anglican fut nommé à la présidence de l’Institution royale. La populaton anglaise profita évidemment des avantages que cette organisation lui assurait, mais les Canadiens y virent plutot une manœuvre pour les angliciser, et n’en bénéficiè-

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rent aucunement ; une telle loi, en effet par sa nature, sa composition et son but ne devait être d’aucune application pratique pour la majorité de notre population.

L'œuvre commencée.—Durant les vingt-cinq premières années du dix-neuvième siècle le développement du pavs était vraiment trop rapide pour qu’il fût permis de se désintéresser de l'instruction publique. Un comité de la Chambre, nommé pour faire une enquête sur l’état intellectuel du pays, fit rapport que le quart de la population totale savait lire et le dixième seulement pouvait écrire. Laisser plus longtemps l'initiative de l'instruction à la bonne volonté des individus ou des groupes, c'était plus que du désintéressement.

En 1829 le parlement s’occupa enfin de donner des écoles publiques à la maiorité: les Anglais avaient alors 78 petites écoles fréquentées par 3,772 enfants.

Seconde Institution Royale. — L'Institution Royale avait été amendée vers 1820 de manière à faire passer ses écoles sous la surveillance du clergé de chaque dénomination religieuse; on avait aussi résolu de partager la direction entre deux comités généraux. La loi de 1801 ne permettait pas cet arrangement et en 1829 le parlement créa par une loi une seconde Institution royale pour l’avantage de l'élément catholique. Dalhousie en avait suggéré l’idée dès 1821. Le parlement avait déii passé une loi en 1824 établissant les écoles de fabriques. ce Système laissait encore tron à l'initiative du peuple toujours lent à reconnaître et à admettre la nécessité du progrès. La loi de 1829 fut autrement efficace grâce aux octrois accordés aux instituteurs et aux avantages de l'instruction gratuite pour un grand nombre. En 1834 lon comntait 1.200 écoles subventionnées par l’État et fréanentées par 38000 enfants sans compter plus de 15.000 élèves dans les écoles privées ou religieuses.

L'université MeGill.—]'université McGill fut fondée par l’honorable James McGill, qui donna pour cette fondation un immense terrain et £10,000. On l’appela d’abord le collège McGill qui fut placé sous le contrôle de l’Institution rovale. En 1821 le parlement li conféra une charte universitaire. Elle est devenue de-

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puis l’une des plus florissantes institutions du genre en Amérique.

Collèges classiques.— Dans la dernière partie du 18e siècle, deux collèges classiques avaient été fondés. À Québec, pour remplacer le collège des Jésuites dont le gouvernement s'était emparé, le Séminaire dut établir un petit séminaire. À Montréal, l'abbé Curateau prêtre de Saint-Sulpice fonda en 1773 le collège de Montréal. Dans la première partie du siècle suivant plusieurs institutions du même genre furent établies où les jeunes gens se préparaïent aux carrières libérales ou au sacerdoce. Le séminaire de Nicolet (1803). le collège de Saint-Hvacinthe fondé par l’abbé Girouard (1809). le collège de Chamblv, celui de Saint-André au Nouveau-Brunswick, le collège de Sainte-Thérèse (1825), un autre à Sainte-Anne de la Pocatière, dû à l'initiative de M. Painchaud (1829) ; celui de l’Assomption (1832), enfin le collège de Regiopolis, fondé par l’évêque MacDonell à Kingston et plus tard érigé en université pour les Irlandais. Les deux plus importantes maisons d’études secondaires restent toujours quand même les séminaires de Québec et de Montréal.

Ecoles du Haut-Canada.— Au temps des premiers établissements de loyalistes dans les pays d’en Haut, l'instruction on le conçoit n’était guère répandue. Cependant dès 1785 l'initiative privée fonde quelques petites écoles sous la direction de soldats licenciés ou de quelques maîtres ambulants venus des États-Unis. C’est l’époque de fondation loyaliste qui dure jusque vers 1810. Simcoe, au début du gouvernement constitutionnel, avait élaboré tout un programme d’éducation publique avec même une université en tête. C’était commencer par la fin et l’on finit par abandonner l'instruction à l'initiative individuelle. À la deuxième période, qui commence vers 1810, le parlement provincial jeta les bases de l'instruction publique en donnant de l’encouragement aux écoles et en créant des écoles primaires sous le nom de “Grammar school”. En 1822, le gouverneur Maitland soumit nu ministère de Londres un plan d'ensemble de l'instruction Publique sous le contrôle d’un Bureau central de l’éducation. Londres approuva le projet qui devint une réa-

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lité en 1824. Il est à remarquer que l'instruction publique dans cette province a été largement soutenue par le revenu provenant des terres publiques, réservées aux fins de l’éducation (1). Notre province était privée de ce revenu dont devaient seules bénéficier les écoles anglaises protestantes, George III l’ayant ainsi voulu.

Education supérieure.—] Église anglicane, sous la direction du révérend Strachan, avait jusque-là conservé la haute main sur l'instruction publique en dirigeant le Bureau de l'instruction et en fondant le King’s College à Toronto. Les sectes dissidentes étaient pourtant en très forte majorité dans la province anglaise : aussi le révérend Egerton Ryerson, un de leurs chefs, lança le projet d'établir un collège d’études supérieures indépendant, et, en 1829, Colborne fondait l’'Upper Canada College à Cobourg. Quelques années plus tard ce collège dut s’affilier à l’université anglicane du King's College et plus de 300,000 acres des terres publiques furent donnés pour l'entretien et le développement des deux institutions supérieures.

Les anglicans ont toujours conservé à la base du svstème éducationnel le principe religieux, alors que les dissidents, qui ont fini par s'emparer de l'éducation dans le Haut-Canada, ont développé la tendance à la sécularisation. Aussi, dès le début, le King's College était une sorte d'université ecclésiastique alors que l’Upper Canada College avait plutôt le caractère d’un lycée.

Dans les provinces maritimes l'instruction était aussi soumise aux autorités civiles. Dans toutes les provinces anglo-cariadiennes les catholiques avaient établi des écoles à base religieuse que les autorités civiles croyaient alors de bonne politique sinon de leur devoir de subventionner et de laisser vivre.

(1) Depuis 1763, chaque fois que le gouvernement ouvrait à la colonisation un canton, il était réservé un septième des terres pour l’Église protestante et un septième pour fins éducationnelles : par ces deux réserves, dites du clergé et de l'instruction publique l'on avait accumulé des centaines de mille acres de terre dont le produit de la location ou de la vente devait servir à créer un fonds de dotation pour le clergé protestant et l'instruction publi que protestante.

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