CHAPITRE XNVII LORD MONCK
Un pouvoir disparu. |: charge de gouverneur.
qui comportait presque tous les pouvoirs sous les régimes Constitutionnel et autocratique, n'est plus au temps de l’Union qu'une sorte de puissance morale de sanction pour les actes du pouvoir réel du parlement, dont dépend lui-même le gouvernement. Le roi règne mais ne gouverne pas. Lord Elgin, en se conformant à l'esprit comme à la lettre de la constitution de 1840, a bien été le véritable fondateur du gouvernement démocratique; ses successeurs n'auront plus qu'à suivre la voie qu'il leur a tracée. Sir Edmund Head, après sept ans, était remplacé par Charles Stanley, lord Monck. descendant, diton, d’une famille française du nom de Lemoyne, il était de naissance irlandaise.
Ministère libéral.—]John Sanfield Macdonald devenu chef des libéraux anglais fut appelé à former un ministère avec M. Sicotte et dans lequel entrèrent MM. Dorion, Tessier, Évanturel et Abhott pour le Bas-Canada. Macdonald n'étant pas un partisan de la représentation basée sur la population, Brown lui fit d’abord une forte opposition dans son journal le “Globe”, mais se calma bientôt. Le ministère Macdonald-Sicotte représentait l'élément libéral modéré. À la session de 1863, le gouvernement présenta et fit adopter une loi des écoles séparé s pour le Haut-Canada. George Brown, qui avait réussi à se faire élire, réapparut en Chambre pour jeter ses foudres contre le ministère qui osait donner des écoles catholiques à la province anglaise alors même qu'on aurait voulu les abolir dans le Bas-Canada. John-A. Macdonald proposa et fit passer par 5 voix un vote de non confiance dans le ministère. Les conservateurs canadiens avaient bien voté pour la loi des écoles séparées, mais ils se reprirent en décapitant l’homme qui l'avait proposée, M. TI..-V. Sicotte. L'hon. Sanfield Macdonald, réorganisa son ministère en sacrifiant tous ses collègues modérés du Bas-Canada et en appe!a au peuple par des élections générales. Le gouvernement rouvrit la session at mois d'août et garda le pouvoir avec M. Dorion en modifiant
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son programme et en usant d'expédients dont le principal était de se débarrasser de ses adversaires sérieux en leur offrant des emplois.
Retour des conservateurs. Au mois de mars 1864 le ministère libéral, devenu très impopulaire, donna sa démission. Le docteur Taché, rentra dans la politique pour former un cabinet conservateur avec John-A. Macdonald et dans lequel entrèrent MM. Cartier, Galt, Chapais, McGee, Langevin pour le Bas-Canada. Ce ministère, aussitôt renversé par un vote de non confiance, fut reconstitué avec les mêmes hommes. George Brown fut appelé à en faire partie et il accepta le 30 juin 1864. Que s'était-il passé pour amener une coalition d'éléments si opposés? Brown, désespérant d'arriver jamais à l’union législative, qu'il défendait depuis quinze ans, avait pourtant réussi à faire nommer un comité parlementaire pour aviser la Chambre sur l'opportunité d'un changement constitutionnel. Le comité proposait l'union fédérale des deux provinces ou de toutes les provinces britanniques. Pour réaliser ce projet, Brown se fit l’allié de ses plus grands ennemis.
Evolution d’idées.- Depuis que la province anglaise avait surpassé la nôtre en population, le parti libéral angiais dirigé par Brown avait pris un grand ascendant par sa politique de représentation proportionnelle. Les anciens libéraux de l’école de Lafontaine devenus les alliés des tories et des libéraux modérés du Haut- Canada avaient bien perdu quelque peu de leur idéal primitif au contact de leurs amis, qui eux-mêmes d'ailleurs ne s'étaient pas montrés trop intraitables. L'alliance s'était faite plus intime avec le temps, si bien que de libéral-conservateur, le parti de coalition devint simplement conservateur avec l'ambition de devenir tout simplement le parti national.
Quant aux libéraux anglais restés réformistes et les libéraux canadiens devenus francs libéraux avec Papineau, Dorion, Papin, et les autres, leur union ne fut jamais aussi profonde. Brown et ses suivants étaient anglais d’abord tandis que les francs libéraux étaient cana-