‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 93 sur 120 · SIR CHARLES BAGOT · texte numérisé non relu

SIR CHARLES BAGOT

Un gouverneur libéral.— Lord Sydenham avait suggéré que son successeur fût un homme capable de gouverner, non pas de nom seulement mais de fait et la reine nomma sir Charles Bagot. Sir Charles entra en fonctions à Kingston en janvier 1842. Il sut donner à l’œuvre de Sydenham ses développements logiques et admit en fait le principe du ministère vraiment respon sable. Baldwin, très libéral en politique, avait cédé à Lafontaine l’un des deux comtés qui l'avaient choisi aux

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dernières élections et Lafontaine, le défenseur du Bas- Canada, représenta un comté du Haut-Canada. Bagot, voulant s'assurer le concours de toutes les énergies pour le bon gouvernement dont il était chargé mit à Ja disposition du nouveau chef parlementaire canadien trois ministères qui furent refusés, le cabinet, tel que formé par Sydenham, ne plaisant ni à lui ni à son ami Baldwin. Mais l'offre du Souvérneur laissait assez prévoir la politique nouvelle qui s'annonçait aussi franchement libérale.

Ministère Baldwin-Lafontaine,— | ; session ouverte le 8 septembre 1842, ne dura qu'un mois, mais

toujours la pus grande liberté Constitutionnelle qu’un Le ministère Draper, qui n'était Pas en très grande fa-

étonnement général, fit un magistral exposé de principes où il établit avec force le droit des Canadiens à être représentés dans le Conseil d’État. “L’Acte d'union, dit-il, a été passé pour nous écraser mais il n’aura Pas ce résullat, vous ne pouvez Souvérner sans nous”, Baldwin et d’autres parièrent dans le même sens. Le lendemain (12 octobre) Draper et ses collègues remc‘‘aient leurs portefeuines. Latontaine et Baldwin, appelés par le gouverneur à former un ministère, devenaient respectivement Procureurs du Bas et du Haut-Canada, choisissaient leurs collègues entre autres Morin, Aylwin et Daly pour le

ou réformistes, le Parti tory passait dans l'opposition avec Allan McNab comme chef reconnu. Il est établi en coutume parlementaire que les nouveaux ministres doivent se faire réélire, ils se présentèrent donc devant le peuple, Baldwin seul fut défait, on lui offrit le comté de Rimouski. L'on vit alors ce spectacle inouï, d’un cabinet représentatif des deux races, dont le chef anglais, était tu par un comté Canadien, et le chef canadien représentait un comté du Haut-Canada. C'était bien l'union la plus loyale, de fait, la plus juste et la plus logique,

mais assurément pas celle qu'on avait voulu donner par la loi de juillet 1840. Le ministère anglais fut désagréablement surpris de la conduite très libérale de son représentant en Canada, et la nomination de son successeur, imbu de principes contraires, coïncide étrangement avec cette disposition d'esprit du cabinet de Londres.

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