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faite aux Romains, sur les barbares qui envahissaient leur empire, ils auraient probablement répondu comme nous le faisons aujourd’hui à l'égard des sauvages. En vain, pour exprimer les efforts infructueux qu’on à faits pour les civiliser, veut-on tirer des déductions de la conformation physique de leur crâne, de leur figure, même de leur teint, elles seront tonjours entachées de l'esprit de système, répudié avec raison de nos jours dans toutes les questions de cette nature. Combien n’a-t-il pas fallu de générations pour civiliser les barbares qui inondèrent l’Europe dans les premiers siècles de l’ère chrétienne? Et ils étaient venus s'asseoir au sein de populations policées et nombreuses ; ils étaient entourés des monuments que les arts et les sciences avaient élevés dans la Grèce, en Italie, dans les Gaules et en Espagne. Si au lieu de vivre au milieu d’une civilisation aussi avancée, que leur barbarie pouvait bien faire reculer, mais n’était pas assez puissante pour éteindre tout à fait, ils n’avaient trouvé que des forêts et des bêtes sauvages, pourrait-on calculer le temps qu’il leur aurait fallu pour sortir de leur ignorance.
Rien n’autorise donc à croire que les facultés intellectuelles des sauvages fussent inférieures à celles des barbares qui ont renversé l’empire romain. Frontenac en parle ainsi, à l’occasion d’une conférence qu’il eut avec les Iroquois à Cataroqnoi, en 1673. ‘“ Vous auriez assurément été surpris, Monseigneur, de voir l’éloquence, la finesse avec laquelle tous leurs députés me parlèrent, et si je n’avais peur de passer pour ridicule auprès de vous, je vous dirais qu’ils me firent en quelque sorte souvenir des manières du sénat de Venise, quoique leurs peaux et leurs couvertures soient bien différentes des robes des procurateurs de Saint-Marc.”*
Parmi les Iroquoiïs qui furent obligés de passer en Canada après la révolution américaine, se trouvait un homme qui avait acquis une certaine réputation dans les lettres. Tyendenaga, l’un des chefs de cette nation, était lieutenant-colonel dans l’armée anglaise, où il était plus connu sous le nom de colonel Brandt. Il avait fait des études classiques dans un collége de la Nouvelle-Angleterre, et s'était rendu habile dans les langues mortes. Il traduisit du grec en iroquois, l’évangile de Saint-
* Lettre de Frontenac au ministre, 13 novembre 1673. Documents de Paris, 2e série,
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